I. Qic'e7itend-on par U7ie questio7i sociale
— Toutes les fois qu'il y a dans la société un vice organique considérable, quand les règles de la justice sont violées dans une large mesure, il y a une partie de la société qui est dans le malaise, elle souffre, elle se plaint. Il surgit une question sociale, une question de réforme ou de réorganisation sociale. Et si aucun remède n'est apporté au mal, à la longue, la partie lésée et opprimée de la population s'agite et menace, et la question sociale peut provoquer une agitation violente, une crise ou même une guerre sociale.
C'étaient bien des questions sociales qui provoquèrent les émeutes des plébéiens à Rome et les soulèvements des esclaves en Sicile et en Campanie.
La question de l'esclavage a été pendant longtemps la question sociale des lùats-Unis, Le régime de la propriété est la question sociale de l'Irlande. La d<jmination juive devient une question sociale particulièrement en Autrichc-Ilouirrie.
2. Quel est le caractère particulier de la question sociale actuelle ?
— La question sociale actuelle a pour objet principal l'organisation du travail et la répartition de ses produits. Elle a pour cause le malaise d'un grand nombre de travailleurs. Elle se formule dans leurs plaintes souvent justifiées. Elle a eu pour causes principales : l'affaiblissement de l'esprit chrétien dans le monde du travail, l'entrave apportée par les lois à l'esprit d'association, le développement de la grande industrie et la multiplication des sociétés anonymes qui ont rendu difficile ou impossible l'exercice du patronage chrétien.