‹ Catéchisme pratique, ou, Doctrine chrétienne en exemples (volume 3)Chapitre 23 sur 44 · III. I.KS NKIF l'ÉCIlKS D'ArrilM · texte numérisé non relu

III. I.KS NKIF l'ÉCIlKS D'ArrilM

punit quelquefois les mauvais conseils, Architopel, conseiller devenu traître au roi David, donna à Absalon les avis les plus impies contre son propre père, dans le but de renverser le roi David du trône. (2. Rois. 15.) Mais le châtiment ne se fit pas attendre; car le mauvais conseiller voyant son plan déjoué, se pendit de dépit. (2. Rois. 17.) — La méchante Jésabel donna à son mari, le roi Achab, le conseil barbare de faire accuser faussement et mettre à mort l'innocent Naboth, afin d'entrer en possession de sa vigne. (3. Rois. 21.) Ou'arriva-t-il? Achab succomba dans la bataille, et Jésabel, par ordre du roi Jéhu,fut précipitée par la fenêtre du palais. — Les conseillers pervers, dont les funestes avis firent jeter Daniel dans la fosse aux lions, subirent bientôt la peine de leur scélératesse. Daniel sortit intact de la fosse, tandis qu'ils y furent jetés et dévorés à l'instant.

Repoussez loin de vous les mauvais conseillers !

A ce sujet i^néas Sylvius rapporte un beau trait de l'empereur allemand, Frédéric III. Celui-ci était tuteur du jeune Ladislas, roi de Hongrie, qui ne pouvait monter sur le trône à cause de sa jeunesse, et il le fît élever avec soin à la cour de Vienne. Il s'y trouvait de mauvais conseillers qui engagèrent l'empereur à se défaire secrètement du jeune prince, afin d'acquérir ainsi ses richesses et son royaume. Mais le monarque intègre répondit : Vraiment, je ne tiens pas tant aux richesses pour que j'aille suivre vos avis pervers, et commettre une action criminelle qui m'en rende le maître. « — Le bon prince se souvenait ainsi de ces paroles de l'Ecclésiastique : « Celui qui construit sa maison aux dépens d'autrui, ressemble à celui qui amasse des pierres dans l'hiver, » c'est-à-dire, à celui qui bâtit mal. {Le D. Rrunner, Homélies.)

2) Commander aux autres de faire le mal, c'est-àdire, ordonner à un inférieur soit expressément, soit tacitement, par paroles ou par actions de faire quelque chose de mauvais. Quel coupable abus de la i)uissance que Dieu a donnée aux supérieurs pour le bien de leurs

oiO DE LA TKANS(JKESblON DES COMMANDEMENTS.

subordonnés ! v Celui qui jette du feu dans une maison, » dit fort bien un docteur chrétien, « est la cause de l'incendie; celui qui présente du poison à son prochain, est cause de sa mort. N'aura-t-il rien à se reprocher, celui qui donne des ordres coupables à son frère? » Evidemment oui!

Exemples tirés de la Bible.

Pharaon donna un ordre de ce genre, en faisant jeter dans le Nil tous les enfants mâles des Hébreux ; David, en commandant à son général Joab de placer ürie, durant la bataille, au lieu où le péril serait le plus grand, et où il périrait infailliblement; Hérode en ordonnant le massacre des innocents à Bethlehem; Saül, en prescrivant de mettre à mort les prêtres du Seigneur. (1. /»ois. 22, 16-19.) Nabuchodonosor en enjoignant à son général Holopherne de marcher contre les royaumes de l'Orient et de n'épargner personne {Judith. 2, o; 15, 10,), ordre que remplit fidèlement Holopherne jusqu'à ce qu'il expirât sous la main de la courageuse Judith.

O'oyez d'autres exemples, page 2o5-2o6.)

3) Consentir au péché d'autrui, c'est-à-dire, lorsqu'on donne son assentiment par des signes extérieurs au mal que l'on pourrait et que l'on devrait empêcher, ou lorsqu'on montre qu'on y prend plaisir, comme lorsqu'on rit, ou du moins, quand on ne montre pas que la chose nous déplaît. « Il n'est pas excusable, » dit S. Cyprien, « celui qui, quoi(jue n'ayant pas lui-même commis un crime, y a néanmoins consenti. » Et S. Paul, dans son épître aux Romains (1,32.), écrit : « Non-seulement ceux qui font de pareilles choses [mauvaises) méritent la mort [éternelle) mais encore ceux qui y consentent. »

Exemples tirés de la Bible.

Ce fut en donnant un consentement de ce genre que pécha Saul, appelé plus lard Paul, jiarce (ju'il garda les vêtements

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des bourreaux qui lapidaient Etienne; (.4 c/esrfes Apôt. 7, 59.). Aussi est-il dit : « Or, Paul avaitconsenti à la mortd'Etienne.» Aaron pécha de la même manière, en consentant aux réclamations violentes du peuple qui demandait qu'on lui fit un veau d'or pour l'adorer. Tels furent encore les habitants de Jérusalem qui donnèrent leur consentement au jugement impie et à l'arrêt injuste que le grand-prêtre et les anciens prononcèrent contre Jésus. — Pilate se rendit également coupable de cet affreux déicide en consentant au crucifiement de Jésus- Christ, quoiqu'il se fût lavé les mains et prétendît être innocent de la mort de ce juste. — En même temps voyons par quelques exemples comment Dieu punit ce péché. Achan, en s'emparant de la ville de Jéricho, s'était réservé une partie du butin malgré la défense formelle qui lui en avait été faite; sa femme et ses enfants consentirent au vol qu'il avait commis, et c'est pourquoi ils furent lapidés ensemble. Le même sort fut réservé à ceux qui approuvèrent la rébellion de Coré, de Dathan et d'Abiron, en faisant cause commune avec eux. Ils furent engloutis vivants dans les entrailles de la terre.

4) Entraîner les autres au péché ou les aider à le commettre, c'est-à-dire, être la cause et roccasion, soit par des paroles, des actions ou des exemples coupables, que d'autres commettent le péché. Conséquemment on peut se rendre coupable de ce péché par des discours impurs, par une mise immodeste, par des écrits, des livres et des images obscènes, « mais on entraîne surtout les autres au péché, «dit S. Jérôme, « par le scandale; »il faut donc appliquer ici tout ce qui a été dit plus haut dans le cinquième commandement de Dieu (12" et 13" question, au sujet du scandale). De plus on peut entraîner les autres au péché par des flatteries et des promesses, au moyen de cadeaux, etc. Origène nous fait sentir la grandeur de ce péché, quand il dit : « Celui qui entraîne au péché, commet un crime plus grand que celui qui ne pèche que par lui-même. »

522 DE I.A TRA.VSCK! LESION DES COMMANDEMENTS.

Exemples tirés de la Bible.

Ce péché fut commis d'abord dans le paradis terrestre. Eve entraîna en eflet Adam à manger du fruit défendu, (Genèse 3, 6.) De même Jéroboam entraîna les enfants d'Israël dans l'idolâtrie en faisant fabriquer deux veaux d'or et élever des temples aux faux dieux. {Jos. 5, 20.) Tobie, frappé de récité etl'infortuné Job furent tentés par leur entourage et le dernier même par sa propreépouse, qui voulait le porter à l'impatience et aux murmures. La femme de Putiphar essaya de séduire Joseph, et se voyant rebutée, elle s'efforça par ses fausses accusations d'irriter son mari contre le fidèle serviteur. (Genèse, 39.)

Ne votis laissez pas entraîner au péché.

Gaudonce nous raconte un fait qui se passa à la cour de l'empereur Valentinieh. Le pieux Bénévole remplissait une haute fonction dans l'empire romain ; or, on lui intima un jour l'ordre de publier un décret qui blessait sa foi et la doctrine de l'Eglise, mais il refusa de le faire. Pour le porter à répondre au désir de l'empereur, on lui dit que, s'il obéissait, il obtiendrait des charges encore plus honorables et des revenus plus riches ; Bénévole détacha aussitôt les bandeaux, insignes de sa dignité et les jeta aux pieds de ceux qui étaient venus lui faire cette proposition, leur disant : « Comment! en récompense d'une mauvaise action vous me promettez une plus haute dignité? Reprenez plutôt celle que j'ai remplie jusqu'ici ; j'aime mille fois mieux conserver ma conscience pure et sans tache. » {Livre d'Homélies de Brunner.)

5) En approuvant les péchés (V autrui, c'est-à-dire, en louant le mal que d'autres font, en blâmant le bien qu'ils pratiquent, ou en faisant passer la vertu pour vice et le vice pour vertu. — Rien n'encourage plus au péché que ces éloges criminels. C'est pourquoi le prophète Ezéchiel a dit (13, 18-22.) : a Malheur à celles qui préparent des tapis pour reposer tous les bras, el quifont des

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oreillers pour appuyer toutes les têtes, afin de surprendre les îîmes!... Vous avez fortifié le brasde l'impie pour l'empêcher de revenir de sa voie inique et de trouver la vie. » Dans Isaïe (3, 12.) le Seigneur dit : « 0 mon peuple, ceux qui t'appellent te trompent; ils dérobent à tes yeux le sentier oii tu dois marcher. » Puis il ajoute cette menace (5, 20 ) : « Malheur à vous qui appelez mal le bien, et bien le mal! qui changez les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres! » Elles ne sont que trop vraies les paroles de S. Augustin, quand il dit : « Les louanges du pécheur font beaucoupdemal.Lecœur du pécheur se réjouit à l'excès quand il peut commettre, non-seulement ce qui ne doit pas lui faire craindre un juge, mais surtout ce qui doit donner l'espoir d'attirer l'approbation des flatteurs; « aussi est-il écrit au livre des Proverbes (27,6.): « Les blessures d'un ami sont préférables aux baisers d'un ennemi. »

; Exemples tirés de. la Bible.

Les courtisans du roi Assuérus péchèrent par les louanges coupables qu'ils lui donnèrent. Lorsque celui-ci, écliautfé par le vin, et enflammé de colère, répudia son épouse Vasthi, parce qu'elle n'avait pas voulu, d'après ses ordres, se montrer de suite au peuple dans l'éclat de sa beauté et la couronne sur la tête, les courtisans louèrent la conduite du prince et dirent : « La colère du roi est juste. » {Esther. 1.) La même faute fut commise par les conseillers et les courtisans du roi Roboam, qui le louèrent quand il menaça le peuple d'un jous^ encore plus dur et d'une oppression plus tyrannique; par suite de là dix tribus l'abandonnèrent. {Parai. iO, 11.) — Quand Saul persécuta avec fureur les chrétiens, le Grand-Conseil loua son zèle ardent, ce qui fut cause qu'il déploya un acharnement encore plus grand à poursuivre les chrétiens. — Hérode fit trancher la tête à l'apolre S. Jacques et reçut à cette occasion des éloges de la part des Juifs.

Encouragé par ces indignes flatteries, il fil jeter ensuite S.Pierre en prison. {Actes des Apôti^es. 12.)

Comparaisons.

« Quand vous répandez de l'iiuile sur le feu, il reçoit une nouvelle intensité. Or, ce que l'huile est au feu, vos éloges le sont à l'âme criminelle ; car l'huile du péché, ce sont les vaines louanges des flatteurs qui appciient mal le bien, et bien le mal, ce que le Psalmiste regarde comme une abomination, puisqu'il dit: « Que le juste me frappe, et me châtie dans sa miséricorde; mais que l'huile du pécheur ne parfume pas ma tête ! » {Ps. 140, 5.)

« Les vains éloges ressemblent à un brigand qui se cache le long du chemin où marchent les honnêtes gens, mais qui dans l'ombre tire le poignard et assassine les voyageurs. » {S. Grégoire.)

<i Piien ne corrompt aussi aisément les bonnes mœurs que les louanges et les flatteries. La langue du flatteur fait plus de tort que le glaive du persécuteur; le glaive ne blessp que le corps, mais la flatterie tue l'âme. » {S. Jérôme.)

(Voyez le G« commandement de Dien, 1«' et 2' question. « De laflalterie et de la séduction » page 513).

6) Se taire en présence des péchés d" autrui, c'est-à-dire, ne point parler quand d'autres pèchent, alors qu'on pourrait et qu'on devrait les en empêcher, soit par des avis charitables, soit par des réprimandes raisonnables, soit par des informations données aux parents, aux pasteurs, etc., puisque le devoir de notre état ou du moins la charité pour le prochain nous y obligent. A tous ceux qui se rendent coupables de ce péché, le Seigneur dit : « Si tu ne parles pas à l'impie pour qu'il se retire de sa voieimpie,ilmourra dans son iniquité; et je redemanderai son sang à ta main. » {Ezéchiel. 3, 18.) S. Augustin dit très-bien à ce sujet : « Comment ! vous regardez comme un rien la blessure de votre frère? Vous le voyez descendre dans l'abîme sans jeter un cri d'alarme, sans

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l'avertir? Vraiment, par voire «ilence, vous ofTcnsez Dieu davantage (lu'il ne l'olTense par ses péchés. Pourquoi votre ofl'ense est-elle |)lus grande que la sienne? Parce que vous voyez comment il se perd, tandis qu'il ne le voit pas ; car chez hii, il y a l'aveuglement produit par le péché. »

Exemples tirés de la Bible.

Dieu châtia ceux qui, voyant pécher leur prochain, négligèrent de les avertir, surtout quand c'était leur devoir ou que leur charge les obligeait de parler. Ce fut ce qui arriva au prophète Isaïe; il s'écria: « Malheur à moi, parce que je me suis tu ; je suis maintenant un homme dont la bouche est impure! » Or, pourquoi Isaïe était-il si triste? Parce que par crainte des grands de ce monde et par respect humain, il ne fît point ce que le devoir de sa charge exigeait de lui, et qu'il n'osa point parler, mais surtout parce qu'il ne réprimanda point le roi Osias qui n'était pas prêtre et s'était permis de s'immiscer dans les fonctions sacerdotales. Malheur donc à celui qui se tait quand il devrait parler; car il mérite le même reproche qu'Isaïe adressait autrefois aux mauvais prophètes et aux rois, qui craignaient de proclamer la volonté du Seigneur et gardaient le silence à la vue des péchés du peuple; le Seigneur lui adressa aussi un jour ces paroles : « Vous avez été un chien muet qui n'a point voulu aboyer. » [îsa^e. 56, dO-ll.) Dans le Grand-Conseil des Juifs il y en eut aussi plusieurs qui, reconnaissant l'innocence de Jésus , n'eurent pas néanmoins le courage d'élever la voix contre la sentence inique qui fut prononcée contre lui. Us se turent par respect humain; et c'est pourquoi le sang de Jésus et la colère de Dieu retomba sur eux et sur leurs enfants.

L'homme célèbre et le guide muet.

Un homme célèbre (Rousseau) se rendit un jour, comme il le raconte lui-même, dans une forêt ombreuse; il avait pour compagnon un homme obscur qui se pressait toujours

O'iÜ OK JA TRANSGKES-ION DES COMMANDEMENTS.

à ses cûiés, afin qu'aux rayons de ce brillant génie, il pût s'attirer aussi ([ueique lustre. Le grand écrivain cueillit d'un arbuste certains fruits savoureux d'un extérieur excessivement appétissant; il les trouva si bons qu'il en mangea une grande quantité. L'homme obscur le regarda faire en silence; seulement quand l'autre eut fini de manger, il lui dit: «Vous savez sans doute que ce sont des fruits empoisonnés?» — « Pour l'amour du ciel, » s'écria l'écrivain tout consterné, «1 pourquoi ne me l'avez-vous pas dit plus tôt? » — Son compagnon qui tenait avant tout à la politesse, répliqua: «Je n'ai pas osé prendre une telle liberté. » — Combien de personnes ressemblent à ce guide, quand, par respect humain, elles se taisent lorsque d'autres pèchent, et quand elles voient d'un œil tranquille comment ils cueillent des fruits empoisonnés à l'arbre du péché, pour s'en repaître avidement! Que répondront-elles un jourauSouNcrain Juge, quand il leur demandera: « Pourquoi avez-vous laissé vos inférieurs, vos amis, etc. cueillir et goûter sans obstacle les fruits empoisonnés du péché? » Képondront-ellcs peut-être : « Nous n'avons pas osé nous permettre une telle liberté? {Le prédicateur el le catéchiste.)

Comparaison.

Non-seulement la justice punit ceux qui se sont rendus coupables d'un vol, mais encore ceux qui n'ont pas empêché les voleurs de commettre leur vol, alors qu'ils pouvaient le faire; de même Dieu punira un jour, non-seulement ceux qui ont fait par eux-mêmes le mal, mais encore ceux qui, soit par crainte, soit par lâcheté, n'ont pas voulu détourner les autres du mal. Le serviteur dont parle l'Evangile n'avait pas gaspillé le talent qu'il avait reçu, mais il l'avait enfoui sous terre et soigneusement conservé ; néanmoins il fut puni pour ne l'avoir pas fait profiter. Peu importe que vous soyez bon, que vous viviez dans l'innocence; si vous ne pratiquez pas le bien et si vous ne portez pas les autres à la vertu, vous serez puni. » {S. Chrysoslànie.)

7) Ne pas punir les péchés (Cautnn, quand on y est tenu,

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ce qui a lieu (juaiid un omet de [»unir les péchés et les fautes que l'on pourrait et que l'on devrait punir et châtier en vertu de la position (jue l'on occupe. Se rendent coupables de ce péché les autorités qui négligent de punir les malfaiteurs, et les yarents, les instituteurs, les maîtres qui omettent de corriger les enfants (juand ceux-ci ont manqué, et les excusent et les gâtent par une trop grande indulgence. C'est à tous ceux-là que Salomon adresse les paroles suivantes;« Ceux qui disent à l'impie: tu es juste, seront maudits des peuples et abhorrés des tribus. Ceux qui condamnent le méchant seront loués, et la bénédiction viendra sur eux. » [Prov. 24, :24.) Puis dans un autre endroit il dit encore, en s'adressant aux parents et aux instituteurs: « N'éloigne j)as de l'enfant le châtiment; car si tu le frappes de la verge, il ne mourra point, mais tu délivreras son âme de l'enfer. « [Prov. 23, 13-14) « JNe pas punir le crime ou lui montrer de l'indulgence, » dit S. Ambroise, « c'est encourager le méchant dans tous ses excès, » et S. Grégoire de Nazianze ajoute : « On enseigne le vice quand on ne le punit pas. »

Exemples tirés de la Bible.

ilëli pécha à cause de sa trop grande indulgence. Il avertit, il est vrai, ses fils dénaturés, mais il ne les punit pas C'est pourquoi le Seigneur dit à Samuel: « I! a su comment ses fils se conduisaient indignement, et il ne les a pas punis; c'est pourquoi j'ai juré sur la maison d'Héli, que son iniquité ne sera jamais expiée par des oblations ni par des présents. » (1. Liv. des Rois, 3, 43.) Le père et ses fils, comme on sait, furent punis de mort. — Le roi David pécha de la môme manière. Amnon, son fils aîné, avait fait violence à ïhamar sœur d'Absolon. Quand David eut appris cette nouvelle, il fut fort contristé, mais il ne punit i)oint son fils. Car, d'après l'Ecriture, David ne voulut point attliger le cœur d'Amnon son fils, parce qu'il l'aimait comme son premier-né. Cette

l'aibi('S^(; oi celle indulgence puterneiU; eureiU Jes suites trèsti'iî-tes. Absalon exasjiéré à cause de l'injure faite à sa sœur Thamar, fit assassiner son frère Amnion. Plus tard il se révolta contre son père; car aussi à son égard, David s'était montré trop faible et trop débonnaire, en ne le punissant pas, comme il l'avait mérité, pour son fratricide. {2. Liv. des Rois. 14.)

Diogène et rinsliluteur.

Un jour que Diogène vit un jeune garçon qui dévorait gloutonnement son repas, il donna un soufflet au précepteur de cet enfant, parce qu'il avait élé de son devoir de corriger son élève de ce défaut. C'est ainsi que Dieu châtiera ces parents et ces instituteurs qui laissent passer sans punition les fautes des enfants qui leur ont été confiés.

Le bouffon spirituel.

S. Louis, roi de France fut un jour prié de faire grâce à un assassin. Mais il s'y refusa parce que ce misérable avait déjà commis trois meurtres. « Sire, dit le bouffon en riant, veuillez me pardonner; ce malheureux n'a tué qu'une seule personne; â savoir, la première; quant aux deux autres, c'est Voire Majesté même qui les a assassinées; car si elle avait puni cet assassin après son premier crime, comme il leméritait,enlui faisant trancher la télé, il n'aurait pas commis les deux autres meurtres, »

Comparaison.

« Les supérieurs qui, par négligence, ne punissent point les crimes de leurs inférieurs, ressemblent à un chirurgien qui trouve la marque d'une plaie intérieurement gangrenée, et qui devrait employer le fer ou le feu pour que l'inflammation ne se développât pas davantage. Mais, voilà qu'il se laisse toucher par les larmes du malade, et renonçant au dessein de couper ou de brûler, il couvre d'onguents ce, qui devrait être ouvert par le bistouri. N'est-ce pas une compassion inutile quand, pour éviter les courtes douleurs causées

HKS SEPT PlrXMÉS O'AUTIUU. .v2.)

par l'incision ou la brûlure, on laisse périr tout le corps et la vie ? (S. Ambroise.)

8) Prendre part aux péchés d" autrui, c'est-à-dire, s'associer avec des misérables qui acijuièrent ou qui ont acquis injustement le bien d'autrui, et coopérera toutes sortes de péchés et de crimes, comme font, par exemple, ceux qui donnent un abri aux voleurs et aux brigands, ou se font receleurs des objets volés; les cabaretiers qui souffrent dans leur maison les ivrognes, les joueurs et les sociétés de danse ; les logeurs qui admettent chez eux des personnes de mauvaise vie, des réunions de joueurs, etc. « Celui qui s'associe avec un voleur est ennemi de sa propre vie, » dit le livre des Proverbes (29, U.).

Exemples tirés de la Bible.

Saul se rendit coupable de ce péché; car il prêta la main à la lapidation de S. Etienne, en gardant les vêtements des bourreaux. — Ce péché fut également commis par les habitants de Sichern, qui avancèrent à Abimelech l'argent nécessaire pour payer les assassins de son père, par la mort duquel il devint seul roi. {Livre des Juges, 9, 4 57); — ensuite par ceux qui s'unirent à Absalon révolté contre son père. (2 Rois, 18, 7.) Le roi Balthazar commit un péché du même genre, en gardant les vases sacrés enlevés par son père ; aussi en fut-il puni très-sévèrement. {Daniely 5.)

La bonne mère des voleurs.

Un jour qu'on amena dans une petite ville du Tyrol une bande de voleurs, on distingua parmi eux une vieille femme. Elle était propriétaire d'une petite maison isolée, située à une lieue de la ville, et tous les habitants qui connaissaient bien la vieille, ne furent pas peu étonnés de la voir au milieu de ces brigands. Mais c'était précisément dans sa cabane que les gendarmes avaient mis la main sur la bande, et ellemême, comme le procès le fit voir, avait été l'une des plus

CATÉC. PRATIQUE. T. 11." ' 25

.-i:iO DE LA TRANSGRESSION DES COMMANDEMENTS.

actives coopéralrices des voleurs ; c'éUiilelle (|ui recelait les objets volés, les vendait partiellement, et relirait de cette vente de gros profits. Les voleurs l'appelaient toujours « la bonne mèye,r> elle, à son tour, les appelait «seslaborieux enfants. » Mais celte bonne mère, malgré toutes ses protestations d'innocence et ses allégations de n'avoir jamais volé la moindre chose, fut expédiée en prison avec ses laborieux enfants, où elle mourut après une demi-année de réclusion. 9) Prendre la défense des péchés d^ autrui, c'est-à-dire, justifier par paroles ou par écrit les mauvaises actions et les injustices, plaider en leur laveur, comme font, par exemple, les avocats, qui soutiennent des procès injustes, les faux témoins, les hérétiques, les flatteurs, et surtout les parents qui excusent et protègent des enfants corrompus et coupables, etc. Ce péché est une al»oniination devant Dieu; car, dit le livre des Proverbes :«Celui (jui justifie le méchant et celui qui condamne le juste, sont tous deux en abomination devant Dieu. » (17, 15.) C'est avec raison que S. Pierre Damien dit : « Celui (pii prend la défense du péché, est plus coupable que celui qui le commet; commettre le péché, c'est de la faiblesse humaine; mais prendre la défense du péché, c'est une malice diabolique. «

Exemples tirés de la Bible.

Agar excusa et défendit Ismaël, son fils dénaturé, quand il joua avec Isaac et fit le mal sous les yeux de celui-ci. C'est pourquoi elle fut renvoyée avec son méchant enfant de la maison et du service d'Abraham. {Genèse, 21, 10.) — Le roi Acliab prit sous sa protection les fau.x prophètes et persécuta les vrais. (5 Rois, 18.) Les docteurs juifs, du temps de Jésus-Christ, autorisaient les serments faits légèrement et soutenaient qu'on pouvait les violer, — Les soldats proposés à la garde du sépulcre de Jésus-Christ, furent subornés au moyen d'argent par les grands-prêtres juifs, afin de raconter des mensonges. {S. Mathieu, 28, 14.)

!)KS SKPI l'KCHÉS d'aUTRUI. .-)31

l'mtique. Qmi devons-nous apprendre en voyant ces diftérentes espc^es de péché? Ce que nous devons apju'endre, c'est de reconnaître tout ce (ju'il y a d'affreux et de funeste dans le péché et de le détester de tout cœur; c'est d'éprouver une vive horreur des péchés énormes contre le Saint-Espril, et de ces péchés aboniinahles (jui crient vengeance au ciel ; c'est d'éviter avec soin tous h*3 péchés d'aulrui et de les empêcher autant que possible. Quand vous voyez commettre le mal et que vous êtes obligé en conséquence de faire des observations, ne dites pas : « 11 ne m'est pas permis de dénoncer ou d'accuser les autres; jen'aimerais pas moi-même qu'on me dénonçât. » Coumient? n'aimeriez-vous pasqu'on arrachât à ce niisérable le poignard dont il veut vous percer? JN'oubliez pas cette remarque de S. Augustin : « Où les fautes ne sont pas indiquées et punies en temps convenable, la malice devient plus grande, et l'on est cause que les coupables se font du péché une habitude, qu'ils meurent sans avoir fait pénitence. »C'est pourquoi agissez comme

S^'' Zile, servante.

Dans la maison où servait S''- Zitc, se trouvait un doniestiqut! déhontê, qui trouvait son plaisir à raconter aux autres sujets les histoires les plus scandaleuses, et à tenir les propos les plus obscènes. Tous se plaisaient à l'entendre et approuvaient son langage par leurs sourires et leurs applaudissements. Mais S'-*^ Zite, aflligée de ce scandale, en parla à sa maîtresse et déclara, ou que ce domestique effronté devais être congédié, ou qu'elle serait forcée elle-même de quitter son poste. Le choix ne fut pas difticile pour la dame ; le coupable dut sortir sur l'heure de la maison. Ce renvoi produisit un heureux efiet sur tous les autres domestiques et leur inspira une crainte salutaire, car, dès ce jour on n'entendit plus la moindre parole inconvenante parmi eux. — Quel bel exemple à imiter par les serviteurs et les maîtres.

532 DE I,A VKKTÜ ET DE I,A F-EKKECTION CHRÉTIENNE.

par I«;s i-nfanls et les parents ! Que d'âmes innocentes seraient sauvées, que de vols et de tromperies seraient empê- «liés, que de scandales cesseraient, si les personnes qui en sont les témoins, avaient le courage de donner une correc- ' lion fraternelle ou d'avertir ceux qui sont en état de remédier au mal.

UE LA VERTU ET DE LA PERFECTION CHRETIENiNE.

(Gr. Cal. 1« </.)

Nous devons non-seulement éviter le mal, mais encore pratiquer le bien. — Explication. Nous avons parlé- du péché ainsi que de ses différentes espèces, et montré avec quel !^oin on doit éviter le péché quel (iu'il soit. Mais nous devons ajouter qu'il ne suffît pas de nous abstenir de péchés et de vices graves, nous devons encore nous efforcer de devenir sans cesse plus vertueux et d arriver à la perfection, chacun selon notre état, d'après ces paroles de l'Ecriture : « Que celui qui est juste, devienne encore plus juste, et (|ue celui qui est saint, devienne encore plus saint. » [Apoc. 22, 11.) Le Sage nous dit : « Ne cesse pas de t'avancer dans la justice jusqu'à la mort. » {Eccl. 18, 22.) Nous ne disons pas qu'un chamj) est bon par cela seulement qu'il ne produit ni ronces, ni épines, mais il faut encore qu'il produise des Iruits. De même celui-là seulement est juste, qui ne se contente pas d'éviter le mal, mais (jui [iroduit aussi des fruits de vertu. C'est pourquoi le divin Sauveur a dit : « Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits, sera coupé et jeté au feu, j> c'est-à-dire, quiconque ne fait pas le bien, sera condanmé au feu éternel. De là suit clairement que si nous voulons être justes, nous avons un double devoir a remplir : éviter le mal et pratiquer le bien, puis progresser sans cesse dans la vertu, comme le lit l'apôtre

§ I. DE l,\ VERTU. 5H3

S. Paul, qui écrit de lui-même : « Non que je sois déjà [jarCait mais je poursuis ma course... J'oublie ce qui est derrière moi, et je m'avance vers ce qui est devaut moi, » c'est-à-dire, j'oublie tout ce que j'ai aimé précédemment, le monde et le péché, et je ne cherche que ce qui est devant moi, la vertu e* la justice, les biens célestes et l'éternelle félicité.

Eoitez If mal et pratiquez le bieiK

S. Norbert, archevêque de Magdebourg, passa, comme gentilhomme, sa jeunesse à la cour impériale. La nature et la fortune l'avaient favorisé à l'envi de tous les dons qui peuvent plaire au monde, tels que : une haute naissance, de grandes richesses, un brillant esprit et une séduisante figure. Tous ces biens furent consacrés au luxe et aux plaisirs mondains. Un jour que, selon sa coutume, il était revêtu de niagnifi(|ues habits et qu'en joyeuse compagnie, il chevauchait dans la campagne, il fut surpris par un effroyable orage. Un éclair brilla et Norbert avec son cheval fut renversé à terre. Le jeune homme resta étendu sans mouvement ni sentiment durant toute une heure, puis se reveillant comme d'un profond sommeil, il s'écria avec Saul pénitent : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse? » Une voix intérieure lui répondit par ces paroles du Psalmiste : « Evite le mal, fais le bien et cherche toujours la paix. » En même temps il prit la résolution de se convertir complètement, se dépouilla de ses somptueux habillements, renonça à toutes les joies du monde et se retira dans la solitude, où il s'appliqua, au milieu d'austères mortifications, à servir Dieu et à pratiquer la vertu.

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