AVERTISSEMENT DU TRADUCTEUR. VII
pas de faire connaissance avec une œuvre qui, pour l'enseignement de la foi catholique en Allemagne, a remplacé celle du vénérable Canisius. Le seul inconvénient qu'il y avait peut-être, c'était, qu'en scindant sans cessele texte par des traits d'histoires ou des exemples de la Bible, on ne put saisir tout le catéchisme dans son bel ensemble, dans son vigoureux enchaînement; mais nous avons cru y avoir remédié en partie, en plaçant à la fin de chaque volume un questionnaire complet tiré de l'ouvrage de J. Deharbe lui-même, et qui en forme comme l'analyse et le sommaire.
Nul doute, croyons-nous, que ce livre ne soit d'une grande utilité, aux prêtres, aux instituteurs, aux parents, en un mot, à tous ceux qui sont chargés de l'instruction religieuse. Les prêtres, et nous le savons par notre propre expérience, y trouveront un double avantage. Ils n'ignorent pas d'abord que pour bien connaître la doctrine catholique, il ne suffit pas que les enfants possèdent la lettre du catéchisme, il faut encore et surtout qu'ils en comprennent le sens. Or, pour être à même déjuger si les connaissances d'un enfant vont aussi loin, il est nécessaire qu'en l'interrogeant, on donne parfois une autre tournure aux questions; mais habitué que Ton esta n'avoir depuis de longues années que les mêmes demandes sous les yeux, on est naturellement porté à y revenir sans cesse, parce qu'elles sont comme stéréotypées dans la mémoire. Le questionnaire si complet du P. Deharbe pourra donc servir à varier les interrogations du catéchiste. Ensuite, pour rendre ses instructions intéressantes et pratiques, il a besoin de faits historiques, de traits de la vie des saints; mais ce serait une besogne aussi ardue que délicate de feuilleter une foule d'ouvrages afin d'y rencontrer précisément ce qui s'adapte au texte du catéchisme et à l'intelligence des enfants. Ici il trouvera la besogne toute faite, puisque, après chaque explication d'un point de la doctrine chrétienne, suivent des exemples choisis avec autant de goût que de prudence.
S'agit-il pour le prêtre de parler au peuple, l'ouvrage de Mehler lui fournira encore de précieuses ressources. « Le meilleur moyen de faire comprendre la vérité aux peuples, dit l'abbé Mullois dans son excellent Cours d'éloquence sacrée populaire, c'est l'image, la comparaison ; il parle, il comprend ce langage, surtout quand les comparaisons sont tirées des choses visibles, présentes, actuelles, et quand elles sont grandes, nobles ou populaires. L'Ecriture-Sainte est toute remplie de ce genre de démonstrations et les œuvres des SS. Pères contiennent, dans le même genre, une riche mine a exploiter. »
MU AVERTISSEMENT Di: TRADUCTEUR.
m Un moyen de rendre encore les vérités claires, c'est la narration; le peuple aime tant cette manière. Il arrange tout, même les choses spirituelles, en histoires, en légendes, en faits qu'il raconte. En cela, il faut l'imiter; il faut mettre en action une vérité dogmatique ou morale, l'attacher a un fait et puis la raconter, en faire un petit drame, en quelque sorte. Ce moyen est puissant sur le peuple et aussi sur les lettrés, et il produit toujours un grand effet, quand il est bien employé... Il faut au peuple des faits et souvent rien que des faits, aussi l'Evangile raconte et ne discute que très-peu. »
Quant aux instituteurs, outre l'avantage qu'il y aura pour eux de pouvoir lire aux élèves quelques-uns de ces traits édifiants, ils y trouveront, nous ne disons pas des modèles, mais des sujets de narrations très-variées qui seront en même temps des leçons de vertu cl de morale.
Mais ce que nous voudrions de tout notre cœur, c'est que dans chaque famille chrétienne, on y fit chaque soir une lecture quand tous les membres sont réunis autour du foyer, comme cela se pratique en grande partie dans les Provinces Rhénanes, où la foi a conservé tant d'empire, sans doute à cause de cette pieuse habitude. Aussi il n'est pas de si petit, de si pauvre ménage qni ne possède la vie de Jésus-Christ, ou la vie des saints, ou le pédagogue chrétien, tous ouvrages qu'on y conserve comme un héritage précieux transmis par ses ancêtres.
Nous terminons, comme les artistes du moyen-âge, en priant le pieux lecteur de se souvenir dans ses prières de celui qui a fait ce travail.