I. NOTION, OBJET ET SOURCES DE LA FOI
(Gr. Cat. i-5c q.)
La foi d'un chrétien catholique est a) un don de Dieu et une opération de la grâce divine, qui b) éclaire notre esprit et c) porte notre volonté à tenir indubitablement pour vrai tout ce que Dieu a révélé.
a) La foi d'un chrétien catholique est un don de Dieu et une opération de la grâce divine; « En effet, c'est la grâce qui vous a sauvés par la foi; et cela ne vient pas de vous, car c'est un don de Dieu. » {Epît. auxEph. 2-8.) C'est ce que nous voyonsdansS.Pauletdansl'exempledebien d'autres.
La foi est un don de Dieu.
Dans la guerre des Romains contre les Juifs et les Daces, se distingua entre autres un capitaine appelé Placide, que ses qualités militaires élevèrent non-seulement aux premiers rangs dans l'armée, mais firent jouir encore des plus grandes faveurs auprès des empereurs Titus et Trajan. Durant la paix il aimait à se livrer au plaisir de la chasse. Un jour il lança un trait sur un cerf d'une taille extraordinaire et, dans l'ardeur de sa poursuite, Placide s'écarta de sa troupe, sans pouvoir atteindre néanmoins l'animal. Fatigué de sa course, il s'assit sur un éclat de rocher et donna un libre cours à ses pensées. Là, plus que tout autre part, dans le silence majes-
tueux de la forêt, il éprouva le désir de connaître le vrai Dieu, car il n'avait cessé de comprendre tout ce qu'il y avait d'indigne et d'immoral dans Le culte des idoles, tandis que d'un autre côté il avait ressenti une profonde admiration pour la vie si paisible, si humble et si pure des chrétiens, pour leur héroïque patience dans les tourments en face de la mort. Pendant que ces pensées étranges traversaient son esprit et s'y croisaient sans cesse, il entendit tout à coup au-dessus d'un rocher, un bruissement dans le feuillage; il regarda et vit le cerf qu'il avait poursuivi, se tenir majestueusement debout; entre ses bois brillait une croix lumineuse avec l'image du divin Crucifié. Mais son étonnement ne fit que s'accroître quand il entendit ces paroles: « Placide, Placide, pourquoi me persécutes-tu? » Revenu un peu de son effroi, il murmura en tremblant: « Seigneur, qui êtesvous? » Et le Seigneur lui répondit: « .le suis Jésus, celui qui pour votre salut et le salut de tous les hommes se laissa mettre en croix et souffrit la mort sur ce bois pour vous procurer le bonheur éternel. » Placide tout changé retourna à la maison et alla trouver son épouse qui dans la nuit, avait eu la même apparition, à pareil endroit. Tous deux se rendirent chez un prêtre chrétien pour se faire instruire; ils furent baptisés peu après et Placide changea son nom contre celui d'Eustache. sous lequel l'Eglise l'honore comme martyr de la foi. (Marchant, Jardin des Pasteurs.)
Les deux missionnaires et l'Indien.
Deux missionnaires allaient dans les Indes. L'un d'eux se sentait vivement inspiré de s'écarter de la grande route et de s'enfoncer dans un bois. Quoique son compagnon de voyage lui eut fait remarquera différentes reprises qu'ils s'égareraient, le premier n'en suivit pas moins son impulsion intérieure et persuada à l'autre de l'accompagner. À peine eurent-ils marché quelque temps comme à l'aventure qu'ils arrivèrent près d'une espèce de cabane faite de branches d'arbre. Entrés en ce lieu ils y trouvèrent un vieillard dont la mort semblait attendre le dernier soupir. Le missionnaire