III. 1,KS NETF l'ÉCHÉS Ij'AliTlUIf
ill. Les neuf péchés (l'autnii.
(6>. Cat. 34«-55« q.)
Explication. Enfin nous avons encore à traiter des neuf péchés d' autrui, c'est-à-dire, de ces péchés qui, bien que commis par d'autres, nous sont cependant également imputés, parce que nous y avons coopéré; car « non-seulement, «ditiS. Pâu\{Rom. 1,32.), «ceux qui fontde pareilles actions (le mal) méritent la mort, mais encore ceux qui les approuvent. »
Une comparaison de S. Chrysostôme.
S. Chrysostôme nous en donne l'explication dans la conjparaison suivante : « Si nous avions à veiller, comme de fidèles gardiens, sur la personne et la vie de l'empepeur, et qu'une main criminelle commît un attentat sur la jiersonne de Sa Majesté, qu'arriverait-il? Bien que n'ayant pris aucune part au forfait de cet audacieux assassin, nous n'en serions pas moins plein de terreur comme ce dernier, et nous aurions à craindre que la colère de l'empereur ne nous enveloppât tous. Il ne s'agit pas de nous excuser, en disajit : « Je n'y étais pas, je n'en savais rien, je n'ai pris aucune part à ce qui s'est passé. » On nous répond : « C'est précisément pour cela que vous êtes puni et châtié de la manière la plus sévère, parce que vous n'étiez pas présent, que vous n'avez pas prévenu l'attentat, ni arrêté le malfaiteur et que vous n'avez rien risqué pour l'honneur de l'empereur. Vous n'avez pas pris part au crime de l'assassin. Je vous en sais gré et j'en tiens compte; mais vous ne vous êtes pas opposé au coup de main, et c'est ce qui mérite une punition. Voilà les paroles que nous entendrons également de la bouche de Dieu si nous gardons le silence lorsqu'on blasphème ou qu'on maudit son nom. Le serviteur de l'Evangile qui enfouit son talent dans la terre n'a pas été réprimandé pour lui-même; car il rendit le
dépôt intact; mais il fut puni parce qu'il ne le faisait pas fructifier, c'est-à-dire, parce qu'il n'instruisait pas les autres; ()arce qu'il ne le confiait ])as aux changeurs, c'est-à-dire, parce qu'il n'exhortait, ne conseillait, ne punissait pas les autres et ne cherchait pas à corriger les pécheurs et son prochain. Voilà pourquoi il a été livré, sans espoir de pardon, aux ténèbres extérieures. » [Serm. 1 de statuis.)
Les péchés d'autrui sont au nombre de neuf; les voici :
1) Conseiller Us péchés, c'est-à-dire, i)ar ses conseils ou ses instigations, pousser quelqu'un à une mauvaise action, soit qu'il la commette ou non. Les mauvais conseils i)roduisent beaucoup de mal. S. Bonaventure a donc raison de dire : « La bouche d'un mauvais conseiller est la bouche du démon. L'n seul mauvais conseiller est plus nuisible que dix pirates. » Mais ordinairement le châtiment divin ne tarde pas à l'atteindre : « Le conseil pervers tombera sur celui qui l'a conçu, » dit le sage Sirach (27, 30), « et il ne saura d'où le mal lui vient. »
Exemples tirés de l'Ecriture Sainte.
Démétrius, un orfèvre. àEphôse, faisait avec quelques autres artistes, de grands bénéfices, par la confection d'autels et de temples en argent, en honneur de la déesse Diane. Paul ayant commencé la prédication de la doctrine de Jésus à Ephèse, Démétrius convoqua les artistes, leur fit voir combien leur industrie souflrait par la faute de Paul, leur conseilla de se soulever et en exaspéra plusieurs contre lui. — Abisaï aussi fut un mauvais conseiller; il conseilla à David de tuer Saül, qu'ils trouvèrent endormi dans sa tente. (1, Rois, 26.) — il en fut de même des amis du roi Roboam, jeunes gens inexpérimentés et fougueux, qui lui conseillaient d'accabler d'impôts plus lourds le peuple déjà si chargé, et de le gouverner en tyran. — (5. Jlois. 12.) — Et voyez comment Dieu