JÉSUS-CHRIST, LE MESSIE PROMIS
{Cr. Cat. 9-19. q.) Jésus-Christ est le Messie promis, parce que tout ce que les Prophètes, dont les livres furent écrits plusieurs siècles avant la venue de Jésus-Christ, avaient prédit, s'est accompli en lui comme le prouvent sa vie et ses souffrances. Nous nous bornons à réunir ici et à passer rapidement en revue les principales prophéties touchant le Messie.
Qu'ont prédit les prophètes touchant le Messie?
1) Le temps de sa venue.
L'ange Gabriel dit au prophète Daniel: « Tu es un homme de désirs; toi donc, médite la parole et comprends la vision. Les soixante et dix semaines (d'années, c'est-àdire 490 années) sont abrégées sur ton peuple et sur ta sainte cité, afin que la prévarication soit consommée et que le péché prenne fin, et que l'iniquité soit effacée, et que la justice éternelle paraisse et que la vision soit accomplie et la prophétie, et que le saint des saints reçoive l'onction. Sache donc et comprends: Depuis la fin de la parole que Jérusalem sera de nouveau réédifiée, jusqu'au Christ roi, il aura sept semaines et soixante-deux semaines, et de nouveau seront édifiées la place publique et les murailles dans cecours espace de temps. » {Dan. 9. 23-2o.)
« Le sceptre ne sortira pas de Juda, ni le prince de sa postérité, jusqu'à ce que vienne celui qui doit être envoyé et qui est l'attente des nations. » {Gen. 49, 10.)
« Je mettrai en mouvementtous les peuples, etle désiré de toutes les nations viendra, et je remplirai de gloire cette maison, » dit le Seigneur des armées. « La gloire de cette nouvelle maison sera plus grande que celle de la pre-
DF. JESUS-CHRIST. ioT
mière; c'est dans ce lieu que je donnerai la paix. » (Aggée. 2,8-10.)
2) Les circonstances de sa naissance.
a) La naissance d'une Vierge : « Le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici qu'une vierge concevra et enfantera un fils et il sera appelé Emmanuel. » [Isaïe. 1, 14. — S. Matth. 1, 23.)
b) Le Heu de sa naissance: « Et toi, Bethléem d'Ephrata, tu es petite entreles villes de Juda; mais de toi sortira le dominateur qui doit régner dans Israël, de qui la génération est dès le commencement, dès l'éternité. » (Michée,o,îl. Comparez S. Matth. 2, o, 6.)
c) Lètoile des mages : « Je le vois, mais il n'est pas encore; je le contemple, mais de loin; une étoile sortira de Jacob, et un sceptre s'élèvera dans Israël. (Xombres. 24, 17.)
d) L adoration et les présents des Mages : « Les Ethiopiens se prosterneront devant lui; les rois de Tharsis et des îles lui apporteront des présents ; les princes de l'Arabie et de Saba des offrandes ; tous les rois de la terre l'adoreront et les nations lui seront assujetties. » (Ps. 71, 9-11.)
« Lève-toi, Jérusalem, ouvre les yeux à la lumière! car elle s'avance, ta lumière et la gloire du Seigneur a brillé sur toi; — ils viendront de Sabat'offrir l'or et l'encens, avec des cantiques de louange. »(Isaïe. 60, 1-6.)
e) La fuite en Egypte : « J'ai rappelé mon fils de l'Egypte. » [Osée. 11, 1. Comp. S. Matth. 2, 15.)
f) Le massacre des innocents : « Une voix a été entendue sur les hauteurs; voix de lamentation; de deuil et de larmes; c'est la voix de Rachel pleurant ses enfants, et ne voulant pas être consolée, parce qu'ils ne sont plus. (Jêrèmie, 31, 2o. — S. Matth. 2, 17-18.)
3) Les circonstances de sa vie.
a) Son enseignement public : « L'esprit du Seigneur re-
pose sur moi; le Seigneur m'a donné l'onction divine : il m'a envoyé pour prêcher son évangile aux humbles, pour relever le courage de ceux qui sont abattus, pour annoncer aux aveugles la lumière, aux captifs la liberté; pour publier l'année de la réconciliation et le jour de la vengeance de notre Dieu, pour consoler les affligés. » (haie. 61, 1-2.)
b) Les guèrisons miraculeuses, sa charité et sa douceur : Dites aux cœurs pusillanimes : « Soyez consolés, et ne craignez pas: Voilà que votre Dieu amènera le repos et la récompense; Dieu lui-même vient et vous sauvera. Alors les yeux des aveugles et les oreilles des sourds seront ouverts ; le boiteux sera agile comme le cerf; la langue du muet chantera des cantiques. » (haïe. 35, 4-6.)
c) Son entrée à Jérusalem sur une ânesse : « Réjouis-toi, fille de Sion, pousse des cris d'allégresse, ô fille de Jérusalem: Voilà que ton roi viendra vers toi, juste et Sauveur, lui-même pauvre, monté sur une ânesse et sur le fils de l'ânesse. » (Zacharie. 9, 9.)
4) Les circonstances de sa passion et de sa mort.
a) Qu'il sera trahi et vendu pour trente pièces d'argent : « L'homme de ma paix, de ma confiance, qui mangeait à ma table, s'élève insolemment contre moi. » (Ps. 40, 10.)
« Et je leur dis : Si cela est bon à vos yeux, donnezmoi ma récompense; et ils me donnèrent trente pièces d'argent. Le Seigneur me dit : Allez, jetez chez le potier ce prix magnifique auquel ils m'ont évalué; et je pris ces trente pièces d'argent et je les jetai dans la maison du Seigneur pour le potier. » (Zacharie. il, 12-15. Comp. S. Jean. 13, 8, et S. Matth. 27, 9-10.)
b) Qu'on le frapperait, qu'on lui arracherait les cheveux, qu'on lui cracherait au visage, qu'on V abreuverait de fiel et de vinaigre, que ses mains et ses pieds seraient percés, ses vêtements jetés au sort, qu'il serait insulté par ceux qui le verraient.
9. J'ai abandonné mon corps à ceux qui le frappent, et mes joues à ceux qui arrachent les cheveux; je n'ai point détourné
mon visage des outrages et des crachats de l'ignominie, (/«aïe.
« 0 Dieu ! 6 mon Dieu! jetez sur moi vos regards : Pourquoi m'avez-vous abandonné?... Je suis un ver de terre, et non un homme; je suis l'opprobre des gens, et le rebut du peuple. Tous ceux qui me voient, se moquent de moi, ils m'insultent parleurs discours et en secouantla tête. Il amis, disent-ils, ; son espérance au Seigneur; que le Seigneur le délivre, qu'il le sauve, s'il est vrai qu'il l'aime;... Ils ont percé mes mains et mes pieds, et ils ont compté tous mes os; et ils ont pris plaisir à me considérer en cet état. Ils ont partagé enjre eux mes vêtements, et ils ont jeté ma robe au sort. Mais vous, Seigneur, ne vous éloignez pas! » (Ps. 21.)
« Ils m'ont donné du fiel pour nourriture, et dans ma soif, ils m'ont abreuvé de vinaigre. » (Ps. 68.)
5) Sa résurrection, son ascension et la descente du Saint-Esprit.
a) La résurrection de Jésus-Christ. « J'ai toujours le Seigneur présent à mes yeux; et il est à ma droite, je ne serai point ébranlé. Et mon cœur s'est rempli de joie, ma bouche a chanté vos louanges, ma chair a reposé dans l'espérance : car vous n'abandonnerez pas mon âme dans l'enfer (les limbes) et vous ne souffrirez pas q.ue votre Saint soit sujet à la corruption. » (Ps. lo, 18 11. Act.desApôt. % 25-28.)
« En ce jour, le rejeton de Jessé sera donné comme un étendard à tous les peuples. Les nations l'invoqueront, et son tombeau sera glorieux. » (haïe. 11, 10.)
b) L'Ascension de Jésus-Christ. « Vous montez au plus haut des cieux, traînant après vous de nombreux captifs ; vous recevez des dons pour les hommes, même pour les infidèles afin qu'ils habitent un jour près du Seigneur Dieu. Ton peuple voit ton entrée, ô Dieu, il voit l'entrée de mon Dieu, et de mon roi dans son sanctuaire. Vous, rois de la terre ! chantez le Seigneur; chantez en chœur l'Eternel, chantez celui qui est porté sur les cieux, les cieux de l'éternité. Peuples
rendez gloire au Dieu dont la splendeur brille sur Israël, et dont la magnificence et la force éclatent dans les nues. (Ps. 67, 19 et suiv. — Ejnt. aux Eph. 5, S.)
« Le Seigneur a dit à mon Seigneur : asseyez-vous à ma droite, jusqu'à ce que j'ai réduit vos ennemis à vous servir de marche-pied. » (Ps. 109, \.)
c) La mission du Saint-Esprit. « Je répandrai mon Esprit sur toute chair; vos fils et vos filles prophétiseront; vos vieillards auront des songes et vos jeunes gens des visions. Et dans ces jours-là, je répandrai mon Esprit sur mes serviteurs et mes servantes. » (Joël. 2, 28-29.)
6) La destruction de Jérusalem après sa mort, le châtiment et la conversion des Juifs comme aussi la conversion des Gentils.
a) La destruction de Jérusalem et le châtiment des Juifs.
« Après les soixante-deux semaines (d'années) le Christ sera mis à mort, et le peuple qui le renoncera, ne sera plus son peuple. Une nation étrangère viendra avec son chef : elle détruira la ville et le sanctuaire: la guerre sera suivie d'une entière désolation. » (Daniel. 9, 26.)
« Les enfants d'Israël, seront longtemps sans roi, sans prince, sans autel, sans sacrifice, sans ephod (sans ornements sacerdotaux) et sans théraphim (sans pénates). » (Osée. 5, 4.)
b) — La conversion des Juifs.
« Et, après, les enfants d'Israël reviendront, et ils chercheront le Seigneur leur Dieu et David leur roi, et ils s'approcheront avec crainte, du Seigneur et de ses biens, dans les derniers temps. » (Osée. 5, 5.)
c) La conversion des Gentils.
« Je viens pour rassembler toutes les nations, toutes les langues. Elles viendront et verront ma gloire. Et je placerai parmi elles mon étendard, et j'enverrai quelques-uns de ceux qui auront été sauvés, vers les nations, dans les mers, en Afrique, en Lydie, dans l'Italie, dans la Grèce, dans les îles éloignées, vers ceux qui n'ont pas entendu parler de moi
et qui n'ont point vu ma gloire. Et je prendrai parmi eux des prêtres et des lévites. » (haïe. 66, 18-21.)
« ,1e te donnerai pour signe d'alliance à mon peuple, et pour lumière aux nations. » (haïe, 42, 6.)
7) L'établissement , la propagation et la durée de son Eglise.
a) L'établissement et la propagation de son Eglise.
« Il dominera delà mer jusqu'à la mer, du fleuve (de l'Euphrate) jusqu'aux extrémités de la terre. » (Ps. 71, 8.)
(Voyez les textes cités plus haut.)
Dans cette Eglise, il y aura un nouveau sacrifice.
« Mon amour n'est point en vous, dit le Seigneur des armées, et je ne recevrai pas d'offrandes de votre main ; car depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher, mon nom sera grand parmi les nations, et Ton sacrifiera et l'on oiTrira en tout lieu une oblation pure à mon nom, parce que mon nom sera grand parmi les nations. » (Malachie I, 10-11.)
b) La durée de son Eglise.
« Et, dans les jours de ces royaumes, le Dieu du ciel suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit et dont l'empire ne sera pas donné à un autre peuple; mais il brisera et consumera tous ces royaumes ; et il subsistera éternellement. » (Dan. 2, 44.)
(Grand Cat. 20e q.)
Jésus-Christ aussi bien que les apôtres en appelèrent h ces prédictions touchant le Messie, et prouvèrent par là contre les Juifs, que le Messie était réellement venu et qu'il n'était autre que Jésus de Nazareth.
Exemples tirés de la Bible.
Le divin Sauveur avait guéri le jour du sabbat un homme paralytique depuis trente-huit ans. Les juifs indignés de ce qu'il avait opéré celte guérison un tel jour, se mirent à l'injurier et à le provoquer. Mais il leur dit qu'il avait le pouvoir d'oser guérir un jour de sabbat; puis il leur prouva
qu'il était le Messie envoyé de Dieu, en les renvoyant à l'Ecriture Sainte et aux témoignages qu'elle contenait en sa faveur: « Sondez les Ecritures, leur dit-il, puisque vous croyez y trouver la vie éternelle : Ce sont elles qui rendent témoignage de moi. » — Avec des disciples incrédules, il en appela à Moïse et aux prophètes qui rendent témoignage en sa faveur comme au Messie. En S. Lue, il dit: «Insensés, dont le cœur est si lent à croire ce que les prophètes ont annoncé! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît toutes ces choses et qu'il entrât ainsi dans sa gloire? Et commençant depuis Moïse, et continuant par tous les prophètes, il leur interprétait ce qui avait été dit de lui dans toutes les Ecritures. {S. Luc. 24, 25 - 27. Consultez le chap. 24, 44 et 46 du même Evangéliste.)
A l'exemple de leur divin maître, les apôtres prouvent par les écrits des prophètes que Jésus de Nazareth est le Messie. Ce fut au moyen des prédictions faites par les prophètes que S. Pierre convertit d'abord trois mille et ensuite cinq mille auditeurs, qui se firent baptiser, et il conclut par ces mots : « Et tous les prophètes depuis Samuel, et tous ceux qui depuisont prophétisé, ont aussi préditees jours. {Actes des Ap. 3, 24.) S. Paul assura devant le roi Agrippa « qu'il rendait témoignage aux petits et aux grands, en ne disant que ce que Moïse et les prophètes avaient prédit, et ce qui était arrivé. » (Act. des Ap. 26, 22.) Les Evangélistes, dans leurs récits, en appellent sans cesse aux prophètes. Il est dit d'Apollon : « qu'il persuadait publiquement les Juifs et avec force, montrant par les Ecritures que Jésus était le Christ. » C'està-dire le Messie promis. (Act. des Ap. 18, 28.)
Le trait suivant nous prouve toute la force probante des prophéties relatives au Messie.
S. Thomas d'Aquin et les deux rabbins.
Saint Thomas d'Aquin ayant rencontré deux rabbins à la maison de campagne d'un cardinal, entra en discussion avec eux et leur prouva par une explication solide des prophéties, que \e Messie était venu ; que ce Messie était Jésus- Ch rist,
Dieu et homme tout ensemble, et qu'il fallait par conséquent se soumettre à l'Evangile. On convint de part et d'autre de reprendre la conférence le lendemain. Thomas passa la nuit au pied des autels et conjura celui qui seul peut convertir les cœurs, d'achever l'œuvre qu'il avait commencée. Sa prière fut exaucée : en effet les deux rabbins vinrent le trouver le lendemain matin, non pour continuer la discussion, mais pour embrasser la religion catholique; leur exemple fut suivi de plusieurs autres conversions. (Vie de S. Thomas dWquin.)
(Gr. Cat. 2i-22e q.)
Nous ne voyons pas seulement réalisées en la personne de Jésus-Christ les prophéties, mais encore les figures, dans lesquelles les actions et les souffrances du Messie furent exprimées, et dont nous allons retracer les plus importantes.
Principales figures du Messie.
1) Figures de sa passion et de sa mort.
a) Le juste .46e/. Celui-ci fut haï et tué dans la campagne par son frère Caïn, parce qu'il était l'objet des complaisances divines; de même Jésus-Christ, en qui le Père céleste mettait toutes ses complaisances fut haï des Juifs, ses frères selon la chair, et mis à mort hors de la ville de Jérusalem, et comme le sang d'Abel criait vengeance au ciel contre Caïn, ainsi, d'après le désir des Juifs déicides, le sang du Christ « devait retomber sur eux et sur leurs enfants, » etc.
b) Isaac dut porter lui-même le bois du sacrifice sur la montagne de Moria, et Jésus-Christ le bois de la croix sur la montagne du Calvaire.
c) Joseph d'Egypte « fut jeté dans une citerne et en fut retiré vivant. De même Jésus sortit vivant du tombeau. Joseph fut vendu, Jésus également. Joseph procura du pain en abondance aux peuples affamés, et Jésus nourrit de sa chair et de son sang toutes les nations delà terre. » (S. Chry-
2GI DE LA Foi.
sost., serin. 14, 6. ) Devant Joseph s'inclinèrent le soleil, la lune et onze étoiles, et Jésus fut vénéré par Joseph, par Marie et par onze apôtres. Après la mort de Joseph les Israélites se multiplièrent, et les chrétiens se multiplièrent de même après la mort de Jésus. » (S. Isid. C. 50, in gen.)
d) David. Comme celui-ci fut prophète par ses prédictions, roi par l'onction, et prêtre par l'usage qu'il fit des pains de la proposition uniquement servis aux prêtres, ainsi Jésus-Christ est prophète, roi et prêtre; de même que David fut leSauveurdu peuple d'Israël en triomphant de Goliath, de même Jésus fut notre Sauveur en triomphant du démon ; David vainquit Goliath, le bâton de pasteur à la main et portant dans sa panetière cinq caillous; de même Jésus vainquit l'ennemi de nos âmes par le bots delà croix et par ses cinq plaies.
e) L'agneau pascal. L'agneau pascal devait être sans tache; il était défendu de briser ses os; il fallait qu'on l'immolât au temps de Pâques; ainsi Jésus fut un agneau sans tache (2 Epit. de S. Pierre, i, 15.); aucun de ses os ne fut brisé, il fut immolé au temps de Pâques.
f) Le sacrifice expiatoire. Dans ce sacrifice, le coupable mettait la main sur la tête de la victime pour exprimer qu'il transférait son crime à celle-ci, et alors la victime devait mourir. Ainsi Jésus-Christ, l'innocence même, mourut pour les coupables.
g) Le serpent d'airain. Comme Moïse éleva le serpent d'airain au désert, ainsi il fallait que le Fils de l'homme fût élevé, afin que celui qui croirait en lui, ne pérît point, mais qu'il eut la vie éternelle. (S. Jean. 5, 14-15.)
2) Figure de son sacerdoce.
Melchisédech. De même que celui-ci offrit du pain et du vin, de même Jésus-Christ dans la dernière cène offrit son corps et son sang, sous les espèces de pain et de vin.
3) Figure de sa fonction de prophète et de médiateur:
Moïse. De même que celui-ci par une disposition par-
DE JÉSIS CHRIST. 265
ticulière de Dieu échappa à la mort qui menaçait tous les enfants nés des Israélites, de même Jésus-Christ échappa au massacre ordonné par Hérode; comme Moïse délivra le peuple d'Israël de la servitude de l'Egypte, ainsi Jésus-Christ nous délivra de la servitude du péché. Moïse implora souvent la miséricorde divine pour son peuple, et offrit même de mourir pour lui, et c'est ce que fit Jésus-Christ pour nous ! Enfin, de même que Moïse donna au peuple les lois de Dieu, de même Jésus-Christ nous donna sa doctrine céleste.
4) Figure de sa résurrection :
Jonas. « Jésus-Christ est un autre Jonas; il demeura durant trois jours, non dans les entrailles d'une baleine, mais dans les entrailles de la terre. » (S. Chrysost. Serm. 57. — S. Matth. 12, 40.;
o) Figures de son Eglise et des sept Sacrements :
a) L'Arche. Hors de l'Eglise personne n'est sauvé, de même en fut-il de ceux qui se trouvèrent hors de i'arche lors du déluge. (S. Isid. Cap. 7. in Jos.)
b) La mer rouge. C'est la figure du baptême ; car de même que les Israélites en traversant la mer rouge, échappèrent à l'esclavage et parvinrent dans la terre promise, de même par les eaux du baptême nous échappons à l'esclavage du démon et nous arrivons ainsi dans la terre promise du bonheur éternel.
c) La manne. De même que Dieu nourrit les Israélites dans leur passage à travers le désert, de la manne miraculeuse, de niême/esws-CAns£nousnoumtetnous fortifie dans leschemins arides du désert de la vie, au moyen de la S. Eucharistie.
d) Le temple de Jérusalem avec ses différentes cérémonies et ses offrandes. Figure de nos églises et de nos temples ; car de même qu'on y exposait sur l'autel d'or des parfums, les pains de la proposition, ainsi on expose sur nos autels le pain dévie; comme on y offrait chaque jour un agneau, ainsi on offre chaque jour aussi dans nos églises l'agneau de Dieu.
Pratique. O chrétien! estime-toi heureux de connaître
CATÉC. PRATIQUE. T. I. 12
et de posséder le Sauveur promis, après lequel les patriarches ont soupiré si longtemps et si ardemment! Puisse-l-il trouverdanston cœur une demeure agréable! C'est pourquoi ais toujours soin, surtout au saint temps âel'Avent, de bien lui préparer ton cœur! — « Pensez souvent, nous dit S. Bernard, à la venue du Sauveur, et préparez-lui votre cœur; car il est venu pour chercher et sauver ce qui était perdu. Recevez-le avec amour quand il vient à vous comme Sauveur, et il vous recevra aussi avec amour, lorsque vous viendrez à lui quand il sera votre Juge. Accordez-lui une place dans votre cœur, et il vous accordera en retour une demeure éternelle et heureuse dans le royaume du ciel ! »
Alphonse d'Arragon et le chevalier espagnol.
Alphonse le sage roi (Y Avr&gon, s\ connu par sa piété et sa conduite chrétienne, visita dans un de ses voyages, peu de temps avant la fête deNoël, un chevalier espagnol, qui lui avait préparé l'accueil le plus brillant, mais qui jouissait d'une réputation détestable à cause de ses mauvaises mœurs. En faisant ses adieux, le roi adressa ces paroles significatives à son hôte: «Noble chevalier! Vous m'avez fait une réception aussi splendide qu'honorable. Je vous en remercie de tout mon cœur ! Mais dans quelques jours viendra le Roi des rois et il veut célébrer chez vous la fête de Noël. C'est pourquoi, en le recevant, ayez soin d'orner votre cœur, comme vous avez orné votre château par considération pour moi. » Et le chevalier suivit le conseil du sage roi. Noël devint pour lui la fête de la venue de Dieu. Faisons comme lui, afin que le Messie vienne en nous avec toutes ses grâces et ses bénédictions!
§ 2. JÉSL'S-CHIUST EST VRAI DIEU.
Jésus-Christ, le Messie promis, est le fils de Dieu, il est vrai Dieu. On le prouve de la manière la plus claire
et la plus évidente: 1) par les prédictions des prophètes, 2) par les témoignages de son Père céleste, 3) par ses propres témoignages, 4) par la doctrine des Apôtres et 5) parla doctrine de l'Eglise catholique.
La divinité de Jésus-Christ prouvée à un incrédule.
Un chrétien zélé ferma la bouche à un de ces hommes qui par suite de ses mauvaises mœurs et delà lecture de livres impies, en était venu, comme les incrédules de notre temps, à nier la divinité de Jésus-Christ. Il lui dit donc: «Si Jésus- Christ n'est pas Dieu, comment se fait-il que toutes les prophéties relatives au Messie, se soient accomplies si exactement dans sa personne? — Comment expliquerez-vous alors ces paroles du Père céleste qui l'appelle son Fils bien-aimé en qui il a mis toutes ses complaisances? Comment Jésus- Christ a-t-il pu inventer et propager une doctrine aussi sublime par laquelle les hommes apprirent à connaître si bien Dieu, leurs éternelles destinées et leurs devoirs? — Comment, au témoignage des Juifs comme des païens, a-t-il pu faire des miracles aussi nombreux et aussi éclatants? — Comment ses disciples ont-ils pu en opérer de non moins étonnants, en invoquant son nom? — Comment se fait-il que l'univers entier embrassât en si peu detempsle Christianisme? — Comment se fait-il que tous les efforts de l'impiété armée n'ont pu jamais venir à bout de le détruire? — Les hommes les plus vertueux et les plus heureux ne sont-ce pas les vrais chrétiens, vivant d'après la doctrine de l'Evangile et de l'Eglise catholique, appartenant à la seule Eglise que Jésus- Christ a fondée? » Ces preuves courtes et péremptoires delà divinité de Jésus-Christ confondirent l'incrédule et le réduisirent au silence. (Le livre des familles de Silbert.)
{Gr. Cat. 24e q.) Jésus-Christ est vrai Dieu ; on le prouve: 1. Par les prédictions des prophètes. « Les prophètes, ditS. Léon-le-Grand, l'ont annoncé d'avance comme le
vrai Dieu, et il a été proclamé comme tel par les Apôtres. »
Prédictions des prophètes touchant la divinité de Jésus-Christ.
En plusieurs endroits des livres prophétiques de l' Ancien- Testament, Jésus-Christ, le Messie promis, est appelé Dieu, Dieu avec nous, le très-saint, etc. Isaïe disait : « Un enfant nous est né, un fils nous est donné; il porte sur son épaule le signe de sa domination; il sera appelé l'Admirable, le Conseiller, Dieu, le Fort, le Père de l'éternité, le Prince de la paix. 11 étendra de plus en plus son empire, il établira la paix éternelle. Il s'assiéra sur le trône de David, il fondra et affermira son règne sur la justice et l'équité, dès maintenant jusque dans l'éternité. » (Isaïe. 9, 6 - 7.) On applique encore au Messie ces autres paroles du même prophète. « Dieu vient lui-même et vous sauvera ; alors les yeux des aveugles seront ouverts, etc. » (55, 4.) Jérémie écrivait: « Voici le nom qu'ils donneront à ce roi, le nom de Jehova, notre justice » (or, le nom de Jehova est le nom de Dieu.)
[Gr. Cat. 25e q.) Jésus-Christ est vrai Dieu ; on le prouve : II. Par les témoignages que le Père céleste a luimême rendus en faveur de la divinité de Jésus-Christ, lors de son baptême au Jourdain, et de sa transfiguration au mont Thabor.
Témoignage du Père céleste en faveur de la divinité de Jésus-Christ.
L'Ecriture-Sainte nous dit : Alors Jésus vint de la Galilée au Jourdain vers Jean, pour être baptisé par lui. Mais Jean s'y refusait, en disant : « C'est moi qui dois être baptisé par vous, et vous venez à moi ! » Et Jésus lui répondit : « Faites maintenant ce que je vous dis; car il nous faut accomplir toute justice. » Alors Jean obéit. Jésus, aussitôt qu'il fut baptisé, sortit de l'eau, et les cieux lui furent ouverts, et
il vit l'Esprit de Dieu descendant comme une colombe, et venant sur lui; et tout à coup une voix vient du ciel: « Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui j'ai mis toutes mes complaisances. » (S. Matth. 5, 15- il.) Lors de la transfiguration de Jésus-Christ au mont Thabor, cette voix du ciel fit entendre les mêmes paroles (S. Matth. 17, 5.)
(Gr. Cat. 26 - 32e q.) Jésus-Christ est vrai Dieu ; on le prouve : IÏJ. Par les témoignages que Jésus lui-même 1) se
rendit par ses propres paroles, et 2) qu'il confirma par
des œuvres.
1) Les témoignages de Jésus- Christ exprimés par ses por-
2?res paroles: il déclara souvent et solennellement qu'il
était le Fils de Dieu et vrai Dieu comme son Père.
Témoignages que Jésus-Christ rend à sa divinité par
ses paroles.
Le divin Sauveur a dit: «Moi et mon Père nous ne sommes qu'un. Croyez que le Père est en moi et que je suis dans le Père. » {S. Jean. 10, 30. 38.)— Autre part, il a dit : «Qui me voit, voit mon Père. » (S. Jean. 14, 9.) Aux Juifs assemblés dans le temple, il dit: « En vérité, en vérité, ce que fait le Père, le Fils le fait également. Le Père ressuscite les morts et vivifie, et de même le Fils donne la vie à qui il veut, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. » (S. Jean, o.) — S. Jean rapporte au neuvième chapitre que Jésus-Christ demanda positivement à l'aveugle-né qu'il guérit, « crois-tu au Fils de Dieu ? » Et l'aveugle lui répondit : « Et qui est-ce, Maître, afin que je crois en lui ? » Jésus répondit: « Tu l'as vu ; celui qui te parle, c'est lui-même. >> Certes, le Sauveur ne pourrait s'exprimer plus clairement. — Un jour Jésus interrogea ses apôtres en cette manière : « Que dit-on du Fils de l'homme ? » Ils lui répondirent : « les uns disent : C'est Jean-Baptiste; les autres Elie: les autres Jérémie, ou l'un des prophètes. » Jésus leur dit : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Simon Pierre prenant la
270 DE LA FOF.
pp. rôle, (lit : « Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant. » Or, si Jésus-Christ n'avait pas été le Fils de Dieu, n'eut-il pas dû instruire S. Pierre, corriger son erreur et réformer de la manière la plus positive, l'opinion qu'il avait au sujet de sa personne ? Mais non, loin de repousser cette parole comme uneerreur ou un blasphème, il l'accepta avec amour, il loua S. Pierre de sa franchise, il appela sa réponse une inspiration du Père céleste et pour l'en récompenser il lui donna le pouvoir de lier et de délier les péchés, et, dans cet acte même, Jésus montrait qu'il disposait en maître de la toute-puissance de Dieu! — Quand saint Thomas, vaincu pas l'évidence, tomba à genoux et s'écria: « Mon Seigneur, et mon Dieu; paroles qui ne pouvaient se rapporter qu'à Jésus- Christ, que dit le Sauveur ? Lui reprocha-t-il ce langage? Non, il l'autorisa, le justifia, il loua l'apôtre à cause de cette profession de foi, mais il loua bien plus encore ceux qui avaient cru à sa divinité sans avoir vu ou touché ses cinq plaies. Aussi le Sauveur se nommait et se laissait nommer fils de Dieu; ce fut même la cause principale pour laquelle les Juifs cherchèrent si souvent à le tuer, et qui devint l'un de leurs plus grands chefs d'accusation. Les Juifs voulurent le mettre â mort, dit S. Jean (ch. 5.) non-seulement parce qu'il violait le Sabbat, mais surtout parce qu'il appelait Dieu son Père, et se faisait l'égal de Dieu. Aussi quand ils l'accusèrent devant Pilate, ils dirent: « Nous avons une loi d'après laquelle il doit mourir, parce qu'il s'est fait le fils de Dieu. » Or, combien facilement le Sauveur n'eut-il pas pu échapper à cette accusation et en même temps à la mort? 11 lui aurait suffi de dire: Vous êtes dans l'erreur, vous m'avez mal compris; je ne suis pas le fils de Dieu, comme vous le croyez, Dieu n'est pas mon Père. Oui, Jésus-Christ eut dû repousser l'accusation de blasphème, pour ne pas tromper les siens d'une manière aussi cruelle et ne pas laisser peser sur lui les soupçons d'un crime aussi odieux. Mais il n'en fit rien. Dans le moment le plus critique et le plus solennel, quand il fut traîné devant le tribunal de Caïphe, que le grand conseil et le grand-prêtre cherchèrent de faux témoi-
gnages contre lui, et que Caïphelui demanda: « N'avez-vous rien à répondre à ce que ces témoins déposent contre vous?» Jésus garda le silence. Mais quand le grand-prêtre se levant tout à coup, lui eut dit d'une voix solennelle: « Je t'adjure au nom du Dieu vivant, dis-moi si tu es le Christ, le Fils de Dieu ? » dans ce moment décisif où il s'agissait de prouver son origine en présence de Dieu et en face du monde, Jésus rompit le silence et dit: « Vous l'avez dit, je le suis. » Par ces paroles Jésus affirma sous serment qu'il était Dieu, qu'il était le Messie. Quiconque en présence de ce témoignage ne croit pas encore à la divinité de Jésus-Christ, et ne veutvoiren lui qu'un simple homme,n'aplusrienàfaireavec le Christ. Ou bien il est réellement Dieu, le Fils de Dieu, ou bien il est un menteur effronté, un fripon, qui a commis un parjure devant la justice, et qui a voulu tromper Dieu et les hommes. 11 n'y a pas de milieu. Pour nous, catholique?, nous croyons sur ces témoignages, à la divinité de notre Sauveur, et nous l'adorons comme son Père céleste. Car
2) Ces témoignages donnés de vive voix, Jésus-Christ les confirma par des œuvres, h savoir«) par la sainteté de sa vie, b) par des miracles, c) par des prophéties, et même d) il les scella par sa mort.
a) Jésus-Christ confirma ces témoignages, donnés de vive voix, par la sainteté de sa vie et de sa doctrine. Dans toutes les actions qu'il fit, on ne découvrit jamais la moindre imperfection, le moindre égoïsme. Il agit toujours pour la glorification de son Père, et ne chercha jamais sa propre gloire; d'ordinaire il ne recueillait que l'ingratitude, la haine et la persécution. Personne ne put jamais l'accuser d'un péché. Et sa doctrine, qu'elle est sublime, salutaire, consolante et vraiment divine ! Comme la lumière du soleil, elle éclaira le monde, dissipa toutes les ténèbres et les erreurs du paganisme et nous montra de nouveau le chemin du salut. Quiconque suit la doctrine de Jésus-Christ, éprouvera par lui-même
qu'elle vient de Dieu; elle divinise l'homme, elle transporte le ciel sur la terre.
Jésus fut exempt de tout péché.
Par sa vie pure et irréprochable, Jésus confirma la vérité des témoignages qu'il s'est donnés de vive voix. — Un jour que le divin Sauveur enseignait dans le temple, il prouva aux juifs obstinés qu'il était la lumière du monde, l'envoyé et le Fils de Dieu. Mais ils refusèrent de croire à sa parole. Alors il leur dit: « Qui d'entre vous peut me convaincre d'un seul péché ? Quand je vous dis la vérité pourquoi ne me croyez-vous pas? » (S. Jean. 8. 46.) Par conséquent quelle ne devait pas être la pureté, la vertu du divin Sauveur, puisqu'il osa poser cette question à ses plus implacables ennemis, qui eussent sans doute mis tout en œuvre pour découvrir en lui, même une ombre de péché? Donc quelle croyance ne mérite pas chacune de ses paroles, puisque sa vie fut si irréprochable, sa bouche si sincère, si éloignée de tout mensonge et de toute fourberie!
La lumière dans les ténèbres ou la divine doctrine de Jésus-Christ.
Un peintre allemand, pendant son séjour à Rome, s'était hasardé sans guide dans les catacombes qui environnent la ville éternelle. Dans cette excursion téméraire il se fia uniquement à son flambeau et à un fil dont il attacha un bout à l'orifice du labyrinthe ténébreux et dont le reste entourait une pelote. Lorsqu'il eut pénétré bien avant dans ces sombres excavations, la pelote lui échappa tout à coup de la main et dans le mouvement rapide qu'il fit pour chercher le fil conducteur, son flambeau s'éteignit. Il resta comme pétrifié au milieu des ténèbres. Un frisson glacial parcourut tous ses membres, mille idées sinistres et désespérantes traversèrent son esprit. Cependant il se mit à tâtonner avec ses mains, se traînant d'une galerie à l'autre pour trouver une issue ou rencontrer le fil perdu ; mais il ne heurta que contre des cercueils et des ossements humains. Dans cette extré-
mité, il tombe à genoux et conjure Dieu de l'arracher au péril. La prière lui ayant donné un nouveau courage, il recommence ses recherches et voilà que soudain son pied rencontre un obstacle. Il s'empresse de palper ce que c'est; c'était le fil conducteur qu'il venait de retrouver! Aidé de ce guide inattendu, il revint sur ses pas et eut enfin le bonheur de saluer avec ravissement la lumière du jour. Nulle plume ne serait capable de décrire ses sentiments de joie et de reconnaissance envers Dieu.
Tel était l'état où se trouvait aussi l'humanité avant la venue de Jésus-Christ. Elle avait perdu le droit chemin, la connaissance de la vérité, et marchait en tâtonnant dans les ténèbres. Enfin la lumière vint luire dans les ténèbres, et Jésus- Christ parut; le divin Sauveur nous apporta sa sainte doctrine et nous montra aussi le chemin du salut. Qui n'aimerait de s'attacher à cette lumière et de la suivre ? (Le prédicateur et le catéchiste. III année. Voyez Vexemple qui suit la Pratique.)
Comparaison touchant la doctrine de Jésus-Christ.
Le monde plein d'erreurs et de péchés, est comme une mer pleine de ténèbres et de tempêtes; sur cette mer périlleuse, la doctrine de Jésus-Christ nous apparaît comme un phare qui, au milieu delà fureur des flots agités, reste immobile et répand de la manière la plus bienfaisante, sa lumière en faveur de ceux qui naviguent au milieu des ténèbres et des orages de la vie.
«Dans une contrée qui abonde en sources, on peut creuser où l'on veut, partout l'on rencontrera des fontaines, on trouvera de l'eau. Il en est de même de la doctrine de Jésus- Christ. Quelque soit le point de sa doctrine qu'on étudie, approfondisse et médite, on y trouve une source qui nous désaltère, nous rafraîchit et nous fortifie. » (S. Chrysostôme.)
b) Jésus-Christ confirma ses témoignages par des miracles, c'est-à-dire par des œuvres prodigieuses qui surpassaient toutes les puissances delà nature, et ne pou-
vaient s'opérer que par la toute-puissance de Dieu. Dieu pouvant seul faire des miracles, ceux-ci sont par conséquent le langage, le cachet de la divinité, et par là même que Jésus-Christ en opéra, il est prouvé, 1) qu'en affirmant être le Fils de Dieu, il disait vrai, puisqu'il est impossible que Dieu confirme un mensonge par des miracles (1) ; aussi Jésus-Christ lui-même disait : « Si vous ne voulez pas croire en moi (à mes paroles) crojrez à mes œuvres, afin que vous connaissiez et croyiez que le Père est en moi et moi en lui. » (S. Jean. 10, 38.) Par là même est prouvé 2) que Jésus-Christ possédait une puissance divine, puisqu'il opéra des miracles par sa propre force. C'est pourquoi il pouvait dire encore : « Tout ce que fait le Père, le Fils le fait également. Car comme le Père ressuscite les morts et vivifie, de même le Fils donne la vie à qui il veut. » (S. Jean. 5, 19. 21.)
Les miracles de Jésus-Christ.
Les principaux miracles opérés par Jésus-Christ sont les suivants : Aux noces de Cana en Galilée il changea l'eau en vin. Voici comment S. Jean rapporte ce miracle. « Le vin venant à manquer aux noces, la Mère de Jésus lui dit : ils n'ont pas
(1) Qu'un envoyé de Dieu est4tenu de confirmer sa divine mission et la vérité d« sa doctrine par des miracles, c'est une condition nécessaire qu'on exige de tous ceux qui se donnent comme réformaturs de la Foi. Cette preuve on l'exigea ausn des prétendus réformateurs du seizième siècle, et Luther ne reconnut que trop bien lanécessiiépourunréi'ormateur, de prouver sa mission par des actes, par des miracles. Sa manière d'agir sous ce rapport est digne d'être remarquée. 11 écrivit entre autre au conseil municipal de Mullhauseu, où s'était rendu Thomas Munzer, le chef des Anabaptistes, qu'on demandât à celui-ci de qui il avait reçu la fonction d'enseigner. « S'il dit, que Dieu et son Esprit l'ont envoyé comme les apôtres, faites-le lui prouver par des signes et des miracles, sans quoi portez lui défense de prêcher. Car, où Dieu veut changer l'ordre des choses établi, il y opère toutes sortes de prodiges. » Or Luther se trouvait dans le même cas que Munzer; avec son nouvel évangile dont l'Eglise et l'antiquité n'avaient jamais rien connu, ii s'était aussi écarté du chemin ordinaire et il était entré dans une voie nouvelle. C'est pourquoi quand on lui demandait des miracles, comme il le faisait à l'égard
DE JÉSL'S CHRIST. 275
de vin! Mais Jésus répondit : Femme, qu'y a-t-il de commun entre vous et moi? Mon heure n'est pas encore venue. Sa Mère dit aux serviteurs : Faites tout ce qu'il vous dira. Or il y avait six vases de pierre placés pour la purification des Juifs, contenant chacun de deux à trois mesures : et Jésus leur dit : Emplissez ces vases d'eau. Et ils les emplirent. Et Jésus leur dit : Puisez maintenant, et portez en à l'intendant. Et ils lui en portèrent. Quand l'intendant eut goûté de cette eau qui avait été changée en vin, et ne sachant d'où cela venait (les serviteurs qui avaient puisé l'eau le savaient), il appela l'époux, et lui dit : Tout homme sert le bon vin d'abord et le moindre après qu'on a bu beaucoup, toi tuas gardé le bon vin jusqu'à présent. Jésus fit le premier de ses miracles à Cana en Galilée, il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. » [Ch. 2.)
2) // nourrit cinq mille hommes avec cinq pains et deux poissons. « Tous mangèrent et furent rassasiés et l'on emporta douze corbeilles pleines de morceaux qui étaient restés. » {S. Matth. 14.)
o) 77 commanda aux vents et à la mer, car d'un seul mot il les apaisa. (S. Matth. S.)
4) Il fit sentir sa puissance aux démons en les chassant du corps des possédés. {S. Matth. 8.)
5) 77 guérit toutes sortes de maladies. «Une grande multitude s'approcha de lui, ayant avec elle des muets, des aveugles, des boiteux, des infirmes, et beaucoup d'autres malades, et on les mit à ses pieds et il les guérit : de sorte que la multitude était dans l'admiration, voyant que les muets par-
ue Munzer, il donnait pour réponse : « Depuis que l'Evangile a été propagé et connu dans l'univers, il n'est plus nécessaire de faire des signes, comme au temps des Apôtres. Mais si le besoin l'exigeait et si l'on voulait inquiéter et opprimer l'Evangile, nous devrions en venir aussi à faire des signes, plutôt que de le laisser opprimer et injurier. Cependant j'espère que ce sera unitile et qu'on n'en viendra pas jusqu'à là. » {Sermons, s. p. XLII, b, imprimés à Strasbourg par J. Schott. 1525. ) Et en effet le monde attendit toujours cette preuve de la mission de Luther.
laient, que les boiteux marchaient, que les aveugles voyaient, et ils glorifiaient le Dieu d'Israël. » (S. Matlh. 15, 30-31.)
6) Il ressuscita même des morts :
La fille de Jaïre, chef de la Synagogue était morte. Jésus accompagné de quelques disciples, entra dans la chambre où se trouvait le corps inanimé de la jeune fille et lui prenant la main il dit : « Jeune fille, lève-toi, je te l'ordonne! » Et aussitôt elle se leva et se mit à marcher. (S. Luc. 8 et S. Marc. 5.) On allait enterrer le fils de la veuve de Naïm. A la vue de cette mère affligée, le divin Sauveur se sentit ému de compassion, et s'approchant du convoi funèbre, il toucha le cercueil et dit : « Jeune homme, lève-toi, je te l'ordonne! » et il se leva et Jésus le rendit à sa mère. » (S. Luc. 7.) — Depuis quatre jours, Lazare gisait dans le tombeau, déjà son corps commençant à sentir mauvais, lorsque Jésus-Christ s'approchant du lieu de sa sépulture, fit enlever la pierre et retentir sa voix au fond du sépulchre, en disant : ce Lazare, lève-toi ! » A l'instant Lazare sortit du tombeau. {S. Jean. 11.)
7) Lorsqu'il mourut, toute la nature s'attrista, la terre frémit jusque dans ses entrailles, les rochers se fendirent, le soleil s'obscurcit en plein midi, et le voile du temple se déchira, de sorte que les soldats païens furent forcés de s'écrier : « Vraiment celui-ci doit être le Fils de Dieu. » [S. Matth. 27, 54.)
8) Maisle plus grand miracle par lequel Jésus-Christ prouva d'une manière éclatante sa divinité, ce fut sa Résurrection.
La Résurrection de J.-C. est une preuve de sa divinité. Jésus- Christ est ressuscité, donc il est Dieu, donc nous devons croire en lui. — Les annales des Martyrs racontent comment S. Marguerite, quand elle se trouva en présence des tribunaux du paganisme, fut interrogée par le préfet Olibrius, au sujet de sa religion. A peine celui-ci eut-il entendu sa confession de foi, qu'il s'écria avec une espèce d'emportement : « Peut-on s'imaginer quelque chose de plus insensé que d'adorer comme Dieu un homme qui a été attaché en croix? » La
Vierge lui demanda : « D'où savez-vous que Jésus a été crucifié ?» — Mais vos propres annales l'enseignent ! « Eh bien ! répliqua aussitôt l'héroïque Vierge, si ces livres contiennent le récit des souffrances et des ignominies de Jésus, ils contiennent aussi les preuves de sa résurrection et de sa gloire; comment pouvez-vous être assez inconséquent decroire l'un et de rejeter l'autre. Ce n'est pas parce qu'il a souffert, parce qu'il est mort, que nous croyons, non ! nous n'aurions pas là des preuves de sa divinité. Mais il est ressuscité, il est sorti du tombeau par sapropre force, et voilà ce qui cause notre joie, voilà ce qui nous fait pousser ce cri d'allégresse et de triomphe : Alléluia! Par là il nous a prouvé sa puissance divine; et voilà pourquoi nous croyons en lui, que nous le glorifions, que nous exaltons son saint nom, que nous mourons pour sa doctrine! » Tel fut le langage viril que tint une délicate jeune fille, et le païen, tout étonné, apprit de sa bouche les paroles de la vérité. (Voyez la légende et le cycle d'Homélies de Veith).
c) Jésus-Christ confirma ses témoignages par des prophéties, c'est-à-dire, en prédisant plusieurs choses que Dieu seul pouvait savoir, par exemple la trahison de Judas, le genre de mort qu'il souffrirait, etc.
Principales prophéties de Jésus- Christ.
Le divin Sauveur prédit exactement la trahison de Judas, h triple reniement de Pierre et la fuite de ses disciples, mais il annonça avec plus de détails encore sa passion et sa mort, ainsi que sa résurrection. Il dit à ses disciples: «Voilà que nous montons à Jérusalem, et le Fils de l'homme sera livré aux princes des prêtres et aux Scribes et ils le condamneront à mort. Et ils le livreront aux gentils pour se jouer de lui, le flageller et le crucifier, et il ressuscitera le troisième jour. » [S. Matth. 20, 18-19.)
Sa future résurrection, à laquelle il aimait à renvoyer ses ennemis et ses contradicteurs, il la prédit dans les termes les plus précis et les plus clairs, en disant. « Cette génération
mauvaise et adultère demande un signe, et il ne lui en sera pas donné d'autre que celui du prophète Jonas; car comme Jonas fut trois jours dans le ventre de la baleine, ainsi le Fils de l'homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. » {S. Matth. 12, 59-40.) — Il prédit ensuite des événements qui s'accomplissent encore, tels que : i) la prédication de V Evangile dans tout l'univers : « Vous recevrez la vertu du Saint-Esprit venant sur vous; et vous serez témoins pour moi à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. » (Actes des Apôt. 1. 8.) 2) La stabilité de l'Eglise ; « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. » [S. Matth. 16, 18.) 5) La ruine et la complète destruction de Jérusalem et du temple. « Des jours viendront sur toi, et tes ennemis t'environneront de murailles ; et ils t'enfermeront et ils te presseront de toutes parts; et ils te renverseront par terre, toi et tes fils qui sont en toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas connu le temps où tu as été visitée. » (S. Luc. 19. 43, 44.)
Le temple de Jérusalem.
Pour montrer, avec quelle exactitude et quelle ponctualité les prédictions du divin Sauveur se sont accomplies, je me bornerai à rapporter le fait suivant: Jésus-Christ avait donc prédit qu'il ne resterait pas pierre sur pierre du temple. Que fit Julien l'apostat pour donner un démenti aux paroles de Jésus-Christ? Il ordonna de rebâtir le temple, et mit à la disposition des Juifs des sommes énormes. Ceux-ci accoururent de toutes parts, hommes, femmes, jeunes gens, vieillards, riches et pauvres, tous se mirent à l'œuvre avec une incroyable ardeur. Des dames de distinction allèrent jusqu'à porter lesmatériaux, du bois, des pierres, etc. La puissance de l'empereur, le zèle infatigable de l'intendant Alipius, la fureur des Juifs, les applaudissements des païens effrayèrent un moment les disciples du Christ et les jetèrent dans une extrême tristesse. Mais S. Cyrille évêque de Jérusalem, les consola en leur disant que Dieu ne tarderait pas de ma-
infester sa puissance. Déjàles fondements de l'ancien temple ont disparu, toutes les pierres qui en restaient ont été arrachées et disséminées, afin qu'il rien restât plus pierre sur pierre, et lorsque les fondements du nouveau temple vont être jetés, on trouve un livre revêtu d'or, commençant par ces mots : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu. » En même temps un feu terrible s'élance des excavations, dévore les matériaux et les ouvriers, pendant qu'une croix lumineuse resplendit au ciel. On fit de nouvelles tentatives, mais ce fut en vain ; le même prodige se renouvela chaque fois. Enfin la croix triompha et l'impiété recula tremblante dans ses attaques contre Dieu. (Voyez Guillois. I. p. 353.)
Le prince et le savant.
Un savant fut prié par un monarque de dire ce qu'il pensait du Christ. L'unique réponse qu'il lui donna fut cette autre question aussi courte que frappante : « Et que pense votre majesté de la destruction de Jérusalem ? »
d) Enfm Jésus-Christ confirma ses témoignages par sa mort ; il reconnut qu'il était le Fils de Dieu et il souffrit la mort, pour l'avoir reconnu.
Jésus-Christ scella la doctrine de sa divinité par sa mort .
Lorsque le divin Sauveur eut été traîné par ceux qui l'avaient saisi, devant le grand-prêtre Caïphe et que de faux témoins se fussent levés contre lui, Caïphe lui dit : « Vous ne répondez rien à ce que ceux-ci déposent contre vous? » 3Iais Jésus se taisait: et le grand-prêtre lui dit: Je vous adjure au nom du Dieu vivant de nous dire si vous êtes le Christ, le Fils de Dieu. — Jésus lui répondit: « Vous l'avez dit ! (oui, je le suis!) Je vous déclare qu'un jour vous verrez le Fils de l'homme assis à la droitede la majesté de Dieu, et venir sur les nuées du ciel. » — Alors le prince des prêtres déchira ses vêtements, disant : « Il a blasphémé; qu'avons-nous besoin encore de témoins ? Voilà que maintenant vous avez entendu le blasphème. Que vous en semble?» Tous répon-
dirent: « Il mérite la mort. » (S. Matth. 26, 62-66. )Et ce fut après cette déclaration si solennelle qu'il marcha à la mort, à la mort cruelle et ignominieuse de la croix !
(Gr. Cat. 53e q.) Jésus-Christ est vraiment Dieu; on le prouve: IV. Par la doctrine des apôtres.
Doctrine des apôtres touchant la divinité de Jésus-Christ.
Les apôtres enseignèrent positivement : 1 ) que Jésus- Christ est vrai Dieu. Ainsi S. Jean écrit dans sa première Epître: « Nous savons que le Fils le Dieu est venu. Celui-ci est le vrai Dieu et la vie éternelle. » ( 1. 20. ) — S. Paul en écrivant aux Romains disait: « Jésus-Christ, le Dieu au-dessus de toutes choses, et béni dans tous les siècles, amen. » (9, 5.) — Ils enseignent 2 ) que Jésus-Christ possède toute la plénitude de la divinité et les infinies perfections de Dieu.
« En Jésus- Christ habite corporellement (réellement) toute la plénitude de la divinité. » (Eplt. aux Coloss. 2, 9.) Ils lui attribuent les perfections divines, telles que l'éternité, la toute- puissance, etc. S. Jean commence ainsi son évangile : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par lui, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui. » (1, 1-5.) — S. Paul dit à son tour: « C'est par lui que tout a été créé dans le ciel et sur la terre, les choses visibles comme les invisibles, les trônes, les dominations, les principautés, les puissances ; tout a été créé par lui et pour lui ; il est avant tout, et toutes choses subsistent par lui. » ( Epît. aux Col. 1, 16, 17.) Autre part il dit : « Par son Fils, Dieu a créé les siècles, et comme il est la splendeur de sa gloire, et l'image de sa substance, soutenant tout par sa parole toute-puissante, etc. » (Eplt. aux Hèbr. 1, 2, 5.) — Enfin ils enseignent 5 ) que toutes les créatures doivent adorer Jésus-Christ. C'est ce que S.Paul dit entre autres : « Qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue confesse que
le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de son Père. » ( Eptt. aux Phil. 2, 10. 11.) — « Tous les anges de Dieu l'adorent. » (Eplt. aux Hébr. 1, 6.)
Tous ces témoignages, les apôtres les confirmèrent en même temps par des signes et des miracles.
{Gr. Cat. 54e?.) Jésus-Christ est vraiment Dieu; on le prouve : V. Par la doctrine de VEglise catholique, qui a toujours
cru et enseigné que Jésus-Christ est vraiment Dieu et
d'une seule nature avec Dieu son Père.
Jésus-Christ a toujours été adoré comme Dieu par VEglise.
Dès le principe, l'Eglise rendit au divin Sauveur, Jésus- Christ, le culte d'adoration qui n'est dû qu'à Dieu, et c'est ce que les païens eux-mêmes attestent. Déjà du temps de l'empereur Trajan lorsque les chrétiens étaient dénoncés et accusés devant les autorités païennes, Pline, gouverneur de l'Asie Mineure écrivait à l'empereur: « Ils ont coutume de se réunir à certains jours avant le lever du soleil, afin de chanter des louanges au Christ comme à un Dieu. »
En 525, le Concile deNicée, et nous l'avons indiqué plus haut, promulgua un symbole particulier pour défendre ce dogme fondamental de la religion chrétienne; il lança l'anathème contre tousceuxqui enseigneraient le contraire. — Des millions de martyrs, pour attester leur foi en Jésus-Christ, le fils de Dieu, endurèrent les tortures les plus cruelles et même la mort. Nous en citerons quelques exemples.
S. Ignace Martyr.
L'illustre martyr, S. Ignace, évêque d'Antioche, cité devant Je tribunal de l'empereur Trajan, rendit un témoignage éclatant à la divinité de Jésus-Christ. « Par la force de Jésus- Christ, » disait-il, « qui habite dans mon cœur, quoiqu'il ait son trône au plus haut des cieux, jerepoussetoutes les attaques de l'enfer. — Il n'y a qu'un Dieu, celui qui créa le ciel et la terre, et dont le fils unique est Jésus-Christ. » — « En-
tendez-vous par le fils de Dieu, fit l'empereur, ce Jésus qui fut mis en croix à «Jérusalem, par une sentence de Ponce- Pilate? » — « Oui, c'est celui-là, c'est le Fils unique de Dieu, et je le porte dans mon cœur, » répliqua Ignace. Et Trajan: « Ainsi vous vous vantez de le porter dans votre cœur? » — « Oui, empereur, et je m'estime heureux, » continua le saint évêque, « d'être du nombre de ceux dont il est écrit dans les livres saints: Je demeurerai au milieu d'eux et mon lieu de repos sera dans leurs cœurs, »
L'exemple suivant par lequel Dieu prouva d'une manière miraculeuse la divinité de Jésus-Christ est digne d'être remarqué.
Les saints Martyrs de Typase.
Vers l'année 484, lorsque les Ariens, qui niaient la divinité de Jésus-Christ, portèrent la désolation et le ravage dans l'Eglise de Dieu, on voulut imposer aux habitants de Typase en Mauritanie, un évêque arien; mais ils refusèrent constamment de recevoir parmi eux un tel évêque, un ennemi de la divinité de Jésus-Christ; on eut recours aux violences et à la force, mais la plupart d'entre eux s'enfuirent en Espagne, et ceux qui demeurèrent, opposèrent .une inébranlable fermeté à toutes les persécutions. Alors Hunneric, roi des Vandales, envoya l'ordre de leur couper la langue et la main droite. Malgré cette mutilation atroce, et quoique la langue leur eut été arrachée jusqu'à la racine, ils n'en continuèrent pas moins de parler et ne cessèrent de proclamer la divinité de Jésus-Christ. (Victor Vitensis de persec. Vandal. lib. 5. 6.) La vérité de cet événement miraculeux nous est attestée par un grand nombre de témoins oculaires. Enéas de Gaza, philosophe platonicien qui vivait en 535, fait la déposition suivante : « Je les ai vus de mes propres yeux, et je les ai entendus parler de mes propres oreilles; je ne pouvais revenir de mon étonnement en entendant comment ils s'exprimaient aussi clairement, comment leur voix articulait toutes les syllabes, sans qu'ils eussent de langue; j'eus la curiosité d'examiner les organes de labouche qu'ilsmepermirent d'ouvrir, jedécouvris alors que leurlangueavait étéextraitejusqu'à
la racine; je m'étonnais, non-seulement de ce qu'ils pussent parler, mais même vivre en cet état. — Procope de Césarée, sénateur sous l'empereur Justinien, le chancelier impérial Marcellin, et enfin l'empereur Justinien attestent la même chose.
Sentiments de Napoléon sur la divinité de Jésus-Christ.
A la vue des preuves éclatantes que l'Ecriture, l'Eglise et les effets étonnants de la doctrine de Jésus-Christ nous fournissent en faveur de sa divinité, nous ne pouvons que nous écrier de bouche et de cœur: Jésus-Christ est vraimètâ Dieu. — Un des soirs de ce long exil à S. Hélène, qui expiait les fautes du passé et éclairait les routes de l'avenir, Napoléon, le conquérant tombé s'enquit d'un des rares compagnons de sa captivité s'il pourrait bien lui dire ce qu'était que Jésus-Christ. Le soldat s'excusa; il avait eu trop à faire depuis qu'il était au monde pour s'occuper de cette question. « Quoi ! reprit douloureusement l'interlocuteur, tu as été baptisé dans l'Église catholique, et tu ne peux pas me dire, à moi, sur ce rocher qui nous dévore, ce que c'était que Jésus-Christ. Eh bien! c'est moi qui vais te le dire. » Et ouvrant alors l'Evangile, non pas de la main, mais d'un cœur qui en était rempli, il se mit à comparer Jésus-Christ avec lui-même et tous les plus grands hommes de l'histoire; il releva les différences caractéristiques qui mettent Jésus- Christ à part de toute l'humanité, et après un torrent d'éloquence qu'aucun Père de l'Eglise n'aurait désavoué, il termina par ce mot: « Enfin, je me connais en homme, et je te dis que Jésus-Christ n'était pas un homme mais qu'il était Dieu ! » — « Il y a un homme dont l'amour garde la tombe, dit l'illustre Lacordaire , il y a un homme dont le sépulchre n'est pas seulement glorieux, comme l'a dit un prophète, mais dont le sépulchre est aimé. Il y a un homme dont la cendre, après dix-huit siècles, n'est pas refroidie; qui chaque jour renaît dans la pensée d'une multitude innombrable d'hommes; qui est visité dans son berceau par des bergers, et par les rois lui apportant à l'envi et l'or, et l'encens, et la myrrhe. Il y a un homme dont une portion considérable
de l'humanité reprend les pas sans se lasser jamais, et qui, tout disparu qu'il est, se voit suivi par cette foule dans tous les lieux de son antique pèlerinage, sur les genoux de sa mère, au bord des lacs, au haut des montagnes, dans les sentiers des vallées, sous l'ombre des oliviers, dans le secret des déserts. Il y a un homme mort et enseveli, dont on épie le sommeil et le réveil, dont chaque mot qu'il a dit vibre ,r>core et produit plus que l'amour, produit des vertus frucnt dans l'amour. Il y a un homme attaché depuis des sic ds à un gibet; et cet homme, des millions d'adorateurs le détachent chaque jour de ce trône de son supplice, se mettent à genoux devant lui, se prosternent au plus bas qu'ils peuvent sans en rougir, et là, par terre, lui baisent avec une indicible ardeur les pieds sanglants. Il y a un homme flagellé, tué, crucifié, qu'une inénarrable passion ressuscite de la mort et de l'infamie, pour le placer dans la gloire d'un amour qui ne défaille jamais, qui trouve en lui la paix, l'honneur, la joie et jusqu'à l'extase. Il y a un homme poursuivi dans son supplice et sa tombe par une inextinguible haine et qui, demandant des apôtres et des martyrs à toute postérité qui se lève, trouve des apôtres et des martyrs au sein de toutes les générations. Enfin il y a un homme, et le seul, qui a rendu tous les siècles tributaires envers lui d'un amour qui ne s'éteint pas; roi des intelligences, Jésus-Christ est encore le roi des cœurs! » — « Oui, disait Napoléon, c'est une chose bien extraordinaire, qu'après dix-huit siècles, Jésus-Christ soit encore aimé! Nul homme, tel grand qu'il soit, n'a jamais été aimé plus longtemps que sa vie... Aujourd'hui qui aime César, Alexandre? Non, les grands hommes ne sont pas aimés! CV i; le seul qui soit aime éternellement, oui c'est vous, Jés.is, mon Seigneur et mon Dieu! »
Pratique. Il n'y a que ceux qui ne vivent pas selon la doct- ne de Jésus-Christ et sont les esclaves du monde ou de leurs passions, qui finissent par ne plus avoir la foi salutaire dans la divinité de Jésus-Christ; mais les
âmes pieuses et vertueuses trouvent leur consolation et leur bonheur dans ce dogme important de la divinité du Sauveur, et en pratiquant sa doctrineelles peuvent se convaincre intimement qu'elle vient de Dieu. (S. Jean.l. 17.)
En pratiquant la doctrine de Jésus-Christ on rend témoignage à sa divinité.
Dans la biographie de Ja princesse Amélie de Gallitzin, née comtesse de Schmettau, morte il n'y a que quelques années, nous trouvons quelque chose de remarquable au sui^ de l'incrédulité et de la foi. — Amélie de Gallitzin avait ét( levée dans la religion catholique, mais malheureusement, et comme c'est si souvent le cas, son instruction ne fut ni assez solide ni assez avancée. Rien d'étonnant donc que son esprit élevé n'y trouvât point la satisfaction qu'il y cherchait. Dévorée par la soif de tout approfondir, de tout savoir, elle se lança dans l'étude des sciences les plus abstraites et travailla avec une ardeur et une ténacité qu'on ne trouve guères dans les personnes de son sexe, mais aussi avec un succès jusqu'alors inouï. Quand, par suite de sa position élevée, elle parut aux premières cours princières de l'Europe, elle fut admirée pour sa beauté, mais de plus, s'il nous est permis d'employer une expression usitée dans le monde, elle fut adorée pour sa science et sa vaste érudition. Voltaire lui-même se vantait d'être en correspondance avec cette femme distinguée. Son honneur demeura toujours intact, car elle avait la plus profonde aversion pour tous les vices ignobles, mais c'était afin de pouvoir sacrifier d'autant mieux à celui de l'orgueil qui régnait comme un dieu dans son cœur. Dans cet orgueil de la science, elle n'avait que du mépris pour la doctrine divinement révélée, et ne pouvait souffrir qu'on lui parlât ffr 'la croix, ce nom lui faisait hausser les épaules ; en un mwf, le christianisme était devenu pour elle un objet de scanuale, une folie. — Cependant un jour ses yeux tombèrent sur l'Evangile, elle y lut des passages qui lui plureat, d'au ^es qui ne lui plurent pas, jusqu'à ce qu'elle arrivât à ces paroles du Sauveur : « Si quelqu'un veut suivre ma doctrine, il saura si
elle est de Dieu. » — « Vraiment, se dit-elle, cette recommandation est raisonnable et juste. Il faut qu'on éprouve la chose avant de pouvoir en juger avec fondement. Eh ! bien, je veux essayer! » Or, quand elle avait pris une résolution, elle l'exécutait. Dès ce moment elle se mit à observer toutes les lois du christianisme ; elle ne croyait pas encore, mais elle vivait comme une chrétienne. Aussi la parole du divin Sauveur eût-elle bientôt son accomplissement dans la princesse Amélie, son cœur fut vaincu, la raison se soumit à son tour, et cette femme naguères philosophe si orgueilleuse, devint une humble chrétienne. Elle renonça au grand monde pour se consacrer entièrementà l'éducation de ses deux enfants, dans l'école de la croix. Après qu'elle eût achevé cette œuvre maternelle et formé à l'aide delà grâce de Dieu et de ses propres exemples de piété, deux anges vivant dans la chair, — devenue mûre pour le ciel après lequel elle avait soupiré si longtemps, Jésusl'appela à lui et bientôt elle fut suiviede sa fille unique. Le prince Démétrius, son fils, travailla et mourut comme un simple missionnaire en Amérique, à Marie de Lorette, le 6 mai 1840. (Trésor d'anecdotes catholiques par A. Hungari i,p. 116.)