‹ Catéchisme pratique, ou, Doctrine chrétienne en exemples (volume 3)Chapitre 7 sur 44 · I.SS DHS COMM.\M)EMF,NrS · texte numérisé non relu

I.SS DHS COMM.\M)EMF,NrS

Exemples lires de la Bibk'.

Le nom de Dieu est honoré, lorsqu'on tout temps il est loué et glorifié, comme le Psalmiste l'a fait en célébrant ce saint nom à tout instant. « Que le Nom de Dieu soit loué dans toute l'Eternité! » s'écrie-t-il ; et ailleurs: « Je bénirai le Nom de Dieu dans mes chants et je \v, glorifierai dans mes louanges. » — Je chanterai des psaumes pour le nom du Très-Haut. » « Louez avec moi lagrandeurde Dieu, unissons nos voix pour célébrer et exalter son saint Nom. » « Je bénirai le Seigneur en tout temps et ses louanges seront toujours dans ma bouche! » {Ps. 23.) — Le nom de Dieu est honoré lorsque nous l'invoquons fréquemment. « Invoquez-moi au jour de la tribulation, je vous sauverai, et vous me louerez. » {Ps. 44.) — Le nom de Dieu est honoré, lorsque nous lui rendons des actions de grâces et que nous nous soumettons à sa sainte volonté dans la bonne ainsi que dans la mauvaise fortune, comme fit le saint homme Job, [Job 1.) quand il se vit privé de tous ses biens; dans sa détresse il s'écria avec une entière résignation : « Le Seigneur me l'avait donné, le Seigneur me l'a repris. Que son Nom soit béni! » — Le nom de Dieu est enfin honoré, lorsque nous le confessons avec fermeté, comme le firent le pieux Eléazar, les enfants Israélites dans la fournaise ardente, les frères Machabées et tous les martyrs dans la nouvelle loi; lorsque nous travaillons pour la gloire de Dieu, à l'exemple des Saints de l'Ancien et du Nouveau Testament.

Pratique. Que doit éviter et que doit faire tout chré-. tien pour ne pas pécher contre ce deuxième commandement? 1) Que doit-il éviter? Rép. Toute profanation du Nom divin. En conséquence, chrétien! prenez garde de vous laisser aller à la vilaine habitude de jurer et de blasphémer! car, « aucun péché n'est plus abominable que celui-ci, » dit S. Chrysostôme [Orat. 2. de fato et provid.); « et aucun autre ne lui ressemble; c'est le dernier degré du crime, c'est un péché qui trouble tout, et

DKIMKMK COMMAMUC.MKNT DE DIEU. l S!>

auquel sont réservés des châtiments insupportables qui ne se feront pas attendre. » S. Jérôme ( m cap. 18 Isai. ) ajoute : « Il n'y a rien de plus terrible que ce péché ; car il lance contre le ciel le langage impie de la bouche. » C'est pourquoileSagedit {Ecclés. 53, 12.) « Celui qui jure souvent sera rempli d'iniquité, et le châtiment ne sortira pointdesamaison. » Pensez souvent àce châtiment divin qui atteint tôt ou tard celui qui offense Dieu, et employez tous les moyens possibles pour vous défaire de la criminelle habitude de jurer et de blasphémer! Servez-vous particulièrement du moyen suivant que S. Chrysostôme nous recommande :

Remède contre la funeste habitude de jurer et de blasphémer.

On raconte qu'un orateur célèbre de l'antiquité avait la mauvaise habitude de hausser l'épaule droite pendant qu'il parlait. Il vainquit cette habitude en suspendant au-dessus de cette épaule une épée acérée, et la crainte continuelle de se blesser fit si bien, qu'il ne remua plus cette partie de son corps. Agissez-en de même avec votre langue. Menacez-la des châtiments divins, et vous surmonterez la funeste habitude de jurer. Car il est impossible, que nous succombions à cette habitude, si nous mettons du zèle et de la persévérance à la combattre.

% Que doit faire e^icore le chrétien ? Rép. Il ne doit ])rononcer jamais qu'avec le plus profond respect le nom de Dieu et d'autres saints noms. Faites-y bien attention. Invoquez souvent avec un respect filial et avec une entière confiance, surtout dans les moments d'épreuve, le nom de Dieu, les noms de Jésus et de Marie! Vous y trouverez beaucoup de consolation et de force.

Culte rendu aux SS. Noms de Jésus et de Marie par quelques

Saints.

Tjous les Saints ont voué un culte particulier à ces deux

lyU DES COMMANDEMENTS.

saints Monis; mais entre tous se distingue S, Bernard, qui, dans ses écrits, avoue lui-même que ces deux ]\oms bénis étaient pour son cœur un baume salutaire; pour ses lèvres un miel très-doux, et pour ses oreilles une musique délicieuse. Dans tous les dangers et les tentations il invoquait ces Noms sacrés, et chaque fois il y échappait heureusement, chaque fois il repoussait victorieusement l'ennemi de son salut. S.François portait dans son cœur la même vénération pour ces saints Noms. S'il trouvait quelque part dans la rue un petit morceau de papier sur lequel l'un de ces noms vénérables était écrit, il le ramassait respectueusement de peur qu'il ne fût foulé aux pieds et que par là ces saints Noms ne fussent profanés. Il avait recueilli et fidèlement conservé plusieurs de ces billets. — L'illustre pape Innocent III mit également une très-grande confiance dans les saints noms de Jésus et de Marie. « En effet, » disait-il, « Jésus m'a procuré, par sa croix, une barque afin que je puisse naviguer avec sûreté sur la mer dangereuse de la vie, et Marie est pour moi une étoile brillante au milieu de ce voyage périlleux, afin jque je puisse aborder heureusement au port. »

« Souvenez-vous de sanctifier le jour de Sabbat. »

{Gr. Cat. {"-ô' q.)

A quoi nous ohluje le troisième commandement. — Explication. Lq premier commandement exige de nous que nous rendions à Dieu le culte et l'adoration qui lui sont dus, le deuxième, que nous ne fassions rien de contraire à ce culte par paroles ou actions, et le troisième fixe un jour spécial pour rendre à Dieu ce culte et cette adoration. En conséquence, le troisième commandement nous oblige à sanctifier le jour du Seigneur en pratiquant des œuvres de religion et en nous abstenant d'œuvres serviles. — Ce jour du Seigneur était dans l'ancienne

TKOISIÈMK CÜMMANDKMENT DE DIEU. 191

loi le Sabbat, c'est-à-dire le septième jour de la semaine ou le samedi, il fut instituées souvenir delà création que Dieu avait achevée; (^n effet, « Dieu se reposa le septième jour; c'est pourquoi il a béni le jour du repos et l'a sanctifié [Exode, 20, 11.). » — Dans la nouvelle Loi, au contraire, nous célébrons comme jour du Seigneur le premier jour de la semaine ou le dimanche, e?i souvenir de la rédemption, qui est une nouvelle création ; en effet, ce fut un dimanche que notre Sauveur ressuscita des morts, et qu'il envoya le Saint-Esprit à son Eglise.

Pourquoi ne célébrons-nous plus le samedi et y avons -nous substitué le dimanche?

Voici comment le Catéchisme du Concile de Trente répond à cette question : « Il a plu à l'Eglise de Dieu, de transférer la solennité du sabbat au jour du dimanche. De même que ce fut en ce jour que la lumière commença à briller sur In monde, ainsi ce fut en ce jour que notre divin Rédempteur nous fit passer des ténèbres à la lumière, et qu'il nous ouvrit l'entrée de la vie éternelle par sa résurrection ; ce qui l'a fait appeler par les Apôtres le jour du Seigneur. Une autre raison qui a fait solenniser le dimanche, c'est qu'en ce jour le monde sortit du néant, et le Saint-Esprit descendit sur les Apôtres. » — S. Augustin écrit à ce sujet (Epist. 119 ad Januar.) : « Le sabbat fut imposé aux Hébreux comme jour de fête pour leur repos corporel, afin qu'il fût un modèle de sanctification dans le repos du Saint-Esprit... Le jour du Seigneur a été institué, non pour les Juifs, mais pour les Chrétiens, par la résurrection du Seigneur, et c'est dès lors que ce jour a commencé à être solennisé. » — S. Ignace {In Epist. ad Magnes.) dit : « Puisque vous avez vu luire l'aurore d'une nouvelle espérance, ne célébrez plus le sabbat, mais sanctifiez le joMr (/m Seigneur, pendant lequel nous avons obtenu la vie par lui et par sa mort ! »

\'.)-l DES COM.MANDI-.MENTS.

(Cr. Cat. A'- q.)

OEuvres pieuses que nous devons pratiquer le dimanche. — Explication. Nous sommes obligés de sanctifier le jour du Seigneur; c'est la volonté de Dieu qu'il a maninifestée plusieurs fois dans l'ancienne loi. Soixante et douze passages dans l'Ancien Testament traitent de la célébration du sabbat, preuve que Dieu y attachait la plus grande importance et que, par là même, il ne pouvait assez l'inculquer aux Juifs.

Est-ce que le jour du Seigneur sera moins saint pour nous? Assurément non; c'est pourquoi il est important de S3i\ o'iv coimnent nous devons célébrer le dimanche. Notre catéchisme y répond : Nous devons i) assister à la sainte messe et autant que possible aux autres offices divins, principalement au sermon et aux instructions religieuses, 2) recevoir les sacrements, 3) faire des lectures ou des méditations pieuses et 4) pratiquer des œuvres de charité chrétienne.

Le fidèle observateur du dimanche.

Un bel exemple de la manière d'observer le dimanche, nous est donné par lebienheureux Georges Gasteiner qui naquit en lo6i, dans une petite ferme, non loin de la célèbre chapelle de Notre-Dame d'Altotting.

De bonne heure ses vertueux parents avaient tâché de faire germer dans son jeune cœur les semences de la piété. Bientôt le petit Georges prit part aux entretiens et aux exercices religieux de ses parents. Avec l'âge s'accrut aussi en lui le zèle pour le service de Dieu. Les dimanches et les jours de fête, malgré le temps le plus détestable, il se rendait de bonne heure à l'église, et quand il prévoyait qu'il ne pourrait revenir dîner à la maison, sans négliger les vêpres et le salut, il prenait avec lui un morceau de pain, le mangeait à l'heure de midi, puis retournait à l'église. Il passait le reste de l'après-dînée à lire des livres pieux, puis il racontait à ses parents ce qu'il avait lu et ce qu'il avait retenu du ser-

mon et des instructions religieuses. Lorsqu'après la mort de SCS parents, il eut repris les affaires domestiques, l'un de ses premiers soins fut d'établir une discipline chrétienne dans sa maison et de veiller à la stricte observation du dimanche. Il se maria et eut une fille qui, de bonne heure, fut initiée par son père au véritable esprit du christianisme et entra plus tard dans une maison religieuse. Après la mort de sa pieuse femme, il vécut encore trente ans dans le veuvage, et, grâce à sa sobriété, à la sévère régularité de ses habitudes, il atteignit un âge très-avancé. Enün, vers sa quatre-vingtdixième année, il devint caduc; la faiblesse de ses jambes ne lui permit plus d'aller à l'église et celle de ses yeux de lire. Pour se consoler, il méditait chez lui la vie si instructive de Jésus et celle de sa divine mère Marie, à laquelle il voua constamment une grande affection, de°sorte qu'il fit de sa maison une maison de prières.

En 16o9, âgé de près de cent ans, il rendit doucement sa belle âme à Dieu. En lui se vérifièrent ces paroles :J « Bienheureux sont ceux qui meurent dans le Seigneur! Dès maintenant, dit l'Esprit-Saint, ils se reposeront de leurs^travaux; car leurs œuvres les suivent. »(Apocal. 14. 13.)

Ad 1) Nous devons assister à la sainte messe et, fautant que possible, aux autres offices divins , principalement au sermon- et aux instructions religieuses (i). S. Augustin nous y engage formellement {Serm. 251 de temp.) par les paroles suivantes : « Que personne ne s'absente le dimanche de la sainte messe, et que personne ne reste oisif à la maison pendant que les autres vont à l'église! » Nous y sommes également invités par les règlements ecclésiastiques les plus sévères, par exemple, par la constitution apostolique qui date de la fin du 3'^ siècle, par les synodes d'Elvire, en 305, de Rheims,en 625, d'Arles, en 511, de Tribur, en 895. Ils interdisent l'entrée do

(1) Nous nous étendions plus longueraent sur ce point en iraitan!, du 2<^ commandement de l'Eglise.

" CATÉC. PRATIQUE. T. II. 9

réglise à tous lescatholiques qui négligent l'office divin deux ou trois dimanches de suite, et leur refusent la sépulture en terre sainte. Enfin nous y sommes engagés par la sonnerie solennelle qui nous appelle à l'église les dimanches et jours de fête.

Cloches aux sons harmonieux.

Vous dont les bruyantes volées, Comme lies voix pai tant des cieux.

Viennent redire à nos vallées : (« Chrélieps. c'est le jour du Seigneur. a Au temple offiez-lui votre hommage ! » ('lociics que ce pieux lanj^age Parle éloqnemmenl à mon cœ ir !

Rien ne peut nous dispenser d'assister le dimanche aux offices divins.

Les plus violentes persécutions n'empêchaient pas toujours nos pères de se rendre les jours de dimanche aux assemblées de religion. Une vierge chrétienne, nommée Anysie, s'y rendait, lorsqu'un garde de l'empereur Dioclétien, l'apercevant, fut frappé de sa modestie. Il alla au-devant d'elle, et lui dit : « Demeure-là; ou vas-tu? » Anysie craignant à son tour qu'il ne l'insultât, fit sur son front le signe de la croix pour obtenir de Dieu la grâce de résister à la tentation. Le soldat se trouvaoffensé dece qu'elle ne répondait que par un tel signe à la question qu'il lui faisait. Il mit la main sur elle, et lui dit avec colère : « Réponds qui tu es, et où vas-tu? » Elle répondit : « Je suis servante de Jésus-Christ et je vais à l'assemblée du Seigneur.» — «Je t'empêcherai bien d'y aller; je t'emmènerai sacrifier aux dieux ; nous adorons aujourd'hui le soleil, » repartit le soldat. Il lui arracha en même temps le voile dont son visage était couvert. Anysie tâcha «le l'empêcher, et lui souillant au visage elle lui dit : «Va, misérable, Jésus-Christ te punira. » Le soldat furieux tira son épée et la lui plongea dans le cœur. La jeune vierge tomba par terre, martyre de l'observation du dimanche; mais tandis que son corps baignait dans son sang, son âme.

couronnée de gloire, allait adorer sur l'autel du ciel rAgneau que le prêtre immolait sur l'autel de la terre. {Gaunie.)

Ad 2) Nous devons fréquenter les sacrements de la yéni-^ tence et de V Eucharistie.

Comparaison.

De même qu'aux dimanches et aux jours de fête, nous mettons de plus beaux habillements, de même nous devons déposer le vêtement du péché et mettre celui de la vertu, c'est-à-dire, en ces jours nous devons nous purifier par la réception des sacrements et en quelque sorte mettre des habits de fête. C'est ce que St Chrysostôme exprime dans la comparaison suivante : « N'est-ce pas une folie, lorsqu'arrive un dimanche ou un jour de fête, de donner tant de soins au corps, de prendre d'avance dans la garde-robe le plus bel habit et de le tenir prêt avec une minutieuse exactitude, de se pourvoir d'une belle chaussure, de servir au dîner des mets choisis, de se procurer de tous côtés une foule de choses superflues, de se parer et s'orner de toutes les façons et de ne faire aucune attention à l'âme, à cette âme négligée, souillée, dégradée, affamée et impure? Vous apportez à l'église un corps paré et une âme d'une hideuse nudité. Votre corps est vu de votre prochain, et voilà pourquoi il importe peu dans quel étal il se trouve; mais votre âme est vue de Dieu, et il punira sévèrement la négligence dans laquelle vouslalaissez. Ne savez-vous pas que sur cet autel brûle un feu céleste, c'est-à-dire quel'Homme- Dieu y est présent? Apportez-y donc, non pas de la paille, du bois, des broussailles et autres choses, c'est-à-dire des péchés, de peur que votre âme ne soit atteinte et consumée par ce feu céleste. Apportez plutôt des pierres précieuses, de l'or et de l'argent, c'est-à-dire des vertus, afin qu'elles y soient encore purifiées davantage et que vous puissiez quitter l'autel avec un grand profit. S'il y a quelque chose de coupable en vous, déposez-le d'abord et débarrassez-en votre âwe avant d'approcher de l'autel! » {Oral, de hcaio Pltilugonio.)

Ad 3) Nous devons nous occuper de lectures ou de méditations pieuses. A ce sujet S. Antoine a fort bien dit {pars 2. tit. 9. cap. 3.) : « Le dimanche doit être employé à des œuvres spirituelles, à des lectures pieuses ou à d'autres exercices agréables à Dieu. Mais les parents sont spécialement dans l'obligation d'instruire leurs enfants et de les former à une conduite chrétienne, à la vertu et à la piété. Cet exemple nous a été donné par le patriarche Job qui, au bout de quelques jours, réunissait ses enfants et les purifiait; ce qui, d'après l'explication de S. Thomas, doit être entendu ainsi : que le premier jour de la semaine il leur donnait des avertissements et des instructions et qu'il offrait pour eux des prières et des sacrifices. » — Sous le rapport des lectures spirituelles, S. Bernard écrit : « La lecture des livres pieux nous est très-nécessaire. Car par cette lecture nous apprenons ce que nous devons faire et éviter, et où nous devons arriver. La lecture détruit les illusions de la vie, elle soustrait l'homme à la vanité du monde, elle lui apprend à prier et à agir. La lecture et la prière sont les armes qui mettent en fuite l'ennemi et nous font gagner la vie bienheureuse. »

Utilité des lectures et des méditations pieuses.

Nous ne devons pas négliger, les dimanches et les jours de fête, de lire un bon livre. C'est là une pratique extrêmement utile. Je choisis un exemple rapporté par S. Grégoire dans ses Dialogues ainsi que dans ses Homélies, {Dial. l. 4. cap. 16, et Homil. lo.) par lequel il nous engage à faire des lectures si salutaires. Il y avait à Rome un mendiant qui se nommait Servatus. Il se tenait couché par terre sous le portique qui servait de passage pour entrer dans l'église de Saint-Clément. Ce malheureux était atteint de paralysie et il était, je ne dirais pas seulement incapable de se tenir sur ses pieds, mais encore de se retourner d'un côté à l'autre.

TROISIÈME COMMANDEMENT DE DIEl'. 197

Il no pouvait niênie pas approclier les mains de ses lèvres et était ainsi dans rimpossil)ilité de porter à sa bouche la subsistance qui lui était nécessaire. Des aumônes qu'il recevait il employait une part h ce qu'il fallait pour sa nourriture et son entretien, et l'autre pour donner l'hospitalité aux pèlerins qu'il recevait dans sa pauvre demeure. Ce mendiant avait un goût très-ardent pour la lecture des livres ^ pirituels ; il s'en ('mit procuré une bonne «mantité par le moyen des aumônes qu'il recevait, et même en se retranchant sur sa nourriture pour trouver moyen de fournir des aliments à son esprit en se livrant à de pieuses lectures. Mais comme ce pauvre infortuné ne savait pas lire, il se procurait cet avantage par les soins charitables que voulaient bien prendre les personnes qu'il recueillait , comme il a été dit. Par le moyen de ces lectures spirituelles, quoique faites par la bouche des autres, Servatus acquit une grande connaissance des choses divines et une singulière habileté dans les saintes Ecritures. Il en conférait avec beaucoup de savoir et il jetait dans l'étonnement tous ceux qui l'entendaient. Ce qu'il faut surtout remarquer, c'est qu'il avait puisé dans ces lectures une patience invincible; il ne cessait de rendre grâces au Seigneur des maux cuisants qu'il lui envoyait, et chantait toujours des cantiques de louanges à Dieu. Quand il comprit enfin que le moment de sa mort n'était pas éloigné, il appela quelques-uns de ses consolateurs habituels et les pria de vouloir bien réciter avec lui quelques psaumes. Pendant qu'on lui rendait le service qu'il avait réclamé, il leur fit signe de s'arrêter en leur disant : « N'entendez-vous pas comment le ciel retentit de chants et de mélodies? » En prononçant ces paroles il rendit l'âme. Après sa mort, il se répandit dans cette misérable demeure qu'avait habitée Servatus une odeur si délicieuse que tous les assistants en furent inondés d'une ineffable douceur.

Le saint Docteur termine ce récit en disant qu'à cette mort si sainte s'était trouvé un moine qui appartenait à son monastère et qui ne pouvait raconter l'événement, dont il avait été spectateur, sans répandre des larmes d'attendrissement.

Xous avons ;\ admirer ici le grand empressement qui animait ce pauvre paralytique pour la lecture des livres spirituels et les fruits merveilleux de sainteté que cette lecture produisit en lui, ainsi que la mort précieuse dont cef amour <les pieuses lectures lui fit obtenir l'inestimable faveur. Il faut donc en conclure que c'est là un excellent moyen pour arriver à la perfection. {Scaramelli, art. 9, ch. I.)

Pourquoi faut-il lire de bons livres?

Plus d'un chrétien tiède, qui ne veut entendre parler ni de sermon ni de lecture pieuse^le dimanche, tient le propos suivant : « Pourquoi me faut-il aller à l'église, ou lire l'Ecriture-Sainte et d'autres livres pieux ? » L'histoire suivante leur servira de réponse : Quelqu'un demandait à un sage de l'antiquité : « Pourquoi lisez-vous constamment les livres traitant des choses divines et des devoirs humains, vous qui les avez déjà si souvent lus? » Il répondit: « Mon ami, pourquoi prenez-vous de nouveau de la nourriture aujourd'hui, car vous avez encore mangé hier? » — « Je le fais pour vivre, » répondit celui-ci. — « Et moi, je lis aussi pour vivre, » répliqua le sage. — C'est ainsi que vous devez également nourrir et fortifier sans cesse votre esprit. C'est la parole de Dieu qui est la nourriture véritable et proprement dite de l'esprit, et non la morale humaine ou la sagesse du monde; en eftet, notre esprit est quelque chose de divin, issu de Dieu et destiné à retourner à Dieu. C'est pourquoi il doit prendre sa force et sa croissance dans ce qui est divin, comme le corps prend sa force et sa croissance dans la terre d'où il est issu et où il retournera.

Ad 4) Nous devons pratiquer des œuvres de charité chrétienne. « Jésus lui-même, •>■> dit S. Isidore, « nous a appris à sanctifier le dimanche par des œuvres de miséricorde, puisque c'était spécialement le jour du sabbat qu'il guérissait les paralytiques, qu'il rendait la vue aux aveugles, le mouvement aux boiteux, l'ouïe aux sourds

et qu'il guérissait diiïérentes autres maladies. Il montrait ainsi qu'il préférait la charité au sacrilicc. »

Un avis de S. Chrysostôme.

Le dimanche doit être célébré par de bonnes œuvres, surtout par la distribution d'aumônes. Voici comment S. Chrysostôme s'exprime là-dessus. « Le dimanche est surtout propre à faire flrs aumônes. Vous dites peut-être : Comment un jour pourra -t-il nous provoquer plutôt qu'un autre à la bienfaisance? Ecoutez : en ce jour on se repose du travail; or, par le repos le cœur devient aussi plus gai et plus expansif et par là même il est porté davantage à donner. Bien plus, nous sommes nous-mêmes redevables à ce jour d'une infinité de bienfaits. En ce jour, en effet, la mort fut vaincue, la malédiction qui pesait sur nous fut levée, lepéché racheté, le démon enchaîné, la longue lutte terminée; Dieu se réconcilia avec l'humanité et notre race fut ramenée à son état primitif, etmême à un état plus éminent; le soleil vit en ce jour le prodige étonnant et merveilleux que l'homme était devenu immortel. Rappelons tout cela à notre souvenir, et alors le dimanche sera comme un intercesseur en faveur des pauvres, puisqu'il semble nous dire : « Rappelle-toi, ô homme! combien de faveurs signalées tu as reçues en ce jour, et de quels grands maux tu as été délivré! Oui ! le dimanche est l'anniversaire de toute la race humaine; car, nous étions perdus et nous avons été retrouvés en ce jour; nous étions morts, et nous avons été ressuscites; nous étions ennemis et nous avons été réconciliés. Et voilà pourquoi nous fêterons ce jour d'une manière spirituelle, non par des festins et des parties de plaisir, non par l'ivrognerie et la danse, mais en venant généreusement en aide à nos frères indigents ! »

(Gr. Cat. 5'-8« q.)

De quelle manière le dimanche est profané. — Explication. On profane le dimanche :

1) Par des œuvres serviles, c'est-à-dire par des œuvres corporelles, que font ordinairement les domestiques, les

journaliers et les artisans. Toutes ces œuvres serviles sont donc défendues le dimanche, non parce qu'elles sont criminelles et mauvaises en elles-mêmes, mais l>arce qu'elles détournent notre esprit des exercices du culte que Dieu exige de nous ce jour-là. Pour le même motif, les procédures et le commerce sont également défendus le jour du Seigneur. — Cependant, il peut se picbenter des cas où des œuvres serviles sont permises le dimanche. Ces cas les voici : a) lorsque les supérieurs spirituels, pour des raisons graves, donnent des dispenses, b) lorsque la gloire de Dieu l'exige, \ovsque, par exemple, on serait dans le cas de devoir dresser un autel ou orner l'église pour un jour de fête qui survient. C'est à ce propos que le Seigneur disait des prêtres, qu'au jour du sabbat ils violaient le sabbat dans le temple, et n'étaient pas néanmoins coupables, (Matth. 12, 5.) c) lorsque Tamour du prochain le commande, en rendant par là un service aux pauvres, aux malades, etc. ; car « la religion et la piété pure et sans tache aux yeux de Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leur affliction, » (Jac. I, 27.) d) en cas de nécessité ou d'utilité publique, lorsque, par exemple, un grand dommage peut être empêché; « en effet, le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat. » (Marc. 2, 27.)

Le divin Sauveur lui-même cite plusieurs cas où les œuvres servilessont permises au jour du sabbat. Voici comment l'évangéliste S. Matthieu nous en rend compte (12, l-do.) : « En ce temps-là, Jésus passait le long des blés, un jour de sabbat; et ses disciples, ayant faim, se mirent à rompre des épis et à en manger. Ce que les Pharisiens voyant, ils lui dirent : Voilà vos disciples qui font ce qui n'est point permis de faire un jour de sabbat. Mais il leur dit : N'avez-vous point lu ce que fit David, lorsque lui et ceux qui l'accompa-

TaOlSIÈME COMMANDEMENT DE DIEU. 201

gnaient furent pressés de la faim; comme il entra dans la maison de Dieu, il mangea les pains de proposition, dont ii n'était permis de manger ni à lui, ni à ceux qui étaient avec lui, mais aux prêtres seuls. Ou n'avez-vous point lu dans la loi que les prêtres, au jour du sabbat, violent le sabbat dans le temple, et ne sont pas néanmoins coupables? Etant parti de là, il vint dans leur synagogue, où il se trouva un homme qui avait une main desséchée; et ils lui demandèrent, atin d'avoir un sujet del'accuser, s'il était permis de guériraujour du sabbat . Mais il leur répondit : Qui sera l'homme d'entre vous qui, ayant une brebis tombée dans un fossé, le jour du sabbat, ne cherche à l'en retirer? Or, combien un homme ne vaut-il pas mieux qu'une brebis? Il est donc permis de faire du bien le jour du sabbat. Alors il dit à cet homme : Etendez votre main. Il l'étendit, ei elle devint saine comme l'autre. (En conséquence, en cas de nécessité et d'utilité publique, les œuvres serviles sont également permises les dimanches.)

Hors des cas qui viennent d'être cités, les œuvres serviles sont interdites le dimanche; et non-seulement ceux-là qui exécutent eux-mêmes des travaux défendus sont coupables, mais encore ceux qui, smis nécessité aucune, les exigent ou les laissent exécuter le dimanche par leurs subordonnés, soit domestiques, soit journaliers, etc.; on ne peut p;is même employei* ce jour-là les bêtes de somme pour travailler. Car voici ce qui se trouve écrit au cinquième livre de Moïse (5, 13-44.) : « Vous travaillerez six jours, et vous ferez tous vos ouvrages. Mais le septième jour est celui du sabbat, c'est-à-dire le jour du repos du Seigneur votre Dieu. Vous ne ferez aucune œuvre servile en ce jour-là, ni vous, ni votre fils, ni votre fille, ni votre serviteur, ni votre servante, ni votre bœuf, ni votre âne, ni aucune de vos bêtes, ni l'étranger qui est au milieu de vous, afin que votre serviteur et votre servante se reposent comme vous. » C'est pourquoi les domestiques, les apprentis, les ouvriers, etc., ne doivent pas accepter un service là où on ne leur permet pas de célébrer le jour du Seigneurd'après les préceptes de l'Egliseet deDieu.

Le curé et le domestique.

On offrit un jour à un brave et honnête domestique un service très-lucratif; mais on stipula en même temps que, le cas échéant, il devrait aussi travailler les dimanches et les jours de fête. Le domestique alla demander conseil à son confesseur qui lui répondit : «Je vous engage, mon enfant, à ne pas vous laisser ravir le dimanche; c'est là votre bien le plus naturel et le plus précieux. Celui qui accepte un service où il ne lui reste pas un dimanche libre, y a engagé plus que ses mains et sa tête, — il y a vendu son âme! Et que sert-il à l'homme de gagner tout l'univers, s'il vient à perdre son âme?! » — Le brave domestique prit si bien à cœur les paroles de son confesseur qu'il resta dans son ancien poste, qui ne lui rapportait pas beaucoup, il est vrai, mais lui donnait le temps et l'occasion de célébrer d'une manière chrétienne le jour du Seigneur.

^) 0)1 profane le dimanche lorsqu'on néglige entièrement les exercices du culte ou qu'on y assiste sans dévotion, avec indifférence et qu'on omet de faire de bonnes œuvres, c'est pourquoi S. Paul écrivait aux Hébreux (10, 25.) : « Ne nous retirons point des assemblées des (idèles comme {jnelques-unsont la coutume de faire! » (Voyez les exemples plus loin à propos des châtiments infligés aux profanateurs du sabbat.)

3) Mais on profane tout particulièrement le dimanche par la débauche, par des excès dans la boisson, par des jeux et des divertissements déréglés, (|ui font du jour du Seigneur un jour de dissolution et de scandale public. A ceux-là le Seigneur dit, par la bouche du prophète Malachie, (2, 3.): « Je vous jeterai sur le visage les ordures de vos fêtes, et elles vous emporteront avec elles. » S. Cyrille, de son côté, écrit : « N'est-ce pas faire une grave injure à Dieu, n'est-ce pas faire une espèce de vol .sacrilège, que d'employer aiiv folies du monde, à de vains

(livortissements, des jours qui sont spécialement consacrés ou Seigneur? »

Combien il est funeste de faire du dimanche un jour de plaisir.

Un auteur chrétien écrit à ce sujet : « Là où le rlimanche a été changé, non en un jour ouvrable, mais en un jour de plaisir, l'homme s'abrutit de plus en plus, et perd peu à peu le goût des choses éternelles. L'ignorance des intérêts les plus importants pour son esprit et son cœur prend le dessus, le caractèreet la vie deviennent païens, rudes et incultes. Les plaisirs bruyants, les divertissements de toute nature transportés au dimanche chassent toute gravité, toute piété et font du jour du Seigneur un jour spécial de péchés. » (Munch.)

(Gr. Cat. 9« q.)

Ce qui doit surtout nous détourner de la profanation du dimanche. — Explication. Ce qui doit tout particulièrement nous en détourner ce sont :

i) Les terribles châtiments temporels et éternels dont Dieu menace ceux qui profanent le jour du Sahhat. Quand on profane le jour du Seigneur, le châtiment divin ne se fait [)as attendre, la grâce de Dieu doit se retirer, ainsi que l'écrit S. Ambroise [Serm. iA,dom. Pentec.) : « Ceux qui profanent le dimanche et recherchent en ce jour les richesses du monde, trouvent plutôt les richesses du péché, et après avoir trouvé les trésors du monde, ils perdent les trésors du ciel. » Dans l'ancien Testament, les peines contre la profanation du sabbat sont exprimés dans les termes les plus effrayants. Voici comment le Seigneur parle dans le Lévitique (2G, 16-26.) : « Si vous n'observez pas le jour du sabbat, je vous punirai bientôt par l'indigence... c'est en vain que vous sèmerez vos grains, parce que vos ennemis les dévoreront... je ferai que le ciel soit pourvous comme de fer, et la terre comme

'aO\ DES COMMANDEMENTS.

d'airain. La sécheresse brûlera vos moissons ou la grêle les détruira! Les maladies, la famine et la peste vous accableront! Le feu pénétrera dans vos maisons eteonî?umeratoiit ce que vousavez amassé! y^{Cf.Jere?n.\l,'^l.) Dans le livre du prophète Ezéchiel, Dieu dit également (20, 13.) : « Ils ont profané mes sabbats; je résolus donc de répandre ma fureur sur eux dans le désert et de les exterminer. » La peine de mort même fut décrétée contre les profanateurs du sabbat : « Quiconque violera le sabbat, sera puni de mort! y>{Exod. 31, 14.) et « quiconque travaillera en ce jour-là, sera lapidé ! » (Exod. 35, 2.) Une foule de lugubres exemples confirment la vérité de cette sentence.

Exemples tirés de la Bible.

L'impie Nicanor ayant résolu de livrer bataille aux. juifs un jour de sabbat, quelques juifs qui le suivaient par contrainte lui firent observer qu'il ne convenait pas de se battre en un jour consacré à Dieu. Enflé de sa vaine grandeur, il répondit : « Y a-t-il au ciel un Dieu tout-puissant qui ordonne de célébrer le sabbat? » — « Oui, » répondirent discrètement les juifs, a il y a un Dieu vivant et un Maître puissant au ciel. » — a Bien, » répondit l'orgueilleux Nicanor, « Je suis moi-même puissant sur la terre; et je vous commande de prendre les armes pour obéir aux ordres du roi. » Nicanor livra bataille, fut défait et se trouva au nombre des morts (:2 Machab. lo.). — Dans le quatrième livre de Moïse, nouslisons un exemple bien plus effrayant. « Les enfants d'Israël étantdansle désert, il arriva qu'ils trouvèrent un homme qui ramassait du bois le jour du sabbat; et l'ayant présenté à Moïse, à Aaron et à tout le peuple, ils le tirent mettre en prison, ne sachant ce qu'ils devaient en faire. Alors le Seigneur dit à Moïse : « Que cet homme soit puni de mort et que tout le peuple le lapide hors du camp. Ils le firent donc sortir dehors et le lapidèrent, et il mourut selon que le Seigneur l'avait commandé. »

Les profanateurs du sabbat punis.

Dans un village de l'Allemagne il y avait trois liommes qu'on disait gens éclairés : c'étaient le secrétaire, le gardeforestier et le boulanger hollandais. Ils se réunissaient souvent, n'allaient pas à l'église, ne fréquentaient jamais les sacrements et se moquaient de tout ce qui était sacré. Un dimanche soir, le vieux Luc qui se trouvait avec eux dans un estaminet du lieu, leur dit, en se retirant : « En toutes choses il faut considérer la fin ! » Ils ne manquèrent pas de l'accabler de leurs railleries et de leurs sarcasmes la première fois qu'il se retrouva en leur présence. Le garde-champêtre continua donc à chasser et à jurer le dimanche, le secrétaire à travailler dans son bureau et le boulanger hollandais passait tout son dimanche à manger, à boire et à jouer. Le vieux Luc ne se fit plus voir; il évita de paraître dans les lieux où se trouvaient ces trois individus. — Quelques années après, le garde-forestier avait disparu du pays; convaincu d'infidélité, U avait perdu son emploi et son honneur. Le secrétaire, ayant fabriqué de faux certificats, se trouvait en prison; et, le Hollandais, après avoir dissipé tout son bien, s'était esquivé on ne sait où. Alors le vieux Luc était revenu, le dimanche soir, boire sa pinte. La conversation tombant sur nos trois héros, l'un des habitués se souvint de la parole que le vieillard avait dite autrefois en quittant l'estaminet : « En toutes choses il faut considérer la fin. » Alors Luc se fit apporter l'Ecriture-Sainte et se mit à y lire {Ps. 36, 34.) : «Vous les nommiez des gens éclairés, mais ils ne l'étaient pas; c'étaient des hommes aveuglés et ignorants. Celui-là est éclairé qui ne pèche pas et qui met sa joie dans la loi de Dieu. »

Ne profanez pas le dimanche.

S'- Anschaire, archevêque de Hambourg, ayant un jour dit dans son sermon qu'on ne devait pas profaner le dimanche par des œuvres serviles, quelques hommes entêtés retournèrent chez eux, et bien qu'il fît un temps superbe, ils allèrent mettre le foin en tas. Mais le soir tout ce foin prit feu et fut

consumé , tandis que celui qu'on avait entassé pendant la semaine échappa seul à l'élément destructeur. [Bolland. o Févr.)

2) C'est de penser que c'est une légèreté inexcusable de ne pas consacrer un seul jour à Dieu et au soin de l'âme immortelle, après avoir pris soin du corps pendant six jours. S. Chrysostônie s'en plaint avec raison en ces ternies [Hom. 24.) : « Dieu vous donne six jours et ne se réserve qu'un seul jour de la semaine, savoir le septième; et avez-vous si peu de respect pour le Seigneur que vous ne lui accordiez pas même ce jour-là, et que vous le profaniez par des occupations terrestres? Ne craignez-vous pas de devenir semblable au voleur sacrilège qui s'empare des vases sacrés, puisque vous ravissez à Dieu lui-même ce jour, (jui doit être sanctifié et consacré à méditer et à écouter la parole de Dieu, et que vous l'employez aux soins terrestres de cette vie?

3) C'est de penser que la célébration du dimanche est une confession publique de notre foi chrétienne et qu'en conséquence la profanation de ce jour tourne à la honte de la religion et au scandale des autres chrétiens.

Zèle des Juifs pour la sanctification du sabbat. Les Juifs eux-mêmes reconnaissaient que la célébration du sabbat était une confession publique de leur foi, et c'est pourquoi ils étaient disposés à mourir plutôt que de négliger la célébration du sabbat. Nous lisons dans l'Ecriture- Sainte (II. Mach. 6, 11.) le beau Irait que voici : « Antiochus força les Juifs à embrasser le paganisme et à sacrifier aux faux dieux. Il leur fut défendu de célébrer le sabbat, etc. Néanmoins plusieurs juifs pieux se rassemblèrent dans les cavernes voisines pour célébrer en secret le jour du sabbat; mais ils furent dénoncés à Philippe et brûlés vifs, sans opposer de résistance, n'osant se servir de leurs mains pour se défendre, tant ils étaient scrupuleux dans l'observation du sabbat.

Im célébration du dimanche est une confession publique de notre foi.

Les chrétiens qui négligent d'assister le dimanche aux oilices publics de la religion, renient leur foi ; c'est donc une mauvaise excuse de dire que ce n'est pas la fréquentation de l'église qui fait le chrétien. ~ A Rome il y avait un savant orateur, appelé Victorin ; un jour il dit à l'oreille du saint vieillard Simplicien : « Soyez certain que je suis des vôtres; je mourrai chrétien. » Simplicien lui répondit : « Je n'en croirai rien tant que je ne vous verrai pas dans notre église. » Là-dessus Victorin se mit à rire et répliqua : « Si j'entends bien, ce sont les murs de vos églises qui font le chrétien. » — « Non pas, » reprit Simplicien; « mais notre Seigneur Jésus a dit : Celui qui me renie devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père céleste. » — Alors l'orateur rentra en lui-même, et dès ce moment il fréquenta avec assiduité les cérémonies du culte, afin de confesser par là sa foi devant tout le monde.

Pratique. Chrétien! que le dimanche soit votre joie et votre orgueil! Les animaux privés de raison n'ont pas de dimanche, et l'homme qui n'a pas de dimanche doit devenir ce qu'ils sont. Réfléchissez-y bien. L'expérience nous prouve surabondamment que tous ceux (jui ne sanctiuènt pas le jour du Seigneur ne sont pas bénis de Dieu. En conséquence, que rien ne vous empêche de sanctifier le dimanche, ni l'insouciance, ni la recherche des plaisirs, ni l'exemple des hommes pervers et impies, ni la crainte que par les (juehjues heures que vous enlevez à votre travail pour les donner à Dieu, vous ne perdiez un peu de vos bénéfices. « Ecoutez, Chrétiens! « dit Corneille à Lapide {In Levit. 25, 20.) : « ne cherchez pas votre avantage en profanant le dimanche et les jours de fête, par le travail! Si Dieu dans l'ancien Testament promet des vivres pendant trois ans à ceux qui gardent l'année sabbatique, il fournira d'autant plus la subsi-

stance nécessaire aux chrétiens qui s'abstiennent de toute œuvre servile pendant les quelques dimanches et jours de fête de l'année. « — « Ce qu'on prend à Dieu, » dit le proverbe, « est repris par le diable, et ce qu'on gagne le dimanche, on le perd le lundi, »

Ainsi donc, rien ne doit nous dispenser de célébrer le dimanche; nous nous écrierons avec Malathias, ce héros invincible de la foi : « Dieu nous en garde; il ne nous est pas avantageux d'abandonner la loi et les ordonnances de Dieu. « (ï. Mach. 2, 21.)

Dien nous a dit de son trône des deux ; « Il est sept jours qui forment la semaine ;

<; Vous garderez les six premiers d entre eux <; Pour les besoins de l'exisience humaine.

« Mais sachez bien, le septième est à moi: « Ces-t là mon jour, où je veux vous apprendre

« Les vérités que vous prescrit la foi ' Et les devoirs que vous devez me tendre. »

Veuillez, mon fils, ne jamais oublier Ce qu'en ce jour Dieu veut \ons confier.

La célébration du dimanche en Amérique.

Pour finir, je veu.x mettre ici sous les yeux la peinture que nous fait Henri de Courcy de la manière dont on célèbre le dimanche en Amérique. Puisse cet exemple nous engagera sanctifier, à notre tour, le grand jour du Seigneur! — Dans les villes des Etats-Unis, les seuls magasins ouverts à pareil jour sont les pharmacies; les échafaudages, les marchés sont déserts, le roulement des voitures, les cris des marchands ambulants, le choc des marteaux, tout a cessé, et les bruits de la terre sont tellement éteints, que les sons de l'orgue et les chants religieux traversent les murs et répandent le recueillement jusque sur les places publiques. Il y a quelques années, pour ne pas troubler les offices, des chaînes étaient tendues dans les rues, afin d'arrêter la circulation des voitures. Ces entraves ont disparu, parce qu'elles devenaient inutiles, mais non parce qu'elles gênaient la liberté individuelle. Les omnibus ne marchent pas le dimanche, le ser-

TUOISIKME COMMANDl'.Ml.NT DK DIEU. 2(lî)

vice sur beaucoup de chemins de fer est suspendu, les bateaux à vapeur restent à quai; les théâtres, les billards, les concerts, les salles de jeux sont fermés : l'église seule est ouverte, et vers dix heures du matin les cloches s'ébranlent du haut des cent clochers pour appeler les habitants à la prière. A cet appel, les rues se remplissent d'une foule soigneusement vêtue; alors il est triste, sans doute, de constater la diversité des croyances, et de ne pas voir tons ces chrétiens s'agenouiller au pied des mêmes autels; mais, au moins, chacun professe une religion, ce qui est plus respectable que de n'en professer aucune. De dix heures à midi, les rues sont littéralement désertes, et celui qui serait vu se promenante celte heure par les personnes qui gardent les mais.ons, serait jugé très-défavorablement. Les enfants euxmêmes s'abstiennent à pareil jour de se livrer à des amusements bruyants, et gardent dans leurs jeux un calme et une gravité remarquables. — Non-seulement dans les établissements publics, mais encore dans les maisons particulières, si un bal est donné le samedi, la danse s'arrête avant minuit, et la société s'empresse de se retirer, sans songer à murmurer des bornes qu'elle sait mettre à ses propres distractions. Les catholiques d'Amérique ne sont pas moins fidèles que leurs frères séparés à cette loi du repos. Dans nos églises, les hommes sont en aussi grand nombre que les femmes; la fréquentation des sacrements est un sujet de pieuse édification; et aux messes du matin, le dimanche, la presque totalité de l'assistance s'approche de la Table Sainte. — Il est en Amérique des professions pratiquées exclusivement par cette classe intéressante, celle des cochers, entre autres, et je me suis amusé bien souvent de l'air de bonheur qui vient s'épanouir sur leur grossier visage, quand, prenant un fiacre, je disais de me conduire à telle église ou à tel couvent. La vue d'un gentleman catholique comblait d'aise mon automédon, qui fouettait alors ses chevaux avec enthousiasme; puis, à la porte de l'église, il descendait de son siège pour venir luimême assister à l'office divin. — Il y a quinze jours, un après-midi de dimanche, je faisais quelques visites; il nei-

5!ft DES COMMANÜF.MKNTS.

geait avoc abondance, et le cocher témoignait une mauvaise humeur que j'attribuais au froid; enfin, lassé de sa brusquerie, je lui en demandai la cause: a Ne voyez-vous pas, me dit-il, qu'il neige trop fort pour que je lise mes vêpres sur mon siège en vous attendant?

En Amérique, les voyages sont également suspendus le dimanche, et le négoce n'en soutfre nullement. On en est quitte pour prendre ses mesures en conséquence. On se met en. route le lundi pour ses affaires, et, grâce à la rapidité des chemins de fer, il est bien rare qu'on ne puisse être de retour dans sa famille le samedi.

Maintenant, dirai-je que le dimanche est religieusement observé par l'universalité des citoyens? Non, sans doute. 11 y a en Amérique, comme partout, des vicieux, des indifférents et des impies; il y a surtout beaucoup de paresseux que la moindre pluie dispense de se rendre au temple. Il y a des églises où le ministre donne l'exemple, et à la porte desquelles on lit en été une affiche avec ces mots : « Fermé pour deux mois, à cause des grandes chaleurs. » Mais si la prière est trop souvent négligée, le repos est toujours observé, et ce repos a par lui-même quelque chose de religieux. Il dispose à la prière et au recueillement; il donne à l'homme le tempsde remplir ses devoirs; il resserreles liensde famille; il procure aux parents la jouissance de se voir pendant vingtquatre heures entourés de leurs enfants et de s'initier à leurs progrès. Puissent donc les autres pays imiter en ce point IWmérique! {Henri de Gourcy.)

« Honore ton père et ta mère, afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre. »

{Gr. Cat. i'^q.) Transition an quatrième commandement et ce que ce commandement renferme. — Explication. Dans les trois ;;;'<?w2e;'5 commandements nous sont enseignés les devoirs

QI'ATUIKMK (;OMMAM>r,MKNT DK ÜIEU. "211

à l'égard de /)/6'//, afin que nous t^alisfassions au commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, etc. » Dans les sept autres commandements, Dieu nous enseigne les devoirs à V égard de notre prochain; d'abord, les devoirs à l'égard des représentants de Dieu sur la terre; et puis les devoirs à l'égard de notre prochain en général et l\ l'égard de nous-mêmes, dans tout ce qui regarde la vie de l'âme et du corps, la pureté du cœur et des mœurs, la propriété et l'honneur, la véracité dans nos rapportset la domination sur nos passions. C'est par tout ceci que l'on accomplit l'autre commandement : c( Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » — Le quatrième commandement dont l'explication va nous occuper, renferme ainsi les devoirs que nous avons à remplir à l'égard des représentants de Dieu: nos parents et nos supérieurs; il ordonne que les enfants témoignent à leurs parents et les sujets à leurs maîtres le respect, l'amour et l'obéissance qui leur sont dus.

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