‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 131 sur 235 · CHAPITRE XLIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIX

D. Ce que les pères de TEglise enseignent touchant le degré de connaissance que les païens avaient du vrai Dieu , se trouve-1-il confirmé par l'aveu des païens eux-mêmes et par quelques faits encore subsistants ?

R. Oui.

D. Donnez-nous en quelques preuves ?

R. Sophocle disait en plein théâtre aux Athéniens ; Dans la vérité, il n'y a quun Dieu qui a fait le ciel et la terre et la mer azurée et les vents impétueux. La plupart des mortels, dans l'éqarement de leur cœur, dressent des statues aes dieux comme pour trouver dans ces images de bois, dairain, d'or, d'ivoire, une consolation de leurs maux. Ils leur offrent des sacrifices , ils leur consacrent des fêtes, s'imaginant qu'en cela consiste la piété (1).

D. Aristote a-t-il dit quelque chose à ce propos ?

R. Aristote dit : C'est « une tradition ancien-ne, transmise dés pères aux en fants, » que c'est Dieu qui a tout fait et qui conserve tout. Il n'est point détre dans le monde qui puisse se suffire à lui-même, et qui ne périsse s'il est abandonné de Dieu. Oui , Dieu est véritablement le générateur et conservateur de tous les êtres , quels qu'ils soient dans tous les lieux du monde, mais il ne l'est pas à la manière

(1) Soph. aptid S. Justin , de Honarc , el Clcin. Alex., Strom. 1. 5, p. 603.

DU SENS COMMU?«.

du faible arliian. dont Ce/fort est pénible et douloureux. Il Fest par sa puissance infinie^ qui aiteini sans aucune peine les objets les fliês éloignés de lui. Assis dans la première et la plus haute région de Vunivers, au sommet du monde, comme Va dit le poète, il se nomme le Tris-Haut (De Mundo, cap, 6).

D. Qa'esUce qae dit le p^en Maxime ae Tyr?

R. Voici comme il parle : Dans les autres choses, les hommes pensent fort différemment les uns des autres. Mais au milieu de cHte différence générale de sentiment sur tout le reste, malgré leurs disputes éternelles, vous trouverez par tout le monde une unanimité de suffrages en faveur de la Divinité. Partout les hommes confessent qu'il y a un Dieu, le pire et le roi de toutes choses, et plusieurs dieux qui sont fils du Dieu suprême, et qui partagent avec lui le gouvernement été Vunivers. voilà ce qiAe pensent et affirment unanime^ ment les Grecs et les Barbares , les habitants du continent et ceux des côtes maritimes, les sages et ceux qui ne le sont pas {Dissert. h).

D. Qa'egt-ce que ditLactance sur celte unité du Pieu suprême et celte multiplicité de dieux subalternes que reconnaissent les païens ?

R. Lactance dit à ce sujet : Les païens, qui admettent plusieurs dieux , disent cependant que ces divinités subcdternes président tellement à toutes les parties de Vunivers qu'il n'y a qu'un seul gouverneur suprême. Les autres ne sont donc pas des dieux, mais les serviteurs ou les ministres de ce Dieu unique « tris^randet tout-puissant, qui les a préposés pour exécuter ses volontés {Div, 1ns, t. 1 , c. 3).

D. Quelle est la remarque de Rossuet sur cette même question ?

R. Rossuet dit dans sa Préface sur TApocalvpse : Quand je vois dans les prophètes, et l Apocalypse, et V Evangile même, cet ange des Perses, cet ange des Grecs, cet ange des Juifs, Vange des petits enfants, qui en prend la défense devant Dieu contre ceux qui les scandalisent, l'ange des eaux, Vange du feu, et ainsi des autres; et quand je vois pamu tous ces anges, celui qui met sur V autel le céleste enr cens aès prières, je reconnais dans ces paroles une espice de médiation des saints anges. Je vois même le fondement qui a pu donner occasion aux païens de distribuer leurs divinités dans les étéments fi les royaumes pour y prési* der; car toute erreur est fondée sur ime vérité dont on abuse.

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