Jésus est couronné d'épines
a) La couronne d'épines et la couronne royale.
Lorsque Charles V, roi de France, était étendu sur son lit de mort, il pria l'archevêque de Paris de lui apporter la couronne d'épines de notre Sauveur, et l'abbé de Saint-Denis la couronne royale. Il reçut la couronne d'épines avec une grande piété et un profond respect, non sans verser des larmes; et tandis qu'il la fit placer sous ses yeux, il ordonna de mettre la couronne royale à ses pieds. Arrêtant alors ses regards sur celle qu'avait portée le Rédempteur du monde, il dit : « 0 couronne précieuse, diadème de notre salut, quelle joie, quelle douceur tu procures à mon âme ! Qu'il daigne me recevoir
dans sa miséricorde celui dont lesanga empourpré tes pointes! » Puis s'adressant à la couronne royale : « 0 couronne de France, que tu es précieuse, et, malgré ton prix, cependant si vile ! tu es précieuse à cause du symbole de la justice que tu portes en toi, mais plus vile que tout le reste, quand on pense au fardeau, aux occupations, aux soucis et aux dangers de l'âme que tu prépares à ceux dont tu ceins le front! » — Ainsi sur la terre il n'est pas de couronne sans épines, et dans aucune couronne lerrestreiln'ya autant de félicité que dans la couronne sanglante de Jésus-Christ. Bienheureux donc celui qui aime ici-bas la couronne'd'épines; il obtiendra dans l'éternité la couronne de la récompense et de la gloire.
b) Le soldat et la couronne de laurier.
L'empereur Sévère-Pertinax avait ordonné à ses soldats de s'orner le front d'une couronne, en se rendant à certaine fête militaire. L'un d'entre eux ne put se résoudre néanmoins à porter sur la tête une couronne de laurier, et se contenta de la porter au bras. Interrogé sur la cause de cette contravention aux ordres de l'empereur, il donna cette belle réponse : « Il ne convient pas qu'un chrétien soit couronné sur^la terre. » La vie présente doit être en effet pour le chrétien un .temps d'épreuves et de combats, afin que la vie future devienne le temps de la récompense et du triomphe. (Tertul. de coron, mi lit.)
c) Comment pouvez -vous aimerle luxe quand votre Sauveur est couronné d'épines?
Godefroid de Bouillon témoigna le plus grand respect pour la couronne du Sauveur crucifié. Aussi quand il fut proclamé premier roi de Jérusalem par toute l'armée des chrétiens, il refusa de prendre ce titre et ne souffrit pas qu'on lui mît sur la tête la couronne des rois; il ne croyait pas qu'il convînt de se couronner d'or et de pierreries dans un lieu où le Fils de Dieu, leRoi des rois avait porté une couronne d'épines.
CATÉC PRATIQUE. T. I. i5
d) La couronne d'épines source de consolation pour ceux qui souffrent.
Le saint martyr Agapit, à peine âgé de quinze ans, se livra résolument à la fureur de l'empereur Aurélien. Il fut fouetté de verges, plongé dans le feu, dans l'eau bouillante et torturé de plusieurs autres manières. Lorsqu'on finit parluiposersur la tête des charbons ardents, il en remercia Dieu par ces paroles : « qu'est-ce, si ma tête est couronnée et brûlée ici-bas par des charbons, si plus tard elle doit être ornée dans le ciel d'une couronne resplendissante de gloire. Oh! qu'elle sera belle cette couronne de gloire, puisque les plaies endurées pour Jésus-Christ m'y serviront d'ornement [»(Marchant.)