‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 166 sur 235 · I.E PHILOSOPHE · texte numérisé non relu

I.E PHILOSOPHE

lorU de bonne grâce , et savoir même en rire quelquefois. Je yoadrais vous raconter pn* core une anecdote assez plaisante qui me retient i l'esprit : ceci n*est d'ailleurs qu'entre nous 9 et sans conséquence.

Le eanUe. Allons, monsieur, puisque vous êtes aujourd'hui dans votre bonne humeur, il faut avoir la complaisance de vous entendre.

Le chev. L'un de vos chefs traversait , il y a quelque temps , en voilure , une rue de Leipsick, lorsque il aperçut un personnage à longue simarre , qu'il prit d'abord pour un confrère. H fait arrêter, s'informe; on lui dit

]ue c'est le docteur N. Malheureusement ce octeur avait été d'avis contraire au philosophe ; il l'avait écrit, et s'était nnmmé. Le philosophe youlail que chacun eût permission de se pendre quand bon lui semblerait ; le docteur avait pris la liberté de le contredire. Cette malhonnêteté avait choaué le philosophe , comme de raison : pareils outrages ne se digèrent guère. Or cette injure était encore sur le cœur du philosophe lorsque on lui nomma le docteur. Ce nom ranime aussitôt le zèle du pèlerin ; il saute en bas de sa voiture , saisit mon homme par le collet. Est-ce donc vous , lui dil-il , qui voulez prolonger la vie des malheureux ? £h 1 qui êtcs-vous pour les empêcher de se pendre quand cela leur fait plaisir? Le docteur qui se Toit insulté sur ses terres prend cet abord incivil pour une déclaration de guerre, et se met en posture de défense. Le combat allait commencer , lorsque on accourut de tous côtés pour mettre le hola. On s'en tint pour cette fois aux injures , et les deux champions, qui probablement n'avaient pas envie de se battre , se séparèrent sans qu'il y eût de sang répandu. Or vous m'avouerez, monsieur, que c'était là abandonner un peu trop légèrement le système de la tolérance pour défendre la cause de l'humanité.

U comte. Cette histoire nous est parvenue par des avis secrets ; et notre confrère a été sérieusement admonesté d'être plus circonspect à l'avenir. Mais vous, monsieur,... n'y aurait-il pas ici plus que de la plaisanterie ? Il me semble... Mes avis n'auraient-ils pas été prématurés?... Je voulais vous inspirer de la conflance, en vous faisant entrevoir nos ressources ; j'espère que vous n'en abuserez

pas.

Le ehet. Puisque vous le prenez sur ce ton , je vous promets , monsieur, de n'y plus revenir. Mais je pourrais bien oublier quelque chose de ce que vous venez de me dire, et j*en serais au désespoir. Permettez que j'en prenne note avant ae nous séparer.

Le comte. Non, non, monsieur.

le chev. Je vous le demande en grâce.

Le comte. Non , vous dis-je. Il faudra voir auparavant; et si vous êtes plus raisonnable, on vous donnera le tout plus en détail dans une instruction particulière.

Le chev. Mais quand?

Le comte. Le jour que vous serez classé.

Le chev. Mais m'en croirez- vous digne?

Le comte. Nous ne demandons d'abord ^

monsieur, que de la bonne volonté : réxpirience et la capacité viennent ensuite.

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