‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 14 sur 235 · D. Que faut-il penser de ces différentes opinions · texte numérisé non relu

D. Que faut-il penser de ces différentes opinions

R. Quand l'homme entreprend d'examiner .n nature intime <Ies êtres , et en général dès

3u'il quitte la sphère des choses sensibles ou e celles qui sont du ressort de sa raison , il peut tout an plus se permettre quelques conjectnres, et les donner pour telles. Sa marche doit être circonspecte et timide , et, pour me servir des ternies d'un poète célèbre , semblable à celle d'un vovageur qui traverse des forêts épaisses à la lueur de la lune naissante, affaiblie par des nuages :

çuaUper mceriam luiuim suh Ince maUijna Est lier ta silviSf vhi cœlum condiail tanbra J«ii.er, et rébus wx cbUuUi alfa eolorem.

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176. D. Mais encore ne peut-on pas porter quelque jugement écfairé sur ces différentes opinions?

R. I«a différence essentielle entre rhomme et la brute étant reconnue, il semble inutile d'adopter on de réfuter les imaginations des homoies sur la natnre d'une chose qu'ils ignorent et qu'ils ignoreront toujours. Dieu a créé les animaux pour le service de l'homme ; l'homme s'en sert, et cela doit Ini suffire. ToicI néanmoins ce qui semble être certain : ropinion qui fait des, bêtes de pures machines est plutôt un amusement philosoph que qu*un résultat de raisons propres à

persuader un esnrlt attentif et applique. S'échauffer avec r&uteur des Amériemnes en faveur du mécanisme des brutes, jusqu'à dire que c'est une vérité que Dieu a révélée aux petits et aux faibles , pendant qu'il Ta cachée aux grands et aux savants de la terre; que c^est ne vouloir pas çlier sous la main du Tout'Puiséant , que de fcadopter pas le paradoxe cartésien; c'est professer tout l'enthousiasme des systèmes. Dire qu'aucun être ne peut souffrir, à moins qu'il n'ait péché , afin de conclure de là que les bêtes ne souffrent pas , c'est abuser d'un passage de sai.it Augustin (1) qu'on n'entend pas , contredire le livre de Job (â) , et ne savoir pas évaluer les souffrances d'un être dénué do raison. C'est une erreur étrange que de mesurer les douleurs des brutes sur les nôtres; non seulement c'est la douleur des sens et du moment, à laquelle la réflexion , l'idée du passé et de l'avenir n'ajoutent rien, mais elle n'a jamais la même vivacité physique. M. de Buffon croit que leur sensibilité diminue à mesure que leur organisation s'éloigne de celle de l'homme (3); or dans toutes elle s'en éloiffne plus ou moins , et dans la plupart elle est essentiellement différente. Quelle que soit la sensibilité des brutes, on peut ia comparer à celle d'un honime en rêve ou en délire. — Ceux qui ont dit l'âme des bêtes .matérielle n'ont pas entendu qu'elle était matière, mais qu'elle tie pouvait eii aucune façon exister ni agir hors de la société de la matière : cette idée , vraie ou fausse, ne nous dit rien sur la nature et l'essence de la chose qu'elle prétend expli-

Suer.'Si on s'en tient à l'idée que nous avons, e l'excellence des esprits, il parait qu'il y a du ridicule à dire qu'un esprit puisse être dégradé au point de n'avoir o'autre destination que de chasser un lièvre, de détruire les souris , de chanter des airs sauvages ; et il y en a plus encore à croire que cet esprit meurt avec le corps : mais si l'on considère l'espace immense qu'il peut y avoir entre un

(1) On peut voir sur rcUc mnliérc un excellent Tnilédu P. Merlin : VéritMe clef des ouvrages de S. Augustin^ 2* pari., p. 123.

(2) Lliisloire du saint lionimc et tout le résultat do son livre dénmnircnt le contraire ; on dirait qu*i. h*a écrit que pour rétablir.

(3) On 8:ût roMiliii^n elle se trouve affaiblie de.*" qu'on la rechcrciic hors de la classe des quadrupèdes. Elle parait finir et perdre lous ses ressorts dans riiultre, Tamuial-fleur, lei>olypc, \Si dionma nniicinula; on ne la retrouve pîas au-di'liii de cet espace de Téclielle graduée des êtres. Mais il y a ici une erreur à corriger. Parce que lu classe des êtres sensibles se perd inipèrcepUblement dans la classe de ceux q*ji 8f)ni prtv^ de sentiment, des demi philosophes ont prétendu abroger les trois régnes de la nature , ne faire qu^an règne, qu*une vie, qu^une substance. Hien de plus propre k bouleverser toutes les idées el k mettre la confusion dans le langage. L*insensibilitê des nuances empècbe-t elle qu*un être sente, et qn*un autre ne sente pas 7 De la couleur blanche on arrive insensiblement à la .couiear noire, donc toutes les couleurs sont blanches. U en est de même du son ;. jl n'y en aura qu'un. Le n>oyen de faire des tableaux^^t des violons après cette découverte?

CATÉCniSME

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esprit et un antre , les espèces trés-esscntit^lenient diverses sous un mime genre, on trouvera celte opinion plus acceptable. [La distance est certes beaucoup plus grande entre Dieu et t*homme qu'entre Thomme et

2* L*existcnce de Dieu est une rérilé laquelle un homme sensé ne pcu.l se refuser : et cette ▼érilé est évidemment liée avec Timmortalité de nos Ames. L'univers est un fait qui suppose une cause, et nous déduisons du fait

UB animal quelconque; car entre riiomme rexistcnce et les at^.ributs de la cause Tor et Dieu la distance est infinie, tandis qu'elle ' parmi ces attributs il y en a qui supposent

reste dans un rapport fini entre Thomme et le dernier des animaux. Enfin , quand Tâme des bétes a rempli le rôle auquel elle était destinée sur la terre , savoir celui de faire mouvoir le corps, sa raison d'être a cessé, et 11 n'y a plus de motif pour que son existence se prolonge. Il est donc tout au moins probable qu'elle rentre alors dans le néant (1).]

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