SCIENCES ET ARTS
D. Les élèves de l’école de Rousseau se sont élevés contre les sciences et les arts comme une source de démoralisation : les socialistes sont sans doute du même avis ?
R. Nous n’avons pas l’esprit chagrin du philosophe de Genève ; nous voulons, au contraire, que l’homme développe toutes ses facultés, pour que le progrès s’accomplisse dans toute la plénitude de sa force d’expansion. Or, les sciences étant les plus puissants auxiliaires de l’industrie et de l’agriculture, les services rendus par la physique, la chimie et les sciences naturelles, ayant contribué aux progrès de la civilisation, elles méritent des encouragements, et la protection de l’Etat doit leur être acquise.
Nous voulons faciliter au savant les moyens de s’instruire et de faire ses expériences et ses études au milieu du calme qu’elles exigent ; car le salut du progrès en dépend, et les comités des sciences recevront de l’Etat tous les secours et les encouragements que mérite l’importance de leurs- travaux.
Les arts sont dans le même cas, ils répondent chez l’homme au sentiment du beau, et l’Etat leur doit aussi son appui ; mais les arts et les science^ considérés comme des professions lucratives, transmis héréditairement avec de gros privilèges et constituant un monopole exercé par des hommes sans talents , doivent être bannis de la société, qu’ils encombrent d’inutilités vaniteuses, d’oisivetés corruptrices et corrompues. L’art surtout, déshonoi'é par tant d’artistes immoraux et sans inspiration, ne doit être pour personne un prétexte d’oisiveté.
Rappelez-vous que les socialistes ont étudié l’homme sous tous les rapports, et veulent son perfectionnement physique, moral et intellectuel.