‹ Catéchisme pratique, ou, Doctrine chrétienne en exemples (volume 3)Chapitre 9 sur 44 · I. riEVOIRS DES PARENTS ENVERS LECRS ENFANTS · texte numérisé non relu

I. riEVOIRS DES PARENTS ENVERS LECRS ENFANTS

a) Soins des parents pour le bien-être spirituel de leurs enfants et péchés qu'on commet en cette matière. — Explication. Avant tout, les parents doivent prendre soin du bien-être spirituel de \eurs enfants; c'est pourquoi ie premier et le plus saint de leurs devoirs consiste à élever leurs enfants pour Pieu et pour la vie éternelle. A cet effet ils doivent :

1) Les instruire ou les faire bien instruire dans la relifjion catholique, elles habituer de bonne heure à la piété et à lapratique desbonnes œuvres. Comme les curés sont obligés de donner des instructions et des avis dans l'église, ainsi les parents sont obligés de le faire à la maison. « Vous êtes les apôtres (et les instituteurs) de vos enfants. » dits. Chrysostôme; « votre maison est votre église, et si nous autres, prêtres, nous veillons sur vos âmes, si nous devons en rendre compte, combien plus, parents, devez-vous le faire, vous à qui a été spécialement confiée l'éducation de vos enfants, et qui les tenez

QUATRIÈME COMMANDEMENT DE DIEU. "IGl

(le Dieu dès leur plus tendre enfance, afin que vous puissiez les diriger et les gouverner avec plus de facilité? » S. Paul, s'adressant aux parents, leur dit: {Ephes. i), 4.): « Pères, élevez vos enfants dans la doctrine et la discipline du Seigneur. » Que désormais donc les parents exhortent leurs enfants au bien; car les enfants ressemblent aux horloges qui, si elles ne sont pas remontées tous les jours, s'arrêtent. Un enfant qui n'est pas journellement encouragé à In piété et au bien, s'arrête dans le chemin de la vertu et finit par reculer.

La bonne éducation.

Charles duc de Stirie et son épouse Marie, princesse-ëlectricede Bavière, élevèrentleurs enfants très-chrétiennement, en veillant avant tout à leur bien-être spirituel. Dès que ceux-ci purent faire usage de leurs doigts, on leur apprit à faire le signe de la croix; on leur montra également à joiniire les mains pour prier, et à témoigner du respect aux objets sacrés. Aussitôt qu'ils furent en état de parier, les gouvernantes durent leur apprendre à prononcer les noms de Jésus et de Marie ; tous les jours ils étaient obligés de prier et d'assister à la sainte Messe à genoux. L'un de ces enfants, celui qui plus tard devint empereur sous le nom de Ferdinand II, reçut un jour de son chambellan, comme étrennes, à l'occasion de sa fête, un miroir magnifiquement encadré. Ferdinand ôta secrètement la glace du cadre et y plaça un tableau de l'immaculée Conception. Quelque tem{)s après le chambellan, s'informant du miroir, le jeune homme lui montra le tableau en disant: « Le voici ; c'est là le vrai miroir d'après lequel nous devons nous guider! » — Quels beaux fruits produit une éducation chrétienne!

Yves vous devez devenir un saint 1

L'histoire suivante montre également ce que peut une éducation chrétienne. — Dans la Basse-Bretagne, où demeure une population énergique et religieuse, se trouve, près de Treguier, siège d'un évôché, le petit village de Ker-

DKs i;(i.mmamii:mi;ms.

Martin. Là vivaicnl iluux époux clirétieiis, liélorc et Azone, qui subsistaient du [)ro(Iuil d'une petite propriété. Dieu bénit leur union (en 1:250) en leur accordant un fils qu'ils nommèrent Yves, et qu'ils élevèrent avec le plus grand soin. La mère surtout y veillait avec le plus tendre amour, et ne cessait de répéter à son fils à mesure qu'il grandissait: « Yves, vous devez devenir un saint! » Ce qui, à vrai dire, est ordonné jnir Dieu à tous les enfants des hommes. — Azone lui expliqua ce que c'est qu'un saint, combien Dieu l'aime et le vénère, quelles grandes grâces il lui accorde, et combien sa récompense sera grande au ciel. Elle lui dit que celui-là devient saint qui aime par-dessus tout Dieu, son Seigneur, et Jésus-Christ, le Sauveur, son Fils unique, — qui garde fidèlement sa loi, et ne refuse pas de porter sa croix avec le Fils de Dieu. Lorsque sa mère parlait ainsi, Yves l'écoutait avec joie, les mains jointes, les joues en feu et les yeux éiincelants; il promit de devenir véritablement un saint, d'aimer Dieu et le Sauveur, et de porter patiemment sa croix avec lui, partout où il plairait à Dieu. Or, tandis que la mère encourageait vivement les efforts de son fils pour tendre à la sainteté, le père lui recommandait la charité envers les pauvres et les nécessiteux. Yves résolut de suivre l'enseignement de sa mère et le conseil de son père, en devenant saint et charitable. — 11 le fit surtout voir lorsque, d'après le vœu de son cœur et le désir de ses parents, il alla à Paris, pour y cultiver, à la célèbre école palatine, les riches facultés dont il était doué. 11 y avait près de 20,000 étudiants à Paris, et dans le nombre il s'en trouvait beaucoup qui s'abandonnaient à la débauche, et tâchaient d'y entraîner les autres par leurs paroles et leurs exemples. Mais Yves résista à toutes les tentations; il lutta avec des armes invincibles, la prière, la vigilance et le fréquent usage des sacrements. Bien souvent cette parole de sa mère: « .)]u)t /ils vous devez devenir un saint! » retentit à ses oreilles à l'heure du danger et l'aida à triompher. 11 abandonna l'école comme il y était entré, ayant gardé sa première pureté; il avait amassé un trésor de solides connaissances, sans avoir perdu celui de l'inno-

yUATKlKME CO.MMANÜKMEIST DE DIEU. 26;>

cencc el de la foi, et fut trouvé digne de porter la couronne du sacerdoce. Quelle joie pour la mère lorsqu'elle vit son fils offrir pour la première fois, avec une piété ardente, h; saint sacrifice! Son bien-aimé Yves sanctifié par l'Esprit de Dieu dans l'ordination, avait donc jeté les fondements de la sainteté, peut-être même y était-il monté de plusieurs degrés. — Ce n'est pas la place ici de raconter ce qu'Yves a fait comme prêtre dans le service de Dieu. Il sufiît de dire (|ue par sa piété, sa modestie et ses œuvres charitables, il s'appliqua à remplir le vœu de sa mère et à devenir un saint. Bientôt on n'appela plus Yves que le saint prêtre.

12) Les parents doivent donner le bon exemple à leurs enfants. « Les actions des parents, » dit S. Chrysostôme, sont les« livres dans lesquels les enfants apprennent à les imiter. » Et S. Cyprien écrit:« Les actions ont aussi leur langue : et les actions sont bien plus éloquentes que la bouche elle-même ; voilà pourquoi vos enfants feront toujours plus d'attention à ce que vous faites qu'à ce que vous dites. » Et feu monseigneur Sailer disait très-bien : « Le bon exemple des parents est le meilleur catéchisme des enfants et le plus beau miroir dans la maison, »

Personne ne peut rendre quelqu'un hon, s'il ne l'est lui-même.

Un jour les habitants de l'île de Thassus envoyèrent une députation au célèbre roi de Sparte, Agésilas, pour lui faire savoir qu'ils avaient élevé en son honneur un temple dans lequel ils lui rendaient des honneurs divins. Agésilas donna audience à ces députés qui lui portaient la nouvelle de cette promotion inespérée; puis il leur demanda: « Votre peuple possède-t-il un si grand pouvoir qu'il puisse élever les hommes jusqu'au rang des dieux? » les députés ne firent aucune ditiiculté de répondre oui; Agésilas, au contraire, demanda quelque chose de plus qu'une simple affirmation. « Eh bien donc! » répliqua-t-il ; « retournez et faites-vous vous-

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mêmes d'abord des dieux; alors je, croirai que vous êtes en état de faire la même chose à mon égard. » On pourrait dire de même à tous les parents: « soyez d'abord vous-mêmes vertueux si vous voulez avoir des enfants vertueux. •»(Veilh MisericonUa)

3) Les parents doivent préserver leurs enfants de la séduction. Le monde est remplie de malice et cherche surtout à flétrir de bonne heure, par son souffle empoisonné, la candeur du jeune âge; que les |)arents surveillent donc attentivement leurs enfants et les éloignent de tout danger où leurs jeunes cœurs courraient risque de se corrompre.

Comjjuraisoii.

« Les parents prennent les plus grandes précautions pour que leurs enfants ne soient point mordus par les serpents ou d'autres animaux venimeux, et ces précautions sont louables; mais qu'ils prennent lesmêmes précautions pour l'ame de leurs enfants, de peur qu'elle ne souffre quelque atteinte de la part des mauvaises doctrines ou des mauvais exemjjles. » (S. Jérôme.)

4) Enfin, les parents doivent punir les fautes de leurs enfants avec une charité toute chrétienne; car« l'enfant abandonné à lui-même, fait la honte de sa mère. » {Prov. i29, lu.) S. Pierre Damien écrit: « Celui qui ne réprimandepas ses enfants lorsqu'ilsvolentdes œufs, les verra bientôt, à son plus grand regret, miner les écuries et voler des chevaux; et celui qui d'abord n'était qu'un petit voleur, deviendra avec le temps un grand voleur. ^^{Lih. 1. ep, 22.) Voilà pourquoi l'Ecriture-Sainte donne l'avertissement suivant {Prov. 23, 13- L4.): « IN'épargne point au jeune enfant la correction; quand tu l'auras frappé delà verge, il n'en mourra |)oint. Tu le frapperas avec la verge, mais tu délivreras son àme de l'enfer. » — Toutefois cette correction se fera avec une charité chré-

tienne; et non avec colère, comme dit S. Anselme: « Si vous voulez bien élever vos enfants, vous devez joindre à la sévérité de la discipline le doux pouvoir de l'amour j)aternel. » Quelle douce réprimande le père ne fait-il pas au frère irrité de l'enfant prodigue!

On doit de bonne heure corriger les enfants et les châtier.

La raison veut qu'on arrête le mal dès le principe. Les pères et les mères doivent donc corriger leurs enfants dès le bas âge, avant que les passions aient rompu leur frein, Malgré les précautions de sa gouvernante, Ste Monique , pendantsa jeunesse, prit insensiblement du goût pour le vin, comme elle l'avoua depuis à S. Augustin, son fils. C'était elle qui allait ordinairement à la cave. Dès qu'elle avait puisé le vin, elle en avalait quelques gouttes. Ceci ne venait point d'un tempérament porté à l'ivrognerie: c'était l'effet de la légèreté et de cette impétuosité qu'on a coutume de remarquer dans les enfants. Cependant la quantité de vin que prenait la jeune Monique augmentait tous les jours, et l'aversion qu'elle avait naturellement pour celte liqueur diminuait à proportion ; elle en vint jusqu'à aimer le vin et à en boire avec plaisir toutes les fois que l'occasion s'en présentait. Cette intempérance était fort dangereuse, quoiqu'elle ne fut suivie d'aucun excès considérable. Mais Dieu veillai*: sur sa servante, et il se servit, pourla corriger, d'une querello qu'elle eut avec une vieille domestique de la maison. Celle ci, qui suivait ordinairement sa jeune maîtresse à la cave, était instruite de tout ce qui se passait; elle lui en fit de sanglants reproches, et alla même jusqu'à la traiter d'ivrognesse. Monique, vivement piquée, rentra en elle-même, et sentit toute la honte du vice dont on l'accusait. Elle travailla si efficacement à se défaire de la mauvaise habitude qu'elle avait contractée, que pendant tout le reste de sa vie on n'en remarqua plus la moindre trace dans sa conduite. Le danger que courut cette Sainte, doit rendre les parents extrêmement vigilants, et les porter à retrancher de suite tout ce qui pourrait faire prendre à leurs enfants des habitudes vicieuses

CATÉC. PRATIQUE. T. U. 12

Que serait devenu la mère d'Augustin, si elle n'avait pris soin de se corriger à temps? {Gaume. F. Ill 492.)

in modèle de correction paternelle.

Un remarquable exemple de correction fut donné naguères par le prince Albert d'Angleterre, qui sut j)uinr d'une manière aussi sévère que paternelle son fils, le prince de Galles, âgé de six ans et héritier du trône. — Le jeune prince de Galles se trouvait un jour dans sa chambre au château royal de Windsor devant la fenêtre, dont les carreaux descendaient jusque sur le plancher. 11 devait apprendre une leçon par cœur, mais il regardait au-dehors dans le jardin, et tambourinait dos doigts sur les vitres. Sa gouvernante, la pieuse miss Hillyard, ayant observé ce jeu, pria amicalement le prince de s'occuper de sa leçon. L'enfant répondit : « Je ne veux pas l'apprendre. » — « En ce cas, » dit la demoiselle, « je serai obligée de vous mettre dans le coin. » « Je ne veux pas l'apprendre, répliqua fièrement l'enfant, et je ne dois pas me mettre dans le coin : car je suis le prince de Galles. » En parlant ainsi, d'un coup de pied il brise un carreau. Miss Hillyard se lève de sa chaise : « Sire, » dit-elle, « vous deve2 apprendre votre leçon ou je serai forcée de vous mettre dans le coin. » — « Je ne veux pas. » dit le prince, et un second carreau vole en éclats. La gouvernante sonne; le valet de chambre monte; elle le charge de dire au père du jeune prince, qu'il veuille bien monter, parce qu'elle a à lui parler d'une affaire pressante au sujet de son fils. Le père, plein de confiance, vient et se fait rapporter tout ce qui s'est passé. Là-dessus il se tourne vers son fils, et lui indiquant un petit escabeau, il dit : « Asseyez-vous là, et restez-y jusqu'à ce que je revienne. » — Il sortit et revint peu après avec une bible. « Ecoutez, » ditil au jeune prince, » ce que l'apotre Paul dit à vous et aux autres enfants de votre trempe. » Puis il ouvre l'Epître aux Gai. chap. IV, v. 1 et 2 : « Je dis de plus : Tant que l'héritier est encore enfant, il n'est point différent d'un serviteur, quoiqu'il soit le maître de tout; mais il est sous la puissance

QrATIVlÈMK COMMANDEMENT DE UlEl'. 2oT

(les tuteurs et des curateurs jusqu'au temps marqué par son père, » — « Il est vrai, » continua le prince Albert, « vous êtes le prince de Galles, et si vous vous conduisez bien, vous pouvez devenir un grand homme, vous pouvez un jour, après la mort de votre mère, que Dieu nous conserve, devenir roi d'Angleterre. Mais maintenant vous êtes encore un petit garçon qui doit obéir à ses maîtres et à ses tuteurs. — En outre il faut que je vous cite encore une parole du sage Salomon {Prov. do, i.); écoutez : « Celui qui épargne la verge, hait son fils, mais celui qui l'aime, se hâte de le châtier. » — Puis le père ayant été prendre une verge, atlministra au futur héritier royal une solide correction, et le mit dans le coin en lui disant : « Vous y resterez pour apprendre votre leçon jusqu'à ce qu'il plaise à Miss Hillyard de vous en faire sortir. Et n'oubliez jamais qu'en ce moment vous dépendez de vos tuteurs et de vos curateurs, comme un jour vous dépendrez d'une loi donnée par Dieu! » — Voilà, en vérité,, une manière d'élever les enfants aussi ingénieuse que chrétienne et tout bourgeois, tout campagnard qui a des enfants fera bien de la méditer et de la prendre comme modèle.

Cotnparaisons .

L'arbuste qui tend à prendre une direction oblique, deviendra infailliblement, sans les soins intelligents du jardinier, un arbre tortueux. Un défaut enfantin, insignifiant à première vue, devient souvent une source pernicieuse de vices. C'est pourquoi dans un enfant rien de doit vous paraître petit ni insignifiant. Montaigne dit : « Aucune passion ne fait plus de tort à la calme réfiexion que la colère. Battre et châtier les enfants quand on est en colère, ce n'est pas les corriger mais tirer vengeance d'eux. La correction est une médecine pour les enfants. Serions-nous contents d'un médecin qui s'emporterait et éclaterait contre ses malades? Des corrections données avec gravité et sang-froid sont bien mieux reçues et beaucoup plus efficaces pour celui qui les reçoit. Tant que nous sommes sous l'empire de la colère, ne mettons pas la main sur ceux qui doivent nous

obéir. Tant que notre pouls bat avec violence et que nous nous sentons excités, ne faisons rien; car ce serait la passion seule qui nous guiderait. »

Explication. Les parents qui négligent ces devoirs pèchent gravement; ils sont complices des péchés de leurs enfants et sont souvent la cause de leur damnation éternelle; de cette manière ils se préparent à eux-mêmes, en négligeant ou en faussant l'éducationdeleurs enfants, leur malheur temporel et éternel. Les parents qui n'élèvent pas leurs enfants dans la piété et la crainte de Dieu, cultiventdesroncesetdesépines dans leur propre champ.

Les ciifaais vertueux sont un présent du ciel ; Les enfanis corrompus une coupe de fiel Qui prépare aux parents une existence amère Et leur fait désirer la nuit du cimetière.

yicolas Founiier.

Nicolas Fournier, âgé seulement de 27 ans, fut condamné à mort par la cour d'assises de la Seine, le 27 novembre 1844. Il était le chef d'une bande qui était organisée pour le vol à main armée et pour l'assassinat. Il fut seul atteint par l'arrêt de mort, et trouva que le châtiment était juste. Il attendit avec le calme de la résignation le sort qu'il prévoyait ; il raconta comment il avait été conduit au crime. La première cause de la fierté de ce malheureux fut le manque de religion; bien qu'âgé de 27 ans, il n'avait pas encore fait sa première communion ; il n'était pas même baptisé. Ce fut l'abbé Montés qui lui ouvrit les yeux. « C'est lui, » dit le condamné, « qui m'a donné les premières notions du bien et du mal, et depuis que j'ai communié, je suis entièrement résigné et plein de confiance. » En prison il avait reçu deux fois la visite de sa mère et une fois celle de son père, dont il avait dénoncé la coupable négligence au tribunal. Au moment d'être livré aux mains du bourreau, il embrassa encore une fois l'abbé Montés, et après avoir dit: « Mon Dieu, pardonnez-moi! » il s'écria à la vue de l'instrument de supplice: « Malheur aux parents qui ont des enfants, et ne les

tUovent pas bien! » (Ami de la religion 11 février, 1845.)

Les enfants dénaturés sont le plus grand châtiment des parents.

Le célèbre tyran de Syracuse avait fort bien compris où conduit une mauvaise éducation, et il avait su, à l'occasion, ]a. faire servir comme instrument de vengeance. Voulant causer à Dion, son i-nncmi mortel, l(^^ chagrins les plus cuisants , il fit venir à la cour son jeune fils, dont il s'était emparé, et l'y laissa grandir dans la plus complète licence; ce fut ainsi qu'il atteignit son but perfide; car le jeune homme, habitué à une vie dissolue et à la fougue de ses passions effrénées, se corrompit tout à fait et devint le fléau de son père.

Héli.

Héli avait un amour aveugle pour ses enfants; il était trop ndulgent à leur égard, car il ne leur reprochait pas leurs vices, et Dieu le punit ; les Israélites furent battus, ses fils tués, et l'Arche d'Alliance tomba au pouvoir des ennemis; à ces funestes nouvelles, Héli tomba à la renverse de son siège et se brisa la tête. (i. Rois, 4, 18.)

b) Soins des parents pour le bien-être temporel de leurs enfants. — Explication. Les parents ne doivent pas seulement avoir soin du bien-être spirituel, du bonheur éternel de leurs enfants, mais encore de leur bien-être temporel ei corporel, et ils pèchent gravement sous ce rapport \) en dissipant légèrement leur fortune ; 2) en ne prenant pas un soin convenable de la nourriture, de l'habillement et de la santé de leurs enfants; ou, 3) en ne prenant pas à cœur de les habituer de bonne heure au travail oude leur faire apprendrequelque chose d'utile (i).

Une leçon pour les parents négligents.

Nous lisons dans l'histoire de Pologne, que Wenceslas, roi de Pologne, abandonna le gouvernement de son royaume à des hommes tout à fait corrompus. Gédéon, archevêque

(1) Voyez au 7« Commandement de Dieu, « Exemple pour les dissipateurs et les joueurs. «

deCracoviê, osa lui faire à ce sujet des représentations; mais ce fut inutilement. Enfin, à la sollicitation de l'évêque, une femme vint trouver le roi pour lui demander justice; elle portait des vêtements qui tombaient en lambeaux, et son extérieur était digne de pitié. Le roi lui ayant demandé ce qu'elle voulait, la femme répondit:« Je possédais untroupeau de moutons, que j'avais confié à mon fils; mon fils les abandonna à des domestiques mercenaires, et, grâce à leur négligence, il arriva que les loups, ayant fait irruption au milieu du troupeau, le ravagèrent et le dispersèrent. Faitesmoi donc justice, ô roi! et ordonnez que celui qui est la cause du dommage que j'ai subi, m'en indemnise. » Les domestiques furent appelés; ceux-ci rejetèrent la faute sur le fils de la femme, et le fils sur les domestiques.

Le roi condamna le fils aux dommages et intérêts, pour avoir livré à des mercenaires le troupeau qu'il devait garder lui-même. Après le prononcé de cet arrêt, devant lequel tout le monde s'inclina, Gédéon se leva et dit : « Vous avez bien jugé, sire! Le troupeau n'est autre chose que vos sujets, que vous avez abandonnés à des mercenaires au lieu de les gouverner vous-même; maintenant les ennemis, semblables à des loups, viennent fondre sur votre peuple — et vous êtes la cause de leur perte; on vous en demandera compte. » — C'est ainsi qu'un jour Dieu demandera compte à chaque père de famille, des âmes de ceux qui se sont perdus par sa faute {D' Brunner.) (i).

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