‹ Catéchisme pratique, ou, Doctrine chrétienne en exemples (volume 3)Chapitre 21 sur 44 · II. ItS OL'VTKE PÉCHliS QUI CftiENT VENGEANCE AU CIEL · texte numérisé non relu

II. ItS OL'VTKE PÉCHliS QUI CftiENT VENGEANCE AU CIEL

lui qui avait été convaincu de ce péché, était condamné à mort. {Lévit. 21, 13.) Pour punir l'énormité de ce péché, Dieu fit tomber le l'eu du ciel sur Sodome et sur quatre autres villes de la Pentapole, afin de les consumer, et de les livrer au feu de l'enfer, ainsi que l'écrit l'apôtre S. Jude (7.) : « Ils sont devenus un exemple et subissent la peine du feu éternel. » — Oui ne frémit d'horreur devant ce forfait! — C'est avec raison qu'il s'appelle un péché qui crie vengeance au ciel; car à cause de sa malice il crie au ciel ; « Le cri des habitants de Sodome, » dit le Tout- Puissant (Ge?i. 18, 20.), « s'est multiplié, et leur péché s'est aggravé devant moi ; je descendrai et je verrai s'ils ont accompli dans leurs œuvres le cri qui est parvenu jusqu'à moi; et s'il en est ainsi, je le saurai. »

Le noble jeune homme Pelage.

Pelage étant un jour provoqué à commettre ce péché honteux, repoussa victorieusement cette excitation. N'étant encore âgé que de dix ans, ce jeune homme noble fut enlevé de l'Espagne par les Maures ; et pendant trois ans entiers il se conserva au milieu de ses barbares aussi pur et aussi chaste que s'il eût vécu parmi les anges. Sa figure était d'une distinction et d'une beauté remarquables; mais son âme était bien plus belle, surtout lorsqu'il s'agis.sait de la vertu de pureté; bien que chargé de chaînes, il se tenait néanmoins armé nuit et jour, prêt à défendre ce trésor avec un courage héroïque. Une craignitpasdebraverleroi lui-même, son maître, un jour que cet infâme essaya de caresser le saint jeune homme d'une manière inconvenante et de tenter sa vertu qu'il connaissait encore trop peu. « Hors d'ici, chien immonde! » s'écria le courageux Pelage, en jetant aux pieds du sale cajoleur ses présents royaux, bien qu'il prévît que cet amour méprisé du tyran allait se changer en fureur, et que la mort la plus cruelle l'attendait. Le chaste jeune homme n'en resta pas moins aussi ferme qu'intrépide; le martyr triomphait déjà depuis longtemps dans son cœur an-

gélique, et maintenant sa chasteté mérita une double couronne, l'une tressée de lis, l'autre de roses. Pelage fut sacrifié à la colère de son maître, et il mourut avec ce courage dont ses paroles avaient déjà donné une si haute idée. Les barbares eux-mêmes ne savaient ce qu'ils devaient admirer davantage, ou de la chasteté ou de la fermeté de ce jeune héros.

3) L'oppression des pauvres, des veuves et des orphelins. (!e péché est un de ceux dont se rendent coupables les tuteurs et les parents adoptifs, les autorités et les juges, en un mot tous ceux qui agissent injustement et durement à l'égard des pauvres, des veuves et des orphelins, (Quelle dureté de cœur dans ce péché! C'est pour cela (|ue Dieu dit par la bouche de Moïse {Exod. 22, 22-24.): « Vous ne nuirez ni à la veuve ni à l'orphelin. Que si vous les blessez, ils crieront vers moi, et moi j'entendrai leur cri ; et ma fureur s'enflammera, et je vous frapj)erai du glaive, et vos femmes seront veuves, et vos enfants orphelins. » — Dans le Ihre de l'Ecclésiastique (35, 18-19) nous lisons: « Les larmes de la veuve ne descendent-elles pas sur son visage, et ne crient-elles pas contre celui qui les a fait couler? Du visage de la veuve, elles montent jusqu'au ciel, et le Seigneur les exauce, et ne se plaît point en elles. »

Exemples tirés de V Ecriture-Sainte.

Pharaon commit cet abominable péché contre les pauvres Israélites; il les opprimait de toutes manières et edictait contre eux les lois les plus cruelles, de sorte que le Tout- Puissant dit : « J'ai vu l'afiliction de mon peuple en Egypte, et j'ai entendu ses cris à cause de la dureté de ceux qui président aux travaux. Et, sachant sa douleur, je suis descendu pour le délivrer des mains des Egyptiens. » — Achab et son épouse Jésabel se rendirent égaUment coupables de ce péché en opprimant Nuboth dont ils voulaient s'approprier la

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vigne. — Les pharisiens aussi furent coupables d'oppression de veuves et d'orphelins. C'est pourquoi Jésus leur dit : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, qui dévorez les maisons des veuves^ùtTaide de vos longues prières. C'est pour cela que vous subirez un jugement plus rigoureux. » {Matth. 23, 14.)

Le soldai et la pauvre femme.

Verme rapporte qu'un jour un soldat voulut prendre un veau h une pauvre femme. Alors cette malheureuse se mit à fondre en larmes, et dit au soldat ; « Hélas ! Pourquoi voulezvous ravir à une pauvre femme son unique possession, un tout jeurîe veau? » — « Si je ne le prends pas, » répondit le voleur, « un autre le prendra; » et le veau fut emporté. Peu de temps après ce soldat fut grièvement blessé. Pendant sa maladie douloureuse, les plus horribles fantômes vinrent le tourmenter. Un jour il vit l'esprit malin lever sur lui la verge vengeresse et le frapper cruellement. Le malheureux lui demanda tristement : « Pourquoi me frappes-tu.'' » L'esprit malin lui répondit : « Si je ne te frappe pas, un autre te frappera. » A ces mots- le malade se souvint de sa conduite à l'égard de la pauvre femme, à laquelle il avait volé le veau, et aussitôt il lui fit remettre une compensation convenable, de peur que son rêve ne se réalisât dans l'éternité.

4.) Vinj liste soustraction du salaire de l'ouvrier : On se rend coupable de ce péché lorsqu'on soustrait entièrement aux ouvriers, aux journaliers et aux domestiques le salaire durement gagné; ou qu'on le diminue ou qu'on en relarde sans raison le paiement. Oui, c'est là une iniquité qui crie vengeance au ciel! « L'arbre récompense le travail et les soins de son maître, » dit un docteur chrétien, « jjar des fruits abondants; et vous voulez priver de son salaire votre ouvrier qui a supporté la chaleur et la fatigue du jour, » Ecoutez ce qu'écrit l'apôtre S. Jacques (5, 4.) : « Yoilà que le salaire que vous dérobez aux ouvriers qui ont moissonné vos

510 DK I.A TKANSGUESSIOX DKS COMMANDEMENTS.

chanij)S crie contre vous, et leur clameur est montée jusqu'aux oreilles du Dieu des armées. >^ Déjà dans l'ancien Testament, le Seigneur disait (Lm7. 19, 13.) : « Tu ne feras point d'injure à ton prochain, et tu ne l'opprimeras point par la force : le travail de ton mercenaire ne demeurera point chez toi jusqu'au matin. » Et dans le Deutéronome (24, 14, 15.) : Vous ne refuserez point à l'indigent et au pauvre ce que vous lui devez, qu'il soit votre frère ou étranger, s'il demeure avec vous dans votre terre et dans votre ville; mais vous lui rendrez le même jour le prix de son travail avant le coucher du soleil, parce qu'il est pauvre, et qu'avec cela il soutient sa vie, de peur qu'il ne crie contre vous vers le Seigneur, et (|ue ses cris ne vous soient imputés à péché. »

Exemples tirés de la Bible.

Laban fut coupable de ce péché à l'égard de Jacob, parce que, malgré le zèle et la fidélité avec laquelle ce dernier le servit pendant vingt ans, il le traita avec dureté, l'accusa de vol et exigea de lui la restitution de ce qui avait été volé; outre cela, il lui changea dix fois son salaire, et à la fin il voulut encore le tromper en lui donnant d'abord pour femme Lia, et non Rachel, qu'il lui avait promise. — Convaincu de l'énormité de ce péché Tobie voulut en inspirer l'horreur à son fils, en lui disant {Tob. 4, 13) : « Lorsqu'un homme aura travaillé pour toi, paie-lui aussitôt son salaire; et que la récompense du mercenaire ne demeure jamais chez toi. »

Jusuranne de Flandre.

Jusuranne, un fils de Luderic, comte de Flandre, différa de payer, dans un temps de famine, un panier de fruits qu'il avait acheté à une pauvre femme; par suite de ce retard, les trois enfants de cette malheureuse mère moururent de faim. Irrité d.- cette froide cruauté, le père fit trancher la tête à son fils. Ce fait est rapporté par S. Alphonse de Liguori, dans ses instructions.

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