I. NOTION DE I.A FOI
lui demanda s'il avait quelque connaissance de Dieu? « Je sais, répondit le moribond, qu'il y a un Etre souverain qui m'a donné l'existence, mais je ne le connais pas et je voudrais bien qu'il se fit connaître à moi. » « C'est lui-même qui nous envoie ici, dit le missionnaire, afin que vous le connaissiez. Mais dites-moi, mon bon ami, n'avez-vous tué personne, comme font si souvent vos compatriotes? » « Non, je ne voudrais pas qu'on m'ôtât la vie, et c'est pourquoi je ne dois pas l'ôter aux autres. » — « N'avez-vous point volé? » — « Non, je possède fort peu ; ma hache, mon arc et mes flèches; je n'aimerais pas qu'on me volât ce peu que j'ai; pourquoi prend rais-je ce qui ne m'appartient pas? » — « N'avez-vous point menti? » — « Qu'est-ce donc que mentir? » — « C'est parler contre sa pensée, contre la vérité. » — « Non... quand j'interroge quelqu'un, j'aime bien qu'il me parle juste. Je dois faire aux autres ce que je désire qu'ils me fassent à moi-même. » — Enfin , après que l'homme apostolique eut passé sommairement en revue les différents points de la loi naturelle, il trouva que ce bon vieillard n'avait jamais offensé Dieu par un péché, au moins mortel. Il l'instruit de nos saints mystères, lui fait faire un acte foi et lui demande s'il veut être baptisé. Le malade y consent, mais il ne se trouve pas d'eau. Un des missionnaires sort aussitôt de la hutte pourvoir s'il ne découvrirait pas quelque ruisseau ou quelque source. Après bien des recherches, il trouve de l'eau dans l'endroit où il l'attendait le moins. C'était sur une feuille d'arbre large, épaisse et concave ; cela suffisait pour conférer le baptême. Notre vieillard le reçut avec de vifs sentiments de foi et mourut bientôt après, comblé de la plus sainte allégresse. {Lettres édifiantes.)
b) La foi est une lumière intérieure; car elle éclaire l'esprit par la grâce divine.
La foi est une lumière.
Le jour même où l'évêque Hugues de Gîocester devait être brûlé vif en Angleterre, à cause de sa foi, sous le règne de la
catholique Marie, un jeune garçon aveugle descendit dans la prison où il se trouvait. L'évoque, en franchissant la porte du cachot où il ne devait plus rentrer, lui dit ces mots en le quittant: « Pauvre enfant! Dieu vous a privé de la lumière du jour, et pourquoi? Il le sait trop bien lui, mais il vous a donné une autre lumière beaucoup plus précieuse, celle de la craie foi. » Et le jeune garçon mourut comme son évéque, joyeux et content pour la foi.
Comparaisons.
« Notre foi est un candélabre qui éclaire et qui échauffe spirituellement. » {S. Thomas C. 2. q. 102.)
« La foi est l'œil qui éclaire toutes les connaissances et qui donne l'intelligence. Car le prophète dit: Si vous ne croyez pas, vous ne connaîtrez pas. » (S. Cyrill. Hist. Cat.)
« La foi est semblable à une lampe. Comme la lampe éclaire la maison où elle se trouve, ainsi la lumière éclaire l'âme afin qu'elle puisse connaître. » ( S. J. Chrys.)
« La foi de l'Eglise catholique est la lumière de l'âme, la porte de la vie, le fondement du salut éternel. » [Idem.)
c) Mais en outre, la grâce divine excite notre volonté à croire, car pour croire il faut également une bonne volonté; personne en effet ne peut croire que lorsqu'il le veut, et c'est pourquoi Dieu récompense la foi et punit l'incrédulité.
Dieu récompense la foi.
S. Vit était un vertueux adolescent qui aimait Dieu et portait Jésus-Christ dans son cœur. L'empereur le fit comparaître devant lui et dit: « Mon enfant, voyez, je vous donnerai de l'or, des perles, des habits précieux et tout ce que votre cœur peut désirer, pourvu que vous renonciez à votre foi et que vous blasphémiez Jésus-Christ ! » Et S. Vit répondit: « Jésus-Christ, mon maître et mon Sauveur, est mort pour moi sur la croix, jamais ma bouche ne proférera un