SIXIÈME ARTICLE DU SYMBOLE
« Est monté aux deux, est assis à la droite de Dieu Je Père tout-puissant. »
{Gr. Cat. l-2e q.)
Ce sixième article du symbole se divise de nouveau eu deux points. Le premier : « est monté aux cieux » nous enseigne que Jésus-Christ monta aux cieux en corps et en âme par sa propre force, y amenant avec lui les âmes des justes qu'il avait délivrées des limbes. « En montant au ciel, il a amené une multitude de captifs. » (Epît. aux Ephés. 4, 8.) Et S. Ignace martyr écrit : « Il descendit seul aux enfers, mais il en fit remonter un grand nombre qu'il amena avec lui au ciel. » (Epist. ad Trall.) L'Eglise dans sa reconnaissance et sa joie célèbre le souvenir de cette fête le jour de Y ascension de •Sotre-Seigneur.
L 'ascension de Jésus-Christ selon l'Ecriture.
Le quarantième jour après sa résurrection, le divin Sauveur conduisit les siens à Béthanie sur la montagne des Oliviers; là ayant levé les mains, il les bénit, et pendant qu'il les bénit, il se sépara d'eux et monta au ciel ; une nuée le reçut et le déroba à leurs yeux. Et comme ils le contemplaient montant vers le ciel, voilà que deux hommes se présentèrent devant eux avec des vêtements blancs, et leur dirent : « Hommes de Galilée, pourquoi demeurez-vous là regardant les cieux? Ce Jésus qui du milieu de vous s'est élevé dans le ciel viendra de la même manière que vous l'y avez vu monter. » Alors ils retournèrent à Jérusalem de la montagne appelée des Oliviers. (Act. des Apôt. 1. 9-12.)
Une mort sainte sur la montagne des Oliviers.
Un vertueux gentilhomme, nous raconte S. Bernardin de Sienne, avait depuis son enfance la plus tendre dévotion envers Jésus-Christ et désirait en conséquence visiter les lieux saints, qui semblaient avoir quelque chose de ravissant
pour lui. Ayant trouvé une occasion favorable pour réaliser son désir, il se prépara à ce voyage lointain par une bonne confession et une fervente communion. II visita successivement tous les principaux endroits sanctifiés par la présence du Fils deDieu; d'abord Nazareth où s'étaitaccompli le mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu; il lui sembla voir l'Archange Gabriel descendant du ciel et saluant l'épouse virginale de Joseph ; ensuite Bethléem où il se prosterna devant la crèche qui avait servi de berceau au Sauveur du monde, il examina l'étable qui fut son palais où il naquit; de là il se rendit aux bords du Jourdain où Jésus-Christ reçut le baptême; parcourut le désert où le divin Sauveur fut tenté trois fois par le démon; visita le saint Sépulcre et les autres lieux saints; enfin il gravit la montagne des Oliviers, qu'il arrosa de ses larmes et où il exhala cette fervente prière : « Omon bon Sauveur! j'ai été dans tous les lieux que vous avez sanctifiés par votre présence; tous mes souhaits sont comblés; nul pays ne pourra désormais me plaire encore; je n'ai plus qu'un désir, c'est de venir à vous. Arrachez donc mon âme à la prison du corps, afin que de cette montagne je m'élance vers vous et jouisse pendant toute l'éternité de votre douce présence! » Et le pieux pèlerin, les genoux en terre, et les mains levés au ciel, rendit en cet endroit l'âme qui s'envola dans le sein de Dieu.
{Gr. Cat. 5e.?.)
Jésus-Christ est monté au ciel surtout pour les quatre motifs suivants, 1) afin d'entrer comme vainqueur de la mort et de V enfer, en possession de sa gloire et goûter les jouissances éternelles après toutes ses souffrances. « Il s'humilia lui-même, dit saint Paul, en se rendant obéissant jusqu'à la mort, et jusqu'à la mort de la croix. C'est pourquoi Dieu l'a élevé et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue confesse que le Seigneur Jésus-
Christ est dans la gloire de son Père. » (Epît. aux PkiL 2, 8-1 J.) — Quelle consolation pour nous au milieu des peines et des afflictions! Ce fut par les souffrances que le divin Sauveur entra dans la gloire du ciel; souffrons donc avec Jésus-Christ afin que nous soyons glorifiés avec lui et que nous obtenions la couronne du ciel.
La couronne du Ciel.
S. Lydwine de Hollande brûlait du plus ardent désir d'imiter Jésus-Christ, de pouvoir souffrir et mourir comme lui, afin d'être glorifiée aussi avec lui dans la céleste Jérusalem. Lorsqu'elle méditait sur sa passion, elle ne pouvait retenir ses larmes et suppliait incessamment Dieu de lui accorder le bonheur de souffrir avec Jésus. Or un jour elle eut une vision dans laquelle lui apparut une couronne d'un prix inestimable mais à laquelle, pour être achevée, manquaient encore quelques pierreries. Quand elle entendit que cette couronne lui était destinée, elle pria Dieu de lui imposer des épreuves encore plus douloureuses. C'est ce qui arriva; car au temps de la guerre où elle eut beaucoup à souffrir, quelques soldats de l'armée de Philippe, duc de Bourgogne, qui s'était jetée sur la Hollande, pénétrèrent dans la chambre de la jeune fille malade, l'accablèrent d'injures, la maltraitèrent et la frappèrent si rudement dans leur mauvais vouloir, qu'ils la laissèrent toute couverte de sang et de blessures. Peu de temps après, elle eut une seconde apparition durant laquelle la couronne lui apparut complètement achevée, et une voix lui dit : « Voyez, elle est achevée la couronne à laquelle manquaient naguères encore quelques pierreries ; ce sont vos larmes et les mauvais traitements que vous avez endurés, qui les ont fournies. » — Heureux celui qui souffre avec Jésus, il sera couronné et glorifié avec lui !
Après la souffrance vient la joie.
Quelle consolation cette parole ne doit-elle pas procurer aux justes ! Oui la tristesse sera changée en allégresse et cette espérance est la seule qui soit capable de soutenir et d'en-
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courager les malheureux dans leurs peines. — Ainsi le croyait Jean Fischer, évoque Anglais qui fut condamné à mort par les ennemis de l'Église pour avoir confessé la foi catholique. Comme il était d'un âge déjà très-avancé, il s'appuya sur un bâton pour marcher à l'échafaud; mais quand il fut arrivé sur le lieu du supplice, il jeta cet appui en s'écriant : «Allons mes pieds, remplissez votre devoir; il ne vous reste plus qu'un petit chemin à faire ! et alors mes souffrances se changeront en joie! »
2) Afin d'être auprès de son Père, notre médiateur et notre intercesseur. C'est pourquoi S. Jean, dans sa première épître, dit : « Mes petits enfants, je vous écris ceci, afin que vous ne péchiez point. Cependant, s'il arrive que quelqu'un pèche, nous avons pour avocat auprès du Père, Jésus-Christ, le juste; et lui-même est la victime de propitiation pour nos péchés. » (1-2.) — S. Paul dit aussi : « Jésus-Christ y est entré (au ciel) comme notre précurseur, lui le pontife éternel, selon l'ordre de Melchisédech. »(Epît. aux Hebr. 6,20). « Ce n'est point dans ce sanctuaire fait de la main d'homme, et qui n'était que la figure du véritable, que Jésus-Christ est [entré, mais dans le ciel même, afin de se présenter maintenant pour nous devant Dieu. » (Epît. aux Hebr. 9, 24.)
Jésus-Christ, notre médiateur et intercesseur près de son Père.
S. Augustin écrit : « Jésus parle pour nous, cela signifie, il s'interpose entre Dieu et nous, non pour nous empêcher de paraître devant Dieu, mais pour nous donner accès auprès de lui; non pour nous éloigner de Dieu, mais pour nous rapprocher de lui. » Expliquant le texte de S. Paul cité plus haut, il observe : « Dans l'ancienne loi, le grand-prêtre seul pénétrait dans le sanctuaire, tandis que le peuple demeurait dehors. Or Jésus-Christ après sa résurrection est entré comme prêtre dans le saint des saints, dans le ciel, afin d'être, à la droite de son Père, un médiateur pour nous. » — S. Thomas d'Aquin dit : < Le Fils de Dieu parle en notre faveur, en
montrant à son Père, sa sainte humanité et tous les mystères de sa vie mortelle, et en lui faisant connaître le désir qu'il a de notre salut. » C'est pourquoi S. Bernard nous adresse ces paroles encourageantes : « Si vous n'osez vous adresser à Dieu le Père, adressez-vous à Jésus-Christ, qui nous a été donné comme médiateur! Que n'obtiendra pas un tel Fils d'un tel Père? »
Sainte Mechtilde le jour de l'Ascension.
Sainte Mechtilde considérait avec tristesse le jour de l'Ascension, le Sauveur se séparant de nous, et lui disait en soupirant : « Seigneur! pourquoi nous quittez-vous? » Et le divin Sauveur semblait lui répondre : « C'est qu'en montant au ciel je deviens un mandataire des hommes, leur médiateur auprès de mon Père. » Lorsqu'un fidèle mandataire recueille les revenus de son maître et remarque que celui-ci a perdu quelque chose, il y ajoute du sien. Je fais de même. Tout le bien que fait l'homme, je l'offre à mon Père cent fois, et s'il y manque quelque chose, j'y ajoute du mien afin que je réponde par des richesses inestimables de son âme à mon Père en présence de tous les Saints. {Légendes d'Alban Stolz.)
3) Afin d'envoyer à ses disciples l'Esprit-Saint. Comme le divin Sauveur lui-même l'avait annoncé par ces paroles : « En vérité, je vous le dis ; il vous est bon que je m'en aille; car si je ne m'en vais point, le Consolateur ne viendra point à vous; mais si je m'en vais, je vous l'enverrai. » (S. Jean, 16, 7.) — Enfin
4) Pour nous ouvrir le ciel et nous y préparer une place. « Je vais vous préparer une place, dit un jour le divin Sauveur, et quand je m'en serai allé, je reviendrai et je vous prendrai avec moi afin que vous soyez où je serai. » (S. Jean, 14, 2-3.)
Saint Martin sur son lit de mort.
Se confiant dans cette consolante promesse du Seigneur, saint Martin étendu sur son lit de mort, tournait dans une
espèce d'extase ses yeux vers le ciel. Un de ses disciples qui l'avait servi avec le plus grand dévouement, lui dit de ne pas se coucher toujours sur le dos, mais de se mettre de temps à autre sur le côté, parce qu'il souffrirait moins ainsi. Le Saint lui donna pour réponse : « Laisse-moi plutôt contempler le ciel que la terre, et ne me trouble pas dans la méditation du chemin où mon divin Sauveur m'a précédé, et que mon âme devra suivre bientôt pour pouvoir s'unir à Dieu! »
Jésus-Christ veut nous attirer tous à lui dans le ciel.
Parmi les légendes et les récits destinés autrefois à célébrer le souvenir de Charlemagne, on trouve la légende de la construction originale du trône sur lequel il siégeait dans toute sa majesté dans les circonstances solennelles. Lorsqu'un prince ou un ambassadeur lui offrait ses hommages sur le degré inférieur, un mécanisme caché mettait aussitôt en mouvement le trône impérial qui descendait; sur ce, l'empereur saisissait affectueusement par la main celui qui était agenouillé au-dessous de lui et le faisait monter en sa compagnie, tandis que le siège se relevait vers la voûte. Quoi qu'il en puisse être, le sens symbolique que l'on avait en vue, est facile à saisir, à savoir : le supérieur qui s'approche de son inférieur; mais on peut en faire une autre application, dans un sens plus beau, plus sublime et plus spirituel, très-aisé à comprendre : « Le ciel est mon trône, » dit Dieu par la bouche du prophète, « et la terre mon marche-pied. Sur qui abaisserai-je mes regards, sinon sur le pauvre, sur l'esprit humble et contrit, sur celui qui écoute avec respect ma parole? » Et Jésus-Christ lui-même dit : « Personne ne monte au ciel que celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme, qui (en vertu de son unité de personne avec le Verbe) est dans les cieux. » Il dit encore : « lorsque j'aurai été élevé de dessus la terre, j'attirerai tout à moi. » (Veith.)
{Gr. Cat. 4e q.)
Le deuxième point du sixième article du Symbole contient ces mots : « est assis à la droite de Dieu, » et par là
on exprime que Jésus-Christ, même comme homme, est élevé au-dessus de toutes les créatures et participe à la puissance et à la gloire de la divine majesté. — C'est ce que saint Paul exprime par les paroles suivantes : « Dieu a ressuscité Jésus-Christ d'entre les morts, et il l'a placé à sa droite dans le ciel au-dessus de toutes les principautés, de toutes les puissances, de toutes les vertus, de toutes les dominations et de tout ce qu'il y a de plus grand, soit dans le siècle présent, soit dans le siècle futur. Il a mis toutes choses sous ses pieds, et il l'a établi chef sur toute l'Eglise. » (Epîtreaux Ephés. 1, 20-21.)
Jésus- Christ est assis à la droite de Dieu.
Ces paroles ont été empruntées au Psaume 109, où le prophète royal s'exprime ainsi : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite! » Nul autre que Jésus-Christ ne peut occuper une position aussi élevée, et voilà pourquoi saint Paul demande : « A quel ange Dieu a-t-il dit : Asseyez-vous à ma droite? » (Epîtr. aux Hébr. 1.) Les anges sont tous des serviteurs dans la maison de Dieu, mais Jésus est le Fils; les anges de Dieu se tiennent autour de son trône, prêts à exécuter ses ordres ; mais Jésus- Christ est comme le fils dans sa propre maison, il est assis sur le trône à la droite du Père. — Ces paroles signifient donc, que Jésus-Christ vit et règne éternellement avec Dieu le Père dans la gloire du ciel, parce que comme Dieu il est égal au Père, et comme homme il est élevé au-dessus de tout. — Pour éviter toute mauvaise interprétation, les SS. Pères expliquent ce point de la manière suivante : « Quand nous disons, que Jésus-Christ est assis à la droite de Dieu le Père, nous ne prétendons pas que la droite du Père soit quelque chose de corporel, ou une place quelconque. Une main droite ou une main gauche ne convient qu'à ceux qui sont bornés par un lieu, et non à celui qui est incommensurable. Donc en nous servant du terme de droite du Père, nous exprimons l'honneur et la gloire de la divinité que possède
CATÉC. PRATIQUE. T. I. 16
le Fils de Dieu comme vrai Dieu avec son Père de toute éternité, et dont il a pris corporellemcnt possession depuis qu'il est devenu homme dans le temps. » (5. Jean Damascèney de fuie orthod. lib. 4. cap. 11.)
(Gr. Cat. 5e q.) Quoique le divin Sauveur soit monté au ciel, nous ne devons pas croire néanmoins qu'il nous ait abandonnés; car si, comme Dieu et homme ensemble, il n'est que dans le ciel et dans la sainte Eucharistie, comme Dieu seul il est partout. Pour cette raison il pouvait donc dire : a Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. » (S. Matth. 28. 20.)
Une comparaison de saint Macaire.
Pour l'explication de cette vérité S. Macaire se sert de la comparaison suivante : « Quand vous dirigez vos regards vers le soleil, vous trouverez au ciel son disque; mais sa lumière et ses rayons bienfaisants, il les envoie sur la terre, où il produit la chaleur et l'abondance. Ainsi notre Seigneur s'est élevé au-dessus de tous les cieux et domine toutes les forces, les dominations et les puissances; mais la lumière de ses yeux est toujours tournée vers le cœur des hommes sur la terre, enfin d'introduire où il est lui-même, ceux qui attendent son secours. »
Pratique. Jésus-Christ est monté au ciel pour nous y préparer une demeure; cette pensée doit nous consoler et nous fortifier du milieu de toutes les peines et les adversités de cette vie ; regardez donc avec courage et joie le ciel, et dites : « Je ne suis qu'un pèlerin, un voyageur sur la terre, mais là-haut où demeure mon Dieu et mon Sauveur, une place m'est préparée aussi, c'est là ma véritable patrie. » Ecoutez et prenez à cœur l'avertissement de S. Paul qui vous dit : « Ne vous découragez pas et ne tombez pas dans l'abattement » mais « regardez Jésus qui a souffert sur la croix et qui maintenant
est assis à la droite du trône de Dieu. » (Epît. aux Hébr. 12, 2-3.)
Ne vous découragez pas et ne tombez pas dans l'abattement, mais regardez Jésus.
Le saint martyr Platon fut déchiré à coups de verges par les bourreaux, qui d'abord s'acharnèrent sur lui, au nombre de quatre et ensuite au nombre de douze; mais pendant ce cruel supplice, dit Métaphraste, l'historien de sa vie, son esprit était fixé sur sa destination dans le ciel, et le héros ne se laissa point abattre par les tortures. Le tyran donna l'ordre de reconduire Platon dans le cachot. Des chrétiens vinrent l'y trouver pour lui témoigner leur compassion et s'édifier de la constance du martyr afin d'avoir aussi de la force et de la joie le jour où ils suivraient le même chemin des douleurs; or voici les paroles que leur adressa le saint : « Croyez-vous, mes bien-aimés frères, que ce soit pour une bagatelle que j'endure ces souffrances? Non, non ! ce n'est point pour un léger motif que je chemine dans cette voie dure et raboteuse, que je supporte patiemment ces tortures; c'est que je sais que dans peu de temps, dangers et souffrances auront disparu et que j'aurai ma part à la glorieuse immortalité; luttez aussi avec un mâle courage, et n'arrêtez pas toujours vos regards sur ce que vous devez endurer, mais contemplez joyeusement le ciel où Jésus-Christ nous a préparé une demeure si splendide; considérez la récompense qui vous attend et soyez assurés que quiconque pense à la couronne éternelle vaincra glorieusement et le triomphe le suivra partout. » (Branner.)
Le ciel est notre véritable patrie.
Dans l'histoire du martyre de S. Pamphile, il est parlé de différents jeunes gens païens qui se convertirent à la doctrine de Jésus-Christ. Ils furent bientôt reconnus comme chrétiens, et traînés à Césarée devant le tribunal. Lorsqu'on leur demanda entre autres choses : quelle était leur patrie? l'un d'eux répondit au nom de tous : « Le ciel est notre patrie ; là-haut,
au-dessus des astres, demeure notre Dieu et notre Sauveur; il nous a précédés pour nous y préparer des places; ainsi noire patrie est où il demeure. » Et tous les autres d'applaudir avec joie et de s'écrier : « Oui, oui ! Notre patrie est là-haut; c'est l'unique objet de tous nos désirs ! » Quand on leur fit subir les plus affreuses tortures, ils ne cessèrent de lever les yeux au ciel et de s'encourager mutuellement par ces paroles : « Au ciel est notre Dieu et Sauveur; au ciel est notre éternelle et glorieuse patrie. Elançons-nous y et demeurons-y éternellement ! »
Un avis de S. Bernard à ses religieux.
S. Bernard dit un jour à ses religieux : « Mes frères! imitons, suivons partout Jésus-Christ ; imitons-le dans ses souffrances, dans sa résurrection, mais surtout dans son ascension; car il nous attend au ciel ; c'est pour cela qu'il nous en a ouvert les portes; c'est donc à nous de prendre part à la félicité qu'il nous a préparée; il est toujours à la droite de son Père, afin d'être comme notre avocat auprès de lui; il est toujours assis comme notre médiateur à la droite de Dieu. Dans tout ce .que nous faisons, ne perdons jamais de vue cette gloire céleste! C'est ainsi que les Hébreux, au milieu de la captivité de Babylone, ne pouvaient se livrer à la joie dans un pays étranger, mais disaient : « Au souvenir de Sion, nous avons pleuré. » Voilà aussi la position où nous nous trouvons; car nous également, nous sommes captifs en ce monde que nous devrons peut-être quitter demain. Comment pourrions-nous nous livrer à la joie, lorsque nous sommes encore loin du ciel, notre véritable patrie et chaque jour exposés au péril de la perdre? Ne l'oublions donc jamais, mais disons comme les Israélites ; « Que ma langue s'attache à mon palais, ô mon Dieu! si j'oublie le ciel, ma véritable demeure! ».