Mais alors le pouvoir civil sera donc juge de la vérité
— Nous l'avons dit, l'iàat doit avoir son dogme
social sur lequel repose toute sa raison d'être. Il n'y a pas de société possible sans la reconnaissance de quelques vérités fondamentales et de principes moraux dont l'observation soit maintenue par les lois.
Un État est d'autant plus parfait que son dogme social se rapproche davantage du dogme chrétien, L'Etat le plus incomplet garde au moins la notion d'autorité, de propriété, de moralité publique.
Les hommes ont pensé jusqu'à présent qu'un certaip respect de la divinité et de la religion rentrait dans le minimum des croyances qui sont la base de la vie sociale. C'est en effet une vérité de sens commun. Quelle est l'autorité qui restera debout si celle du Créateur est renversée? Cicéron a exprimé le jugement du sens commun quand il a dit qu'on verrait plutôt une cité se soutenir en l'air qu'un peuple vivre sans religion.
Le pouvoir social ne peut donc pas permettre la destruction par la presse des principes fondamentaux de la société. Un État bien ordonné doit exiger le respect de la religion, comme il doit maintenir le respect des principes de l'autorité, de la propriété, de la moralité publique. Il trouvera facilement la mesure dans laquelle il doit empêcher les Ciitrages à la religion dominante et même aux religions tolérées, sans pour cela s'immiscer aux controverses reli-
gieuses, comme a fait l'empire de Byzance. (Cf. Lettres apost., II, 197.)
Les Sociétés secrètes et la question juive.