CHAPITRE LXXUL
D. Quelle idée Mahomet a-t-il de Dieu ?
R. En général , Mahomet a de Dieu une idée basse et grossière.
D. Donnez-en un exemple.
R. Les chrétiens croient» d'après les divines Ecritures , que Dieu engendre éternellement de sa propre substance , son Verbe , son Fils unique, comme la lumière engendre ou produit naturellement ses rayons, comme l'intelligence produit la pensée; et que c'est là son premier-né que ses anges doivent adorer. Mahomet, plongé dans la chair comme la brute , crie i l'impiété, disant que si Dieu avait un fils , il aurait aussi une femme. En quoi Mahomet reste bien au dessous des sages païens , Platon et âocrale , qui entrevoyaient en Dieu une génération spirituelle du Logos ou du Verbe.
D. Sur ce point Mahomet est-il bien d'accord avec lui-même ?
R. Non ; car il reconnaît Jésus-Christ pour le Verbe et l'Esprit de Dieu , pour le Messie ; il reconnaît qu'il a fait des miracles, ressuscité des morts. Il reconnaît la divinité de l'Ancien et du Nouyeau Testament. Mais d'après l'Ancien Testament , le Messie doit être Dieu et fils de Dieu , et le Nouveau Testament a pour but de le faire voir. Dira-t-il que les Juifs ont corrompu leurs livres ? mais les Juifs les auraient-ils corrompus en fa« yeur des chrétiens , leurs ennemis ?
D. Y a-t-il quelque chose de plus ?
R. Il y a quelque chose de plus. Mahomet reconnaît que, par la volonté de Dieu, la vierge Marie, conçue-elle même sa» péché, a conçu et enfanté Jésus-Christ d'une manière immaculée et sans cesser d'être vierge (Ckap. 3 eM9). Mais si, par la rertu de Dieu, Marie a pu eneendrer un fils sans l'intervenlion d'aucun homme, a plus forte raison Dieu même a-t-il pu engendrer un
DU SENS COMMUN
Gis sant rinterventîon d'aucune femme.
D. Qo'est-ceque Mahomet dit encore d*in^ convenant sur Dieu?
R. Il prétend que les Juifs n'ont ni tué ni crucifié Jésus-Christ, mais l'un d'entre eux qui lui ressemblait , et que Dieu lui substitua adroitement pour les tromper. Mais faire de Dieu un trompeur , c'est se convaincre «oi-méme d'impiété et d'imposture.
D. Avez-vous encore quelque chose à jouter ?
R. Mahomet dit et répèle que , dans l'ori-
Sine delà création, Dieu ordonna aux anges 'adorer Adam ; que les bons anges l'adorèrent en effet, mais qu'Ebiis ou Satan s'^ refusa. Ce qui , à prendre les choses à la rigueur , voudrait aire que Dieu et ses anges sont coupables d'idolâtrie, et que Satan seul en est exempt. On peut croire que Mahomet n'avait pas une idée bien claire de ce qu'il disait. Mais il est un reproche beaucoup plus grave à lui faire.
D. Quel est ce reproche ?
R. Mahomet attribue à Dieu les mauvaises actions des hommes, non moins que les bonnes ; en sorte qu'il punit dans les méchants, les crimes qu'il a opérés lui-même en eux. A ceux qui se récriaient contre ce blasphème, Mahomet disait pour toute réponse : & est un mystère, c^est un secret. Oui , le mystère de Satan, l'auteur de tout mal, qui veut faire retomber tous les crimes sur Dieu même , l'auteur de tout bien.
D. Mahomet s'est-il fait à lui ménie l'application d'une pareille doctrine ?
R« Oui. Etant devenu amoureux de la femme de son fils adoptif , il l'épousa avec une solennité extraordinaire. Quelques-uns murmuraient d'un pareil inceste : aussitôt Mahomet fait descendre du ciel un chapitre de l'Alcoran {Chap. 33) , où Dieu lui fait un reproche d'avoir caché, par respect humain, \a passion qu'il avait pour la femme de son fils, tandis que le ciel lui-même en était l'auteur.