CHAPITRE LXXII
D. HoYsc cl Jésus-Chrisl , de Tavcu de Mahomet , ont fait de grands miracles pour prouver leur mission : Mahomet qui s*élère an-nlessus de Tun et deTautre a donc dû en faire de bien plus grands ?
R. Il n*en a fait aucun.
D. Est-ce qu'on ne lui en faisait pas Tobservation de son vivant?
R. On lui en faisait Tobservation plus qu*il ne voulait.
D. Et que répondait Mahomet ?
R. Pour toute réponse, il ne cesse de rap-
C\\er dans sonAlcoran, les miracles que oYso et Jésus -Christ ont faits pour prouver leur mission ; et il voudrait en conclure sophistiquemcnt que, puisque malgré tant de miracles on a eu de la peine à les croire, on devait Ten croire , lui , sans qu'il en fit aucun.
D. En ceci , à quoi Mahomet est-il semblable ?
R. En ceci , Mahomet raisonne comme un prètenda ambassadeur qui , sommé d'exhiber ses lettres de créance , dirait an roi : Mais les ambassadeurs qui m'ont précédé et dont je viens refaire l'ouvrage , vous ont présenté des lettres très-authentiaues , et encore avex-vous eu de la peine a les ad* mettre; donc vous devet m'admettre sur parole et sans que je vous présente aucune lettre quelconque.
D. Mahomet s'est-il toujours borné à cette réponse ?
R. Quelquefois , en désespoir de cause , Mahomet présente comme le miracle des miracles son Aicoran même ; et , pour le prouver, il défie tous lesMecquois, avecleurs idoles , de composer un chapitre de ce style l dtap. S). Défi puéril , digne d'un écolier
3 ni se croit un prodige parce qu'il connaît epuis hier les premiers éléments des lettres; défi peut-être redoutable pour les habitants delaliecque, qui ne connaissaientd'alphabet que depuis très-peu , et parmi lesquels il n'y avait encore qu'un seul homme qui sût écrire. Mais en vérité si on le compare aux écrî-' vains classiques des ttrecs et des Romains , l'Alcoran , ce miracle littéraire des Arabes , n'est qu'un inepte latras , excitant la risée et le dégoût.
D. Mahomet ne parle-t-U pas d'un autre prodige ?
R. Au chapitre 51^ de l'Alcoran , il parie du prodige de la lune fendue en deux.
D. Comment les docteurs mahométaus racontent-ils celte histoire?
R. Sommé publiquement, pour prouver sa mission, de couvrir le ciel de ténèbres, de faire paraître la lune dans son plein et de la forcer à descendre sur la Caaba , le temple de la Mecque , Mahomet accepta la proposition. Le soleil était au plus haut de son cours , aucun nuage n'interceptait ses rayons. Mahomet commande aux ténèbres , et elles voilent la face des deux. Il commande à la lune et elle parait au firmament. Elle quitte sa route accoutumée , et, bondis-
sant dans les airs , elle ra se reposer sur le faite de la Caaba. Elle en fait sept fois le tour , et vient se placer sur la montagne d'Abu-Cobaïs, où elle prononce un discours à la louange de Mahomet. Elle fait bien plus : elle entre par la manche droite de son manteau et sort par la gauche ; puis » prenant son essor dans les airs , elle se partage en doux. L'une des moitiés vole yers l'orient , l'autre vers l'occident ; elles se réunissent dans les cieux , et l'astre continue d'éclairer la terre. Tel est le commentaire que nous font de ce chapitre de l'Alcoran les docteurs du maboméiismc.
D. Que remarquez-vous li-dessus ?
R. N'est-ce point ici l'accomplissement de ce que S. Paul disait : // y aura un temps où ils détourneront leurs oreilles de la véntit et s'appliqueront à des fables (2 Ttm. 4, 4). Ces fables , amplifiées par l'imagination romanesque des Arabes, auront peut- être eu pour fondement quelqu'un de ces faux prodiges ou prestiges, que le même S. Paul a dit que ferait rAnlechrist à son avènement , pour séduire ceux qui périssent, parce qu'ils n'ont pas aimé la vérilc ( S Thess. 2 , 9 }.