‹ Catéchisme pratique, ou, Doctrine chrétienne en exemplesChapitre 24 sur 47 · Jésus portant sa croix · texte numérisé non relu

Jésus portant sa croix

a) François de la croix.

Vers le milieu du dix-septième siècle, se fit remarquer un homme qui prenait à la lettre ces paroles de Jésus- Christ: « que chacun prenne sa croix, etc. » C'était un frèrelai de l'ordre des Carmélites, appelé en religion François de la Croix. Au printemps de l'année 1645, ayant alors cinquante-sept ans, il prit une lourde croix de bois qu'il traîna derrière lui sur les épaules depuis Vallisolet à travers l'Espagne jusqu'en France; il passa de là âGênes, puisa Home, et au printemps suivant il voyagea ainsi jusqu'à Venise où il s'embarqua pour la Terre-Sainte. Quand, chargé de sa pesante croix il eut visité tour à tour Jérusalem, Bethléem, Nazareth et le mont Thabor, il retourna par Trieste, Rome et Gênes, et après avoir traversé au milieu de l'hiver les Pyrénées, la Biscaie et la Galicie, il revint à Vallisolet où il érigea sa croix dans l'église du couvent. (Mystique de Gœrres.) Quoique le divin Sauveur ne demande pas de nous un tel sacrifice, il veut néanmoins que nous portions après lui, avec joie et résignation, la croix qu'il nous a imposée, soit qu'elle consiste en peines ou en adversités, soit qu'elle se montre sous la forme des maladies, de revers ou de graves persécutions, etc.

b) S. Pierre et Jésus portant la croix.

On assure que S. Pierre ayant quitté la ville de Rome au temps des persécutions, rencontra à l'une des portes, Jésus- Clirist chargé du pesant fardeau de la croix et lui demanda où il allait dans ce triste état? Et son divin Maître lui répondit: « Je vais à Rome, pour y être crucifié de nouveau, puisque vous refusez de souffrir pour moi. » S. Pierre, honteux de sa faiblesse et plein du plus vif repentir, retourna aussitôt en ville où il fut bientôt arrêté et eut le bonheur d'être condamné au supplice de la croix.

Nous qui avons imité S. Pierre dans sa faiblesse, quand l'imiterons-nous dans son noble repentir? Ah ! que de fois Jésus eut pu nous dire: « Je marche de nouveau à la mort pour vous qui refusez de porter ma croix ! » Nous ne voulons rien souffrir; la moindre fatigue nous fait murmurer, le nom seul, oui, la pensée même de douleur nous fait trembler. Est-ce là se montrer chrétiens et disciples d'un Dieu mourant à la croix? 0 Dieu souffrant! apprenez-nous à souffrir, aidez-nous à souffrir, sanctifiez-nous par nos souffrances, afin qu'unies aux vôtres, elles soient sanctifiées par les vôtres !

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