‹ Catéchisme socialChapitre 37 sur 100 · Quelle est la gravité de cette question sociale · texte numérisé non relu

Quelle est la gravité de cette question sociale

— Elle menace de provoquer une crise sociale telle que l'histoire n'en a pas connu, parce que les masses populaires, aigries par la souffrance et surexcitées par des réformateurs aveugles ou des politiciens intrigants cherchent le remède à leur état de misère plus ou moins imméritée dans les utopies du collectivisme ou les convulsions de l'anarchie.

Le travail.

1 . Que faut-il petiser' du travail et de son rôle da)is la vie humaine?

— Le travail est la loi de l'humanité. Le Créateur a fait du travail la condition commune de la vie, en même temps qu'il lui donnait un caractère d'expiation après la faute originelle. Le travail est le devoir de tous et la condition normale de l'existence.

Mais dans le corps social comme dans le corps humain, les fonctions sont différentes. Le bras n'est pas le cerveau et ne doit pas le jalouser. Le travailleur manuel ne doit pas s'offusquer de voir auprès de lui le travailleur intellectuel. L'un et l'autre sont nécessaires pour la vie du corps social.

2. Le travail n'est-il pas simplement une marc/iatidise, un élément de production, qui se vend au cours du jour ?

— Non, c'est là une conception toute matérialiste. L'économie libérale est tombée dans une erreur des plus graves en faisant des travailleurs de simples machines qui fournissent une certaine quantité de forces productives, et qui exigent, eu retour, ccr-

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tains frais d'entretien et de renouvellement pour pouvoir fonctionner d'une manière régulière et continue.

Le travail est l'exercice de l'activité humaine. Toute la personne humaine y prend part, l'âme et le corps, l'intelligence et les bras. A un certain point de vue et dans certaines limites, c'est une marchandise soumise aux fluctuations de l'offre et de la demande. Mais c'est aussi et avant tout un acte humain, qui a un autre but que la production. 11 doit procurer à la personne dont il émane des moyens convenables d'existence. Il y a là un élément qui ne doit être perdu de vue, ni par le travailleur, ni par l'employeur.

Nous verrons les conséquences de ce principe au chapitre du salaire.

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