‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 142 sur 235 · CHAPITRE LXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXI

D. Ne voit-on pas déjà cette même centralisation divine dans Thistoire humaine?

R. Oui : déjà il est fadle de la voir.

D. Comment cela?

R. D'abord le Christ seul embrasse tous les temps. Sa génération divine est de l'éternité, sa génération humaine remonte sans interruption, parSaloiuon et par David, à Abraham, à Noé, à Seth, qui fut d'Adam qui fut de Dieu. L'Ecriture marque les années qu'ont vécu ces patriarches, ainsi que les principaux événements qui contcrnenl la race humaine. Le plus grand de ces événements est la venue même du Christ. Tous les autres s'y rattachent, ou comme camuses occasionnelles, ou comme préparatifs, ou comme figures, ou comme effets. Cn de ces effets est le christianisme qui a régénéré le genre humain , et qui, à lui seul, prouve tout le reste. Le Christ est ainsi le point culminant des siècles et des événements, par conséquent de toute Thistoire.

D. Dans quels rapports sont avec cet ensemble les histoires particulières des princicipales nations?

R. Toutes les histoires grecques et latines se rapportent, plus ou moins directement, aux quatre grandes nations qui se sont succédées dans la domination universelle : les Assyriens, les Perses, les Grecs, les Romains. L'histoire chinoise parait destinée à nous donner quelques renseignements sur l'origine et la migration de ces peuples barbares, qui renversèrent par les fondements cet empire des siècles, et servirent eux-mêmes d'élément à la régénération du genre humain par le christianisme. Toutes les histoires humaines ne formeront ainsi qu'une seule histoire.

D. Qui est-ce qui nous a révélé cet ensemble de l'histoire humaine?

R. Le premier qui nous ait révélé ce ma-

Înifiqne ensemble, c'est le prophète Daniel, ans la statue prophétique de Nabuchodonosor : une, mais composée de quatre métaux

3ui se suivent : un empire, mais de quatre ynasties successives; statue renversée, mise en poudre par une pierre qui devient une montagne : empire mis à néant et faisant place à l'empire du Christ qui, faible d'à-* bord, remplit bientôt l'univers. Après le prophète, ce sont les pères de l'Eglise, S. Jusl'n, S. Théophile dWiilioche, Jules africain,

Clément d'Alexandrie, Eusèbe de Césarée, qui, les premiers, complétant, rectifiant les chronologies profanes par les Ecritures divines, ont montré l'histoire humaine comme une chatne immense qui, partant du trône de rElernel, se prolonge à travers les siècles, depuis Adam jusqu'au Christ, depuis le premier avènement du Christ jusqu'à son avènement final, et rejoint ainsi par les deux bouts le temps et l'éternité , pour la durée totale du genre humain, pour la providence cachée qui en fait un tout vivant , nul ne l'a mieux fait remonter que S. Augustin dans son grand ouvrage De la Cité de Vieu, autrement, de l'Eglise catholique.

Jl CHAPITRE LXIL

' D. Mais le Christ qui a réuni si merveilleusement toutes les nations en un seul empire spirituel avait-il été attendu par ces nations?

R. Oui : depuis le commencement du monde, toutes les nations de la terre attendaient un Roi, un Législateur, un Saint, un Dieu, un Sauveur, un Médiateur, un Réparateur de toutes choses. Au commencement de ce dis^ cours, disait Platon (Jtm.) invoquons le Dieu sauveur, afin que, par un enseignement extraor^ dinaire et merveilleux, il nous sauve en nous instruisant de la doctrine véritable. Le Saint envoyé du ciel, disait Confucius ( Morale Me Confucius ) saura toutes choses , et il aura tout pouvoir au ciel et sur la terre.

D. Mais sommes-nous bien certains que généralement toutes les nations de la terre attendaient le Sauveur du monde?

R. Oui, nous sommes bien certains non seulement que toutes les nations attendaient le Sauveur, mais encore qu'elles s'attendaient à le voir paraître il y a dix-neuf siècles, ei dans la Judée.

D. Quelle preuve avez-vous de cela?

R. Le témoignage non suspect de Suétone et de Tacite parmi les anciens, de Boulanger, de Voltaire, de Volney, parmi les modernes. D'abord Suétone ainsi que Tacite rapportent dans la vie de Yespasien, qu'une antique et constante tradition, répandue dans tout VOrient, annonçait quHl devait en ce temps-là sortir de la Judée le Dominateur du monde,

D. Quel est le témoignage de Boulanger par rapport à cette attente générale ?i

R. Il dit d'abord : Les Romains, tout répu^ blicains qu'ils étaient , attendaient , du temps de Cicéron , un roi prédit par les sibylles , comme on le voit dans le livre de la Divination de cet orateur philosophe ; les misères de leur république en devaient être les annonces, et la monarchie universelle la suite. Ensuite il montre que l'attente de ce personnage extraordinaire était partagée, non seulcmenl {lar les Hébreux, mais encore par les Grecs, es Egyptiens, les Chinois, les Japonais , les Siamois, les Américains et les Mexicains. Enfin , conclut-il , t7 n*y a aucun peuple qui n*att eu son expectative de celte espèce (1)

(1) Redierch. tur Conginc du despotisme orienlaL^ s cl. 10.

D. Vollairc altcstc-t-îl la même chose?

11. Oui : et de plas il montre de (fuel côté les divers peuples attendaient ce Désiré de toutes les nations. Voici ses paroles : C'était de temps immémorial une maxime chez les Indiens et chez les Chinois, que le Sage viendrait de VOc-cident. L'Europe au contraire disait qu'il viendrait de VOrient. Toutes les nations ont toujours eu besoin d'un Sa^fc (1). Voilà ce que dit Voltaire : sur quoi il est aisé de remarquer

Sue la Judée d'où , selon Tacite et Suétone, evait sortir ce Dominateur du monde, est précisément à l'occident des Indiens et des Chinois et à l'orient de l'Europe.

D. Le témoignage deYolney est-il conforme

aux autres?

R. Oui : de plus il nous rappelle encore sous quels litres et qualités , sa croyance universelle attendait le sauveur du monde.

trinc parfaite

îte (1).

leur Alcoran, le reconnaissent

p) avaient répandu la croyance d'un grand Médiateur qui devait venir, d'un Juge final, d'un Sauveur futur. Roi, Dieu conquérant et législateur aui ramènerait l'âge d'or sur la terre et délivrerait les hommes de l'empire du mal {Les Ruines ).

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