CHAPITRE XVII
D. L'individu aurait-il plus de liberté et d'action dans la foi que dans la raison, dans la théologie que dans la philosophie ?
R. C'est une chose à examiner.
D • Par où commence la théologie ?
R. La théologie , science des vérités reli-
f^icuses, tant dans l'ordre naturel que dans 'ordre suniaturel, mais principalement dans ce dernier, commence proprement par cet acte de foi , comme premier principe : Mon Dieu, Je crois fermement tout ce (]uc l'Eglise catholique croit et enseigne : je le crois parce que vous le lui avez révélé et que vous ne pouvez vous tromper ni nous tromper.
D. Et que concluez-vous de là?
R. Avant de conclure, j'ai trois observations à faire ou à rappeler.
D. Quelle est la première?
R. La voici : Mais l'Eglise catholique c{ui croit et enseigne les choses religieuses est incontestablement l'autorité la plus ([rande qu'il y ait sur la terre, l'autorité qui présente le plus de motifs de croire , de tenir pour certain ce qu'elle croit et enseigne : même à ne les considérer que d'une manière humaine et naturelle.
D. Quelle est la seconde observation ?
R. Voici la seconde. Or une des premières choses que l'Eglise catholique croit et enseigne, c'est que, outre cette infaillibilité naturelle, comme autorité humainement la plus grande, elle a reçu de Dieu une infaillibilité surnaturelle, une assistance spéciale pour ne jamais se tromper dans ce qu'elle croit et et enseigne. Son autorité s'élève aussitôt i la plus haute puissance.
D. Et la troisième observation , quelle estelle?
R. C'est que, outre cette autorité incomparable qui assure au chrétien la vérité de tout ce que l'Eglise catholique croit et enseigne, cette Eglise lui présente encore sur chaque vérité en particulier , des motib , des preuves nombreuses , tirées de l'Ecriture sainte, tirées des saints pères et des docteurs, tirées de la raison chrétienne et de la naturo même de la chose.
D. Et de tout cela , que concluez-vous ?
R. Et bien , conclurai-je, malgré cette autorité non pareille de TEglise, malgré lés nombreux motifs (][u'elle nous oilre sur chaque vérité en détail , notre acte de foi , soit général à toutes les vérités qu'elle croit el^ enseigne, soit spécial à chacune de ces vé-* rites ; cet acte de foi est encore libre et méri* toire : tandis que notre croyance , notro adhésion aux premiers principes de la raison humaine n'est ni libre ni méritoire , mais nécessaire. Ainsi donc, jusque là, la raison
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CATËCUISME
de rindivîda est plus libre dans la toi que dans la raison , dans la Ihéologîe que dans la philosophie.
D. La conclusion me parait bien Urée»