I. Qu'est-ce que l' économie polit iqite
— C'est une science, une fraction de la science sociale, qui est subordonnée à la science morale.
La science morale règle et gouverne l'activité humaine tout entière. Elle embrasse l'homme tout entier, elle dirige toutes ses actions vers sa fin suprême.
La science sociale règle les rapports des hommes entre eux dans la vie sociale et en vue du bien social.
La science économique règle les rapports des hommes entre eux, dans l'acquisition et l'emploi des biens qui constituent la richesse, en vue de la prospérité matérielle de la société. C'est une fraction de
la science sociale, ou si l'on veut c'est la science sociale dans ses rapports avec l'acquisition et l'usage des biens.
C'est une science subordonnée à la morale, puisqu'elle règle une partie de l'activité humaine, et que tous les actes qui concourent à l'acquisition et à l'emploi de la richesse sont des actes moraux soumis aux règles de la science morale.
C'est sûrement par inadvertance que des écrivains même chrétiens ont fait de l'économie politique une science indépendante de la morale.
2. L'éco7iotnie poHHque n'est do)ic pas simplement la science de la richesse ?
— Non, c'est là une définition qu'on ne peut pas tolérer. Elle a été imaginée par les positivistes. C'est Adam Smith, le chef de l'école utilitaire en philosophie morale, qui, le premier, a fait de l'économie politique une simple « étude sur la nature et les causes de la richesse des nations i>. Pour lui et son école, la richesse constitue l'unique objet de la science économique et la production de la richesse est son unique but. L'homme n'apparaît qu'en seconde li^^ne, comme producteur et consommateur de la richesse. Il est ravalé au niveau de la fourmi et de l'abeille. Sou âme, il n'en est plus question. La
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moralité du travail, du commerce, de la consommation, on ne s'en soucie pas.
Cette fausse conception de Tordre économique a été acceptée aveuglément par beaucoup de chrétiens. Ils ont défini l'économie politique la science des richesses. Ils ont méconnu ses rapports avec les autres sciences sociales et avec la morale. Ils en ont fait une science inhumaine et matérialiste. Et maintenant que l'application de cette théorie a soulevé les problèmes les plus graves dans la vie économique des peuples, ils n'ont aucun principe qui leur en donne la solution.
Tout autre est la conception de la vraie philosophie morale et de l'Evangile. Ils cherchent avant tout à réaliser la justice dans le monde du travail. Ils ne font pas de l'homme un instrument et un esclave de la richesse ; mais ils font de la richesse un instrument de vie que l'homme doit acquérir et employer selon les règles de la justice, de la tempérance et de la charité. Ils définissent avec raison l'économie politique « la science de l'organisation du travail et du commerce, conformément à la loi morale et en vue du bien de la société et de ses membres ».
La question sociale.