‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 156 sur 235 · CHAPITRE LXXVL · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXVL

D. Qu'est-ce que le protestantisme ?

R. De même que sous le nom de chaos, on entend une multitude confuse d'éléments divers, de même sous le nom de protestantisme on comprend une multitude de sectes diverses : telles que luthériens, calvinistes, zuinf liens, anabaptistes, hernhusers, swedenorffistes, piétistes, momiers, méthodistes, anglicans, quakers ou trembleurs, wesleyens, sauteurs, baptistes ou plongeurs, sociniens, unitaires, solitudinaires, épiscopaux, presbytériens, et une infinité d'autres, qui se multiplient encore de jour en jour.

D. Qu'est-ce que ces différentes sectes ont de commun entre elles?

R. Elles ont de commun entre elles, de ne point reconnaître en matière de religion la règle du bon sens, le sentiment commun, mais la règle du sophiste Protagoras, savoir, que chaque homme est la mesure de toutes choses : en un mot, elles ont de commun entre elles, de n*êtrc pas catholiques, mais hérétiques, et de protester contre l'Eglise universelle, d'où le nom commun de protestants et de protestantisme.

D. Sous le nom de protestants et de protestantisme, ne pourrait-on pas ranger les mahométaus, aussi bien que les luthériens et les calvinistes?

R. On le pourrait.

• D. L'auteur du luthéranisme a-t-il été un plus saint homme que l'auteur du mahomé-^ tisme ?

U. Il n'y parait guère.

D. Qui était Luther?

R. Luther fut un moine apostat qui séduisit et épouffa une religieuse.

D. Le langage de Luther est-il plus édifiant que celui de Mahomet?

(1 ) Cbap. G6, 8, 9, 2i. Vies de Mahomet par Savaril Kerz, etc.

DU SENS COUMUN.

fAQ

R.LelangàgedeLttlherestsi peu honnéle, que jamais homme qai se respecte on qui respecte les autres, ii*en tiendra de pareil.

D. Pour prouver sa mission, Luther a-t-il fait plus de miracles que Mahomet?

R. Il n'en a pas fait davantage : à moins qu'on ne veuille regarder comme des miracles de Luther, les moines et les nonnes qui sautaient les murs de leur cloître et jelaient le froct pour se marier : les princes et les seianeurs qui volaient les hiens den églises et des monastères : les hommes et les femmes qui, an lieu de faire pénitence par Tabstinence ei le jeûne, menaient une vie d'épicuriens.

D. De quel maître Luther apprit-il certains points capitaux de sa doctrine ?

R. Luther lui-même nous apprend que ce fut du diable.

D. Peut-on dire qu'en ceci Luther fût au dessus ou au dessous de Mahomet?

R. Comme l'ange de ténèbres, ainsi que le dit saint Paul , se transforme en ange de lumière, on peut croire que le soi-disant ange Gabriel de Mahomet était de la même couleur que celui de Luther : et qu'ainsi , sous ce rapport , la partie est égale.

D. Sur Dieu , Luther enseigne-t-il la même chose que Mahomet?

R. Comme Mahomet, Luther et Calvin font Dieu auteur du péché , et enseignent qu'il punit les hommes des crimes que luimême a opérés en eux : ainsi l'impiété est égale de part et d'autre.

D. N'y aurait-il aucune différence?

R. Luther s'est emporlé jusqu'à dire que les bonnes œuvres mêmes sont autant de péchés : Mahomet n'est pas allé si loin.

D. Touchant la sainteté du mariage, Luther et Mahomet ont-ils une doctrine différente?

R. Comme Mahomet et , à son exemple, Luther a ramené le divorce et la poliygamie snccetsive ; en sorte que pour les protestants, comme pour les mahomélans, le mariage n'est plus cette union Indissolable que le Créateur établit entre Adam et Eve, et que le Saureur a contracté avec son Eglise : mais un bail à terme, comme il en peut exister entre le concnbinaire et la concubine.

D. Luther s'en est-il tenu là.

R. Non , après avoir ramené parmi les siens la polygaiiiie successive, il a ramené aussi , comme Mahomet, la polygamie simultanée, en permettant au landgrave Philippe de Hesse , d'avoir à la fois deux femmes.

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