CHAPITRE XXXI
D. Aristote s'appuie-t-il sur le même fondement dans sa dialectique ?
R. Aristote s'appuie toujours sur le même fondement pour établir sa dialectique ou son art de discuter scientiGquement.
D^ Faites-le voir par ses propres parules.
R. Examinant quelles propositions il convient de discuter ou non , il s'exprime en ces termes remarquables. Personne ayant du sens n'entreprend éprouver ce qui n*est approuvé de personne , ni ne révoque en question ce qui est manifeste à tous ou à la plupart : car ceci ne présente aucun doute, et cela, nul ne l'admettrait [Ibid. , /. 1 , c. 8).
D. Que conclut de là Aristote?
R. La proposition dialectique est donc une proposition qui paraît probable, soit à tous , soit à la plupart , soit aux sages ; et à ceujoci, soit à tous, soit à la plupart, soit aux plus renommés, pourvu toutefois quelle ne soit pas un paradoxe , car on admet volontiers le sentiment des sages, dis qu'il n'est pas contraire au sentiment du grand nombre {Ibid.).
D. Aristote pensc-t-il qu'il faille discuter toute proposition quelconque ?
R. Ecoutez ses paroles :Se mettre en peine de ce que le premier venu avance de contraire au sentiment commun, est une sottise. Il ne
{{) Metaph. I. %, cap. 2, atias. I. 5, c. 5. (S) De morib. ad Nicom. 1- 6« c. 9 alias c 5.
DU SENS COMMUN
fmmifm êxamm iauifiroKéne nilMito propositxon, maiê cêlMà $eulem99U au miel de ïaquelU pourrait avoir des doutes un homnM aucmt besoin de raison, et non pas de châtia ment ou de sensation. Car ceux qui douteraient sHl faut honorer la divinité , aimer ses parents ou non, ceux-là ont besoin d'être châtiés ; ceux qui doutent si la neige est blan^ che ou non, ont besoin de voir (Ibid. , c. 9). D. Certes Arâtotc me parait plein de bon
sens. , ,
R, n ajoute : // ne faut non plus s occuper âe problèmes dont la démonstration est trop près ou trop loin : dans le premier cas , t7 n'y a point de doute ; dans le second une discussion n^en viendrait point à bout. Ainsi parle Aris-
t#te-
D. De là que concluez-vous entre autre.
R. Ceux-là donc qui ont perdu leur temps en de vaines disputes étaient certainement bien loin de suivre les préceptes d'Aristole.