CHAPITRE LXV
D. Les prophéties qu'on applique au Médiateur sont-elles bien réelles? n'ont-ellcs pas été supposées par les chrétiens?
R. Ces prophéties sont bien réelles , et n'ont pas été supposées par les chrétiens; car elles sont consignées dans un livre que les Juifs , ennemis des chrétiens, conservent avec soin depuis son origine, et qu'ils portent dans toutes les parties de l'univers ; en outre , comme nous 1 avons vu , les plus importantes de ces prophéties étaient connues de l'univers entier, longtemps avant qu'il y eût des chrétiens.
D. Quelle raison avez-vous d'appliquer ces prophéties au Médiateur?
R. J'en ai pour raison sans réplique le sei^ liment commun des chrétiens, des Juib et, pour le fond, des païens mêmes, qui les ont, au moins les principales , constamment entendues du Médiateur.
D. Quelles sont les principales prophéties qui regardent le Sauveur attendu de toutes les nations ?
R. Les principales prophéties sont que le Sauveur, le Messie, c'est-à-dire Jésus-Christ (car Sauveur veut dire Jésus, et Messie Christ) , devait naître dans la Judée, et en parttculiei
{Yingt-ime.)
CAItCllISSE
4ans la rllle de Bethléem , de la race d*A* braham , de la tribu de Juda» de la famille de David, lorsqne la puissance soureraine serait ôléo au\ Juifs, environ quatre cent quatre-vingt^ix ans après le rélablissemcnl du second temple. Il devait entrer dans ce second temple faire, un grand nombre de miracles, établir une alliance nouvelle, éternoilo et commune à tons les peuples de la terre ; ensuite être mis A mort , et après sa mort le second temple ruiné , les sacriQces abolis , le peuple juif chassé de son pays , errant partout , sans roi , sans prêtre , sans autel (1).
b. Toutes ces prophéties se sont-elles accomplies en Jésu«*Christ ?
R* Oui, il y a dix-huit siècles passés, dix* neuf siècles commencés, environ quatre cent ouatro-vingt-dix ans après le rétablissement ou second temple, la puissance soureraine , le droit de vie et de mort Tenant d*étre âté aux Juifs, ce personnage extraordinaire, que tout le monde appelle, et lui seul, Jésus- Gbrist ou Sauveur-Messie, naquit A Bethléem, de la tribu de Juda, de la famille de David { entra dans le second temple, flt une nourello alliance dans laquelle entrent tous les peuples de la terre ; ensuite fut mis A mort avec toutes les circonstances marquées par les prophètes , et peu après sa mort, le temple ruiné • les sacrifices abolis, le peuple juif chassé de son pays , etc.
D. Que répondent A cela les Juifs et les incrédules T
A. Ces prophéties sont si dairos, surtout la plus importante de toutes, celle do Daniel; la manière dont elles se sont accomplies est al frappante • que les rabbins , ne sachant <^*y répondre « ont prononcé les plus terribles malédictions contre quiconque tenterait de calculer les années du Messie. Quant aux incrédules, ceux de nos jours conviennent qtte cette mémo prophétie de Daniel a été faite lonfftemps avant révénement, et les incrédules anciens, comme Porphyre, la voraient si clairement accomplie, qulls prétendaient qu'elle avait été Inventée après coup. En sorte que nous savons avec certitude et par les incrédules eux-mêmes, que la plus importante de toutes les prophéties a été faite longtemps Uvant révénement, et qu'elle s'est accomplie de la manière la plus évidente en Jésus^hrist.
D, f^urries-vous nous repéseoter tout cela •ons quelque emblème?
B, Le judaïsme est Tœuf d'où est sorti le • christianisnf » comme d'un œuf est sorti l'aigle
nul plane au haut des airs : depuis dix-huit siècles , Vaille »oHl de cet «nf »e.5«M« <»« s'élever et de grandir : depuis dix-huit siècles, l\»ttf wl vide et même troué : depuis dixhuit sièelf^^ le MtM voit pasoe que tout le nH>iide toU , que l'cHif est troué et vide : dt^nnit dix-bult sîèdes» Il ne cesse de garder et îte ci^v^r de ses Jtnx cet œuf Tlfjol «^ . ' iH^^r en vt^r sortir Talgle promis : nncrédu e se wHMiue «n Jnif • et V^^^ que lœuf aété
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D. Le Samresirn'a4-il pas Csil I
R. Oui : il a prédil blissement de ta MHàpom et ée douze pauvres péc^esuv , c< n A travers tous les ■iêclei et oppositions; S* la salem et de son te»pie« et li peuple juif , et depuis vers entier est lémoéa de T miraculeux de cet deux
CHAPITRB LXTL D. Qu'est-ce qn*oui ■dfacfeî
R. Un miracle , dH J. I. InniiiiM or.
dam un fait particulier, um meie wmééMé la puissance divine , sus ckamgememt satâHU dans l'ordre de la nature, mu exc^Htmrédk et véritMe à ses lais. Dieu pe^U-U fairt do miracles ? ajouto-ML Cette question . serinsèment traitée, serait ônpie , si eUe «Vf«r lésur de; ce serait faire trop d'kûnmeurà edn qui la résoudrait négaiivememi qm ielepmir. il suffirait de renfermer (1).
D. Mais qu'est-ce que l'ordre elles lois deh nature? et comment les connaissotts-ne»?
^ R. Nous les connaissons oniqueraent |mt Texpérience générale qui noos montre les mêmes effets constamment reproduits dam les mêm^îs circonstances. Noos nommons loU les causes de ces effets constants , et nous appelons ordre l'ensemble de ces lois.
D. Comment savoir avec certitude qu'on fait particulier est un miracle, un changement sensible dans l'ordre de la nature, une exception réelle et risible A ses lois?
R. Par le sens commun. En effet, c'est uniquement par le témoignage universel, parle consentement commun , que nous savons avec certitude qu'un phénomène est nalorei, ou conforme aux lois , A l'ordre constant de la nature. Quand doncce mêoie témoigoageat* teste qu'un fait , un phénomène qnelcoaqne, est on changement sensible dans Tordre delà nature , une exception réelle et visible à ses lois , la réalité de ce changement on de ce miracle est aussi certaine qu'il est certain qu'il existe un ordre et des lots de la sature; et quiconque refuse de croire sur ce point le témoignage général des hommes, ne peut raisonnablement le croire sur aucun point : il ne peut plus ni connaître l'oiiire de la nature et ses lois, ni même savoir s'il 7 a des lois et on ordre réel dans la natore.
D. Quels sont les miracles que Jésas-Cbrisl opérait pour prouver sa mission divine?
R. Il guérissait toutes les maladies, en prononçant quelques paroles , ou par on sîsiple acte de sa rolonlé ; il multipliait un petit nombre de pains pour nourrir toute une ainltitude; il marchait sur la mer, il ressoscilail les morts, etc.
D. Ces miracles sont-ils bien «m«-«^*
R. Jamais il n'y eut de fait
(1) Lelireê de la Montagne, p. lOi;
DU SKMS COMMUN.
que les miracles de Icsus-Cfarist. Le genre humain tout entier en rend témoignage : les chrétiens qui les ont tos et qui se sont laissé égorger pour attester ce qu'ils en disent; les Juifs et les païens, qui , pour les avoir tus , se sont faits chrétiens et exposés à la perte de leurs biens et de leur yie : les Juifs mêmes et les païens çui ne se sont pas convertisi et qui, comme JuhenrApostat,Celse,Porphyre,etles anciens rabhins, dans les écrits mêmes qu'ils ODtCatta centre la religion chrétienne, avouent
?ue Jésus-Christ a laît les miracles les plus tonnants, jusqu'A ressusciter des morts (1). D. Comment savons- nous avec certitude aue tous ces faits merveilleux sont réellement des miracles, des changements visiUes dans Tordre de la nature I
R. Par le sens commun de tous les hommes. En effet, qui ne conviendra qu'il n*est Bas conforme aux lois de la nature que des ^preux, des aveugles, des boiteux, des sourds soient guéris dans un instant par quelques prières ? aue ces paroles : Live^toi H marche, rendent 1 usage de ses membres à un paralytique de trente-huit ans ? qu'un mort ressuscite au seul mot : Son du tom'» fteau^ Aussi les Juifs, ne pouvant nier les miracles de Jésus-Christ, les attribuaient-ils à la vertu du nom incommunicable de Dieu; les païens incrédules, aux secrets de la magie. Quant aux mahométans , ils professent rAlcoran, comme une vérité certifiée par Dieu même , que Jésus Dis de Marie a fait des signes manifestes, des miracles évidents.