‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 143 sur 235 · CHAPITRE LXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXIII

' D. Qu'est-ce que la croyance universelle du genre humain nous apprend et nous oblige de croire par rapport à la venue du Messie ?

R. La croyance universelle de l'humanité nous apprend et nous oblige de croire qu'après avoir été attendu pendant quatre mille ans , il est venu depuis environ dix-huit siècles , et que ce médiateur est Jésus-Christ.

D. Comment la croyance générale, le sentiment universel nous oblige-t-il de croire que le médiateur attendu est Jésus-Christ?

R. C'est que le genre humain, après l'avoir attendu pendant quatre mille ans comme un personnage extraordinaire, comme un saint, un sage, un législateur, un homme, un Dieu , un sauveur, un juge final, reconnaît généralement toutes ces qualités en Jésus-Christ qui est venu il y a dix-huit siècles.

D. Quelle preuve avez vous que le genre hamain reconnaît généralement en Jésus- Christ toutes ces qualités attribuées de tout temps au médiateur?

R. D'abord il n'y a personne qui ne regarde Jésus-Christ comme un personnage extraordinaire qui a changé la face du monde. Les incrédules parlent de lui comme d'un Sage , d'un Législateur, d'un Saint; au point qu un de leurs chefs , J. J. Rousseau , a dit : Oui, êi la vie et la mort de Socrate sont d'un sage , la vie et la mort de Jésus sont d'un Dieu. Les Juifs, dans les histoires qu'ils en ont faites, le te{)résentent comme un homme nui se donnait pour le Messie, pour le Fils ae Dieu, an* nonce par les prophètes, et pour le prouver, faisait des miracles par la vertu incommunijcable de Dieu, enseignant avec cela une doc-

^l ) Âditiu à Cbltt. généraU, p. 15» édu

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Les mahométans^ dans

comme le Verbe de Dieu et le Messie, né miraculeusement de l'immaculée Vierge Marie, qu'ils ap* pellent la Source de toute pureté; et ils le révèrent comme un grand prophète qui avait l'esprit de Dieu , ressuscitait les morts , est monté au ciel pour venir à la Go du monde juger tous les hommes, et à qui appartient la justification de l'ame et la conversion du pé« cheur (2) ; tellement que dans le Code pénal des Turcs , il y a peine de mort sans rémission ni délai contre quiconque nierait la mission divine de Jésus-Christ f3). Les chrétiens qui tirent de lui leur nom 1 honorent comme le Fils de Dieu , le Sauveur du monde ; et en particulier, ceux qui font profession de suivre en tout le sentiment commun, les catholiques dont la société est sans contredit l'autorité la plus grande et la plus respectable sur la terre , l'adorent comme Dieu , comme jugesupréme des vivantsetdes morts, et cela depuis le moment qu'il a paru en ce monde, au témoignage des païens mêmes , tels que Pline, Cclse, Julien TApostat (i).

D. Mais si cet imposant accord de sentiments et de témoignages de la part des nations chrétiennes et mahoraétanes et même , jusqu'à un certain point, des Juifs, des païens et des incrédules , en faveur de Jésus-Christ , ne pourrait-on pas opposer le silence de quelaues autres , comme des Chinois et des peuples sauvages ?

R. Non ; car de même que devant les tri— bunaux de la justice humaine , le silence d'une personne qui n'a rien vu ni entendu parce qu'elle n'était pas à portée de voir et d'entendre n'infirme en rien les dépositions iormelles et unanimes de celles qui ont été à portée d'entendre et de voir; de même aussi, devant le tribunal du sens commun, de la raison humaine, le silence de quelques peuples qui , par leur position , n'ont pu être témoins de l'histoire de Jésus-Christ et de sa religion , né fait absolument rien contre les témoignages formels et unanimes de tous les autres. D'ailleurs si certains peuples n'oflroiil

Eas de témoignage écrit en faveur de Jésus— hrist , ils ne s'en unissent pas moins d'une autre manière à la masse du çenre humain pour reconnaître en lui le Désiré des nations et le Sauveur attendu dans tous les siècles ?

D. Comment cela?

R. Pendant quatre mille ans tous les peuples y compris , comme nous l'avons vu , les Chinois , les Japonais et les peuples d'Âme-* rique, attendaient le médiateur avec une espérance toujours croissante, jusque il y a

(i) Voyez Yttlttcire de rétablissement du ehristh^ nisme, tirée des seuls auteurs jui[s et païens^ par Uuilet.

(î) Voyez Biblioth. orientale, par d'HerbcIot ; |»articulièremclU les articles Issa ei Aliriam, et VAlcorail, iradnii par du Bycr, entre autres le cJiapiiro îfililulé Marie.

(3) Tableau général de Fempire OltiniiM , par M. d*Ohsson, t. 5 in -roi.

(n Voyez rilisioirc dcBulkt

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dix-hoU siècles que Jésus-Christ est venu se faire reconnaUre pour le Sauveur atlcndu ; et depuis ce moment, du moins dès qu*il entend parler de Jésus-Christ« aueun peuple ne Tattend plus. En sorle que depuis dii-huit si^es tous les peuples, sans exception, s'accordent à proclamer , ou bien que le médiateur est venu, et qu'il est Jésus-Christ; ou bien que le genre humain tout entier s'est trompe en attendant ce médiateur pendant

3uatro mille ans et en cessant de l'attendre epuis que Jésus-Christ a paru sur la terre ; c'est-à-dire depuis dix-huit siècles, tous les peuples du monde s'accordent à proclamer hautement que Jésus-Christ est le médiateur attendu si longtemps , au lieu qu'il faut nier la raison humaine. Quant aux peuplades tout à fait sauvages, comme les Cannibales et autres anthropophages qui ne deviennent hommes qu'en devenant chrétiens , qui ne sortent de leur profond abrutissement qu'à mesure qu'ils commencent à connaître cet Homme-Dieu et à crohre en lui ; ils lui rendront par là même un témoignage plus éclatant.

D. Mais les Juifs ne l'attendcnt-ils pas encore? , ^ ,^

R. Plus que tons les autres peuples les Juifs s'attendaient à voir paraître le Messie il y a dix-neuf siècles ; aussi lorsque à cette époque Jésus-Christ parut sur la terre , une grande

Sartie d'entre eux le reconnurent pour le auveur attendu , d'autres prirent pour lui divers personnages plus ou moins connus dans l'histoire; et si maintenant les restes des luifs attendent encore sans plus fixer aucun terme , ils n'en conviennent pas moins avec tout l'univers que les temps où le médiateur a dû venir, selon les prophètes, sont accomplis depuis environ dix-huit cents ans; ils n'en disent pas moins généralement que le Messio esi venu, mais qu'il est caché, et que le prophète Elie viendra pour le manifester. Ce qui est vrai : le Messie est venu et il est caché pour eux jusqu'à ce que le prophète vienne le leur faire connaître. En outre cette vaine attente et ce prodigieux aveuglement de leur part ayant été prédits par les mêmes prophètes qui ont annoncé l'époque , les circonstances et les suites de la venue du Messie » bien loin d'être une difficulté , sont une preuve de plus , et une preuve toujours subsistante. , ...

D. Dans quel pays le médiateur devait-il

|>araltre? . , .

U. Comme on l'a vu, les peuples de l'Orient, tels que les Indiens et les Chinois l'attendaient du cAté de l'occident; et ceux de l'Occident , tels que les Grecs et les Romains , Fattendaient du côté de l'orient. Or la Judée on Jésus-Christ a vécu est précisément dans cette position. , ^, ^

D. Jésus-Christ a-t-il encore donné d autres preuves de sa mission divine ?

R. Oui : et ce sont les prophéties accomplies en sa personne et les miracles qu'il opérait lui-même , ou donnait pouvoir aux autres d'opérer en son nom.

CaTÉCH. PUILOSOP. I

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