CHAPITRE LXXIV
D. Quelle idée Mahomet se fait-il et donnet-il aux siens, du paradis^ ou de la souveraine béatitude?
R. Voici le tableau que Mahomet lui-même leur en fait dans plusieurs chapitres de son Alcoran (1). Ceux qui se font tuer pour ma cause seront introduits dans des jardins de délices , où coulent des fleuves d'une eau incorruptible; des fleuves d'un lait inaltérable ; des fl juves du miel le plus pur ; des fleuves d'un vin qui flatte agréablement le' gosier. Ils y reposeront sur des lits de rose , brochés d'or. Ils auront à leurs dispositions des fruits magnifiques, des viandes, des oiseaux. Se lèvent-ils de table? Ils expirent, comme un parfum, ce qu'ils ont mangé, et peuvent se remettre à un nouveau festin avec plus d'appétit que devant. Us y auront chacun pour compagnes quatre-vingt-dix hou-
(I) Chap. 18, H, 47, 55, 78, avec les commentaires de fa Zuuna ci des doclcurs musulmans.
ris, aux grands jrcux noirs, belles comme des rubis et des perles, fraîches comme U rosée du matin. Elles seront leurs épouses , et ne cesseront pas d'être filles. C'est-à-dira que le paradis de Mahomet n est qu'un lieu de débauche monté sur un luxe oriental, et qu'il consiste dans les sales voluptés du libertinage, exemptes des devoirs de la paternité : ce qui est quelque chose au-dessous de la brute. Voilà ce que Mahomet fait iurcr à son Dieu pnr l'Alcoran, de donner a ses élus I A ce trait, comment ne pas reconnaître l'œuvre de ces esprits immondes , qui demandaient au Christ la permission d entrer dans des pourceaux ?
D. Après cela, quelle est la morale de Mahomet ?
R. Comme le paradis même de Mahomet n'est au fond qu'un lieu de débauche, le chemin qui y mène, ou la morale propre de Mahomet ne peut qu'être immorale.
D. Donnez-en un exemple.
R. Le christianisme avait réhabilité et affranchi la femme, c'est-à-dire la moitié du Senre humain , en ramenant l'unité et l'inissolubilité primitive du mariage : il avait triomphé des obstacles parmi les nations orientales, comme parmi les autres : partout la femme cessait d'être l'esclave et la victime de l'homme, pour devenir sa compagne unique et inséparable par le mariage, on bien quelque chose au-dessus de l'homme même, par le célibat religieux. Mahomet, en ramenant la polvgamie et le divorce, dégrade et asservit la femme, c'est-à-dire la moitié du
§enre humain ; et il la dégrade même auçssous de ce qu'elle était sous le paganisme de la Grèce et de Rome. Pour Mahomet, la femme n'est plus la compagne unique et inséparable que Dieu même donne à l'homme ; ce n'est plus cet autre lui-même, avec lequel il se voit identifié et revivre dans ses enfants : ce n'est plus uu'un instrument temporaire de brutales voluptés, ce n'est plus qu un esclave, une victime, et en ce monde et en l'autre. Car si Mahomet introduit des femmes dans son paradis, ce ne sont pas des mères de famille, mais des courtisanes; ce n'est
Eas pour qu'elles y soient enfin libres et eureuses , mais pour qu'elles servent éternellement et par troupeaux à l'insatiable convoitise d*un homme.
D. Et avec cela Mahomet prétendait reformer le christianisme?
R. Et avec cela Mahomet se vantait de réformer le christianisme et de le ramener à la perfection primitive d'Abraham, de Noé et d'Adam I
D. Que peut-on observer à cet égard?
R. On peut répondre à Mahomet et aux mahométans : mais dans l'origine des choses* lorsque Dieu créa l'homme innocent, pour être beureux en ce monde et en l'autre, il ne lui créa qu'une seule femme, et ajouUi que les deux seraient une même chair.
Donc , d'après Dieu même , il est non seulement plus parfait, mais encore plus heureux pour l'homme, même en ce monde, de
o*aTi9ir qu'une «eule rcmmo, que d*en aroir plusieurs.
D. Dao8 le fond, à quoi pensait Maho-
melT .
R. A rrai dire , Mahomet ne pensait guère â la porrection. Prenant ses propres pas* sions pour la règle des mœurs , il voulut asservir les femmes i la luxure de quelques riches, et les peuples au glaive de quelçiues ambitieux. Tel se montre le mahométîsme dans rhistoire humaine. Et pour garder ces troupeaux de femmes, il faudra mutiler des troupeaux d*hommcs, et les forcer pour ainsi par le couteau à un célibat ignominieux.