‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 132 sur 235 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

D. Jusqu'à présent vous avez |ustiGé vos réponses pour les idolâtres de 1 antiquité ; mais en est-il dé même pour les païens actuels deTAsie?

R. Oui, et nous en avons pour témoin, parmi beaucoup d*autres, le savant Anglais vf. Jones , qui dit : Les Indiens , les Arabes', les Tartares, les Persans et les Chinois reconrnaissent universellement la puissance suprême d*un esprit qui a tout créé et qui conserve tout; quieet infiniment sage, puissant et bon,

et infininicnt au^essus de la compréhension des créatures les plus élevées. Dans aucune lanque , excepté V hébreu, on tie trouve des prières plus pieuses et plus sublimes à l'Etre des êtres , des expositions plus magnifiques de ses attributs, de plus belles descriptions de ses œuvres visibles que dans Varabe, te persan et le sanscrit (Recherches asiat,^ t, k,p. 183).

D. Mais cette connaissance du Dieu suprême est-elle répandue parmi le peuple ?

R. Voici une sentence, entre autres, que les brahmanes, ces fameux philosophes, ces éternels dominateurs des idées de Tlndc , font apprendre dans la plupart des écoles : AvanPque la terre. Veau, Vair, le vent, le feu, Bhrama, Vichnou, Siva, le soleil, les étoiles, et autres objets sensibles existassent , le Dieu unique et éternel, Suayambou {celui qui existe par lui-même) existait. Telle est la sentence que les brahmanes font apprendre dans la plupart des écoles , et cela sous les yeux d'un témoin oculaire qui Ta vu pendant trente ans (1).

D. Voilà qui est merveilleux; mais avec cela?

R. Et avec cela, jamais peuple aussi su-

f^erstiticusement idolâtre que le peuple dont es brahmanes sont , depuis tout temps , les philosophes et les docteurs. Il adore tout à la fois et l'oiseau Garouda , espèce d'aigle , et le serpent Capel que cet oiseau mange : au lieu de tuer ces venimeux reptiles qui leur donnent souvent la mort, il va leur offrir eu sacriGce les mets les plus délicats au bord do leurs trous : il adore des pierres et des plantes, et célèbre une fête annuelle en l'honneur d'une herbe très-commune nommée Darba Dans plus d*une occasion on y a adoré jusqu'à sa pelle et sa bêche : à une certaine fête chacun offre uq sacrifice à tous les outils de sa profession.

D. A coup sûr, les brahmanes ou philosophes de l'Inde n'ont pas leurs pareils en Europe.

R. Peut-être que TOUS vous trompez. Il y a quarante ans, la philosophie française du dixhuitième siècle, maîtresse des affaires en France, imagina un calendrier où chaque

i'our était consacré, non plus à un saint ou i une sainte, mais à une bête, à une plante, ou à un outil. Dans ce calendrier philosophique , la vache et le bœuf tenaient *un rang fort distingué, ce dernier était le principal personnage d'une des grandes fêtes de Tannée, nous en avons été témoins.

D. Jusqu'à présent, quels sont les philoso-

f)hes qui vous paraissent avoir Tavantcfge, es philosophes de France ou les philosophes dinde?

R. Jusqu'à présent les philosophes d'Indo l'emportent sur ceux de France , du moins 4 enjugernar un article des plus considérables, celui delà vache et du bœuf.

D. Comment cela?

R. Dans l'Inde, comme il y en a eu eu France, il y a quarante et quelques années, il

(I) Dubois; Mœun et Imiitulion aes peupla de r/ndr, t.5, i>, 195.

est des fétcs en l'honneur de Tan et de laulrci mais dans llnde il y a deax ou Irois choses de plus. D*abord la vache y est quelque chose de si sacré qu*en tuer une ou manger de sa chair est un crime beaucoup plus grand que de (ucr iin homme, fût-ce même son père ou sa mère. En second lieu, Turine de vache est aux Indous une eau lustrale, non seulement pour se laver, mais pour boire. EnGn pour un brahmane, pour un de ces fameux philosophes derinde le plus grand bonheur, le moyen le plus sûr d'avoir Tindulgence plénièretous les péchés, le moven infaillible d*aller tout droit en paradis, c est de mourir en tenant une vache , non par la tète , mais par la queue,

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