CHAPITRE XXV
R. Il fut discijple de Platon et précepteur d'Alexandre le Grand.
D. Aristote diSère-t-il beaucoup de Platon, son maître?
R. Cicéron observe que Platon et Aristote, TAcadémie et le Lycée ne diffèrent que de nom ; que la doctrine est la même et forme toniours une espèce de trinité. Les natures ouïes êtres, la vérité et ses règles, le bien et ses lois, autrement la morale (l).
D. Donnez-nous un exemple de cet accord et de cette différence entre Aristote et Platon.
R.Parexemple, pour ce qui est de l'homme, Aristote le définit un animal raisonnable. le mot animal en latin et le motçfio» en grec, signifient littéralement un être vivant, et ne
STOsentalent peut-être pas dans l'origine Tiée d'abjection qui s'attache au mot français. Platon le définit de son cété. Une ame se servant du corps et lui commandant (1. Alcib,). La manière d'envisager l'homme est différente. Dans les idées de Platon, c'est une intelligence animant un corps ; dans les idées d*Anstote, c'est un corps animé par une intelligence. La définition est au fond la même, seulement pour y arriver, l'un part d'en haut, Tautre d'en bas. Aussi celle de Platon, l'homme est une ame se servant d'un corps, paralt>elle plus noble ?Mais comme l'observe saint Thomas {Cont. Gentil., c. 52), elle n'exprime point l'union intime et substantielle de l'ame et du corps, qui constitue néanmoins la personne humame : elle ne la suppose pas plus étroite que celle qu'il y a entre l'homme et son vêtement, entre l'ouvrier et son outil » entre le pilote et son na-
(l)CicGr., actd. 1. 1, n. 4 et 5; de Fiaib. 1. 5, i.i.
vire. Il nous semble qu'on éviterait tous les inconvénients en définissant l'homme , une une intelligence incarnée.
D. Qu'est-ce que dit Aristote sur Tame humaine?
R. Dans ses trois livres de l'Ame, Aristote, examinant les opinions des anciens , établit au long que l'ame n'est pas un feu , ni une harmonie, ni un composé d'éléments subtils ; mais une substance actuelle , parfaite , sans mélange, incorruptible, incorporelle, immortelle, principe de la vie, du sentiment et de rintelligence. Il montre en particulier que penser n'est pas sentir ; suivant lui, les sens perçoivent les formes des objets sans la matière : ces formes intellectualisées arrivent jusqu'à l'ame qui se les assimile , en sorte
2 ne l'ame devient comme toutes choses sans tre pourtant aucune d'elles {De Anima, /. 3^ c. 8).
D. N'est-ce pas là une certaine image de Dieu?
R. Oui : c'est là une certaine image de Dieu. Toutes choses sont en Dieu d'une ma* nière divine, de telle sorte cependant que Dieu n'est aucune d'elles , et qu aucune d el« les n'est Dieu.