‹ Catéchisme pratique, ou, Doctrine chrétienne en exemples (volume 3)Chapitre 2 sur 44 · DE LA CHARITÉ ENVERS SOI MÊME · texte numérisé non relu

DE LA CHARITÉ ENVERS SOI MÊME

(Gr. Cal. ZS'-W q.)

La chanté envers soi-même et sa nature. — Explication. Non-seulement nous devons aimer Dieu et le prochain, mais nous sommes encore obligés de nous aimer nousmêmes, parce que Jésus-Christ nous l'ordonne expressément par ces paroles : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » D'ailleurs, le Créateur a imprimé lui-même dans notre cœur ce penchant à l'amour de nous-mêmes. Or, voici en quoi la véritable charité envers nous-mêmes consiste. C'est qu'avant tout nous nous occupions du salut de notre âme immortelle, puisqu'elle a été créée à l'image de Dieu, rachetée au prix du sang de Jésus-Christ, sanctifiée par la grâce du S' Esprit et que du salut de notre âme dépend aussi notre bonheur éternel. En effet « que sert à l'homme de gagner tout l'univers, s'il vient à perdre son âme! »(S. Matth.iß, 26.) C'est pourquoi Salvien dit : « Peut-on trouver rien qui touche quelqu'un de plus près et lui soit plus cher que

lui-même? Nous recommandons à chacun de vous son âme, son salut, son espérance. On ne peut imaginer rien de plus dur, rien de plus cruel et de plus im|)ie que si vous ne vous aimez pas de cette manière ! {Lib. 3. ad Eccl. cath.) A celte fin nous devons, 1) éviter soigneusement le péché et toute occasion dépêché; car « tous ceux qui commettent le péché ou l'iniquité sont les ennemis de leurs âmes. » {Toh. 12, 10.) — 2) Si nous avons eu le malheur de pécher, ne pas tarder d" en faire pénitence. ^^^ Ne

différez pas à vousconvertir au Seigneur car sa colère

éclatera toutd'un coup!» [Eccl. V, 8-9.) Imitez rexem[)le de Pierre repentant. Après sa chute le Seigneur lui jeta un regard plein de tristesse, et aussitôt Pierre s'en alla et pleura amèrement. — 3) A'oî/s appliquer avec zèle à la pratique de la vertu et des bonnes œuvres, suivant ce précepte de S. Pierre (II. 1, 10.) : « Efforcez-vous d'affermir votre vocation et votre élection par de bonnes œuvres. » Rien en général ne doit nous être tant à cœur que le salut de notre âme; pour la sauver, aucun sacrifice ne doit nous paraître trop grand, aucun travail trop pénible, aucun combat trop rude (i).

Que sert-il à Vhomme de gayner tout l'univers, s'il vient à perdre son âme.

Cette pensée avait jeté de profondes racines dans l'âme du grand ThomasMorus.Né à Londres en 1640, il devint grandchancelier d'Angleterre ; cette dignité l'avait fait monter au plus haut degré de considération et de gloire, lorsque tout à coup il tomba dans la disgrâce du roi Henri VIII et fut condamné à mort, pour avoir refusé d'approuver le divorce et le schisme de ce prince. Ni menaces, ni promesses ne purent ébranler sa constance. A la fin, sa femme et ses enfants en pleurs entrèrent dans sa prison, se jetèrent à ses pieds, en le conjurant de céder aux désirs du roi et de sauver sa vie.

(1) V. 1« partie, page 240 et 242.

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