CHAPITRE LI
D. Espérez-vous que jamais les Français surpassent ou du moins égalent en ceci les Indons ?
R. Je ne Tespère pas, mais on peut le craindre.
D. Pourquoi?
R. Par la raison que celui qui pose un principe doit s'attendre à la conséquence.
D. Mais où donc voyez-vous en France le principe de cette monstrueuse idolâtrie que les brahmes ont établie dans llnde ?
R. Je le vois dans renseignement des brahmes français qui se donnent à eux seuls le droit d'enseigner la France.
D. Expliquez-vous un peu plus.
R. N'est-il pas vrai que si tout est Dieu, il faut tout adorer, la queue d'une vache aussi bien qu'une prostituée nue ?
D. La conséquence me parait juste ; mais où donc enseigne-t-on une pareille doctrine?
R. Dans l'Université brahmanique de France, comme on le voit par les élucubralions de ses docteurs, même de ses grands maîtres.
D. Mais n'est-ce pas un article du sens commun aussi bien que de la foi catholique, qu'il y a une distancé infinie entre Dieu et les créatures , entre la substance de Dieu et et celle des créatures, entre son mode d'existence et le leur?
R. Oui le premier article du bon sens et de la foi cathohqueditqull y a une distance infinie.
D. Comment peut-on alors sans offenser souverainement le bon sens et la foi catholique supposer que Dieu et les créatures sont la même chose que leur substance est la même, en un mot que tout est Dieu?
R. On ne peut pas lé supposer sans offenser souverainement la foi catholique et le bon sens.
D. Mais au nom de qui enseigne- t-on ces impies extravagances?
R. Ce n'est pas au nom de TEglisc catholiue qui les condamne, et qui seu!e a reçu e Dieu le drqjt d'enseigner les vérités religieuses.
D. Serait-ce an nom de l'Etat, qui pourtant se déclare lui-même sans doctrine, sans croyance, sans religion ?
i\. Je l'ignore, ce qu'il v a de sûr, c'est cuo
rétat paye les hommes qui pojsent ainsi les fondements de l'idolâtrie brafhmanique, et cela après avoir décrété que la religion cathulvque serait la base de l'enseignement public en France.
D. Une chose me passe, c'est que les Fran* çais aient pu inventer cela.
R. Les Français ont trop d'esprit pour avoir inventé rîen de pareil : c'est une marchandise importée d'Allemagne i particulièrement de Prusse et timbrée des noms prussiens de Kant et de Hegel.
D. En vérité si , sur le premier article du svmbole et du bon sens', la France marche des maintenant à la queue de la Prusse, elle pourra bien marcher un jour à la queue de l'Inde,