CHAPITRE LXIV
D. Mais est-il possible qu'il y ait des pro*phéties ?
R. Le sentiment commun du genre humain nous assure , non seulement que |ei prophéties sont possibles , mais encore qu1« y en a réellement. Car , dit CIcéron , t7 n*y a poini de nation , si polie qu'elle soit et si sa^ vante , ou si grossière et si barbare, qui ne croie que ^avenir est annoncé, que plusieurs le connaissent et peuvent te prédire (De Divinat. Lib,). On peut même ajouter que la prophétie est nécessaire à l'homme.
D. Comment la prophétie est-cUe nécessaire à l'homme ?
R. Quand Dieu a créé Thomme , il a dû nécessairement lui révéler le passé, comment il avait été créé ; le présent , ce qu'il était et ce qu'il devait faire|; Vavenir, ce qui lui arriverait, selon qu'il ferait bien ou mal; et après sa chute , ce qu'il avait à espérer ou à craindre. Sans cette révélation du passé, du présent et de Vavenir, l'homme, ne connaissant ni Dieu , ni soi-même, aurait été sans règle pour son esprit et pour son cœur.
D. Quelles sont les questions qu'on peut faire sur une prophétie?
R. Toutes les questions que l'on peut raisonnablement former sur les prophéties se réduisent à deux : 1* Est-il certain ({ue telle prophétie ait été faite ? 3* est-il certain qu'elle soit accomplie 7
D. Mais comment s'assurer de Texistence d'une prophétio et de son accomplissement ?
R. On peut s'assurer de ces deux faits comme de tout autre par le témoignage du sens commun ; et quiconque, en ce cas comme en tout autre, ne voudrait pas croire an témoignage du sens commun , renierait la raison même.