‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 129 sur 235 · CHAPITRE XLVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVII

D. Mais voici une difliculté , et une diflSculte grave qui peut venir à de bons catholiques. On dira et on a dit : voilà bien des Eères qui enseignent formellement avec S. aul que les (Hentils connaissaient le vrai Dieu, bien qu'ils ne l'adorassent pas comme tel. Mais n'y a-t-il pas d'autres pères et d'autres textes de l'Ecriture qui disent que ces mêmes Gentils ne le connaissaient pas?

R. Cela est vrai.

D. Comment alors est-il possible de concilier les uns avec les autres?

R. Voici comme c'est non seulement possible, mais facile d'après la distinction qu'a faite plus haut S. Augustin.

D. Eh bien, dites proraptemcnt.

R. Quand on compare TEcriture avec TEcriture, les pères avec les pères, on voit qu'il faut distinguer dans la connaissance de Dieu comme quatre degrés : 1* la connaissance des Gentils; 2" la connaissance des Juifs; 3* la connaissance des chrétiens ; h"* la connaissance des saints dans le ciel. La première est ignorance comparativement à la seconde, la seconde comparativement à la troisième, la troisième comparativement à la quatrième.

D. La distinction ou la gradation me parait bonne, mais il faut ia justiHer.

R. Ainsi dans son Epitre aux Romains S. Paul a pu dire en général de tous les Gentils, et particulièrement des plus savants d'entre eux , qu'ils ét:iient inexcusables, parce que ayant connu Dieu ils ne Tout pas glorifié comme Dieu ( Rom. 1, 20 e< 21 ) ; et puis dire dans son Epitre aux Thessaloniciens que les Gentils ou les nations ignorent Dieu (i Thess. i,5).

D. Voilà le pour et le contre sur le mémo degré; mais les autres?

U. Ainsi te Sauveur dit à la Samaritaine:

DU SENS COMMUN

Vous adorez ce que vous ne savez pas ; nous idoronf ce que nous savons, parce que le sa-lut vient des Juifs {Joan. 4, 21). Aux Jui : Cest mon Père qui me glorifie, lui que vous dites qui est votre Dieu, et vous ne le connaissez pas : mais je le connais; et si je disais que je ne le sais pas , je serais semblable à vous , menteur: mats je le sais et je garde sa parole {Ibid, 8, &k et 55). A ses apôtres , en parlant des Joifs : Ils vous feront ces choses parce qu'ils n'ont connu ni mon Pire ni moi [Ibid, 16, 3). De ses apôtres, en parlant à son Père: Tai manifesté votre nom aux hommes que vouê m'avez donnés du monde; je leur ai fait connaître votre nom et je le leur ferai connaître incore (Ibid, 17, 6 et 26).

D. Voilà bien les trois degrés de connaissance distingués par S. Augustin ; mais où est le quatrième ?

R. EnGn S. Paul dira du don même de la science miraculeusement communiaué par TEsprit saint : La science même sera aéiruite. Car nous connaissons en partie et en partie nous prophétisons. Mais lorsque sera venu ce qui est parfait , alors s'évanouira ce qui est partiel. Lorsque j'étais enfant je raisonnais en enfant, mais quand je suis devenu homme, foi mis dehors ce qui était de Venfant. Nous voyons maintenant par un miroir en énigme, mais alors nous verrons face à face. Maintenant je connais en partie , mais alors je connaîtrai comme je suis connu (1 Cor. 13). D. En Térité les quatre degrés de connaissance me paraissent bien établis par rEcriture même: mais enCn que concluez -vous de là?

R. Tout ce concilie de celte manière , et TEcriture avec TEcriture et les pères avec les pères. Dieu est bon , même envers les Gentils : quoique il le soit plus envers les Juifs , plus encore envers les chrétiens , et qu'il le soit de toute sa bonté envers les saints dans le ciel. Tout doit bénir sa miséricorde, et les Gentils auxquels il ne refusa pas le premier degré de sa connaissance , et les Juifs ({u'il élève à la seconde, et les chrétiens qu'il élève à la troisième , et les saints quïl transforme dans les splendeurs de la quatrième. Louez le Seigneur , toutes les nalions; louez4e, tous les peuples , parce que sa miséricorde s'est affermie sur nous , et (a vérité du Seigneur demeure à jamais {Ps. 116).

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