‹ Catéchisme pratique, ou, Doctrine chrétienne en exemplesChapitre 34 sur 47 · ONZIÈME ARTICLE DU SYMBOLE · texte numérisé non relu

ONZIÈME ARTICLE DU SYMBOLE

a La résurrection de la chair. »

(Gr. Cat. l-2e q.) Après la mort, l'âme de l'homme se sépare du corps et paraît devant le tribunal de Dieu; mais le corps retourne à la terre. « La poussière rentre dans la terre d'où elle est sortie, et l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné.» (Eccl. 12, 7.) Ces paroles signifient donc que tous sans exception nous devons mourir, comme l'apôtre S. Paul le dit: « il est décidé que l'homme mourra une fois. » (Epît. aux Hebr. 9, 27.) — Or la mort est la suite du péché, « la mort est le salaire du péché », (Epît. aux Rom.) donc nous devons mourir, puisque tous nous avons péché en Adam. « C'est par le péché que la mort est venue dans le monde. » (Epît. aux Rom. 5, 12.)

Le riche et le solitaire.

Un homme riche s'était bâti un palais où tout était disposé

ef meublé avec une grande magnificence; lorsque l'édifice fut achevé et complètement en ordre, il y entra, espérant d'y vivre heureux pendant de longues années encore. Quiconque voyait ce palais, ne pouvait assez exprimer son admiration, aussi bien sur la beauté de son architecture que sur les facilités et les commodités qu'il offrait dans tout son ensemble. Un jour le propriétaire y introduisit un saint solitaire afin que lui aussi pût exprimer son admiration et le féliciter de son bonheur. Sur la demande que le riche lui fil, s'il ne trouvait rien à blâmer dans l'édifice, ou s'il trouvait comme les autres visiteurs, que tout était très-bien, le saint homme lui répondit: «Vraiment cette habitation est bien disposée sous tous les rapports, mais il y a une porte de trop, et que vous devriez faire murer. » Quand l'autre lui eut demandé quelle était cette porte, il reçut pour réponse: « C'est celle par laquelle passera votre cadavre; car aussi longtemps que vous laisserez celle-là ouverte, il est impossible que votre bonheur dure éternellement, et ce qui n'est pas éternel ne peut donner le vrai bonheur. » Le solitaire, que voulait-il exprimer par là? Sinon cette grande vérité: que nous devons mourir tous sans exception.

Nous devons tous mourir.

C'était, armé de cette pensée, que le jeune gentilhomme Naguori, put continuer d'habiter le paisible monastère de S. Bernard à Clairvaux. En effet, lorsque son père, exaspéré au dernier point, menaça de mettre le feu à tous les coins de l'abbaye, si son fils ne revenait, celui-ci sortit et vint lui dire: « Je suis tout prêt à vous accompagner, mais à condition que vous fassiez ce que je désire. » — « Désire ce que tu veux, dit le père, et tu l'auras. » Alors le jeune homme: t Dans la seigneurie que vous possédez, règne une certaine coutume, une coutume très-ancienne; si elle n'était pas en vogue, je voudrais m'y établir de tout mon cœur. » Le vieux père se vanta hautement et jura par tout ce qu'il avait de plus cher, d'abroger cette coutume si vieille qu'elle fût, s'il consentait à venir avec lui. Le jeune homme répondit:

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« Cette coutume, mon père, c'est que dans votre seigneurie, les jeunes gens meurent aussi bien que les vieillards. Aussi longtemps que cette coutume n'aura pas disparu, je n'y retournerai point. » Le père se calmant alors, respecta la noble vocation de son fils et le laissa libre de suivre la résolution qu'il avait prise.

Personne ne sait ni le jour ni l'heure.

Il y a quelques années plusieurs gais compagnons étaient attablés dans le cabaret d'une ville du Haut-Palatinat, parlant et buvant à qui mieux mieux. Or la conversation vint à tomber sur la mort et l'incertitude de son heure. — « Sans doute, dit l'un d'eux, déjà d'un certain âge mais encore bien vigoureux, on ne sait pas l'heure de la mort, mais du moins je suis assez hardi pour affirmer que je ne mourrai pas aujourd'hui. » Quelques-uns lui répondirent que quant à cela, on ne pouvait pas même en être certain, puisqu'un coup de sang ou quelque accident imprévu pouvaient survenirà l'instant etmettre un terme à sa vie. L'autre, persistant dans son idée, alla jusqu'à parier qu'il ne mourrait pas ce jour-là. — Insensiblement la conversation changea de tournure ; on rit, on causa assez tard, lorsqu'enfin, celui qui avait parlé si hardiment, se leva pour retourner chez lui. Il souhaita à toute la compagnie la bonne nuit et le revoir jusqu'au lendemain. Deux minutes après on entendit dans la salle la chute d'un corps pesant à l'extérieur. Tous coururent dehors avec des lumières; et que virent-ils? Leur camarade étendu mort au pied de l'escalier. Dans l'obscurité, il était tombé des degrés et s'était fracassé le crâne. Tous les spectateurs se séparèrent pensifs et silencieux, et se disaient à la vue de ce cadavre, en retournant chez^ eux: « Le divin Sauveur a bien dit vrai: « Vous ne savez ni le jour ni l'heure. » {Voyez Philolêe, 16e année.)

{Gr. Cat. 5e q.) C'est pour les motifs les plus sages que Dieu nous a caché l'heure de notre mort; c'est 1) afin de le respecter et de le craindre d'autant plus comme le maître suprême de la

vie et de la mort; 2) afin de nous tenir à tout moment prêts pour la mort, et c'est dans ce dessein que le divin Sauveur nous a dit: « tenez-vous donc prêts, car le Fils de l'homme viendra à l'heure où vous n'y penserez pas. » (S. Luc. 12, 40.) Aussi S. Bernard nous donne l'avis suivant: « Puisque vous n'êtes en sûreté ni en aucun lieu, ni en aucun temps, et que la mort vous épie de toutes parts, soyez donc prudents et attendez-la aussi partout; » 3) afin de diminuer la terreur qui accompagne là pensée de votre prochaine dissolution. Qui ne redouterait en effet la mort? Le juste même tremble devant elle. Quelle ne fut pas l'affliction du roi Ezéchias, quand il vit approcher le jour de sa mort? Et cependant il avait arraché le peuple de Dieu à l'idolâtrie, renversé les statues des faux dieux et leurs autels, ramené les lévites et les chantres dans le temple du Seigneur, enfin il s'était conduit de manière à ce que l'Ecriture-Sainte dit de lui : « Le roi Ezéchias fit tout ce qui était agréable aux yeux de Dieu. » Et néanmoins, en se rappelant ses péchés, sur son lit de mort, il se tourna du côté du mur et pleura amèrement. Pourquoi? « C'est que sa vie et ses actions, dit S. Jérôme, avaient été celles d'un homme et non d'un ange. » Combien des personnes ne trembleraient pas durant une grande partie de leur vie, à la pensée de la mort, si elles savaient longtemps d'avance qu'elles mourraient d'une manière tragique, par exemple de la main d'un assassin, etc.?

Les vierges sages et les vierges folles.

Que nous devons à chaque moment nous tenir prêts à mourir, c'est ce que notre divin Sauveur nous montre dans cette belle parabole si connue des cinq vierges sages et des cinq vierges folles ; nous allons la reproduire : « Le royaume du ciel sera semblable à dix vierges, lesquelles prirent leurs lampes, et s'en allèrent au-devant de l'époux et de l'épouse.

Cinq d'entr'elles étaient folles et cinq étaient sages. Les cinq folles, prenant leurs lampes, n'emportèrent pas d'huile, mais les sages avaient pris de l'huile dans leurs vases avec leurs lampes; et comme l'époux lardait à venir, elles sommeillèrent toutes, et s'endormirent. Or, vers minuit un cri s'entendit: Voilà que l'époux vient, sortez au-devant de lui. Alors toutes ces vierges se levèrent, et elles apprêtèrent leurs lampes. Et les folles dirent aux sages: donnez-nous de votre huile; car nos lampes s'éteignent. Mais les sages répondirent: De peur que nous n'en ayons pas assez pour nous et pour vous, allez plutôt à ceux qui en vendent, et achetez-en pour vous. Et pendant qu'elles allaient en acheter, l'époux arriva; et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Or, à la fin vinrent les autres vierges, disant: Seigneur, Seigneur, ouvrez-nous. Mais lui répondit: Je vous dis en vérité, je ne vous connais point. Veillez donc, parce que vous ne savez ni le jour ni l'heure. » {S. Malth. 25, 1, 15.)

(Gr. Cat. 4e q.) Nous devons surtout nous préparer à la mort en évitant soigneusement le péché et en menant une vie vertueuse. Si nous vivons bien, nous mourrons bien, nous mourrons saintement, car la mort est l'écho de la vie. Si la vie a dit: « Bien! » la mort répondra: « Bien! » -- Si la vie a crié: « Mal! » l'écho répondra: « Mal! » — La vie a-t-elle dit: « Ciel! » l'écho répétera: « Ciel ! » Mais a-t-elle crié : « Enfer! » quel autre cri y répondra que celui d' « Enfer? » — La mort est le sceau de la confirmation de la vie. Si le sceau représente un ange, la cire portera l'empreinte d'un ange; s'il représente un démon, celui-ci paraîtra à son tour sur l'empreinte.

De quelle manière l'empereur Maximilien se préparait à la mort.

L'empereur Maximilien I, dans les dernières années de sa vie, se fit préparer un cercueil doublé à l'intérieur de pla-

tinesdeferet qui pesait beaucoup. Partout où il voyageait, il le transportait avec lui, et comme personne ne savait ce qui y était renfermé et qu'à cause desapesanteur on le soupçonnait de contenir un immense trésor, il disait en riant: « Je porte cette caisse avec moi afin de conserver une chose qui est d'un grand prix à mes yeux, » voulant entendre par là son corps^Quand il contemplait ce cercueil, on lui entendait dire souvent: «Pourquoi te glorifier, Maximilien? Pourquoi ambitionner un bonheur encore plus grand? Tu le trouves à l'étroit au milieu de tant de provinces, et cette étroite demeure te renfermera un jour! » {Hapsbourg. 1, p. 147.)

(Gr. Cat. 5-7e?.) Après la mort, le corps sera confié à la terre; mais il n'y demeurera pas toujours ; car au dernier jour Dieu le réveillera et le réunira pour jamais à l'âme dont la mort l'avait séparé. Ce dogme de foi est exprimé dans l'onzième article du Symbole, par ces mots : « Je crois la résurrection de la chair. » Ce point de notre foi est confirmé par plusieurs textes etle témoignage de l'Ecriture. Ainsi il est dit dans l'Evangile de S. Jean: c< L'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront la voix du Fils de Dieu — Et ceux qui auront bien fait en sortiront pour la résurrection à la vie; mais ceux qui auront fait mal pour la résurrection du jugement. » (5, 28, 29.) Et dans le prophète Daniel: « La multitude de ceux qui dorment dans la poussière de la terre s'éveillera; les uns pour la vie éternelle; et les autres pour l'opprobre. » (12, 2.) S. Paul écrit également : « Comme Jésus-Christ est ressuscité, nous ressusciterons également, sans cela votre foi est vaine et vous êtes encore dans le péché.« (1 Epît. aux Cor. 16, 17.) Le prophète Ezéchiel et l'évangéliste S. Jean nous décrivent tout au long dans leurs saintes visions, la résurrection de la chair. (Ezéch. 37, - Apoc. 21, 11-13. ) Nous ap-

puyant sur les témoignages clairs et évidents de l'Ecriture, nous pouvons donc dire avec raison: « Nous sommes plus assurés de nous lever un jour de notre tombeau, que de nous lever de notre lit. » II ne nous est pas permis par conséquent de douter de la résurrection delà chair, en regardant comme impossible que les corps tombés en poussière reviennent à la vie; car remarquez bien que par l'effet de la toute-puissance divine, nos membres réduits en poussière peuvent être aussi aisément réveillés à la vie, qu'ils purent autrefois y être appelés du sein du néant. C'est pourquoi S. Paul écrivait aux Corinthiens : « Mais quelqu'un dira : comment les corps ressusciteront-ils, et avec quels corps reviendront-ils? Insensés que vous êtes, ce que vous semez ne prend point vie, s'il ne meurt auparavant, etc. » (Epît. aux Cor. lo, 35 et suiv. )

L'esprit fort et le sage.

Un esprit fort qui ne croyait ni à l'éternité, ni à la résurrection des morts, fit un jour parade de ses principes incrédules au milieu d'une société distinguée. Il croyait surtout avoir battu en brèche le dogme de la résurrection et concluait par ces mots: à Que vous êtes sots de croire à une résurrection des morts! Ne voyez-vous pas que les vivants meurent? et comment pouvez-vous croire alors que les morts vivront? » Un homme d'esprit lui répliqua: « Et toi, tu me semblés bien niais ! crois-tu à la création? — Eh bien, si une chose qui n'existait pas autrefois, vit, pourquoi donc ce qui vivait un jour ne pourrait-il pas vivre de nouveau? » Et toute la compagnie d'applaudir à cette réponse si juste.

Possibilité de la résurrection.

Dieu peut-il nous ressusciter? Voici comment Tertullien répond à cette question: « Dieu peut tout; et si vous étiez tenté de douter qu'à sa voix cette chair réduite en poudre, dévorée par les bêtes, engloutie par les flots, dispersée par

les vents, puisse redevenir un corps, reportez-vous à l'instant de la création, et vous n'aurez plus de peine à croire. Ce monde, qui la veille n'existait pas, comment a-t-il été produit....? Et vous-mêmes, ô hommes! qu'étiez-vous avant d'être hommes? Rien. Pourquoi donc celui qui vousaappelés du néant à l'existence ne pourrait-il pas vousy ramener quand il le voudra? Qu'y aurait-il de nouveau? Vous n'étiez pas et vous êtes; vous ne serez plus, et vous recommencerez d'être. Expliquez-moi, si vous le pouvez, le mystère de voire création, et je vous expliquerai celui de votre résurrection. Sera-t-il plus difficile de redevenir ce que vous étiez déjà, que d'être ce que vous n'aviez pas encore été? Certes, c'est quelque chose de plus grand de produire que de réparer, de donner l'être que de le rendre, de bâtir une maison que d'en relever les ruines; pour la réparer vous avez des matériaux, pour la construire vous n'avez rien. Dieu a voulu commencer par ce qu'il y a de plus difficile, afin qu'il ne vous en coûtât pas de croire ce qui l'est moins. [Apol. c. 48. Voyez aussi l'admirable traité du même Père: de resurrect. car ni s.)

Une preuve frappante de la possibilité de la résurrection.

Dans la main entièrement desséchée d'une momie égyptienne on trouva, il y a quelques années, un oignon tout sec, à peine reconnaissable. On le mouilla et en peu de temps il se mit à germer. On le mit en terre, et cet oignon qui, depuis plus de deux mille ans, avait été enterré avec ce cadavre humain, revint à la vie, reverdit de nouveau et se leva par dessus terre. Or si Dieu a déposé dans le corps chétif d'un oignon d'Egypte une telle force de résurrection, lui serait-il impossible de mettre cette même force dans d'autres corps qui sont bien plus riches de vie que ce misérable légume? (Schubert.)

Comparaisons.

« Vous avez en vous-même une image de la résurrection: Vous tombâtes malades, vous perdîtes votre chair et vos

SCO i>k i.a roi.

forces; mais grâces à Dieu la santé vous fut rendue et. avec elle, votre mine florissante et vos forces. Vous n'avez point vu, comment votre chair disparut, ni comment elle revint. Vous vous êtes dit : cela s'est fait au moyen des aliments et des sucs qui se sont changés en sang. Mais ce changement qui l'a opéré, n'est-ce pas Dieu? » {S. Théophilacte.)

« En hiver, les arbres semblent morts, mais au printemps ils germent de nouveau, verdissent et fleurissent; et le corps de l'homme n'aurait pas de printemps? » (Minutiös Felix.)

« Le papier si beau, si fin, si blanc, on le fait de chiffons sales etdéchirés. Or si l'on peut transformer ces mauvais chiffons en papier aussi beau, combien à plus forte raison la puissance divine pourra-t-elle transformer la poussière des cadavres en corps vivants et lumineux? » (Scriver.)

« Chaque jardin, chaque campagne et chaque prairie est comme un livre, où la moindre petite feuille nous parle de la résurrection du tombeau et d'une vie nouvelle. De même que les graines de semence sont jetées dans les plates- bandes des jardins, et les graines de blédansles sillons des champs, de même les hommes sont semés dans les tombeaux. Ces semences et ces graines de blé redeviennent vivantes dans la terre, déposent leur espèce de linceul et s'élèvent bientôt de terre, sous la forme d'une fleur brillante ou d'un épi doré; c'est ainsi que les hommes se lèveront un jour dans le cimetière, ce jardin ou ce champ du Seigneur. Chaque fleur dans les jardins, chaque épi dans la campagne, chaque brin d'herbe dans les prairies, vous dit: « ô homme, je suis ressuscité! tu ressusciteras aussi, comme le maître de la vie est ressuscité. »

« Chaque matin réveille à une vie nouvelle le monde enseveli dans la nuit et le sommeil. C'est ainsi que poindra un jour le véritable matin où tous ceux qui dorment dans les tombeaux entendront la voix: « réveillez-vous! » Celui qui verrait pour la première fois le soleil disparaître à l'horizon, pourrait à peine croire qu'il reparaîtra de nouveau,

I)L LA RÉSURRECTION DE LA CHAIR. oO I

et cependant voyez ! il se lève chaque jour avec un nouvel éclat et une égale majesté dans l'azur des cieux. C'est ainsi que tous les justes qui reposent dans la tombe se lèveront et brilleront comme le soleil. »

Quand l'hiver dépose son linceul,

La nature renaît a la vie ;

Celle-ci serait-elle ravie

Eternellement à l'homme seul? {Munch.)

{Gr. Cat. 8e q.)

Les motifs pour lesquels nos corps ressusciteront sont surtout les suivants : 1) Afin que le corps ait part aux récompenses ou aux châtiments, puisqu'il a eu part aux bonnes actions ou aux mauvaises, et voilà pourquoi S. Paul a dit : « Nous devons tous comparaître devant le tribunal de Jésus-Christ, afin que chacun reçoive ce qui est dû à ses bonnes ou à ses mauvaises actions pendant qu'il était revêtu de son corps. » (2 Epît. aux Cor. 5, 10.) « Bien souvent, dit Louis Du Pont, on rend ici-bas les plus grands honneurs au corps quand on l'enterre, tandis que l'âme est condamnée devant le tribunal de Dieu; d'un autre côté, maintes fois le corps est jeté en terre d'une manière méprisable, tandis que l'âme se trouve au sein de la gloire et de la félicité. Mais puisque l'âme et le corps ont en même temps servi ou n'ont pas servi Dieu, il est juste qu'il y ait un jour où l'un et l'autre soient jugés ensemble.

2) Afin que le triomphe de Jésus-Christ sur la mort soit complet. « Après que ce corps de mort aura été revêtu de l'immortalité, dit S. Paul, cette parole de l'Ecriture sera accomplie : « la mort a été absorbée dans la victoire; ô mort où est ta victoire? » (1 Epît. aux Cor. 15, 54-55.)

[Gr. Cat. 9-10« 7.)

Personne d'entre nous ne sera excepté de cette résurrection ; tous les hommes, les bons aussi bien que les méchants ressusciteront. « L'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront la voix du Fils de Dieu. » (S. Jean 5, 28.) Mais tous les corps ne ressusciteront pas dans le même état; les corps des méchants seront misérables, tandis que les corps des bons seront resplendissants et semblables au corps glorifié de Jésus- Christ. C'est pourquoi l'Ecriture sainte dit :# « Nous ressusciterons tous, mais nous ne serons pas tous changés, (glorifiés) » (1 Epit. aux Cor. 15, 51.) et « Jésus-Christ changera notre corps misérable et le rendra conforme à son corps glorieux. » (Epit. aux Phil. 3, 24.) Comme le soleil dans un ciel pur, ainsi les justes brilleront dans le royaume du Père céleste, avec un merveilleux éclat. La lumière les inondera, elle sera leur vêtement, leur parure. Mais les pécheurs qui se sont souillés par toute espèce d'impuretés et d'ignominies, apparaîtront tout autrement au dernier jour. Ils seront à eux-mêmes une source de ténèbres et de tourments. Autant il y a de différence entre la douce splendeur du soleil et les noires ténèbres de la nuit, autant il y en aura entre la résurrection des justes et celledes pécheurs. Les qualités qui seront exclusivement propres au corps des justes, sont surtout les quatre suivantes : \)Y incorruptibilité ou Vimpassibilité. « Le corps est semé corruptible, dit S. Paul, mais il se lèvera incorruptible. » (1 Epit. aux Cor. 15, 42.) 2) La clarté. « Il est semé dans l'ignominie, et il ressuscitera dans la gloire. » (Ibid. )3)L agilité. « Il est semé dans la faiblesse, et il ressuscitera dans la force. » (Ibid.) 4) La subtilité, la spiritualité. « Ce qui est mis en terre est un corps animal, et ce qui ressuscitera sera un corps spirituel. » (Ibid.) — Voilà aussi pourquoi l'Eglise catho-

DE LA RÉSURRECTION DE LA CHAIR. bOÏ

lique rend au corps des défunts des honneurs particuliers, en les enterrant en terre sainte ou bénite (1), au milieu de prières et de différentes cérémonies symboliques.

Glorification du corps après la mort.

« Le corps est semé dans l'ignominie et il ressuscitera dans la gloire, » c'est-à-dire dans la clarté. C'est ce que put contempler de ses propres yeux Romuald, le fils du duc de Havenne, lorsque, au rapport de S. Pierre Damien, il se rendit un jour, pendant les années de sa jeunesse, dans une église où l'on gardait le corps du célèbre évêque et martyr saint Apollinaire; prosterné devant ces restes précieux, il pria avec ardeur et fit vœu de se consacrer à Dieu, si ce saint

(1) Les infidèles eux-mêmes ont une grande vénération et un profond respect pour les asiles où reposent les morts. C'est M. Pelletan, archiprètre delà cathédrale d'Alger, qui écrivait ainsi le i5 mars 18i3 : « A Alger, chaque vendredi, ne voyons-nous pas l'arabe, le musulman, errer pensif dans son cimetière, déposer sur une tombe vénérée ou chérie des bouquets de fleurs, des branches de bois ; enveloppé de son burnous, il s'asseoit auprès d'elle, y passe des heures entières dans une attitude rêveuse, immobile; plein d'une tristesse douce et recueillie, ou dirait qu'il entretient, avec les âmes de ceux qu'il regrette, des communications intimes, mystérieuses... Mais a nous, chrétiens, à nous que la foi, que l'éternelle vérité de Dieu nourrit, éclaire, quel culte particulier, quelle révérence profonde doivent inspirer les restes de nos pères, de nos frères morts dans cette même foi ! Oh ! souvenons-nous des premiers fidèles, souvenons-nous des martyrs, souvenons-nous des catacombes ! Le cimetière pour nous, c'est la terre où germe invisiblement la moisson des élus; c'est le monde endormi de l'intelligence, abrité pendant son sommeil au sein de la nature toujours jeune et toujours féconde; la foule des morts pressés sous ces croix, sous ces fleurs éparses, c'est la foule qui se lèvera un jour pour prendre possession de l'avenir infini dont la séparent quelques touffes de gazon. Aussi combien vive, combien maternelle a toujours été la sollicitude de l'Eglise a cet égard. Elle veut que la terre où doit reposer la dépouille de ses enfants soit une terre bénite et consacrée; elle la purifie avec l'hysope et son eau sainte; elle y appelle par ses humbles supplications, les bénédictions de celui qui dispose à son gré des choses visibles et invisibles, des âmes et des corps ; elle veut que la croix s'élève dans son sein, que ses enfants reposent en paix à son ombre en attendant le graudréveil; comme d'un temple et d'un sanctuaire, elle en bannit les jeux, les bruits, et jusqu'aux pas des indifférents ou des oisifs. »

*ji)4 DE LA FOI.

onfesseur de la foi comme un signe d'agréation de son vœu, se montrait visiblement à ses yeux. Or pendant que le pieux jeune homme était encore absorbé dans la prière, S. Apollinaire se trouva tout à coup sous ses yeux, revêtu de ses habits pontificaux et environné d'une lumière surnaturelle. Chaque fois que dans la suite, Romuald, le thaumaturge et le dominateur spirituel de son siècle, voyait se lever le soleil, il lui semblait, disait-il, que l'éclat de cet astre était comme la pâle lueur d'une lampe, à côté de la splendeur du rayonnant Apollinaire. D'ailleurs le Seigneur l'avait dit en parlant des Saints : « Ils brilleront comme le soleil dans le royaume de mon Père. » (Veith.)

Chez plusieurs pieux serviteurs et servantes de Dieu, cette glorification se manifestait déjà dans leur corps immédiatement après la mort. En voici deux exemples.

S. Lydwine à Y état de glorification.

Un des faits les plus merveilleux de ce genre, nous le rencontrons dans la vie de la célèbre vierge, sainte Lydie ou Lydwine de Schiedam. Victime des plus affreuses maladies, sans cesse en proie aux plus horribles souffrances qu'elle supportait avac une admirable patience, sans se permettre le moindre adoucissement, elle unissait à ces misères corporelles une si grande élévation et aménité de caractère, qu'une foule de personnes venaient souvent se presser autour de son misérable lit de paille placé dans une hutte; et, au lieu de sentir du dégoût à la vue d'un tel spectacle de misères et de souffrances, elles n'y éprouvaient que les plus douces jouissances, comme si une atmosphère céleste les eut environnées. Son regard pénétrait dans la profondeur des consciences et sa parole émouvait et agitait les pécheurs les plus endurcis. Les ducs de Hollande et de Bourgogne, les grands du royaume, les évêques, les bourgeois allaient la trouver pour recevoir de sa sagesse des conseils et des leçons. A ses pieds on déposait les dons les plus riches, mais comme elle ne voulait rien en garder et qu'elle distribuait tout avec prudence aux pauvres, elle devint la providence du pays. Néan-

moins dans ses derniers moments, comme pour mettre le sceau à toutes ses épreuves, elle fut abandonnée de tout le monde, et n'eut personne pour recueillir son dernier soupir. Elle mourut seule dans sa pauvre cabane, le mardi de Pàque de l'année 1454; le prêtre lui-même qui la visitait d'ordinaire, n'avait pu venir à son agonie à cause d'un empêchement. Mais combien fut grand l'étonnement de tous ceux qui s'approchèrent du lit de la défunte! Tous les ulcères qui l'avaient tourmentée si longtemps, avaient disparu; son corps était devenu frais et gracieux comme celui d'une adolescente, son visage avait la blancheur des lis et rayonnait d'un tel éclat que les yeux en étaient éblouis et comme aveuglés. Bientôt les populations de Rotterdam, de Leyde et de beaucoup d'autres villes accoururent enfouie pour contempler cette grande merveille, dans laquelle la Providence montrait au monde entier ce que c'est que la pureté de l'hommespirituel, et combien est grande la gloire qui lui est promise. (Veith.)

Autre exemple d'un corps glorifié.

Après que S. François d'Assise eut remis son âme à Dieu, tout ce qu'il y avait de défectueux dans son corps, se transforma; les rides de la vieillesse disparurent et firent place à la fraîche beauté de la jeunesse; ses yeux étaient si naturels et si transparents que personne ne pouvait croire qu'il fut mort; le peuple accourut en foule pour le voir; c'était vraiment l'image d'un corps glorifié. Louis de Blois qui rapporte ces faits dit qu'on ne vît jamais rien de plus merveilleux, à peine y pouvait-on croire ses yeux ; et le corps de ce saint fondateur des frères-mineurs conserva cette beauté, sans éprouver la décomposition ordinaire.

Comparaisons.

« La chenille est une image de la glorification du corps durant l'éternité. » Qui soupçonnerait dans la chenille un papillon léger et brillant ? Qui pourrait reconnaître sous ces deux formes une seule et même créature, si l'expérience

CATÉC. PRATIQUE. T. I. <22

n'était là pour le prouver? Le changement s'opère d'abord lentement et semble une destruction; l'insecte ne s'éveille qu'après sa complète formation. Le voilà qui s'élance ù la lumière, toute sa structure est changée; au lieu de ces grossières feuilles dont il se nourrissait d'abord, il ne savoure plus que la rosée embaumée scintillant dans le calice doré des fleurs. Au lieu de ramper péniblement, il vole avec la légèreté de l'oiseau sans se fatiguer. — Comme la chenille a déposé son premier vêtement pour en prendre un autre beaucoup plus beau, ainsi vous revêtirez aussi un corps mille fois plus beau, si vous êtes du nombre des élus. » (Munch.) « Le même corps ressuscitera, mais il n'aura plus sa faiblesse primitive, il sera incorruptible et ennobli. Conséquemment nous n'aurons plus besoin de degrés pour monter, d'aliments pour nous nourrir; car notre corps seras/nrilualisé. Les justes brilleront comme le soleil. Si Dieu a donné â quelques petits insectes la propriété de luire comme desdiamants durant les nuits d'été, combien plus, s'il le veut, ne peut-il pas faire luire et rayonner le corps des hommes! En effet le juste conservera son corps mais transformé en un corps céleste, afin qu'il puisse entrer en communication avec les anges dans leparadis. r (S. Cyril. Hieres. CaléchAS. N. 8.)

{Gr. Cat.iieq.) La croyance à la résurrection de la chair doit 1) nous inspirer l'horreur du mal, afin de garder notre corps en toute honnêteté et de ne pas en abuser pour le péché; c'est pourquoi l'Apôtre nous dit: « Glorifiez, et portez Dieu dans votre corps; » (1 Epît. aux Cor. 6, 20.) car celui-ci sera éternellement récompensé ou puni avec l'âme.

Louis du Pont

Pensait fréquemment au jour de la résurrection générale, et au moment solennel où Dieu réunira pour toujours l'âme au corps, afin que celui-ci participe aux récompenses ou aux châtiments éternels de l'âme; pénétré d'une sainte terreur, il s'écriait alors: « En considération de cette vérité je

veux exciter ma chair à se soumettre à l'esprit, puisqu'elle sera citée avec lui au tribunal du souverain Juge, le jour de la résurrection.

2) Cette croyance doit nous excite?1 et nous engager à supporter avec une patience toute chrétienne les souffrances corporelles et même la mort.

Exemples tirés de la Bible.

Quelle consolation, quel calme ne goûtait pas le saint homme Job, au milieu de ses plus rudes épreuves! Ce qui lui procurait ce calme, ce courage et cette consolation, c'était la pensée de la résurrection et de la rémunération future. Aussi s'écriait-il: « Au dernier jour, je ressusciterai et je serai de nouveau revêtu de ma peau, et je verrai encore le Seigneur dans ma chair; cette espérance repose en mon sein. » {Job. 19, 25-26.)

Quels tourments n'endurèrent pas les frères Machabées ! On leur extirpa la langue, on leur coupa les pieds, on leur arracha la peau, on les mit sur des brasiers ardents. Mais ces héros de la foi demeurèrent fermes comme des rochers. Or qu'est-ce qui leur donnait cette force, cette constance, cette fermeté? La pensée de la résurrection future. C'est ce qu'ils reconnurent devant le tyran Antiochus ; car ils lui dirent: « 0 le plus méchant des hommes ! tu peux nous faire mourir en la vie présente; mais leRoi du monde nous ressuscitera à la résurrection de la vie éternelle, nous qui mourons pour ses lois. » (2 liv. des Mach. 7. 6.)

Pourquoi les Saints moururent-ils si consolés?

C'était uniquement parce qu'ils considéraient la mort comme un passage à une vie meilleure et à la résurrection bienheureuse. Un prêtre espagnol, S. Joseph Aviolo, qui avait travaillé toute sa vie à son salut et à celui du prochain, remarquant qu'il allait mourir bientôt, se rendit dans la maison d'un simple ouvrier qu'il connaissait bien et lui dit: « Mon cher ami, soyez assez bon pour me prêter votre lit, afin que je puisse m'y coucher, car je sens que je vais mou-

rir bientôt! » 11 alla donc se coucher sur le lit emprunté et s'affaiblit à vue d'œil. Les voisins vinrent lui rendre visite et pleurèrent en voyant sa maladie et les souffrances cruelles qu'elle lui occasionnait. Mais il souriait doucement et leur disait, le contentement sur les lèvres: « Mes chers amis, je vous en prie, au lieu de vous attrister réjouissez-vous ! Car Dieu me ressuscitera à une vie nouvelle et me recevra dans son royaume, où je bénirai à jamais son nom, où je pourrai chanter éternellement des hymnes de louanges!» Il fit venir ensuite quatre enfants de chœur' avec une harpe; ceux-ci se mirent à chanter et le moribond unissait à leurs chants suaves sa faible voix, les yeux fixés sur le crucifix et soupirant avec la plus vive ardeur après son Jésus. Ce fut en chantant que le saint remit son âme entre les mains de son doux Sauveur, le 22 mars 1703. — Saint Nicolas de Lombardie, un simple frère lai qui, dès sa jeunesse, s'était exercé dansla pratique des bonnes œuvres, souffrait d'inexprimables douleurs dans sa dernière maladie, mais, par amour pour son divin Sauveur, il ne murmurait pas la moindre plainte; sa figure rayonnante de joie, exprimait l'ardent désir qu'il avait d'entrer dans les célestes demeures; et quand vint le moment suprême, il s'écria tout ravi : « Mes amis! au paradis! au paradis! » et sur cela il s'endormit doucement, tandis qu'une auréole de lumière environnait son visage. Les frères venus dans sa cellule pour l'ensevelir et réciter l'office des morts, se mirent à chanter tous d'une voix, l'hymne du Te Deum laudamus! comme pour remercier Dieu d'avoir repris dans un doux sommeil son pieux serviteur. (Bède Weber. Sermons au peuple tyrolien.)

Quand Thomas Morus, le chancelier d'Angleterre, qu'on avait injustement condamné à mort, et qui expira comme un saint sur l'échafaud, dut attendre encore quelques jours avant d'être exécuté, il dit: « Qu'est-ce que la mort? Qu'importe d'oter un vêtement? Car le corps enveloppe notre âme comme un vêtement, et je le dépose maintenant pour le reprendre un jour, plus brillant et plus glorieux. »

3) Le dogme de la résurrection doit nous consoler enfui à la mort de nos amis, afin que nous ne nous abandonnions pas à despleurs, à des gémissements et à une tristesse excessive, et » que nous ne nous affligions pas comme ceux qui n'ont pas d'espérance. » (1 Epît. aux Thess. 4, 12.) « Ne plaignons pas ceux qui se sont endormis dans le Seigneur, dit S. Cyprien, mais soupirons après eux. Il ne convient pas de prendre de sombres habits de cleuiï, quand ils sont revêtus au ciel de robes Lianches. » Qu'il sied mal à un chrétien de s'affliger outre mesure à la mort de ses parents et de ses amis, les païens eux-mêmes devraient le faire rougir.

Les peuples de la Thrace.

S. Ambroise dans son ouvrage : « De la foi en la résurrection, » raconte que les peuples de la Thrace pleuraient à la naissance d'un homme et poussaient des gémissements plaintifs, tandis qu'ils se réjouissaient à sa mort et entonnaient des chants d'allégresse. Ils croyaient, et avec raison, qu'il fallait plaindre celui qui entrait dans le monde où tout n'est que misère, et quand il quittait ce lieu d'exil et de tristesse, se réjouir de le voir délivré de tant de maux. « Or, ajoute S. Ambroise, si des peuples barbares plongés dans les ténèbres du paganisme et n'ayant aucune connaissance de la glorieuse résurrection qui nous attend, pensaient ainsi, quelles doivent être alors les pensées de ceux qui sont éclairés des lumières de la foi et qui connaissent le bonheur qu'il y a de mourir dans la grâce de Dieu! » — Partant de cette idée, le Sage a dit: « Le jour de la mort est préférable à celui de la naissance. »

Pratique. « Un jour vient où les justes sortiront du sépulcre pour la résurrection à la vie, et les méchants pour la résurrection du jugement. » (S. Jean, 5, 29.) Cette pensée ne doit-elle pas nous engager vivement à nous lever dès maintenant d'entre les morts et à mener une vie juste, pure et sainte? « Si nous nous levons ici-

bas d'entre les morts, dit S. Ambroise [in Ps. 1.) nous nous lèverons aussi plus tard parmi eux. Si en ce monde nous ne sommes pas commodes ossements arides, mais h au contraire nous recueillons la rosée de la parole divine et les fruits du Saint-Esprit, nous vivrons aussi en ce moment solennel. » C'est pourquoi, n'abusez jamais de vos yeux, de votre langue, de vos mains et de sos autres membres pour faire le mal, mais« consacrezlesau service de la justice pour vous sanctifier, » (Epît. aux Rom. 6, 19.) afin qu'ils reçoivent aussi un jour la récompense de la justice!

L'héroïque Martyr de la foi.

S. Jacques surnommé le mutilé reçut l'ordre de ses persécuteurs de renier avec sa langue son divin Sauveur, de rep-mdre avec les mains de l'encens devant les faux dieux, et de fouler aux pieds l'image de Jésus crucifié; mais il résista à ces ordres impies et dit avec une sainte intrépidité à ses bourreaux: « Comment voulez-vous m'engager à abuser de mes membres qui sont consacrés au service de mon Dieu? Vous n'avez qu'à m'arracher la langue, qu'à me couper les mains et les pieds, mais je ne renierai jamais mon Seigneur et mon Dieu. » Alors commença le martyre qui dura neuf heures. On lui arracha l'un membre après l'autre. Mais au milieu de ces indicibles tortures, le généreux et patientconfesseur de la foi, s'écriait avec une sainte joie: « Allez, ma main! allez, mon pied! allez, ma langue! Au jour du jugeaient quand les morts ressusciteront, le Créateur tout-puissant saura bien vous retrouver et vous réunir pour former un tout glorieux. Vous avez suivi le Seigneur, et le Seigneur vous en récompensera! » Heureux, si au dernier jour nous pouvons adresser les mêmes paroles à nos membres!

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