Jésus au jardin des Olives
Ne refusez pas de boire avec Jésus-Christ le calice des douleurs! Sainte Claire, durant les dernières semaines de sa maladie, s'écriait toute ravie : « Reconnaissance infinie à mon Sauveur! Il m'a tendu le calice des douleurs; ô que ce calice est doux pour moi, rien ne peut m'aftliger ni m'abattre; tout est supportable et léger pour mon cœur, parce qu'il aime mon Sauveur! »Les autres religieuses pleuraient; mais elle les consola en leur disant gaîment au revoir dans le ciel, puis elle s'endormit comme d'un doux sommeil.
Durant le dix-septième siècle un noble seigneur se mourait à Inspruck en Tyrol ; un grand nombre de ses proches et de ses amis étaient rangés autour de son lit de mort. Pendant qu'ils étaient là, on lui présenta une médecine amère et pour vaincre le dégoût qu'il pourrait éprouver, on l'engagea à la boire à la santé de la personne qu'il aimait davantage. Le moribond ayant regardé l'un après l'autre tous les assistants, arrêta enfin ses yeux sur une image suspendue au pied de son lit, et qui représentait Jésus au jardin des Olives. « C'est pour vous, mon très-cher ami! dit-il, que je bois ce calice, vous qui avez bu pour mon salut le calice des douleurs. »
Si un roi vidait une coupe à notre santé, on ne pourrait refuser convenablement de boire à la même coupe en son honneur. Or Jésus-Christ a vidé la coupe des douleurs pour notre salut, et nous, aurions-nous assez peu de respect pour le Roi des rois que de refuser d'y boire aussi ? Autrefois les apôtres sortirent joyeux et triomphants de la prison et de l'assemblée du grand conseil. Us s'estimaient heureux d'avoir été trouvés dignes d'être méprisés et persécutés pour Jésus- Christ. Et nous, que faisons-nous?