II. l)i;S QIATUE VEUTi.'S CAUUINAl.E.S. oM
qu'elle est excellente, car autant il est impossible de vovager sans voir ou sans avoir un guide, de traverser la mer sans gouvernail, autant il est impossible do trouver, sans la |)ru'dence, le chemin du ciel et de |)ouvoir s'y orienter. C'est pourquoi S. Thomas d'Aquin appelle la prudence chrétienne : « Vœil de l'âme, » et S. Bernard « le gouvernail dans la traversée de la vie. » D'ailleurs notre divin Sauveur nous engage à pratiquer cette vertu si nécessaire, (|uand il dit : « Soyez prudents comme les serpents ! » {S. Matth. 10, 16.) Puis dans un autre endroit : « Gardez-vous des faux prophètes! » (S. Matth. 7, 15.) S. Paul écrit aux Romains (12, 2) : « Ne vous conformez point au siècle présent, mais discernez quelle est la volonté de Dieu, ce (jui est bon, agréable à ses yeux et parfait. »
Exemples tirés de la Bible.
Nous rencontrons dans l'Ecriture-Sainte beaucoup d'exemples de prudence chrétienne. Il est dit de David : « David allait partout où Saül l'envoyait, et il agissait avec prudence. » (1. Rois. 4(S, 5.) Abigaïl, à cause de sa conduite prudente vis-à-vis de David, sauva de la ruine la maison da son épqux; (1. Rois. 2o, 5.) et Joseph par sa prudente prévoyance préserva tout le peuple égyptien de la famine. — Dieu avait accordé une prudenceextraordinaire ausage Salomon. Celui-ci en donna surfout des preuves dans le jugement si prudent qu'il prononça quand deux mères se disputèrent un enfant. (3. Rois. 3, 5-41.) — .luditli se distingua également par une grande prudence. Eclairée et fortifiée de Dieu, elle alla au milieu de l'armée ennemie, et tint un discours si généreux en présence d'Holopherne, le redoutable général de Nabuchodonosor, que « tous admirèrent sa sagesse, et se disaient l'un à l'autre : il n'y a point de femme sur la terre semblable à celle-ci, en son regard, en sa beauté, en la sagesse de ses paroles. » (il. 18, 19.) — L'Ecriture-Sainte constate la mêm^ chose d'Ezéchias, fils d'Achaz, roi de Juda. « Il s'attacha au
LIO OE I.A VKRTl i:r Dt I.A rEnS-EtTION CHRÉTIENNE.
Seigneur, y est-il dit, ne s'écarta pas de ses voies, et accomplit les commandements que Dieu avait donnés à Moïse. Aussi le Seigneur fut-il avec lui et il se conduisit avec prudence dans les choses qu'il entreprit. »
S. Vincent de Paul.
Ce célèbre fondateur des Sœurs de charité possédait une si rare prudence qu'il fut regardé comine un des hommes les plus sages de son siècle; néanmoins, il avait une telle défiance de lui-même, que dans toutes les circonstances, il se recommandait à Dieu et lui demandait conseil. Quand quelqu'un venait le consulter sur son opinion, il la disait, après y avoir mûrement réfléchi, avec une grande réserve; plus il mettait de temps à prendre une résolution, plus il y tenait ferme. A cause de cette prudence qui l'accompagnait dans tout ce qu'il entreprenait, il produisit un bien immense et la bénédiction de Dieu accompagna tout ce qu'il entreprit. On s'étonna généralement de ce que tout ce qu'il entreprenait lui réussissait. Mais ce qui est bien plus, pendant que tout lui réussissait, il amassait des trésors pour le ciel, et opérait des miracles de charité. [Dans sa vie.)
La vertu la plus néceasaire.
Un jour qu'un grand nombre de moines et de solitaires de laThébaïde étaient réunis autour de S. Antoine abbé, la conversation tomba sur la question de savoir quelle vertu était le plus nécessaire pour faire de grands |.rogrès dans le chemin de la perfection. L'un disait : que c'étaient les jeûnes et les veilles; un autre que c'était le mépris des biens de la terre; un troisième, l'amour de la solitude; un quatrième vantait la miséricorde; et chaque vertu trouvait ainsi son apologiste, chacune fut proclamée comme la plus propre à faire progresser quelqu'un rapidement dans le chemin de la vertu. S. Antoine exprima son avis le dernier : « Toutes les vertus dont vous m'avez parlé, dit-il, ont leur mérite et sont dignes d'éloges, mais à la vue des nombreux égarements où tant de personnes sont tombées, j'ai fait l'expérience que la