La flagellation de Jésus-Christ
S. Eulalie, n'ayant encore que douze ans, alla se présenter aux tyrans pour souffrir le martyre et fit aux païens des re-
proches sur leurs cruautés contre les chrétiens. Elle fut saisie, et son corps fut tellement frappé et lacéré, qu'il n'offrait plus qu'une seule plaie, comme celui de notre divin Sauveur; mais ravie de joie, elle s'écria : « 0 mon Sauveur! que je suis heureuse de pouvoir endurer quelque chose de votre flagellation ! Vous ne le méritiez pas ; mais moi, pécheresse, je devrais être mise en lambeaux à cause de mes péchés! » Sur ce, on la jeta dans les flammes où elle expira pendant qu'elle louait le Seigneur de l'avoir trouvée digne de souffrir quelque chose pour lui; on vit son âme s'envoler du corps et s'élancer au ciel, sous la forme d'une blanche colombe. Le bourreau, témoin du prodige, se convertit, fit pénitence et reçut le baptême.
Lorsque le malheur et les souffrances vous frappent comme d'autant de coups de verges, rappelez-vous alors comment votre divin Sauveur fut déchiré de coups par ses ennemis; priez et souffrez alors comme S. Eulalie! Pensez que vous aussi vous avez été en partie cause de la flagellation de Jésus- Christ, comme l'écrit S. Augustin : « L'innocence fut flagellée pour le crime, la sagesse fut méprisée pour la folie, la vérité tuée au lieu du mensonge, la justicecondamnée au lieu de l'injustice, la bonté maltraitée au lieu de la cruauté, la vertu honnie au lieu du péché, et sur le Golgotha la vie mourut pour la mort. »