‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 117 sur 235 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

D. Aristote n'est-il pas l'auteur de la méthode scolastiqne ? qu est-ce que cette méthode?

R. Les vocabulaires nous apprennent que scolastique vient du latin «co/a/ en français école , et que méthode scolastique veut aire méthode ordinaire dans les écoles , méthode

[»onr enseigner ce que l'on sait à des écoiers qui l'ignorent.

D. Quels sont les caractères d'une bonne méthode d'enseignement ?

R. Avoir et donner une idée nette et précise de ce que Ton enseigne : pour cela , poser des principes certains , en oédoire les conséquences par des raisonnements justes , n'employer que des expressions claires ou nettement définies , éviter les digressions inutiles, les idées vagues , les termes équivoques , mettre dans tout l'ensemble un ordre qui éclaircisse les questions les unes par les autres.

D. Mais c'est la méthode géométrique !

R. La méthode scolastique n'est pas autre chose.

D. A quoi donc la méthode scolastique estelle opposée ?

R. La méthode scolastique est opposée à la méthode oratoire. Si un géomètre délayait ses théorèmes en des harangues cicéroniennes il serait ridicule. Un avocat qui réduirait son plaidoyer en formules algébriques ne le serait pas moins. Chaque méthode est bonne, appliquée où et comme elle doit l'être.-

D. Donnez-en un exemple.

R. Exemple : la religion catholique em* brasse tous les siècles , tons les peuples » toutes les vérités. Les pères de l'Eglise qui en ont traité les différentes parties d'une manière oratoire, forment peut-être plus de cent volumes in-folio^ les auteurs plus récents ,. forment des bibliothèques ; par la méthode scolastique , Thomas d'Acquin a résumé le tout en on volume, et plus lardon a résumé

DU SENS COMMIJN

ce volume en une petite brochure , nommée le catéchisme.

* D. Un résumé pareil ne serait-il pas utile pour les autres connaissances ?

R. Un résumé pareil des autres connaissances humaines est à désirer et à faire. Aristote Ta fait pour les connaisances de son temps. A la fois conquérant et législateur des régions de l'intelligence, il les a distribuées par proTînces, par cantons , par communes » assignant à chaque science , souvent à chaque mot, ses limites naturelles.

D. De quelle utilité fut ce résumé d* Aristote?

R. Dans les siècles du moyen âge, lorsque les Gotbs , les Francs , les Lombards , les Saxons , devenus chrétiens , commencèrent à prendre goût aux sciences, le plus simple et le plus pressé fut d'apprendre d'abord ce

Sue Ton savait avant eux. L'Encyclopédie 'Aristote fut un bienfait immense, surtout en Occident, où trois philosophes catholiques l'avaient encore résumée en latin , savoir : fioëce et Cassiodore, tous deux consuls romains, et saint Isidore évéque de Séville.

D. Pourquoi l'Encyclopédie d'Aristote ne suffirait-elle plus ?

R. C'est que depuis son temps , les sciences d'observation en particulier ont fait des progrès considérables. Il faudrait donc aujourd'hui un nouvel Aristote pour résumer, avec la clarté et la précision du premier , toutes les sciences actuelles et les coordonner entre elles de manière à présenter au lecteur un ensemble exact de ce que Ton sait aujourd'hui. Une gloire immortelle attend cet homme.

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