‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 100 sur 235 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

D. Qu'y «-t-il encore à dire sur le parallèle entre la théologie et la philosophie?

II. Comme la théologie embrasse toutes les vérités religieuses tant dans l'ordre naturel que dans l'ordre surnaturel, elle offre bien i>lus d'aliment et d'exercice à la libre activité de l'intelligence humaine que la philosophie, qui n'embrasse proprement que les vérités générales dans l'ordre naturel.

D. La réflexion est bonne. Ne serait-il pas à propos de la développer Un peu davantage?

R. Comme la théologie embrasse toutes les vérités religieuses tant dans l'ordre naturel que dans l'ordre surnaturel, elle embrasse ainsi le ciel et la terre, le temps et l'éternité, Dieu et l'homme ; Dieu et ses CBUvres, Dieu considéré non seulement à travers ses créatures, mais en lui-même; l'homme avec ses destinées présentes et futures : elle présente ainsi à 1 intelligence du chrétien, un ensemble immense de vérités, mais de vérités vivantes et viviGantes, que l'éternité entière ne suffira point à connaître et à aimer

D. Voilà qui est bien pour l'activité. Mais au milieu de tout cela, l'intelligence du chrétien est-elle aussi libre quelle peut être

active ?

R. Au milieu de cet océan immense de vérité, de lumière et de vie, l'esprit du chrétien vit et acitHibrement, comme le poisson dans l'eau. Vovez lo poisson dans l'Océan sans homes, il y vit, il s'y promène, il s'y repose ; il s'élève jusqu'à la surface, il se plonj^e jusque dans les abîmes, il s'élance avec impétuosité, il repose et dort immobile, et tou~ jours dans son élément qui est sa vie et son bonheur; son malheur et sa mort serait d'en sortir. Ainsi en est-il de l'ame chrétienne dans cet océan incommensurable des vérités religieuses.

D. De là ne peut-on pas tirer Texplication d'un autre fait que le monde ne comprend guère?

R. De là, dans l'Eglise catholique, pour les amos ferventes, ce besoin de prière, d'oraison, de méditation, de contemplation. Delà, dans l'Eglise catholique, cette existence et cette nécessité si peu comprise des ordres contemplatifs, dont les ordres ennihilatîfs de l'Inde ne paraissent qu'une contrefaçon satanique. Cardans l'Eglise de Dieu, la contemplation religieuse n'est aue l'exercice le plus élevé et le plus pur de l'intelligence créée, ij'est l'apprentissage le plus élevé et le plus * pur du ciel et de l'éternité.

D. Ne pourrait-on pas dire que les philosophes eux-mêmes sont une espèce de contemplatifs ?

R. On le peut très-bien ; car, à vrai dire, la philosophie est la contempLation des vé-

rités générales ie Tordre naturel ; et les philosopnes sont les comtemplatifs de cet ordre.

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