‹ Catéchisme pratique, ou, Doctrine chrétienne en exemplesChapitre 5 sur 47 · L. H. MCHOOFS, prêtre · texte numérisé non relu

L. H. MCHOOFS, prêtre

De la destinée et de la fin de l'homme.

{Grand Catéchisme l-2e question.)

Nous sommes au monde pour connaître Dieu, l'aimer, le servir et ainsi parvenir au ciel, le séjour de l'éternelle et suprême félicité.

Quel est le meilleur chemin qui mène au ciel?

L'empereur Sigismond demanda un jour à Théodoric, évêque de Cologne, quel était le meilleur chemin pour arriver au ciel. Il répondit: « Ne le cherchez point dans les choses de ce monde ! » — « Mais quel est donc le chemin que j'ai à suivre pour parvenir au céleste bonheur? » répliqua le prince en insistant. « Il faut que vous suiviez le chemin le plus sûr, » dit Théodoric. « Et ce chemin le plus sûr, quand est-ce que je le suis? » — « Vous le suivez, prince, quand vous connaissez Dieu, quand vous l'aimez et le servez. »

Mais hélas! combien peu connaissent leur sublime destinée !

L inscriptio n tum u laire .

un courtisan qui, comme tant d'autres, avait vécu sans nul souci de l'avenir, ordonna, quand il fut au lit de la mort,

CATÉC. PRATIQUE. T. J. *

de mettre l'inscription suivante sur son tombeau, afin qu'elle servît d'avertissement aux vivants: « Ci-git quelqu'un qui vécut dans le monde et le quitta, sans savoir pourquoi il y était venu. » (Schuster, T. 1. — Impartie, p. 255.)

Daniel à Babylone.

Puisque le ciel est le séjour de l'éternelle et parfaite félicité, nous devons faire les plus grands efforts pour y parvenir, et de même que dans un pays étranger nous soupirons après la patrie, ainsi dans cette vallée de larmes nous devons soupirer après notre véritable et éternelle patrie, qui est le ciel. Lorsque Daniel était prisonnier à Babylone, il entrait dans sa demeure, ouvrait la fenêtre du côté de Jérusalem, tombait à genoux et adorait son Dieu, pendant qu'il gémissait de se voir si éloigné de sa véritable patrie. Faisons comme ce saint prophète; allons au fond de notre cœur, ouvrons les trois fenêtres de notre âme, qui sont la mémoire, l'intelligence et la volonté, et jetons des regards pleins d'ardents désirs vers notre patrie, tournons nos yeux vers le ciel.

Le désir du ciel.

C'était ce désir du ciel que le saint évêque et martyr Cyprien s'efforçait d'inspirer à son cher troupeau, par les paroles suivantes: « Nous avons renoncé solennellement au monde, par conséquent nous devons vivre ici-bas comme des pèlerins. Qui donc, quand il se trouve en pays étranger, ne s'empresse de retourner dans sa patrie? Quel est le voyageur sur mer, qui ne désire vivement des vents favorables pour aborder promptement au sol natal et y embrasser les siens? Or le ciel, à nos yeux, c'est notre patrie, c'est notre lieu d'origine; là aussi nous avons une foule d'amis, de parents, de frères, d'enfants qui nous attendent et soupirent après notre arrivée. Assurés de la jouissance d'une bienheureuse immortalité, ils s'intéressent encore à notre salut.

DE LA FIN DE L HOMME. ô

Quelle joie ne sera-ce point et pour eux et pour nous quand nous nous reverrons dans le royaume du ciel, quand nous pourrons nous y embrasser! Quel bonheur y règne avec une vie sans fin, à l'abri de toute crainte de mourir ! Quelle infinie et suprême félicité on y goûte! Nous y serons unis au chœur glorieux des apôtres, à la troupe inspirée des prophètes/à la foule innombrable des martyrs. Quel fortuné moment ne sera-ce point pour nous, quand nous nous trouverons mêlés à tant de vierges triomphantes qui domptèrent les concupiscences de la chair, à tant de bienheureux que Dieu récompensera pour leurs œuvres de miséricorde, eux qui pour soutenir les pauvres et les malheureux, échangèrent leurs biens terrestres contre des trésors célestes. O mes très-chers frères, désirons de tout notre cœur de nous élancer vers eux; que le plus brûlant de nos souhaits soit de les rejoindre bientôt et d'être avec Jésus-Christ. » Puissent ces paroles exciter également dans le cœur de chacun de mes lecteurs un véritable et sérieux désir du ciel.

Le ciel est tellement beau qu'il n'est pas de sacrifice que nous ne devions faire pour le gagner.

La ville d'Athènes avait envoyé Demades en députation à Philippe, roi de Macédoine. Celui-ci l'invita à sa table et durant le repas, il lui fit maintes questions sur la situation d'Athènes, sur sa grandeur, sa beauté et ses richesses. Demades lui esquissa en quelques traits le plan de la ville et de ses environs, en y ajoutant les explications nécessaires. Si incomplète et grossière que fût la description de sa beauté et de sa grandeur, elle excita dans le cœur du roi Philippe une si brûlante ambition, qu'il s'écria: « Cette ville, il faut qu'elle m'appartienne, coûte que coûte, quand même il me faudrait recourir au feu, au fer ou à l'or ! » Il est une ville infiniment plus belle, oui d'une beauté indescriptible, c'est la céleste Jérusalem. Puisse la description incomplète et grossière de cette sainte cité, allumer dans votre cœur les mêmes désirs: « Cette cité, il faut qu'elle m'appartienne,

i INTRODUCTION.

coûte que coûte! » Qu'avec la grâce et l'assistance divine, ce désir se réalise pour nous, mes chers lecteurs.

Citations et comparaisons.

a II est plus aisé de parvenir a la vie éternelle que de décrire cette vie dont le cours est sans fin, la jouissance sans amertume, la nourriture sans aliments, et dont les joies anciennes et permanentes contiennent des plaisirs toujours nouveaux, une félicité constante, sans crainte de jamais la perdre. » {S. Anselme.)

« Ceux qui entrent au service des princes ou acceptent des fonctions publiques, ne demandent pas quels sont les inconvénients et les misères attachés à ces fonctions; ce qu'ils ont uniquement en vue, ce sont les avantages, les émoluments que ces charges leur procurent. C'est ainsi que nous autres, chrétiens, qui sommes au service de Dieu, nous ne devons pas nous soucier de ce que nous y avons à souffrir, ni nous en plaindre ou nous en chagriner; mais uniquement attentifs aux avantages qui nous seront accordés dans le ciel, nous devons supporter avec joie les inconvénients de cette vie, et persévérer, jusqu'à ce que nous obtenions la récompense éternelle due à nos labeurs. » {S. J. Chrysoslome.)

{Gr. Cat. ô-4e q.)

C'est donc une grande erreur, c'est exposer notre âme à se perdre pour tout jamais, de croire que nous sommes uniquement en ce monde pour nous y rendre heureux par la jouissance des biens terrestres, parce qu'il est impossible que ceux-ci nous rendent heureux; car:

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