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C. Pelletan : Les associaiiojis ouvrières dans le passé

L'Eglise et le peuple, brochure anonyme (Imp. de la Bonne Presse) ;

Desportes : La question sociale et les syndicats ouvriers ;

Janssea : I^' Allemagne et la réforme ;

Godefroy Kurth : Les corporatio7is ouvrières au moyen âge (Bruxelles, Société belge de librairie).

Les libertés au moyen âge.

Le progrès des libertés avait marché de pair avec celui de l'instruction. Charlemagne et Louis le Débonnaire d'abord, puis Louis VI, Louis VII et leur ministre Suger, Philippe- Auguste, saint Louis, Louis XI, Louis XII, souverains amis de l'I^glise, favorisent et proclament les libertés populaires.

« // ;/ 'y a pjint che::: nous de droits de fraîche date, dit Augustin Thierry. Notre génération doit

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tous les siens au courage des générations qui l'ont précédée. Vers le xf siècle, les classes populaires avaient déjà conquis leur liberté et en jouissaient pleinement. »

« Nulle taxe, dit Victor Duruy, ne pouvait être exigée sans le consentement des contribuables. Nulle loi n'était valable si elle n'était acceptée par ceux qui lui devaient obéissance ; nulle sentence légitime si elle n'était rendue par les pairs de l'accusé. Voilà les droits de la société féodale que les États généraux de 1789 retrouvèrent sous les débris de la monarchie absolue. »

Dès le viii° siècle, Charlemagne disait dans un de ses capitulaires : « La loi est faite par l'accord du peuple et du roi. Lex Jît consensu populi et constitutione 7'egis. »

Guizot avoue que les libertés municipales et communales, celles qui touchent de plus près le citoyen, étaient bien supérieures au moyen âge à celles d'aujourd'hui.

Indépendamment des Communes libres, que tous les pays ont eues, la France avait dès le moyen âge son Tiers-Ktat. Les Etats généraux s'étaient réunis huit fois de 1302 à 1420.

En Italie, la fondation des communes avait précédé d'un siècle celle des communes françaises.

César Cantù les compare à de petites républiques indépendantes.

En Espagne, les ftieros, qui correspondent aux chartes d' affranchissement en France, avaient été délibérés au concile de Léon en 105S et promulgués dans le royaume de ce nom, dans la Castille, Valence, Grenade et l'Aragon.

Le Portugal et l'Espagne avaient leurs Cortès, défenseurs naturels d&sfueros. Les Cortès d'Aragon disaient au roi lors de son investiture : « Nous vous faisons notre roi, à condition que vous respecterez nos fueros, sinon noti. » Et le roi jurait de les respecter.

L'empire d'Allemagne, la Suède, le Danemark, la Pologne, la Hongrie avaient leurs diètes.

L'Angleterre, l'Kcosse et l'Irlande avaient leurs parlements. La Grande Charte date de 121 5. Elle stipulait Xhabeas corpus et \q. Jury. Et elle n'a fait que constater un état de choses préexistant. Dès le ix° siècle, Alfred le Grand avait dit : « Les Anglais doivent être aussi libres que leurs pensées. »

Ce ne sont donc pas les temps modernes qui ont inventé la liberté.

La royauté d'alors, vraiment préoccupée du bien dt's sujets, protégeait le régime communal et respectait toutes les coutumes.

« Il est de la dignité d'un roi, disait Philippe- Auguste, de conserver avec zèle, dans leur intégrité, les libertés, les droits et les anciennes coutumes des villes. »

La même préoccupation inspira tout le règne de saint Louis. Le pieux roi s'en souvint jusque sur son lit de mort : a Cher fds, dit-il à son fils Philippe, pourvois que tu sois juste; et si quelque querelle entre riche et pauvre vient devant toi, soutiens plus le pauvre que le riche... surtout garde les bonnes villes et les coutumes de ton royaume dans l'état et les franchises où tes devanciers les ont gardées, et tiens-les en faveur et amour. >

Quel pouvoir, avant le christianisme, s'était présenté avec une pareille mission de douceur, de bonté paternelle et de respect pour tous.'^ Mais aussi quelle autorité fut jamais plus aimée et plus respectée?

Ch. Demolins : Histoire de Fra7ice, 4 vol.

Le droit chrétien.

Montesquieu reconnaît que la religion chrétienne a donné aux peuples les meilleures lois politiques et civiles.

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Pour ce qui est de la procédure civile, c'est Innocent III et le I\'° concile de Latran qui ont institué la procédure écrite et qui ont déterminé les moyens de conciliation et d'arbitrage.

Pour le droit pénal, la législation ecclésiastique accuse dès le début un esprit de douceur et de miséricorde inconnu des Césars. Son but même est différent. Quand la société civile inflige une pénalité, elle entend punir le coupable et effrayer les autres par l'exemple du châtiment. L'Eglise recherche d'abord l'expiation de la faute, puis le repentir du coupable et enfin son pardon.

La pensée de l'Eglise étant d'infliger des pénitences, ou si l'on veut des corrections, comme font les parents avec leurs enfants, elle recommandait qu'on infligeât les peines indiquées avec un esprit de charité et non avec animosité. Elle proclamait son horreur pour le sang et par conséquent proscrivait les mutilations et la peine de mort, l'effusion du sang et les brûlures. (Du Boys : Histoire du droit criminel en France^

C'est toute une révolution apportée par rr>glise dans la procédure. « La loi romaine, dit Chateaubriand, prescrivait la croix, la potence, le feu, la décollation, la précipitation, l'étranglement dans la prison, la fustigation jusqii'à la mort, la livraisoaaux

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bêtes, la condamnation aux mines, la déportation dans une île... Les supplices de la question étaient : le chevalet, qui étirait les membres; les lames de fer rougies au feu, les crocs à traîner, les griffes à déchirer. La mesure des tourments était laissée à la discrétion des juges. » {Etudes hisforiques, t. III,

Le droit canonique abolit la condamnation à mort et toutes les peines qui avaient pour effet d'abaisser et d'outrager la dignité humaine.

A aucune époque l'Église ne prononça la peine de mort ni celle de la mutilation. Le supplice de la croix a été aboli, ainsi que la marque, parce que l'Eglise interdit de défigurer l'image de Dieu. vSouvent elle se contente d'envoyer le coupable faire pénitence dans un cloître.

La torture, approuvée par Auguste et les lois impériales, était repoussée par le droit canon. Le pape Nicolas P"" en 858 en réprouve l'usage dans une lettre aux Bulgares : « Je sais, dit-il, que si un larron est pris, vous le livrez aux tourments jusqu'à ce qu'il avoue son méfait; mais aucune loi divine n'autorise cela... Si, ces peines une fois infligées, vous découvrez l'innocence de l'accusé, ne rougissez-vous pas? Et si quelqu'un ne pouvant résister à la torture, s'avoue coupable sans l'être, sur qui retombe l'im-

piété, sinon sur celui qui le force à confesser le mensonge? Répudiez donc et exécrez de tels usages, s (César Cantù.)

Une décrétale d'Alexandre II au xi" siècle, pour couper court à la torture, déclara nul tout aveu extorqué par crainte, par violence ou par fraude, et interdit de s'en servir contre l'accusé. (D'Espinay : hijluence. du droit cation sur la législation française, p. 24.)

Ainsi disparurent, grâce à l'Eglise, la torture et les pénalités cruelles du droit romain.

Ce sont aussi les papes et les évêques qui ont aboli les usages superstitieux des barbares.

La loi salique parle de l'épreuve de l'eau bouillante. L'accusé plongeait sa main dans l'eau bouillante ; s'il la retirait intacte, il était réputé innocent. La loi ripuaire avait l'épreuve analogue du feu. Il y avait aussi l'épreuve de l'eau froide. L'accusé était jeté à l'eau pieds et poings liés ; s'il surnageait, il était censé innocent. (D'Espinay.) Il y avait enfin le duel judiciaire.

Du ix'' au xu" siècle, les décrets de NicolasF''enS6o, d'I -tienne vers 885, d'Alexandre III en 1160, de Luciuslllen 1 1 8 j, proscrivent l'usage de ces superstitions contrairesauxcan(nis.Auxni''siècle, saint CélcslinlIT, Innocent III, Honorius III renouvcUcnl ces défenses.

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L'aveu de l'accusé et les dépositions des témoins sont, d'après les décrétales, les seules preuves sur lesquelles on doive asseoir un jugement.

D'où vinrent donc les rigueurs contre les incroyants?

Du pouvoir civil et surtout de l'influence du droit romain.

C'est à un reste d'esprit césarien qu'il faut attribuer les rigueurs exercées par Constantin, Théodose, Honorius, Juslinien.

Constantin condamne les Donatistes et les Ariens qui suscitaient d'ailleurs des troubles et se livraient au pillage.

Saint Augustin s'oppose à ce qu'on violente les hérétiques et les païens. Il va même jusqu'à faire refaire une statue d'Hercule, tournée, sculptée et dorée, pour les païens de Suffecte. Il prie le tribun Marcellin d'épargner la peine de mort à ces païens qui avaient tué soixante chrétiens et de leur imposer seulement une pénitence salutaire.

L'empereur Maxime condamne à mort des hérétiques priscillianistes. Le pape Sirice et les plus saints prélats de l'Occident, saint Ambroise et saint Martin, protestent.

Au xii" siècle, le concile de Latran (i 1 79) proteste contre les mauvais traitements infligés aux Albigeois;

Innocent III blâme sévèrement les mêmes rigueurs.

L'inquisition fut un tribunal d'Etat. Le prêtre n'y paraissait que comme juré ou aumônier. Les papes intervinrent souvent pour en réprimer les criants abus.

(Voir Ranke, auteur protestant : Princes et peuples, t. I, p. 242 ; Michelet : Précis de l'histoire moderne,

Paul III, en 1535, avertit François P'' de traiter les huguenots avec plus de modération. Cependant ceux-ci, de l'aveu du chancelier de l'Hôpital, qui était si modéré, formaient des compagnies de pillards, qui s'abritaient sous le manteau de la religion.

Les évêques firent les mêmes réclamations sous Henri IL

La Sorbonne voulait condamner Henri IV comme relaps, Sixte-Quint lui pardonna et l'admit de nouveau dans le sein de l'Eglise.

Cf. Guizot : Histoire de France, t. III, p. 139.

Jager : Histoire de l'Église, t. XIV, p. 359, t. X\',

P- ^iù-

Segrétain : Sixte- Quint et Henri IV.

Grégoire XIII avait fait chanter un Te Deum sur une dépêche mensongère qui lui annonçait la Saint- Barthélémy comme le châtiment d'un complot contre le roi, mais il versa des larmes quand il connut l.i vérité.

Bossuet, Fénelon, le cardinal de Noailles protestèrent contre les dragonnades de Louis XIV.

Clément VII avait approuvé Tédit de Nantes. Innocent XI protesta contre les mesures de rigueur qui suivirent sa révocation. « Jésus-Christ, disait-il, ne s'est pas servi de cette méthode. Il faut conduire les hommes dans le temple, il ne faut pas les y traîner. »

Cf. Balmès : Le proiestantisine comparé au caiholicistjie ;

Audin : Histoire de la Saint-Bartkélemy ;

Janssen : Histoire de l'Eglise;

Jaugey : Dictio?i?taire apologétique ; Articles divers.

Les lettres et les arts. — Prospérité générale.

La civilisation fut l'œuvre de l'Église, c'est la conclusion de l'admirable cours de Guizot sur l'histoire de la civilisation en France et en Europe.

L'œuvre civilisatrice eut sa plus grande action au moyen âge. Augustin Thierry, Guizot, Littré, Le Play, Victor Duruy, Lecoy de la Marche, Démolins et tant d'autres ont mis ces deux vérités en lumière.

Le moyen âge fut le restaurateur de la science antique et le père de la science moderne.

Les lettres et les arts, en décadence depuis les siècles de Périclès et d'Auguste, avaient repris leur essor. Après une première renaissance des lettres au v'' siècle, il y en eut une seconde aux viii'' et ix", sous Charlemagne secondé par Alcuin. L'enseignement populaire prit une extension inconnue avant lui.

Les invasions barbares des ix° et x'' siècles suspendent le mouvement intellectuel. Il reprend avec éclat aux xi° et xii''. Au xni% l'Europe comptait soixante-dix-huit universités. La première avait été celle de Bologne en nu, comme il convenait à la terre de la papauté. Celle de Paris, fondée en 1200, était la grande école de l'Europe, a dit Victor Cousin. Sous Philippe- Auguste, elle comptait 20.000 élèves. 11 fallut agrandir Paris pour les recevoir. Elle a eu des professeurs comme Pierre Lombard, Albert le Grand, Thomas d'Aquin. L'Université de Vienne en Autriche et d'autres encore considéraient celle de Paris comme leur mère. Aima mater, c'est ainsi qu'on l'appelait au concile de Cologne en 1266.

C'était alors un dicton que l'Allemagne avait l'empire; l'Italie, le sacerdoce; la France, l'enseignement. Ger mania Jiabet imperium ; Italia,

sacerdotîum ; Gallia, studium. En 1257, le chanoine Pierre Sorbon fonda Tinstitution célèbre de la Sorbonne. Jamais le monde n'avait vu une pareille diffusion des lumières.

La poésie est portée par le Dante et l'école franciscaine en Italie, par la chanson de Roland et les épopées françaises, par les Minnesinger allemands vers les hauteurs où l'avaient élevée les classiques, mais avec plus de rectitude et de moralité dans la pensée, plus de pureté et de noblesse dans les sentiments.

L'art chrétien peut se mesurer aussi sans crainte avec les belles époques de l'art en Egypte, en Grèce, à Rome, en Etrurie. Du iv" au xi" siècle, Rome élève ses basiliques aux riches mosaïques, aux dallages harmonieux. Aux vi'' et vii'= siècles, Constantinople et Ravenne nous fournissent les types de l'art byzantin, que Charlemagne imitera et que Palerme et Venise porteront à leur perfection.

Du x° au xu° siècle, c'est le règne de l'architecture romane, avec ses voûtes qui s'essaient à s'élancer vers le ciel. Les œuvres de ce temps-là nous attirent encore à Toulouse, à Nevers, à Poitiers, à Clermont, en France ; à Mayence, à Spire, à Worms, à Trêves, en Allemagne; à Pise, à Vérone, à Milan, en Italie.

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Quelques grandes abbayes sont les métropoles de l'art à cette époque-là, c'est là que les plans sont médités et préparés pour les chefs-d'œuvre du temps. Il faut citer : le Mont Cassin, Fulda, Lorsch, Saint-Gall, Cluny, Saint-Denis.

L'art ogival surpasse ses devanciers, il règne du xii" au xvi° siècles.

C'est le poème de la rédemption exprimé par l'architecture et les arts connexes. Les vies du Sauveur, de la Vierge Marie, des martyrs et des saints y sont retracées comme autant d'épopées triomphales, dans les sculptures, les peintures et les vitraux. Les mosaïques de Venise rivalisent avec les ivoires de Saint- Gall, les vitraux de Bourges, les émaux de Limoges, les bronzes de Florence, les marbres de Pise, les reliefs de Nuremberg, les ciselures de Trêves et de Cologne,

Quels souvenirs réveillent les noms de Reims, Amiens, Cologne, Milan, York ou Cantorbéry !

L'école mystique de l'Ombrie mérite une mention spéciale. Pendant que saint François prie et chante, Ciraabué et Giotto expriment par les couleurs la foi de leurs âmes pures et naïves.

Pérugin et Raphaël portent la pt'inture à sa [)crfection, Fra Angelico reste sans rival pour la piété, la douceur et l'inspiration.

L'art est un fruit de la paix et de la prospérité. Il demande des loisirs et de longues réflexions. L'effloraison artistique du xii° et du xiii'' siècles prouve assez que cette époque fut prospère et libre.

Les études historiques nous montrent aussi à cette époque un prodigieux développement du commerce et de la richesse publique, une population aussi dense et une race plus féconde que de nos jours. (Cf. Delisle .* Essai sur la condition des classes agricoles en Normandie^

Cf. Léon Gautier .• Les épopées françaises. Rio : L'art chrétien.

L'apogée.

L'Église, nous l'avons vu, a été en tout temps l'initiatrice du progrès et de la liberté. Son œuvre devait atteindre son plus parfait développement à l'époque où son action était la moins entravée, au xiii*^ siècle.

La liberté avait peu à peu remplacé l'esclavage. Les vertus chrétiennes avaient succédé à la dépravation grecque et romaine. La force avait fait place au droit, l'instinct barbare et cruel à l'esprit chevaleresque et chrétien. L'art et la poésie ne flattaient

plus les sens, mais élevaient les âmes et les portaient à la pureté et à la prière.

Les écoles cpiscopales et monastiques, les universités et la Sorbonne avaient popularisé la science. Le concile de Latran avait même en 12 15 imposé la gratuité de l'enseignement.

Il n'est pas douteux qu'au xii" et au xiii*^ siècle le niveau de la vie morale dépasse notablement celui des siècles précédents. Les sublimes figures d'un saint Bernard, d'un saint François d'Assise, d'un saint Dominique, d'une sainte Elisabeth de Hongrie, d'un saint Louis de France, offrent à tous les états les plus admirables modèles de l'idéal chrétien.

Il est touchant surtout de voir comment la haute société de l'époque, tout occupée qu'elle est de guerre et d'affaires, comment les papes, les princes, les prélats, les villes, les chevaliers, les dames rivalisent dans l'exercice de la charité, instituent des hospices et des hôpitaux, des orphelinats, comment toutes les distinctions s'inclinent vers toutes les souffrances...

C'est l'heure oîi l'Espagne arrête l'invasion musulmane dans les plaines de Navas-Tolosa.

C'est l'heure où la foi cathc^lique, embrasée d'un prosélytisme nouveau s'élance plus conquérante que

jamais vers les régions infidèles, vers l'Afrique, vers la Chine...

C'est l'heure où la Papauté avec Innocent III, Grégoire IX, Innocent IV, brise l'omnipotence des empereurs allemands.

Le peuple grandit et s'affirme ;

Le servage peu à peu disparaît ;

Les communes s'organisent ;

Les corporations se développent.

La royauté chrétienne de saint Louis, de Léopold le Chaste, de Ferdinand de Castille fait régner la justice au profit des humbles et des petits.

Dans le domaine de la science, de la littérature et des arts, cette période du moyen âge brille d'un immortel éclat...

Du ix'^ au xv'' siècle, que d'illustrations en tout genre : des souverains comme Charlemagne, Alfred le Grand et saint Louis ; des papes comme Grégoire VII et Innocent III ; des génies comme saint Bernard et Albert le Grand, Roger Bacon et Thomas d'Aquin ; des héros comme Godefroy de Bouillon et Duguesclin ; des poètes comme Dante et Pétrarque ; des artistes comme Fra Angelico, Bramante et le Pérugin.

Ce n'est pas un clérical, c'est Littré qui a dit : Le xiii° siècle est le grand siècle de la France.

Henri Martin donnait cette qualification au xii"^.

et Sans les affreuses guerres dont le xiv^ siècle fut désolé, dit Victor Duruy, c'est du xiii" qu'on aurait daté la renaissance. » Ajoutons qu'elle aurait eu un tout autre esprit.

Le même auteur, qu'on ne peut non plus taxer de cléricalisme, ajoute : « A une société violente, l'Église enseigna la douceur ; à des hommes vindicatifs, elle enseigna le pardon ; à la hiérarchie féodale, elle opposa V égalité de tous les hommes ; à la servitude, \-A liberté ; à la force, le droit. Les barbares avaient fait litière de la civilisation antique; Tliglisc en recueillit dans ses monastères les débris mutilés. Mère des croyances, elle fut aussi celle de la pensée, des arts et de la science. »

M. Duruy dit encore : « Elle a relevé la dignité de l'homme. La société qu'elle a fondée montra souvent une élévation morale qui n'est que de cet âge, et elle a légué aux temps modernes le sentiment de l'honneur. »

Grégoire VU avait mis le couronnement à l'édilico de la société chrétienne en organisant ce qu'on appela la chrétienté ou la république chrétienne.

Toutes les nations chrétiennes formaient une fédération dont le chef moral était le Pape. L'empereur était rexécuteur de la justice suprême. C'était un

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plan gigantesque, et comme d'autre part le Pape était élu clans TKglise et représentait la vertu chrétienne à son plus haut degré, c'était une conception aussi sage que démocratique.

Henri IV voulait au xvi- siècle reprendre ce plan.

De nos jours des esprits libéraux, même protestants, ont vu là le seul moyen d'obtenir la paix universelle. (Leibnitz. — Voltaire : Essaï surles mœurs, ch. I. — David Urquhard : Appel d'un protestant au Pape pour restaurer la loi des jia lions.)

Cf. Wallon : Vie de saint Louis ; Montalembert : Histoire de sainte Elisabeth : préface.

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