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conséquemmcnt A lui rendre vénérables Icurg prédictions des événements plus éloignés : enfin , an milîon des plus étranges révolutions par lesquelles il le fait passer, Il le conserve jusqu'à raccomplissement de la grande promesse.
Non? avons dit : supposé la yérilé du Pentateuquo » tout se suit dans rhistpire des Israélites. Mais quel iixii ancien serait vrai, si la vérité du Pentatcuque pouvait être suspecte? C'est un fait appuyé sur le témoi-
5 nage le plus constant et le plus uniforme 0 tout un peuple : sur toute la suite de Thistoire de ce peuple : sur tout Tordre civil, politique, religieux de ce peuple : sur toas les monuments étrangers j>arvenus jusqu'à nous, touchant ce peuple. Soupçonnera-t-on l'auteur du Pentateuque d'en avoir imposé à ses contemporains 7 Ce serait soupçonner riropossible. Dans la Genèse, il ne raconte que des événements dont ses contemporains pouvaient être aussi instruits que lui-même
?ar leurs pères , puisque entre eux et ces vénements on compte un si petit nombre de générations. Dans les quatre livres sui- Tants, de quoi s*agit-il? De faits sensibles, publics , aussi clairs que les rayons du soleil. Difa-t-on que ces quatre livres n'ont pas été écrits dans le temps des faits qui 'y sont rapportés ? On le dira sans ombre de preuve : la conduite seule du jeune prince Josias, et la seule lecture des premiers chapitres du livre d*Esdras, suffisent pour détruire le recours an grand prêtre Helcias, et au prêtre Esdras comme aux auteurs d'une telle chimère. Ce recours ne se détruit-il pas par luimême T L'auteur des quatre livres en Juestion prend à témoins les yeux mêmes e ses contemporains des événements qu'il décrit; il leur ordonne des fêtes pour en conserver la mémoire ; il établit un ordre de fuinistres , qu'il charge de les en instruire «ux et leur postérité. Quel imposteur serait capable de se conduire ainsi? ou quel imposteur, en se conduisant ainsi, pourrait réussir à en Imposer à ses contemporains , ou même aux descendants de ses conlempot*ains ? Comment persuader i des hommes qu'ils voient, ou qu'ils ont vu des faits qu'ils ne votent point, et qu'ils n'ont pas vus; qu'ils s'engagent à observer des fêtes en mémoire de faits qui leur sont inconnus ; qu'ils reçoivent un ordre de ministres, pour les faire ressouvenir eux et leur postérité de faits, dont ils n'ont jamais entendu parler? Corn* ment persuader aux descendants des contemporains, dans quel temps qu'on l'imagine, qu'ils ont reçu de leurs pères des livres tout récemment écrits ; qu'ils ont appris de leur bouche des faits qu'on leur propose, pour la
Jrcmière fois, à croire ; qu ils ont tu célèrer, et qu'ils ont célébré eux-mêmes des fêtes qu'ils viennent de voir instituer; qu'ils ont vu respecter, et qu'on leur recommande de respecter un ordre de ministres, qui vient d'être établi de leur temps? Reprenons la suite de. vos reproches contre l'histoire des Israélites.
8* Selon vous , toute l'histoire de Samson
semble plus faite pour amuser Fimagination, que pour édifier F esprit. Celles de Josué et dt Jepnté semblent barbares.
Ne perdez point de vue la vérité du Pen* tateuque, et vous ne verrez dans l'histoire de Samson, que celle d'un hooune que Dieu suscite et remplit d'une force extraordinaire, pour abattre rorgneil des ennemis de son peuple , et pour commencer à délivrer ce peuple de leur joug insupportable. Si Josué et Jephté n'agissent aue de leur autorité privée , nous vous les aoandonnons|; mais s'ils ne sont que les exécuteurs des arrêts de la suprême Justice, contre des peuples qui ont porté le crime jusque aux derniers excès: comment osez-vous les condamner?
9' L'histoire des rois est un tissu de cniaicte's et d'assassinats , qui fait saigner le cmuu Presque tous les faits sont incroyables; lèpre-' mier roi juif, Saul, ne trouve chez son peupie que deux épies » et son successeur David laisse plus de vingt milliarde d'çtrgent comptant. Vous dites que ces livres sont écrits par Dieu même; voias savez que Dieu ne peut tnentir : donc, si un setU fait est faux , tout le livre est une imposture.
L'histoire des rois offre un ^rand nombre d'exemples de la justice de Dieu contre les méchants rois ; de même que de sa bonté «n* vers les bons. Quels effets doivent produire les exemples du premier genre sur un bon esprit? Est-ce de faire u*émir la nature? Non ; mais de l'humilier sous la main toutepuissante d'un Dieu fidèle à ses menaces : de même que les exemples du second genre doivent servir à lui rendre la niété aimable. U n'y a rien de bien étonnant oans Tétai où sont représentés les Israélites au commence* ment du règne de SaiiU II est naturel que des ennemis désarment un peaple subjugué , et Çui vient demander un roi, pour secouer un joug intolérable. Quand on considère avec attention la fécondité du pays où rèçne David, les conquêtes de ce prince, les richesses des régions conquises , les mines précieuses de ces régions, le commerce avec les Tyriens et les Phéniciens , peuples si célèbres dans l'antiquité par leur commerce maritime avec tous les peuples de la terre connue, l'économie de ce prince pendant un long règne, e te. , on n'est pas si surpris des richesses immenses qu'il laisse après sa mort, pour la construction d'un temple, digne de son zèle pour la gloire de son Dieu, vous n'avez pu ébranler aucun fait. Toutes vos attaques n'ont abouti qu'à rendre , pour ainsi dire,
f)lus palpable leur vérité, et à faire sentir eur ensemble , qui est tel , que les uns, comme des conséquences , dérivent des antres coDune de leur principe. Vous concluez néanmoins, en supposant que vous en avez démontré la fausseté , que Dieu n'est pas l'auteur des livres qui les contiennent. Quelle manière de raisonner 1 Vous finissez vos attaques sur ce sujet par nos prophètes. 10* Les prophètes ne sont pas moins révot tants pour un homme qui na pas le don dt pénétrer le sens caché et allégorique dee pro^ phéties. Il est (oui surpris de voir Jérémie se
DE L*1I0NN£TE HOMME, ETC
charger d'un bât et d'tm collier, et qui se fait lier avec des cordes. Osée, qui va s'unir à une femme adultère; Isaie, qui marche tout nu dans la place publique : Éxéchiel, qui se couche trots cent quatre-vingt-^ix jours sur le côté gauche, et quarante sur le côté droit ; qui mange un livre de parchemin, qui couvre son
Ïatfi d'excréments d'homme, et ensuite de ouse de vache, etc. ; certainement, si le lecteur n'est pas instruit des usages du pays et de la manière de prophétiser , il peut craindre d'être scandalisé. Et quand il voit Elisée faire dévorer quarante en fatUs par des oxvrspour l'avoir appelé Téte-'Chauve, un châtiment si peu pro-* portionné à Voffense peut lui inspirer plus d'horreur que de respect.
Pardonnez^moi donc si les livres juifs m'ont causé quelque embarras. Je ne veux pas avilir V objet de votre vénération ;j*avoue même que je peux me tromper sur les choses de bien-séance et de justice, qui ne jsont peut-être pas les mêmes dans tous les temps; je me dis que nos mœurs sont différentes de celles de ces siècles reculés. Mais peut^re aussi la préférence que vous avez donnée au Nouveau Testament sur l'Ancien peiU servir à justifier mes scru-* pules. Il faut bien que la loi des Juifs ne vous ait pas paru bonne, puisque vous Vavex aban" donnée: car si elle était réellement bonne, pourquoi ne l'auriez^ous pas toujours suivie? Et si elle était mauvaise, comment était^elie divine?
Ce ton modeste ciue vous affectez en parlant de nos prophètes est un masque qui tombe de lui-même pour ne laisser voir que leurs conlempteurs. N'y a-t-il dans leurs ouvrages que ces actions qui vous surprennent ? Tout est-41 caché et allégorique dans leurs discours? FauUil avoir un esprit bien pénétrant pour entendre les prophéties d'isaïe [Chap. 13 et Sk) sur la prise de Babylone, sur rétat auquel serait réduite cette grande ville, sur Cyrus, qui devait s'en rendre le maître, et qui est nommé par son nom près de deux cents ans avant sa naissance? Faut-il avoir un esprit bien pénétrant pour entendre les prophéties de Jérémie (CAap.29, v. 10) sur la ruine do Jérusalem par Nabachodonosor, sur la captivité du peuple juif, sur la durée précise de cette captivité ? Faut-il avoir un es-
S rit bien pénétrant pour entendre Ezéchiel [7 Aap. 30, f).13)prédisantauxEgyptiensqu'ils tomberaient sous la puissance d'un prince étranger , et qu'ils ne seraient plus gouvernés par un princede leur nation ? Faul-il avoir an esprit bien pénétrant pour entendre Daniel fChap.% 7,8, 11) annonçant la succession de quatre grands empires, la destruction de celui des Perses par un prince macédonien, la division de l'empire de ce conquérant en quatre monarchies occupées par des princes qui ne seraient point de sa race, le temps précis où se montrerait à la terre le Libérateur promis au premier homme après sa chute , les caractères de ce libérateur , les effets de son avènement, etc. ?
Nier ez-vous que si ces prophéties sont antérieures aux événements qu'elles énoncent elles ne soient des preuves sans réplique de
Catéch. Philos. 1.
l'inspiration de letirs auteurs? Quel autre que le souverain Maître de l'avenir a pu 1o dévoiler à leurs yeux? Mais comment pourriez-vous, sans vous reprocher à vous-même votre mensonge, nier leur antériorité aux événements quelles énoncent? Ce serait nier l'évidence : la plupart de ces prophéties n'ont eu leur parfait accomplissement que dans dos temps où leur supposition était impossible, tant de la part de l'Eglise que de la part de la Synagogue : car sans un concert entre ces deux corps, la supposition était impossible; mais quel concert était, possible entre ces deux corps, d'un côté pleins de respect pour les livres des prophètes et prêts à répandre leur sang pour leur défense ; de l'autre si peu d'accord entre eux sur le sens de ces livres?
11 y a des figures, des métaphores, des allégories dans le style des prophètes, surtout lorsque ils parlent du grand libérateur du genre humain. Qu'y a-t-il en cela qui doive vous étonner? C'est le style des meilleurs esprits de leur temps et de leur pays; et d'ailleurs le Libérateur du genre humain offrait trop de grandeur pour être annoncé dans un style simple. Mais souhaitez- vous de voir s'évanouir toute obscurité? Rapprochez le st^le des prophètes sur ce sujet cfe la lumière que fournissent Jésus-Christ et ses apôtres, c'estrà-dire de la naissance de Jésus- Christ, de toutes les circonstances de sa vie et de sa mort, en un mot, de l'Evangile et du succès de la prédication des apôtres.
Dès qu'il est constant que nos prophètes sont l'orffane et la voix de Dieu même, y a-t-il la moindre difficulté à les voir prédire l'avenir au nom du Seigneur par des actions do même que par leur parole ? Les chaînes et les cordes dont se charge Jérémie {Chap. 27} pour figurer l'état où allaient tomber plusieurs nations ne sont-elles pas aussi expressives et par conséquent aussi prophétiques que les paroles mêmes qu'il emploie pour en expliquer le but et la fin? Qu'y a~t-il de surprenant que le Seigneur, pour marquer l'infidélité de Samarie, c'est-à-dire sa prostitution a des idoles, prescrive à Osée {Chap. 1) de prendre pour épouse une prostituée? La nudité d'isaïe {Chap, 20), consistant à ôter de dessus ses reins le sac qu'il portait et marcher nu*pieds, renferme-t-elle rien de si choquant?. N'était-elle pas propre à représenter l'état où allaient être réduits ^es Egyptiens et les Ethiopiens par Sennachérib?
Nulle difficulté au sujet du livre qu'il est ordonné à Ezéchiel de manger. Tout se passe ici en vision ; ce qu'il y a de réel c'est la connaissance que reçoit le prophète des arrêts rendus par la justice suprême et qu'il est chargé de publier.
Le siège de Jérusalem fieuré sur une brique par le même prophète {Chap. 2 et 3) ; son sommeil durant un certain nombre de jour sur un côté et puis sur.un autre; le pain dont il se doit nourrir cuit dans la cendre de fienlo de bceut; tout cela est mystérieux, et le Sei^ gneur ne lui laisse pas ignorer le mystère, surtout de cette espèce de pain, pour exprimer la misère extrême dans laquelle allaient
{Vingt-huit.)
EXAMEN DU CATÉCHISME
tomber les habitants de Jérusalem durant le
[ inj[are laite a sa personne et non à cause de Finiore faite i son ministère [k Aoû, % V. 2ik)? Qui êtes- vous pour oser condamner le Seieneur qui le venge, en faisant dévorer ces enfants par des ours ? La privation de la vie , pour des enfants cjui en connaissent si peu le prix, était un petit châ* liment pour ces malheureux enfants; ce n*en était qu'un grand, mais juste, pour les pères qui les avaient si mal élevés.
Le caloyer peut être assez induisent pour vous pardonner vos embarras sur les livres juifs ; n'attendes pas la même indulgence de notre part. Vos embarras sont trop frivoles
i>our nous persuader qu'ils soient sérieux. In vain cherchez-vous fa justification de vos scrupules dans la préférence qu'il vous plaît de supposer que nous avons donnée au Nouveau Testament sur TAncien. Nous reconnaissons la divinité de l'un et de l'antre. Dieu étant un , il ne peut y avoir qu'une seule et véritable religion. La nôtre ne diffère point essentiellement, ni quant aux lois ni quant aux dogmes , de celle des patriarches ni de tous les anciens Juifs éclairés. Nous avons le même Décalogue, développé et éclairci dans le Nouveau Testament. Et nous adorons en Jésus-Chnsi le Fils de Dieu, adoré et attendu par tous les justes de l'Ancien. C'est à cette Gn que se rapporte tout cet Ancien Testament, ou comme promesse, ou comme figure, ou comme prédiction. Envisagez sous ce point de vue les lois cérémonielles et judicielles données aux Israélites, et vous cesserez de vous perdre dans de puérils raisonnements. Vous reconnaîtrez que ces lois n^ayant été données que pour la conservation de la véritable religion sur la terre, les premières en figurant les mystères de Jésus- Gfaristy les secondes en maintenant en un corps civil le peuple d'où il devait naître selon la chair, elles sont tombées d'ellesmêmes, lorsoue d'un cAté la vérité a pris la place de la ngure, et de l'autre lorsque le peuple juif et tous les autres peuples n'ont plus dû en faire qu'un seul.
De quel usage en effet pourrait être la circoncision pour distinguer les adorateurs du Dieu vivant des adorateurs des idoles, lorsque le Dieu vivant serait reconnu de toutes les nations? De quel usage pourraient être les sacrifices des animaux pour reconnaître le souverain domaine du Dieu du ciel et de la terrcy lorsque de toute part on immolerait à sa gloire une victime pure et sans tache? De quel usage pourraient être tant de lois particulières relatives au pays habité par les Israélites, à ce pays lui-môme, aux nations qui les environnaient et à mille autres circonstances particulières , après les changements qui devaient être les suites de la maniiestation du erand Libérateur?
Le caloyer. ju Ancien Tateuneni a ie$ diffi* cnltéi; mais vous m'avotiex donc que te Nou-ve^u Testament ne fait pas ntUtre en vous les
mêmes doutes et les mêmes scrupules que VAncien,
On ne saurait entendre sans perdre patience ce caloyer : toutes ses difucnltés qui Tiennent d'être proposées contre l'Andea Testament, n'ont pas tiré de lut un seul mot pour sa défense, et il en conclut que son adversaire n'a pas les doutes et les mêmes scrupules sur le Nouveau. O^el personnage ! Voyons si l'honnête honune va se rendre i la conclusion.
Lhonnête homme. Je les ai lus tous deux avec attention: mais souffrez que je vous ex-pose les inquiétudes oH me jette mon ignorance. Tous les plaindrez et vous les calmerez.
Je me trouve ici avec des chrétiens armé^ niens, qui disent qu'il n'est pas permis de man-
Îfer du lièvre; avec des grecs, qui assurent que e Saint-Esprit ne procède point du Fils; avec des nestoriens, qui nient que Marie soit mire de Dieu; avec qudques latins, qui se vantent qu'au botU de l'Occident les chrétiens d'Europe pensent tout autrement que ceux ffAsie et d'Afrique. Je sais que cinq ou six sectes en Europe s'anathématisent les unes les autres ; les musulmans qui m'entourent regardent d'un œil de mépris et d'horreur tous ces chrétiens que cependant ils tolèrent. Les juifs ont égale* ment en exécration les chrétiens et les musulmans ; les guibres les méprisent tous ; et le peu qui reste de sabéens ne voudrait manger avec aucun de cetsx que je vous ai nommés. Le brame ne peut souffrir ni sabéens, ni guSnres, ni chrétiens, ni niahométans, ni juifs.
Que conclure de l'énumération de toutes ces sectes qui couvrent la terre et de la division qui règne parmi elles au sujet de la chose la plus intéressante pour lliomme, savoir la manière dont Dieu veut être honoré pour lui plaire? Qu'il faut les mépriser tontes, sans en examiner aucune : ce serait prendra le parti le plus outré. U est bien clair qae ces diverses sectes étant si opposées les unes anx autres, il n'est pas possible qu'elles soient toutes dans la vérité ; mais sont-elles tontes dans Verreur? Les chrétiens prétendent jouir du privilège de posséder la véritable religion à l'exclusion de tous les autres peuples do la terre. Il est certain que si la prétention des chrétiens est incontestable, leur religion est la seule vraie , parce que Dieu étant nn , il ne peut v avoir qu'une seule religion Traie. Est-elle aonc incontestable la prétention des chrétiens ? Qui pourrait en douter, après ce
Îue nous avons dit sur la vérité de l'Ancien estament? La religion des chrétiens est démontrée aussi ancienne que le monde el appuyée sur les preuves les plus manifestes de divinité : deux caractères inséparables de la yéritable religion ; parce que d'une part , la religion étant le premier devoir de rhomme, elle doit être aussi ancienne que rhomme : et d*une autre part, que Dieu ne peut aoto— riser que la venté par des preuves manifestes de divinité. Or ces deux caractères appartiennent A la seule religion chrétieniie« a l'exclusion de toutes les autres sectes répa ndues sur la terre. Il ne peut donc rester de
DE L'HONiNETE HOMME, ETC.
difDcalté que par rapport aa choix entre ces différentes sectes qui se disent chrétiennes. Le choix n*est pas difDcile : peut-on s'y tromper T peut-on ne pas voir que la société, parmi ces sectes, qui a toujours été» qui demeure toujours sur sa base ; qu*on ne peut pas seulement accuser de s*étre séparée d*un autre «.orps , et dont toutes les autres se sont séparées portant sur leur Tront le caractère de leur nouveauté; peut-on ne pas voir, encore un coup, qu'elle est la seule qui soit en possession de la véritable religion?
/'aï cent foU tovhaiti que Jésus-Christ, en venant sHncarner en Judée, eût réuni toutes ces sectes sous ses lois. Je me suis demandé pourquoi étant Dieu y il n^apas usé des droits de la divinité; pourquoi en venant nous déli' vrer du péché, t/ nous a laissés dans le péché ; pourquoi en venant éclaifer tovts les hommes, il a laissé presque tous les hommes dans l'erreur T
Je sais qut je ne suis rien ; je sais que du
{bnd de mon néant je ne dois pas interroger 'Etre des êtres :maisM m'est permis, comme à Job, d:* élever mes respectueuses plaintes du sein de ma misère.
Nous voudrions, comme vous, de tout notre cœur voir marcher tous les hommes dans les voies de la vérité et de la justice ; mais il ne s'agit ici ni de vos souhaits ni des nôtres. Vos souhaits nous sont suspects et ne nous paraissent qu'un de ces tours insidieux pour prévenir le lecteur en faveur de ce que vous allez dire contre Jésus-Christ. La Question entre vous et nous est : Si, eu égard à l'état dans lequel nous naissons, il y aurait eu de véritables justes sur la terre , en cas que Jésus-Christ n'eût pas dû y venir ; et s'il y en aurait en cas qu il ne fût pas venu ? s'il y en eut sans la foi en Jésus-Christ et sans son amour avant sa manifestation 7 si depuis sa manifestation il y en a eu, ou s'il y en a sans la foi en lui et sans son amour? ILa décision dépend uniquement de l'idée qu'on doit avoir d'un homme véritablement juste.
Un juste est un homme qui rend i Dieu ce qu'il lui doit, à soi-même ce qu'il se doit, A ses semblables ce qu'il leur doit : à Dieu, une idée pure et saine ae sa perfection, un amour qui le préfère i tout, et qui lui rapporte tout comme au principe et à la fin de tout bien, l'adoration tant intérieure qu'extérieure , la soumission à ses ordres, la crainte de sa justice, la confiance dans sa bonté, l'attente de ses secours et des biens réservés à la verlu après cette vie ; à soi-même la connaissance de la dignité de son être et de sa haute destination, de même que de sa corruption et de sa faiblesse, la modestie et rhumililé, le détachement et le mépris des biens terrestres , la modération dans l'usage de ses sens, la vue et le désir des biens promis à la vertu dans une autre vie, en ne regardant la présente que comme un temps d épreuves et de préparation pour la future ; à ses semblables un amour égal à celui qu'il a pour lui-même, tous les services qui dépendent de lui, et qu'il }uge propres à contribuer i leur bonheur, •oit durant soit après la* vie présente.
Posé cette idée si simple d'un homme véritablement juste; pensez-vous , eu égard à cette ignorance profonde dans laquelle nous naissons de Dieu et de nos devoirs, aux égarements de notre imagination, aux penchants funestes de notre volonté, à cet amour aveugle et injuste de nous-mêmes, qui rapporte tout à soi , qui se fait le centre de tout , a cette rébellion continuelle de nos sens contre la raison ; pensez-vous qu'il y aurait eu et qu'il y aurait de véritables justes sur la terre, si Jésus-Christ n'eût pas dû y vcnii* et
Îu'il n'v fût pas venu? que sans la foi en ésus-Christ et sans son amour, il y ait eu de véritables justes avant sa manifestation ? que sans la foi en Jésus-Christ et sans son amour il y en ait eu ou qu'il y en ait depuis sa manifestation. Où nous montrerez-vous de véritables justes avant la manifestation de Jésus-Christ, parmi ces nations qui ne l'ont point connu ? où nous en montrercz-vous parmi ces nations qui ne le connaissent pas, soit qu'elles aient rejeté la lumière qu'il leur a fait offrir, soit qu'après l'avoir reçue, elles y aient renoncé ? Jésus-Christ est la voie, la vérité et la vie.
Etant le maître des esprits et des cœurs, il pouvait sans doute faire marcher dans la lumière toutes les nations ; mais il est certain qu'avant son incarnation il les a laissé prosqu«9 toutes marcher dans leurs voies, et qu'il T en laisse encore un grand nombre. Admirons sa miséricorde sur les unes , tremblons à la vue de sa justice sur les autres ; sans oser, du fond de notre néant interroger l'Etre des êtres , écrions-nous avec l'Apêtre : O profondeur des richesses, que vos jugements sont incompréhensibles , que vos votes sont impénétrables l
Au reste, les hommes ne peuvent se Justifier à eux-mêmes leur résistance à l'Ëvangîle : ce sont des superbes qui ne veulent pas s'humilier pour recevoir les sublimités qu ou leur annonce ; ce sont des charnels et des sensuels qui ne veulent pas se dépouiller do leurs sens pour entrer dans les choses spirituelles où l'on veut les faire entrer ; ce sont des vicieux qui ne peuvent souffrir d'être repris par la vérité. Avez-vous de meilleures raisons à nous opposer?
Que voulex'-vous que je pense, répondezvous, quand je vois deux généalogies de Jésus, directement contraires Vune à T autre, et que ces généalogies si différentes dans les nomt et dans le nombre de ses ancêtres, ne sont pourtant pas la sienne, mais celle de son père Joseph, qui n*est pas son père.
Il faut avoir vos yeux pour découvrir quelque contrariété réelle dans les deux génealo- Î^ies de Jésus-Christ. On peut supposer que es deux généaloffies sont de Joseph , l'uno naturelle, l'autre légale. On peut encore trèsbien supposer que la première est de Joseph, la seconde de Marie, sa proche parente. Dans l'une et l'autre supposition, la diversité des noms des ancêtres et l'inégalité de leur nombre n'ont rien ({ui doive surprendre : l'auguslo fiimille de David étant tombée dans une grande obscurité après la captivité de Babyloue, les
EXAMEN DU CATÉCHISME
ilescendants de ee prince par Salornoo purent avoir assez peu d^emprcsscment pour se perpétuer et se multiplier ; au lieu que les desrendants du même prince par Nathan, n*ayant pas les mêmes raisons , purent se conduire diversement. Qu'importe que Joseph n*eût point de part à la naissance de Jésus-Christ; celui-ci en était-il moins de sa famille par &farie, sa proche parente, et constamment de la TamiUe de David, dont les deux branches s'étaient réunies dans Salathiel ?
Jt donn^» continuez- vous, la torture à mon esprit cour comprendre comment un Dieu est mort SI inutilement. Je lis les livres sacrés et les livres profanes de ces temps-là ; un de ces livres sacrisme dit qWune étoile nouvelle fOrrut en orient, et conduisit les mages aux pieds de Dieu, qui venait de naitre. Aucun livre profane ne parle de cet événement à jamais n^morable , qui semble devoir avoir été aperçu par la terre entière, et marqjAé dans les fastes de tous les états. Un évangéliste me dit qu'un roi nommé Hérode, à^ui les Romains, maîtres du monde connu, avaient donné la Judée, entendit dire que V enfant qui venait de naitre dans une t table devait être roi des Juifs ; mais comment, et à qui, et sur quel fondement entendit-il dire celle étrange nouvelle? Est-il possible que ce roi, qui n'avait pas perdu le sens, ait imaginé de faire égorger tous les petits enfants dupays, pour envelopper dans le massacre un enfant obscur? Fa-t-il un exemple sur la terre d une fureur si abominable et si insensée ?
J* ouvre V histoire de Josêphe, auteur presque contemporain ; Josiphe, parent de A/ariamne. sacrifiée par Hérode; Josiphe, ennemi naturel de ce prince; il ne dit pas un mot de cette aventure ; il est Juif, et il ne parle pas mime de ce Jésus né chez les Juifs.
Vous donnez la torture à Totre esprit pour comprendre comment un Dieu est mort si inutilement. Etes-vous donc si peu versé dans rhistoire ancienne , pour ignorer l'affreux état où la terre était réduite avant la venue de Jésus-Christ ? N'était-elle pas couverte des ténèbres de Tidolâlrie ? N'était-elle pas inondée des vices qui en sont la suite naturelle ? Jésus-Christ meurt, et il a attaché à sa mort le fruit de sa manifestation. La terre change de face : TEvangilc est annoncé : le vrai Dieu est connu : la vertu éclate : et dans ce passage des ténèbres à la lumière, des vices à la vertu, vous méconnaîtriez les effets de la mort d'un Dieu 1
Aucun livre profane ne vous parle de l'apparition de rétoile qui conduisit les mages aux pieds de Jésus-Christ, qui vemiit de naître. Vous n'avez donc pas lu Chalcide, ce fameux philosophe, dans son commentaire sur I j Timée de Platon. Il raconte le fait presque dans les mêmes termes que S. Matthieu. Il est vrai qu'il ne vivait pas du tt^mps de Tévénement ; mais 11 ne parait pas qu'il copie l'auteur sacré ; c'est donc d'après des auteurs du temps, dont les ouvrages ne sont point narvenus jusque à nous, qu'il raconte le fait dont il s'agit. Ajoutez que le récit de ce tait se trouvant dans un ouvrage tel que l'Evangile, qui devait être connu d'une inflnité de
personnes n'ayant essuyé aucune contradiction de la part des contemporains, leur silence , bien loin d'infirmer le témoignage de l'auteur sacré, en devient une preuve : car comment cet auteur eût-il pu échapper à la contradiction de ses contemporains, si le fait qu'il rapporte n'eût été de la dernière certitude T
Auguste n'avaitbas la même idée que vous de la douceur d'Uérode ; il avait condamné Antipater : mais lorsnue il eut appris qu'au lieu d'implorer sa clémence pour ce Gis infortuné son père l'avait fait périr, il ditqu*il aimerait mieux être le porc d*Hérode que son enfant. Macrobe, dans ses Saturnales , rapporte ce bon mot immédiatement après avoir raconté le massacre des enfants de Bethléem ; parce qu'Antipater fut mis à mort dans le même temps.
Macrobe ne doit pas être suspect , il était païen, et d'ailleurs exact: son ouvrage n'étant qu'un tissu d'extraits des écrivains çrecs et latins. Le silence de Josèphe mérite ici peu d'attention : il ne fait que, copier sur Hérode, Nicolas de Damas, panégyriste de ce prince. Il faut bien peu connaître ce prince, pour soupçonner l'auteur sacré de Tavoir calomnié. Ambitieux et jaloux de faire passer à sa postérité le trêne, il avait traité cruellement les princes asmonéens ; comment donc voudraiton qu'il eût épargné un enfant dont on lui venait annoncer la naissance à Bethléem comme d'un roi des Juifs TComment donc voudrait-on que, pour ne pas manquer son coup, il n'eût pas fait massacrer tous les enfants nouvellement nés à Bethléem?
Vous dites aue Josèphe ne parle pas même de ce Jésus né chez les Juifs. Etes-vous donc bien assuré qu'une main étrangère a inséré dans ses Antiquités judaïques cet éloge de Jésus-Christ ? En ce même temps était Jésus,
Îjui était un homme sage, si toutefois on doit e considérer simplement comme un homme , tant ses osuvres étaient admirables. Il enseignait ceux qui prenaient plaisir à être instruits de la vérité, et il fut suivi non seiUement de plusieurs Juifs» mais de plusieurs Gentils : c'était le Christ. Des principaux de notre nation rayant accusé devant Pilote, il le fit crucifier. Ceux qui l'avaient aimé durant sa vie ne /'a* bandonnirent pas après sa mort. Il leur ap^ parut vivant et ressuscité le .troisième jo^r. comme les saints prophètes lavaient prédit^ et qu*il ferait plusieurs autresmiracles. C'est de lui que les chrétiens, que nous voyons encore autour' dhui, ont tiré leur nom [Antiq., liv. 18, eh. k). Pouvez*vous vous persuader quecetétoge ne soit pas de la main de Josèphe ? Pouvezvous vous persuader que l'historien, écrivant dans un temps ou il y avait un nombre prodigieux de chrétiens par tout l'empire romain, ait gardé le silence surun tel sujet?La crainte de sû déshonorer aux yeux de ses conteni-' porains et de la postérité suffisait seule pour le lui faire rompre. Vous devez être peu sor-
Sris de ne pas trouver chez lui un plus long était ; ses préventions pharisaïques, et encore plus sa basse eX impie (latterie qu'il avait poussécià l'ég.ird de Vespasien, jusque i lui
DE L^HONNLTË HOMME, ETC
faire rapplicalion des oracles qui rcffardaient le Messie, ne lui permetlaient pas de s'étendre daTantage.
Que dHncertitudeê, vous écriez-vous, nCac" câblent dans la recherche importante de ce que je dois épurer et de ce que je dois croire t Je lis
i les Ecritures, et je n*y vois nulle part que Jésus, reconnu depuis pour Dieu, se soit jamais ap-pelé Dieu ; je vois même tout le contraire ; il dit que son Pire est plus grand que lui, que le Pèreseulsait ce que le Fils ignore. Et comment encore ces mots de Père et de Fils se doivent-ils entendre chez un peuple : or par les fis de Béliidon voulait aireles méchants, et par les fils de Dieu on désignait les hommes justes ? T adopte quelaues maximes de la morale de Je'
' sus, mais quel législateur enseigna jamais une mauvaise morale ? Dans quelle religion Vadultère, le larcin, le meurtre, IHmposture, ne sont' ils pas défendus? Le respect, pour les parents, V obéissance aux lois, la pratique de toutes les vertus expressément ordonnés ?
Les incertitudes qui vous accablent sont trop volontaires pour exciter notre compassion. J^us-Christ ne s*est pas appelé Dieu en termes formels ; mais ne ra-t*ii pas fait en termes équivalents, en s'attribuant la même puissance qu'à Dieu son père, Tégalilé avec lui, la même nature, les mêmes honneurs. Il opère tout ce que son Père opère. Mon Pire, dit-il, depuis le commencement du monde jusque aujourd'hui ne cesse point d^agir ; et le repos dans lequel il est entré après la création, et qu'il a voulu faire honorer par celui du sabbat, n'empêche ni les opérations de sa puissance dans la conservation de ses ouvrages, ni les opérations de sa grâce dans la justifiacation des âmes. Et j'agis aussi incessamment. Pouvait-il marquer plus clairement qu'il est un même principe avec lui de ses opérations divines; par conséquent, qu'il a la même puissance ? Il exprime aussi clairement son égalité avec son Père dans sa réponse au prmce des prêtres. Celui-ci lui demande : Etes-vous le Christ, Fils de Dieu béni à jamais? Je le *uis, répond Jésus, et vous verrez le Fils de l'Homme assis à la droite de la majesté de Dieu. Que signifient ces paroles, assis â la droite de la majesté de Dieu , sinon régalité la plus parfaite avec Dieu ? Il déclare que lui et son Pire sont une même chose ; c*est déclarer bien disertement qu'il a avec lui une «nême nature. Il déclare enfin que tous le doivent honorer c^mme ils honorent le Père; mais le titre de Fils de Dieu, de Fils unique de Dieu, qu'il prend si souvent, n'emporte4-il pas avec soi tous les attributs propres à la nature de Dieu? Ëstrce que le Fils de Dieu peut ne pas avoir la même nature de Dieu ? Kt y a-t-il en Dieu deux natures ? Où trouvera-t-on dans nos Ecritures que jamais ce litre auguste de FUs de Dieu, de Fils unique de Dieu ait été appliqué à un homme juste ? Eh 1 si chef le peuple luif il eût été d'usage de désigner par là un nomme juste ; le |^rand prêtre, après avoir entendu Jésus-Christ se Tapprpprier, eût-il déchiré ses habits c^mmc ayant entendu un blasphème ? Seins doute, .dans nos Elcritures^ l^s fiU de Déliai dési-
gnaient les méchants . les fils de Dieu dûsignaient les justes : mais encore une fois nulle part le terme de Fils de Dieu, de Fils unique de Dieu n'est appliqué à un homme juste. Co titre est incommunicable à tout autre qu'au Fils de Dieu par nature ; au lieu que cette expression le fils de Dieu ne marque que les enfants de Dieu par adoption en Jesus-Christ« ce Fils bien-cUmé dans lequel i>trtt a mis toute sa complaisance, et dans leauel seul il peut choisir et aimer d'autres enranla.
Opposer à des preuves si énergiques de lit divinité de Jésus^Christ ce qu'il dit en saint Jean : Mon Père est plus grand que moi; et en saint Marc : Personne ne connaît ce jour, ni les anges, ni le Fils« mais le Père seul : c'est balbutier. Dès que Jésus-Christ est Dieu et homme tout ensemble, il est égal à sou Père selon sa divinité; mais non certes selon son humanité. 11 ignore de même ce joui* arrêté par son Père, non selon sa divinité , ni même selon son humanité unie à sa divinité, mais selon son humanité considérée séparément de sa divinité.
Mais, direz-vous, pourquoi Jésus-Christ ne s'est-il pas appelé Dieu en termes formels? Saint Paul en rend une raison bien simple. Avant d'entendre ce grand apôtre , sondons le mystère de Jésus-Christ. Quelle était son œuvre? C'était de mourir pour réparer la violation dé l'ordre faite par le péché ; pour satisfaire pleinement à la justice de Dieu ; pour lever ainsi tous les obstacles qui s'opposaient à l'effusion de sa miséri-' corde sur le genre humain ; pour détruire l'empire que l'esprit séducteur s'était érigé sur la terre , en s'y faisant rendre les hommages dus à la Divinité ; pour substituer à cet empire du mensonge et de Tinjustice celui de la vérité et de la justice. 11 (allait donc que Jésus-Christ, en se manifestant assez clairement pour les cœurs droits , ne se manifestât qu'obscurément pour les cœurs doubles ennemis de la vérité ; car, comme le remarque judicieusement saint Paul , les princes de ce monde ne l'eussent jamais crucifié , s'ils l'avaient connu pour le Seigneur de la gloire ; mais après que Jésus-Christ a accompli son œuvre, ses ménagements, si Ton peut s'exprimer ainsi , pour dérober aux princes de ce monde la connaissance de sa , uivinilé, disparaissent.
Ses apôtres ont ordre de la publier jusque aux extrémités du monde ; et tous ceux qui croiront à leurs paroles le connaîtront pour le Verbe, qui de toute éternité étail en Dieu, qui était Dieu, qui a fait toute chose,
{»onr le Dieu béni dans tous les siècles, pour e FUs de Dieu, le créateur des siècles , le conservateur de toutes choses par sa parole, la splendeur de la gloire de son Père, et le caractère de sa substance , en un mot pour le grand Dieu notre Sauveur.
Le seul crime qu'on reprochera dans la suite à ses disciples , ce sera de chanter des hymnes à sa gloire comme à un Dieu , de croire Dieu un homme crucifié , en mémo lemps qu'ils seront réputés athées à causi> de La profession ouverte qu'ils feront de re-
DE LllONNETE IIOUME, ETC.
mort n'aorait'-tt pas permis à l'enaemi des hommes de transporter son humanité snr une hante montagne pour découvrir s'il était Téritablement le Fils de Dieu , comme il yenait d'en recevoir le témoignage dans son baptême? Est-ce qu'il est plus mdigne dn Fils de Dieu de permettre au démon qu'il traite ainsi son humanité que de loi permettre d'outrager tous les iours sa vérité par la bouche des libertins? lésus-Christ était Tenu pour sauyer les hommes , il fallait donc leur mériter, par sa victoire sur Tennemi de leur salut , la force de le vaincre eux-mêmes. Il était de plus leur docteur et leur maître ; il fallait donc leur faire connaître ce séducteur, qui par ses artifices avait causé le malheur de leurs premiers parents; leur montrer les armes qu'il emploie pour leur perte , ei leur en fournir pour les rcjpousser. N'estce pas li ce que fait Jésus-Christ , en permettant au démon de le tenter ? Qui peut ne pas regarder le démon comme l'ennemi de son saint , en le royant tenter l'auteur même du salut? Qui peut se croire à l'abri de ses tentations , en lui voyant attaquer le Saint des saints? Qai peut ignorer quelles sont les armes qu'emploie ce séducteur pour nous perdre , en lui yoyant attaquer Jésus-Christ
Par ce qui peut flatter les sens, la curiosité ,. orgueil? (/ni peut donc ne pas veiller sans cesse sur ses sens , sur son orgueil , sur sa. curiosité? Enfin qui peut méconnaître les armes qu'il doit opposer à celles d^ l'ennemi de son saint? Jésus-Christ le sum^ontcet nous apprend i le surmonter par la parole de Dieu , qui contient l'arrêt de sa condamnation.
Ces discours sur le diable, sur les tentations, sur les moyens d'y résister, vous paraissent sans doute des contes de vieilles; mais jusque à ce que vous ayez démontré la fausseté do nos Ecritures, vous nous permettrez de croire qu'il n'y a rien de plus réel. C'est un fait qui y est clairement attesté , et dont la possibilité d'ailleurs ne saurait être contestée. On conçoit qu'il peut y avoir des substances spirituelles entièrement séparées de la maUère; que ces substances spirituelles peuvent agir sur la matière au moins en ^ore de causes occasionnelles ; que de telles, substances peuvent se dépraver par leur orgueil; que devenant dès là même misérables, elles peuvent deyenir jalouses du bonheur de l'homme et travailler à l'entraîner dans leurs misères ; d*oà il suit qu'elles peuvent agir sur son corps de même que sur les corps qui l'environnent et le porter au péché, la source de toutes les misères. Saint Paul , en parlant de ces malheureuses substances, nous avertit qu'elles exercent leur pouvoir sur les incrédules. Est-il possible que ce ne soit pas par l'impression d'un esprit ennemi de la yérité et de l'homme que tant de prétendus philosophes blasphèment de nos joiic^ Jésus-Christ et sa vérité? Non, il n'est pas naturel que tant de blasphèmes aiqnt une autre source.
Je lis les paroles qu'on rapportas de lui ; j*y voit une prochaine arrivée au royaume des
cieux figurée par un grain de moutarde, par un filet a prendre des poissons, par de l'ar-
Î^ent mis a usure, par un souper auquel on ait entrer par force des borgnes et des boiteux ; Jésus dit qu'on ne met point de yin nouveau dans de vieux tonneaux, que l'on aime mieux le yin yieux oue le nouyeau. Est-ce ainsi que Dieu parle? Il annonce expressément que dans la génération prochaine le Fils de l'Homme descendra dans les nuées ;
3ue siffuifie le Fils de l'Homme? Comment escend-on dans les nuées? Celte prophétie s'est-elle accomplie?
Que l'homme si petit par lui-même tâche de donner quelque relief par des termes pompeux aux choses analogues à sa petitesse ; cela est assez naturel. Hais le langage de Dieu, en présence de la majesté duquel tout n'est rien, peut-il être trop simple? Reconnaissez donc le langaae de Dieu dans ces comparaisons employées par Jésus-Christ
Sour figurer son Eglise, qui est son royaume: ans la comparaison du grain de moutarde, les faibles commencements de TEglise, puis ses progrès et son étendue immense; oans la comparaison du filet jeté en mer et rempli de poissons, la fécondité de l'Eglise et le mélange de bons et de mauvais quelle renferme sur la terre ; dans la comparaison de Targent mis à usure, l'obligation pour chacun de ses membres de travailler i faire yaloir les grâces et les talents qu'il a reçus ; dans la comparaison du souper, cette même Eglise appelant dans son sem et forçant d'y entrer, par l'éclat de sa vérité et de sa sainteté, les nations plongées dans les ténèbres de l'erreur, et se traînant dans les horreurs du vice.
U faut être de mauyaise humeur pour jueer indignes de Dieu les deux comparaisons dont use ici Jésus-Christ. On lui demande pourquoi ses disciples ne pratiquent ni jeûne ni abstinence comme ceux de Jean-Baptiste et des Pharisiens? Il répond d'abord que tandis qu'ils ont l'époux avec eux, ils ne doivent pas jeûner ; mais qu'après qu'il leur aura été enlevé ils Jeûneront. Puis il vient aux deux comparaisons dont il s'agit. Quoi de plus propre que la première pour justifier la condescendance qu il avait pour ses disciples encore faibles et imparfaits I Quoi de plus propre que la seconde pour faire comprendre à ces censeurs que ses disciples n'étaient pas encore en état de pratiquer les austérités de la loi nouvelle, ni de goûter les douceurs de la pénitence qu'il était venu leur prêcher.
Vous confonde^ tout daps votre dernière difficulté. Relisez, le chapitre XXIV de S. Matthieu ,. d'où tous la tijrez^ vous verrez bieu distinctement deux prédictions : l'une de la ruine de Jérusalem dont la vénération
S résente des Juifs deyait être témom ; l'autre u second avènement de Jésus-Christ à la fia du monde, pour juger les vivants et les morts, dont la génération des Juifs non présente , mais conservée et perpétuée jusque ice moment serait témoin. Demander ce que c'est que le Fils de l'Homme qui doit venir sur
EXAMEN DU CATÉQIISUE
jcicr la pluralité des dieax , et de n'en reconnaître qu'un seul.
Vous adoptei quelques maximes de la morale de Jésus y sans spécifier celles qu'il tous plaît d'adopter, et celles qu'il tous plaît de no pas adopter ; en attendant que yous vous expltqutei là-dessus, nous prononçons hardiment que vous êtes un homme inconséquent ; parce que toutes les maximes de la morale de Jésus sont tellement liées comme principe évident et comme conséquence néces* saire, qu'on ne saurait, sans inconséquence, en adopter quelques-unes sans les adopter tontes.
Quel législateur, vous écriez-yous, enseig;na lamais une mauvaise morale? Soit. Mais quel législateur enseigna jamais une morale si pure, si sainte, si sublime? Quel législateur enseigna jamais si distinctement tous les devoirs de 1 homme à l'égard de son Créateur, à l'éeard de soi-même, A l'égard de ses semblaUes? En un mot, auel législateur enseigna jamais une morale si propre A régler, non seulement les actions , mais les mouvements du cœur, si propre A rendre l'homme heureux , si digne de la nature de Dieu , et tout A la fois si oigne de la nature de l'homme? Quel législateur appuya jamais sa morale de motib plus intéressants pour un Etre spir^ tuel et immortel? Quel législateur eut jamais des moyens aussi efficaces de rendre docile A ses le(^ns et A ses lois ? Enfin quel législateur offrit dans son sanp;une ressource contre le désespoir A ceux qui auraient le malheur de s'écarter de sa morale.
Pluije li$ , plu$ mes peines redoublent. Je cherche desjfrodiges dignes d'un DieUt aUes^ tés par rumvers. Tose dire, avec cette notvete douloureuse qui craint de blasphémer , que les diables envoyés dans les corps d'un troupeau de cochons ; de Veau changée en vin en faveur de aens qui étaient ivres ; un figuier séché pour n avoir pas porté des figues avant le temps, etc., ne remplissent pas Vidée que je m'étais faite du MaUre de la nature, annon^ pant et prouvant la vérité par des miracles éclatants et utiles. Puis-ie adorer ce maître de la nature dans un Juif, qu'on dit trans^ porté par le diable sur le haut d'une monr' * tagne ; dont on découvre tow les royaumes de laterret
Vous cherchez des prodiges d*un Dieu dans les prodiges de Jesos-Christ, et vous ne croyez point en voir dans des diables envoyés dans les corps d'un troupeau de co^ cbons ; dans de l'eau changée en vin en faveur de gens qui étaient ivres ; dans un figuier séché pour n'avoir pas porté des figues avant le temps. Mais si ces prodiges sont du ressort du seul Tout-Puissant, comment ne vous semblent^ils pas dignes d'un Dieu? Or quel autre que le Tout-raissant peut dominer des diables , ces substances spirituelles et ennemies de l'homme ? Quel autre que le Tout- Pnissant peut changer l'eau en vin par sa parole? Quel autre que le Tout-Puissant peut commander A un arbre et s'en faire obéir ; Il n^est donc pas possible de ne pas connaître ici le Maître de la nature, annonçant
et prouyant la vérité par des miracles. Mais pourquoi reftasez-yons de le reconnaître ? C'est que ces miracles ne yous paraissent pas utiles. Quoi? Il n'est pas utile aux hommes de savoir que les diables sont soumis A la puissance de l'Etre suprême , et que malgré la volonté qu'ils ont de leur nuire, ils ne peuvent rien sans sa permission ; par conséquent, que lui seul doit être craint et aimé? Pour ne pas reconnaître ici le Maître de la nature, annonçant et prouvant la vérité par des prodiges utiles; il fout être aussi aveuglément attaché aux biens sensibles que les Géraséniens, qui , convaincus de ces prodiges éclatants , an lieu d'en retenir et écouter l'auteur, le prient de sortir de leur pays , par la crainte que sa présence ne leur causAt quelque nouvelle perte. Quoi ? il n'est pas utile aux hommes de voir la sainteté du mariage appuyée par des prodiges contre de faux spirituels qui oseraient le condamner? Ce que vous aioutez au sujet de ce prodige de l'eau changée en vin , qui est opéré en faveur de gens qui étaient ivres, est sans fondement; car outre que le terme inebriari ne sic^nifie pas proprement s'enivrer, mais boire beaucoup, c'est que le Maître du festin ne fait pas même l'application aux convives de sa remarque générale* Quoi? il n'est pas utile aux hommes d'être instruits de la rorce de la foi et de la prière? Or qui vous a dit que Jésus-Christ n'arait pas desséché le figuier pour fonder sur ce prodige l'instruction au'il donne A ses disciples , au sujet de la force de la foi et de la prière , en leur disant : 5j vous avez de la foi , etc. Quoi que ce soit que vous demas^ diex dans la prière, etc. Est-ce lA que se réduisent tous les prodiges opérés par Jésiis^ Christ? Pourquoi ne faites-yous aucune men<« tion ni de la-vue rendue aux aveugles par sa
I parole, ni de FouYe rendue aux sourds, ni de 'usage des membres rendu aux estropiés , ni de la vie rendue aux morts, ni de la laul^ tiplication des pains, ni de la délivrance des possédés, etc. Penseriez-yous donc que ces prodiges ne sont pas propres au seul Maître de la nature ? Quel autre donc que lui peut ainsi disposer des corps par sa parole seule? Penseriez-yous que ces prodiges sont indignes du Maître de la nature? De quel autre donc que lui l'homme peut-il attendre des marques de bienfaisance? Penseriezvous que ces prodiges n'ont point de rapport A la fin de rincarnation du Maître de la nature , laquelle était de délivrer les hommes de leurs péchés? Est-ce que toutes ces naisères n'étaient pas les effets du péché ? En détruisant donc ces effets, n'était-ce pas annoncer qu'il était yenu en détruire la cause.
Vous demandes si vous pouvez adorer le Maître de la nature dans un Juif qu'on dit transporté par le diable sur le haut d'ane montagne dont on découvre tous les royau* mes de la terre. Pourquoi non ; si d'ailleurs il est constant qu'il soit le Fils de Dieu , la Maître de la nature? Pourquoi s'étant uni l'humanité pour «aurer les hommes par m
DE L'HONNETE HOMME, ETC
mort n'aorait-il pas permis à l'ennemi des hommes de transporter son humanité snr Qne hante montagne pour découvrir s'il était Tèritablement le Fils de Dieu , comme il Tenait d'en recevoir le témoignage dans son baptême? Est-ce qu'il est plus mdigne du Fils de Dieu de permettre au démon qu'il traite ainsi son humanité que de loi permettre d'outrager tous les jours sa Térité par la bouche des libertins? Jésus-Christ était yenu pour sauver les hommes , il fallait donc leur mériter, par sa victoire sur Tennemi de leur salut , la rorce de le vaincre eux-mêmes. Il était de plus leur docteur et leur maître ; il fallait donc leur faire connaître ce séducteur, qui par ses artifices avait causé le malheur de leurs premiers parents; leur montrer les armes qu'il emploie pour leur perte , et leur en fournir pour les repousser. N'estce pas là ce que fait Jésus-uhrist , en permettant an démon de le tenter ? Qui peut ne pas regarder le démon comme l'ennemi de son salut , en le voyant tenter l'auteur même du salut? Qui peut se croire à l'abri de ses tentations , en loi voyant attaquer le Saint des saints ? Qni peut ignorer quelles sont les armes qn'emploie ce séducteur pour nous perdre , en lui voyant attaquer Jésus-€hrist
Far ce oui peut flatter les sens, la curiosité ,. orgueil? Qui peut donc ne pas veiller sans cesse sur ses sens, sur son orgueil, sur sa. curiosité? Enfin qui peut méconnaître les armes qu'il doit opposer à celles d^ l'ennemi de son salut? Jésus-Christ le suri9onte,et nous apprend à le surmonter par la parole de Dieu , qui contient l'arrêt de sa condamnation.
Ces discours sur le diable, sur les tentations, sur les moyens d'y résister, vous paraissent sans doute des contes de vieilles ; mais jusque à ce que vous ayez démontré la fausseté do nos Ecritures, vous nous permettrez de croire qu*il n'y a rien de plus réel. C'est un fait qui v est clairement attesté, et dont la possibilité d'ailleurs ne saurait être contestée. On conçoit qu'il peuty avoir des substances spirituelles entièrement séparées dç la matière; que ces substances spirituelles peuvent agir sur la matière au moins en ^Qte de causes occasionnelles ; que de telles, substances peuvent se dépraver par leur orgueil; que devenant dès là même misérables, elles peuvent devenir jalouses du bonheur de rhomme et travailler à l'entraîner dans leurs misères ; d*où il suit qu'elles peuvent agir sur son corps de même que sur les corps qui l'environnent et le porter au péché, la source de toutes les misères. Saint Paul , en parlant de ces malheureuses substances, nous avertit qu'elles exercent leur pouvoir sur U$ incrédules. Est-il possible que ce ne soit pas par l'impression d'un esprit ennemi de la vérité et de Thomme que tant de prétendus philosophes blasphèment de nos joncs Jésus-Christ et sa vérité? Non, il n'est pas naturel que tant de blasphèmes aient^ nne autre source.
Je lis les paroles qu'on rapporte de lui ; Ty vois une prochaine arrivée au royaume dfes
cieux fiffurée par un grain de moutarde, par un filet a prendre des poissons, par de Tar** ffent mis à usure, par un souper auquel on fait entrer par force des borgnes et des boiteux ; Jésus dit qu'on ne met point de vin nouveau dans de vieux tonneaux, que l'on aime mieux le vin vieux que le nouveau. Est-ce ainsi que Dieu parle? Il annonce expressément que dans la génération prochaine le Fils de l'Homme descendra dans les nuées ;
3ue siffuifle le Fils de l'Homme? Comment escena-on dans les nuées? Cette prophétie s'est-elle accomplie ?
Que rhomme si petit par lui-même tâche de donner quelque relief par des termes pompeux aux cnoses analogues à sa petitesse ; cela est assez naturel. Hais le langage de Dieu, en présence de la majesté duquel tout n'est rien, peut-il être trop simple? Reconnaissez donc le langage de Dieu dans ces comparaisons employées par Jésus-Christ
Sour figurer son Eglise, qui est son royaume: ans la comparaison du grain de moutarde, les faibles commencements de TEglise, puis ses progrès et son étendue immense; dans la comparaison du filet jeté en mer et rempli de poissons, la fécondité de l'Eelise et le mélange de bons et de mauvais qu elle renferme sur la terre ; dans la comparaison de l'argent mis à usure, l'obligation pour chacun de ses membres de travailler à bire valoir les grâces et les talents qu'il a reçus ; dans la comparaison du souper, cette même Eglise appelant dans son sem et forçant d'y entrer, par l'éclat de sa vérité et de sa sainteté, les nations plongées dans les ténèbres de l'erreur, et se traînant dans les horreurs du vice.
U faut être de mauvaise humeur pour ju-
8er indignes de Dieu les deux comparaisons ont use ici Jésus-Christ. On lui demande pourquoi ses disciples ne pratiquent ni jeûne
doivent pas jeûner ; mais qu'après qu'il leur aura été enlevé ils jeûneront. Puis il vient aux deux comparaisons dont il s'agit. Quoi de plus propre que la première pour justifier la condescendance qu il avait pour ses disciples encore faibles et imparfaits! Quoi de plus propre que la seconde pour faire comprendre à ces censeurs que ses disciples n'étaient pas encore en état de pratiquer les austérités de la loi nouvelle, ni de goûter les douceurs de la pénitence qu'il était venu leur prêcher.
Vous confonde^ tout dans vQtre dernière difficulté. Relisez le chapitre XXIV de S. Matthieu ,. d'où vous la tirez., vous verrez bien distinctement deux prédictions : l'une de la ruine de Jérusalem dont la eénération présente des Juifs devait être téroom ; l'autre du second avènement de Jésus-Christ à la fin du monde, pour juger les vivants elles morts, dont la génération des Juifs non présente , mais conservée et perpétuée jusque à ce moment serait témoin. Demanaer ce que ç*est que le Fils do l'Homme qui doit venir sur
EXAMEN DU CATÉCHISME
des nuées, c'est aiTecter trop dlgnorance. Peut-on avoir lu rEvangile et ne pas savoir que Jésus-Christ se désiffne souvent par un hébraïsmc sous le nom de Fils de l*Homme, pour exprimer Télat d'humiliation et d'ànéanlissemcnt où il s*élait réduit dans son incarnation pour Vamour des hommes en se dépouillant ae tout Téclat dû à sa majesté? Dos qull est indubitable que Jésus-Christ dans son ascension s'éleva dans le ciel sur des nuées, où est la difQculté qu*ii ne puisse en descendre dans des nuées? et est-il possible de douter que sa prophétie ne soit un jour vériGée par Tévénemenl?
Enfin comment puis^je reconnaître Dieu dans un Juif de la populace, condamné au dernier supplice pour avoir mal parlé des magistrats à cette populace, et suant d'une sueur de sang dans V angoisse et dans la frayeur que lui inspirait la mort ? Est-ce là Platon, est-ce là Socrate, ou Antonin, ou Epictète, ou Zaleucus, ou Solon, ou Confucius? Qui de tous ces sages n'a parlé d'une manière plus conforme aux idées que nous avons de la sagesse ? et comment pouvons-^ous juger autrement que par nos idées f
Vous ne pouvez reconnaître Dieu en Jésus-Christ mourant sur une croix. Quel autre donc qu'un Dieu bit homme peut souiïdr la mort pour le salut du monde? Quel autre qu'un Dieu fait homme peut se laisser élever sur une croix et y expirer, aCn que quiconque croit en lui ne périsse point et ait la vie éternelle ? Quel autre qu'un Dieu Tait homme peut se soumettre à la mort pour délivrer la terre d'un injuste usurpateur qui s'y faisait adorer? Quel autre qu'un Dieu Tait homme peut donner sa vie pour donner à l'Etre suprême des adorateurs éternels en esprit et en vérité? Est-ce pour avoir mal parlé à la populace contre ses magistrats que Jésus- Christ, qu'il TOUS platt d'appeler ce Juif de la populace, est condamné au dernier supplice? Suivez-le jusaue aux pieds de ses juges iniques : lui reprocnent-ils ce crime? Forcés de reconnaître son innocence , ils ont besoin pour le juger couj^able d'une déclaration expresse de sa Gliation divine. C'est à ce prétendu blasphème qu'ils sont contraints de réduire leurs accusations contre lui en présence du ffouverneur romain, toutes les autres se détruisant elles-mêmes. Sa défense contre les cris furieux de ces ennemis altérés de son sang est le silence. S'il ouvre la bouche ce n'est que pour déclarer que son royaunie n'est pas de ce monde , et qu'il est venu sur la terre pour rendre témoignage à la vérité. Piiate reconnaît son innocence, et toutefois il est assez lâche pour le condamner, Jésus-Christ est donc abandonné à des bourreaux; il est flagellé; on le conduit au lieu de son supplice ; il annonce aux filles de Jérusalem qui le pleurent les malheurs
Îui fondront sur elles. Le voilà arrivé au alvaire : il est attaché à une croix ; il y prie pour ses bourreaux ; il rend les derniers soupirs : cstrce là la mort d'un homme et non la mort d'un Dieu?
Considérez-en les suites : le soleil se coa-
?re de ténèbres ; la terre tremble ; les sèpul. cres s'ouvrent; Jésus-Christ soii du tombeau ; il se fait voir à ses disciples ; il con^ verse et mange avec eux; il les instruit; il s'élève au ciel en leur présence : revêtus do la force d'en haut, ils annoncent sa mort, sa résurrection , son ascension ; ils fondent son royaume de la vérité et de la justice; le Dieu vivant est adoré; les Juifs ingrats cl cruels sont punis ; l'empire du séducteur est renversé; ses oracles trompeurs se taisent; ses autels sont détruits : douterez-vous encore si la mort de Jésus-Christ n'est pas la mort d'un Dieu ?
Son état dans le jardin de Gethsémani vous avait scandalisé; il vous y avait paru trop faible pour un Dieu. Mais s'il s'était chargé des péchés du monde ; s'il s*était mis à la place de tous les pécheurs , pour satisfaire pleinement à la justice, qu ils avaient outragée; dans quel tremblement et dans auel saisissement ne devait pas tomber ce pénitent universel, en présence de cette justice infinie, pour en obtenir l'abolition de ses crimes. Par quelle autre voie , plus digne de sa charité, pouvait-il nous instruire des dispositions ou nous devons être , nous les mériter, les rendre dignes d*élre agréées et unies à son sacrifice sur la croix? Revenez de rélonnement que vous cause la vue de la crainte de la mort à laquelle il se livre ; la mort est l'effet du péché, la crainte de la mort en est donc une suite ; il s'est chargé du péché, il est donc juste qu'il en éprouve les suites. Mais en se soumettant à la volonté de son Père c'était , par son exemple , consoler les justes aux appproches de ce dernier moment , et tout à la rois leur apprendre ce
3u'ils doivent à la volonté de l'auteur de leur tre.
S*il est vrai que vous croyez fonder sur vos idées votre indigne comparaison des prétendus sages que vous nommez avec Jésus- Christ, nous commençons à rougir de nous entretenir avec vous ; la sagesse ne consiste plus dans l'amour de l'ordre et de la vérité , ni dans la raison: elle n'est plus qu'une vaine ostentation de vertus, de parades, de discours boursoufllés , de sophismes artistement arrangés.
Quand je vous ai dit, que f adopterais quelques maximes de Jésus , voi^ avez dû sentir que je ne puis les adopter toutes, rai été affligé en lisant : Je suis venu apporter le glaive et non la paix; je suis venu diviser le fils et le père, la filte, la mère et les parents. Je vous avoue que ces paroles m'ont saisi de douleur et d*effroi ; et SI je regardais ces paroles comme une prophétie, je croirais en voir V accomplissement dans les querelles qui ont divisé les chrétiens dès les premiers temj^s et dans les guerres civiles qui leur ont mu les armes à la main pendant tant de siècles.
Voilà donc pourquoi vous nous disiez que vous n'adoptiez pas toutes les maximes de Jésus. Vous pensez donc sérieusement que Jésus met le glaive à la main de ses disci-
(iles pour forcer ceux oui refuseraient de 'être, où même pour se défendre contre ceux
DE L^IIONNETE HOMME, ETC
qui YOQdraient les arracher à son service. Oh I que voDS eotcndez mal le Sauveur I Lisez la suite de son discours et vous reviendrez de votre douleur et do votre effroi. Il leur apprcud non ce qu'ils auront à faire souffrir, mais ce qu'ils auront à souffrir eux-mêmes, s'ils veu* lent lui demeurer Gdèles. Ils doivent le préférer à tout ce qu'ils ont de plus cher, pour être digne de lui : il faut le préférer à tout ce qu'on a de plus cher , prendre sa croix , le suivre dans les souffrances et dans sa mort. Conserver sa vie aux dépens de l'attachement qui lui est du, c'est la perdre; la perdre pour son amour, c'est la conserver. A quoi se réduit donc le discours de Jésus-Christ? à préparer ses disciples à la guerre qu'il y aura toujours entre la vérilé et Terreur. Et queues sont les armes qu'il leur fournit? la lumière de la parole de JDjeu, la douceur, la patience. Quelles sont les armes de Terreur? les égarements de l'imagination, Tentétement , la violence. L'erreur a pour principe Torgueil : donc elle veut dominer : donc elle n'épargnera ni le fer, ni le feu contre la vérité. Si le souverain accorde enfin sa protection à la vérité , ce n'est que pour arrêter Terreur dans ses violences portée aux derniers excès. Voilà ce que vérifie, non seulement Thistoire de TEglise, mais Thistoire de tous les siècles , sur la ^erre entre la fausse et la véritable Religion. Avez-vous lu arec plus d'attention les Actes des apôtres ? J'avoue encore que des mouvements d'tndtgnation et de pitié se sont élevés dans mon cœur , quand fai vu Pierre et Paul faire apporter à leurs pieds Vargent de leurs sectateurs* Ananie et Sapphire ont gardé quelque chose pour eus du prix de leur champ; ifs ne Vont pas dit p et Pierre les punit en faisant mourir subitement le mari et la femme. Hélas! ce n* était pas là le miracle que f attendais de ceux qui disent qu'ils ne veulent pas la mort dupé^ cheur, mais sa conversion, Tai osé penser que si Dieu faisait des miracles . ce serait pour guérir les hommes, et non pas pour les tuer; ce serait pour les corriger, et non pas pour les perdre ; qu'U est un Dieu de miséricorde , et non un tyran homicide. Ce qui m'a le plus révolté dans cette histoire, c'est que Pierre ayant fait mourir Ananie, et voyant venir Sapphire , sa femme , ne l'avertit pas , ne ItU ait pas : Garaez'vous de réserver pour vous quelques oboles: si vous en avez, avouez tout, donnez tout , craignez le sort de votre mari ; au contraire , il la fait tomber dan$ le piège , il sentie qu'il se réjouisse de frapper une se-conde victime. Je vous avoue que cette aven*ture m'a toujours fait dresser les cheveux.
Ces mouvements d'indignation et do pitié qui s'élèvent ici dans votre cœur sont bien Tolontaires. Où avez-vous lu que Pierre et Paul font apporter à leurs pieds les biens de leurs sectateurs? L'auteur sacré des Actes nous apprend, chapitre 11 et IV, que les Juifs convertis à la prédication de saint Pierre, inondés pour amsi dire de l'esprit de charité qu'ils viennent de recevoir, et n'ayant plus qu'un cœur et qu'une ame,, vendent leurs biens et en apportent le prix aux apôtres, pour
le distribuer à ceux qui en ont besoin ; mais il n'insinue nulle part,jque ces hommes désintéressés et charitables se conduisent ainsi par Tordre des apôtres. Le discours même
3 ue saint Pierre tient à Ananie est une preuve u contraire. Comment, lui' dit TApôtre, connaissant sa fourberie , Satan vous a-t-ii tenté, jusquea vous faire mentir au Saint-Esprit, et à détourner une partie du prix de ce fonds de terre, que vous feignez apporter ici tout entier? Ne demeurai t-ii pas toujours à vous, si vous l'aviez voulu garder? Et après même l'avoir vendu, le prix n'en était-il pas encore à vous? Mais peut-être, que ce qui vous remplit d'indignation, n'est pas que Pierre et Paul se fassent apporter les biens de leurs sectateurs : ce n'est peut-être que la mort d' Ananie , qui tombe et rend l'esprit , ayant ouï les paroles de saint Pierre ; mais votre indignation n'est-elle pas digne de toute la nôtre ?
Si la mort de ce menteur est un miracle , comme on n'en peut douter, est-ce qu'un miracle peut avoir un autre auteur que Dieu même? C'est donc contre Dieu même que porte votre indignation. Qu'y a-t-il donc dans ce miracle qui soit incompatible avec l'idée de Dieu? S'il fait des miracles par miséricorde pour le bien des pécheurs : pourquoi n'en ferait-il pas par justice pour leur punition? Fut-il jamais de circonstances plus capables d'en attirer un de ce dernier genre? Il s'agit de l'établissement du culte par lequel il veut être honoré des hommes jusque à la consommation des siècles. La vérité de ce culte ne saurait donc être trop constatée; la véracité des hommes choisis pour le publier et le répandre, doit donc être au-dessus de tous les soupçons : or la véracité de tels hommes, qui tuent les menteurs, par leur parole, peut-elle être portée à un plus haut degré d'évidence? Au reste qui serait assez harai pour décider que le miracle opéré sur Ananie et Sapphire, ne soit pas tout à la fois un miracle de miséricorde et de justice? Qui sait si ces deux coupables d'avoir menti , non aux hommes , mais à Dieu, ue sentirent pas toute Ténormité de leur crime sur le reproche que leur en fit saint Pierre , ne détestèrent pas leur mensonge de tout leur cœur, et n'acceptèrent pas la mort à l'exemple du bon larron, comme en étant le juste châtiment, Digna faetis recipimtM ? Des réflexions si simples sur Ananie et Sapphire, doivent faire reprendre à vos cheveux leur situation naturelle. U n'était pas Jnestion d'avertir Sapphire de ce qui venait 'an ver à Ananie; mais uniquement de constater la fourberie qu'ils avaient concertée ensemble pour tenter l'Esprit du Seigneur, en voulant paraître pauvres et désintéressés, et demeurer véritablement riches. Vous dressez contre nous de nouvelles batteries; sont-elles plus formidables?
Puisque vous me permettez de voias expli'-^ guer mes pensées, je continue, et je dis que je n'ai trouvé aiueune trace du chrietianisme dans l'histoire du Christ. Les quatre Evangile* qui nous restent sont en opposition sw plusieurs faits; mais ils attestent uniformément que
EXAMEN DU GATEaiISME
Jimt fui soumii à la M de MoUe depuis le moment de sa naiaance jusque à celm de sa mort. Tous ses disciples fréquentèrent la synagogue; ils prêchaient une réforme , mais ils n'annonçaient pas une Religion différente; les chrétiens ne furent (Asolument séparés des Juifs que longtemps après. Dans quel temps précis Dieu voulut-il donc qu'on cessât d'être Juif et qu'on fût chrétien ? qui ne voit que le temps a tout fait, que tous les dogmes sont ve* nus les uns après les autres.
Vous ne voyez , dilcs-voQs, aadune trace da chrtMtanistne dans rhistotre du Christ : preuve que le christianisme ne vous est guère connu, vous n'articulez point ces fails , sur lesquek vous avancez que les quatre Evangiles sont en opposition. Est-ce par ménagement ou par Impuissance? On vous défle d en articuler un seul.
Sans doute Jésus fut sonmis à la loi do Moïse depuis le commencement de sa naissancct jusque à celui de sa mort.ll dit lui-même qu'il était venu non pour la détruire , mais pour l'accomplir. Qui fut en effet plus fidèle à accomplir la loi morale I II la développe, il l'éclaircit, il la dégage de toutes les fausses traditions , dont de piretendus docteurs avares et superbes l'avaient obscurcie; il fait plus, il l'a fait accomplir , par sa grâce, à ses disciples. Qui fut encore plus exact observateur de la loi cérémontelle?Il l'observe d'autant plus exactement» qu'il substitue à ses ombres et à ses figures la réalité et la vérité, en établissant une nouvelle alliance, en répandant de nouvelles lumières sur les dogmes, aussi anciens que l'homme , en instituant de nouveaux sacrements , en exerçant un nouveau sacerdoce , en offrant un nouveau sacrifice. Tout cela est-ii étranger au christianisme? Gomment ne voyez-vous donc aucune trace du christianisme dans l'histoire du Christ?
Mais quand la loi cérémonielle cessa-t-elle d'oblipier? Lorsque elle cessa d'être figurative, ce qui arriva lorsque tout ce qu'elle figurait, eut eu son parfait accomplissement. Quand tout ce qu'elle figurait eut-il son parfait accomplissement ? A la mort de Jésus-Christ , comme l'avait prédit Daniel, chapitre IX. Le
Srand prophète, semblable à Moïse, que Dieu evaitsusciter du milieu des Juifs, avait paru : il fallait récouter, sous peine des plus terribles châtiments.
Que suit-il de ces vérités? Que la loi cérémonielle ayant Dieu pour auteur, Jésus- Christ dut s'y conformer jpendant sa vie, puisque il était venu pour faire la volonté de son père. Que suitfil encore? Que Dieu n'ayant donné cette loi que pour figurer les mystères de son Fils, les apôtres, après l'accomplissement de ces mystères , ne durent plus la regarder comme subsistante et obligatoire ; et 3u'ils durent s'opposer à ceux qui prétenaient que l'observation en était nécessaire : c'est ce qu'ils firent, assemblés au concile de Jérusalem. Que suit-il encore ? Que cette loi ne renfermant rien en soi de contraire à la loi naturelle , et étant encore en vigueur parmi les Juib, les apôtres purent la pratiquer en certaines ocdvloDs, comme une loi homaine»
avant la destruction de Jérusalem et du temple. Que suit-il enfin ? Que les apôtres prêchaient, d'après leur maître , la réforme des abus introduits dans la religion juive ; mais nullement la réforme de cette religion, que leur maître avait préchée lui-même, qui avait été promise dès le commencement du monde, qui avait été figurée par la loi et prédite par les prophètes. Dans tous les temps les justes avaient pratiqué les lois , avaient cru les dogmes, avaient espéré les biens que les Apôtres annonçaient. Qu'annonçaient en effel les apôtres, sinon Jésus-Christ comme étant venu pour le salut du genre humain ? Qu'avaient cru et au'a valent espéré les anciens justes, sinon Jesus>Christ comme devant venir pour le salut du genre humain ?
Ils voyaient dans ralliance que Dieu avait contractée avec eux, sous la condition qu'ils lui seraient fidèles , l'alliance nouvelle qui devait être établie par le grand médiateur en se chargeant lui-même d'accomplir la condîMon^ en gravant sa loi dans les cœurs, et en faisant marcher dans ses préceptes. Ib voyaient dans les promesses et dans les menaces temporelles des biens plus réels et plus excellents, des biens éternels. Ils voyaient dans le sacerdoce d'Aaron le sacerdoce d'un prêtre éternel, selon l'ordre deMeichisédecfa, s'offrant lui-même, entrant dans le monde et continuant de s'offrir dans le ciel à Dieu à la place des victimes et des holocaustes. Ils voyaient dans les eaux lustrales la grâce éclairant les esprits et purifiant les consciences. Ils voyaient dans les sacrifices des animaux une hostie d'un mérite infini , Jésus- Christ s'immolant lui-même à la gloire de Dieu pour le salut du monde. Concluons donc que le temps n'a rien fait, et que les dogmes ne sont point venus les uns après les autres. Il n'y a que des ignorants ou plus bas ordre, on des ennemis de la religion juive et chrétienne qui soient capables de se refuser à notre conclusion.
Si Jésus, continuez-vous, avait voulu établir une Eglise chrétienne, n'en eût-il pas enseigné les lois ? ITaurait^il pas lui-même établi tous les rites? N'aurait-^il pas annoncé les sept sacrements dont il ne parte pas? N'aurait-Ul pas dit, je suis Dieu , engendré et non fait ; le Saint-Esprit procède de mon père sans être engendré : j'ai deux volontés et une personne, ma mère est mère de Dieu? Au contraire, il dit à sa mère : Femme , qu'y a-t-il entre vous et moi? Il n'établit ni dogme, ni rit, ni hiérarchie; ce n'est donc pas lui qui a fait sa religion.
N'existe-t-elle pas cette Eglise chrétienne? Qui l'a établie, si ce n'est Jésus-Christ, selon sa promesse? Peut-elle même avoir un autre fondateur, au milieu d'un monde idolâtre , dont elle eut à soutenir, dès son berceau, toutes les violences? Par quelle autre voie que par sa protection toute-puissaute • subsislet-elle depuis tant de siècles aiTmilieu de tant d ennemis? Connaît-elle d'autres lois que celles qui sont sorties de sa bouche divino ? N'est-ce pas de sa. main qu'elle a reçu se? dogmesyses rites et ses sacrements, le baptême.
DE LHONNETrE HOMME, ETC.
reuekarisUe , la pénitence, Jean. XX. 23. l'ordre , ibid. 31. la conGrmation» Act. VIII. le mariage, MatUi. XVL Jac. VI? N'a-4-ilpa» dit qu'il était le fils unique de Dieu, c'est--à-. dire Tunique engendré , par conséquent non fait?Nedil-ii pas que le Saint-Espnt procède du père et de lui, par conséquent çuil n'est
i»as engendré ; puisque d'un c6té il se quaifie seul de l'être, et de l'autre qu'il ne se qualifie jamais du titre de père? Ne s'attribae-t-il pas la volonté divine , quand il assure au'il sait tout ce que fait son père? Ne s'attribue-t-il pas la volonté humaine quand il demande à son père que sa volonté se Casse, et non la sienne? D'ailleurs, étant Dieu et homme, peut-il manquer de ce qui est essentiel à Dieu et à l'homme ? Pouvait-il nous enseigner plus clairement qu'il n'y a pas en lui deux moi , mais un seul , qu'en s'approprient tout ce qui couvient à la nature divine et à la nature humaine? Est-ce que, s'il est le fils do Dieu, sa mère peut n'être pas la mère de Dieu? L'avertir qu'il ne tient pas d'elle la puissance des miracles, mais de son Père duquel il tient sa nature , esl-ce nier qu'elle soit sa mère? U établit donc dogme, rit, hiérarchie. Donc votre conclusion est la fausseté même.
An reste pour connaître les dogmes, les rites, etc., qui viennent de Jésus-Christ, outre les Évaneiles et les Ecrits des apétres , la tradition de l'Eglise est pour nous une source infaillible de lumières. Cette tradition remonte-t-elle jusque aux Apôtres? Nous sommes dès là même assurés qu'elle a Jésus« Christ pour auteur. Le bon sens seul nous persuade qu'il n'est pas possible que tant d'£glises particulières, fondées dès l'origine, en tant de lieux divers de la terre, scient convenues ensemble, ou de recevoir, comme venant des apôtres , une doctrine qu'elles n'en auraient pas reçue, ou de donner, comme venant d'eux , une doctrine qu'elles auraient su n'en pas venir. Rien n'empêche que l'E-
S lise, pour faire sentir les eifets admirables es rites établis par Jésus-Christ, n'ait pas pu ajouter diverses cérémonies.
Quand les premiers dogmes commencent à s* établir, je vois les chrétiens soutenir ces dogmes par des livres supposés ; ils imputent aux Sibylles des vers acrostiches sur le chris^ tianisme; ils forgent des histoires , des pro-' dîges dont Vabsurdité est palpable. Telle est , par exemple, l'histoire de la nouvelle ville de Jér%ualem bâtie dans Fair , dont les murailles avaient cinquante lieues de hauteur, qui se promenait sur F horizon pendant toute la nuit, et (nti disparaissait au point du jour.
Que de miracles puérils on a forqés ! Que de faux martyrs I Que de légendes absurdes I Portenta judaica rides. Et quel a été le but et la fin de toutes ces grossières impostures? De dofniner sur les esprits, dHnstUter à la crédu^ lilé des idiots , de ravir leurs biens , d* élever des palais sur les débris des masures des pau^ vres, de eomsnander avec orgueil en prêchant r humilité: d'avoir à ses ordres plus de soldats que de prêtres ; de cofviomfier à la mort , du fond dm palais superbe, IHndigofit qui ose
élever les yeux et la voir contre le faste et U luxe des imposteurs , engraissés du sang des misérables. JAsex seulement l'histoire de /'!?glise chrétienne , vous frémirez d'horreur, ei vous pleurerez sur le genre hu$nain.
Vames déclamations qui ne peuvent trouver de prise que sur des âmes vicieuses intéressées à secouer le Joug d'une religion ennemie de leurs passions. J)è& le second siècle de TEglise, et peut-être dès la fin du
Sremier , il j eut des livres supposés aux odeurs de la vérité par des maîtres d'erreurs ; bientôt des hommes, plus zélés qu'éclairés, prêtèrent aux Sibylles des prédictions en faveur du christianisme ; on répandit des histoires et des prodiges absurdes, Srincipalement dans les livres supposés : es les mêmes temps , il y eut sans aoute de faux miracles , de faux actes de martyrs, de fausses légeqdes ; il n'est pas douteux non plus que le but et la fin des imposteurs de ces temps-là ne fût de dominer sur les esprits , d'insulter à la crédulité des idiots , de ravir leurs biens , etc. ; il n'est pas douteux non plus que dans la suite des siècles de l'Eglise il ne se soit trouvé des hommes d'un caractère si détestable, en un mot, des hommes qui méritent d'être peints de toutes vos couleurs.
Mais l'Eglise n'esUelle en possession que de livres supposés, de fausses histoires , de faux prodiges, de faux actes de martyrs , de fausses légendes? N'a-t-elle eu pour maîtres et pour pasteurs que des imposteurs, uniquement occupés à dominer sur les esprits, a insulter à la crédulité des idiots, à ravir leurs biens, etc. ? Voilà ce qu'il faudrait prouver avant de déclamer contre la religion. Nous ne pensons pas, malgré ce ton insultant, que vous osiez le tenter. Vous assurez que dans les premiers siècles de l'Eglise il y eut des livres supposés , comment le savez-vous ? N'est-ce pas par la tradition de cette Eglise n?ême? Y a-t-il une autre voie que la tradition, pour discerner les ouvrages anciens supposés et authentiques? Ou pour faire le discernement des ouvrages dont il s'agit , y a-t-il une autre tradition que celle de 1^glisa même ? N'y a-t-il donc pas une sorte de folie i recevoir la tradition de l'Eglise sur des livres supposés dans les premiers siècles de son existence, et à la rejeter sur les livres authentiques qu'elle reconnaît pour tels, et qu'elle a toujours reconnus ?
Hél pourquoi n'a-t-elle point admis comme authentiques tant de livres supposés, si ce n'est parce qu'elle en ignorait les auteurs, ou qu'elle les regaroait comme des maîtres d'erreurs? Pourquoi a-t-elle admis dès le commencement comme authentiques les livres qu'elle admet encore aujourd'hui, si ce n'est parce qu'elle en connaissait les auteurs, et qu'elle les regardait comme les docteurs de la vérité? Et certes cette Eglise établie avant ces livres ne pouvait méconnaître des écrivains (fû écrivaient au miliea d'elle, et pour elle, ni être exposée à aucune illusion sur la doctrine et sur les Cpits contenus dans ces livres; étant instrnite de tout
EXAIIEN DU CATËCaiSME
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avant ^u*ib parassent: comment donc osezvous dire qae quand nos dogmes commen- Gèrent i s'établir , voas voyez les chrétiens sautenir ces dogmes par des livres supposés? £n voyant toutes les Eglises fondées par les apâtres» éclairée«s par eux, attentives à se nourrir de la lecture de ces livres divins dans leurs assemblées, et rejetant avec horreur tous les livres des faussaires.
Si la tradition est Tunique moyen de s'assurer de la réalité des faits anciens ; en vous abandonnant un grand nombre de prodiges, de martyrs, de légendes, fondées sur des traditions obscures et populaires , qui ne remontent pas jusque à Toriffine des faits qu'elles attestent; quelle multitude de vrais prodiges, de martyrs, de vraies légendes ne nous restera-t-il pas, fondés sur les traditions les plus constantes, les plus uniformes, qui remontent jusque à l'origine des faits qu'elles attestent ?
Ne nous écartons point du principe , qui doit nous guider dans nos jugements sur la vérité ou^ sur la fausseté des faits anciens : quelle suite admirable de grands'hommes, de pasteurs éclairés, désintéressés, animés du seul zèle de l'amour de la vérité et du salut de leurs ouailles, dans les six premiers siècles presque entiers de l'Eglise ? Si après l'irruption des Barbares dans l'empire romain et le démembrement de cet empire on voit dans l'EçIise , avec un grand nombre d'hommes émments en lumières et en vertus , tant de pasteurs ambitieux, intéressés, guerriers, en un mot, tels que vous les dépeignez; quelle conséquence en tirerez-vous, sinon que parmi les chefs de l'Eglise il y a eu des violateurs des lois de son Chef, qui ne défend rien plus expressément à ses apôtres que la domination, et qui ne prescrit rien plus formellement que la iir6destie. Vous terminez vos déclamations en nous exhortant à lire l'histoire de l'Eglise chrétienne : nous nous rendons avec empressement à votre exhortation.
Nous y voyons sans doute des scandales qui nous remplissent d'horreur, cl qui nous font pleurer sur les misères du genre humain; nous sommes néanmoins peu surpris de voir des scandales prédits par Jésus-Christ et par ses apôtreà dans une société si nombreuse, établie au milieu d'un monde anathématisé par Jésus-Christ à cause de ses scandales. Ce qui étonne , c'est d'y voir une profession constante et non interrompue des mêmes dogmes , des mêmes ritesi de la même hiérarchie, de même qu'une succession d'hommes éclaires et vertueux. Nous nous écrions alors , comme ravis d'admiration , en nous adressant à Jésus-Christ ; Vous aviez promis de bâtir une Eglise , contre laquelle ne prévaudront jamais les portes de l'enfer : oh que vous êtes fidèle à vos promesses I
Le ealoyer. Je suis forcé de convenir d'une partie de ce que vous dites ; mais enfin convenez aussi que parmi tant de crimes , il y a eu de grandes vertus. Faut-il que les abus vous Qinrissent, et q%ne les bonnes lois ne vous touchent pas? Ajoutez à ces bonnes lois des mira-
des, qui sont la preuve de la divinité de Jésus- Christ
L'honnête homme. Des miracles? Juste ciel! et quelle religion n*a pas ses miracles? Tout cet prodige dans Vantiquité. Quoi! Vous ne croyez pas aux miracles rapportés par les Hérodote et les Tite-Live, par cent auteurs respectée des nations , ei voiu croyez à des aventures de la Palestine, racontées , dit-on , par Jean et par Marc, dans les livres ignorés pendant trois cents ans chez les Grecs et les Romains; dans des livres faits sans doute après la destruction de Jérusalem , comme il est prouvé pir ces livres mêmes qui fourmillent de contradictions à chaque page? Par exemple, il est dit dans t' Evangile de S. Matthieu que le sang de Zacharie , fils de Barac , massacré entre le temple et l'autel , retombera eur les Juifs. Or on voit dans l'histoire de Flavien Josêphe, que ce Zacharie fut tué en effet entre le temple et Vautel pendant le siège de Jérusalem par Titus. Donc cet Evangile ne fut écrit qu'après Titus. Et pourquoi Dieu aurait-il fait ces miracles, pour être condamné à la potence chez les Juifs ? Quoi! il aurait ressuscité des morts, et il n'en eût recueilli d'autre fruit que. de mourir lui-même et de mourir du dernier supplice ? S'il eût opéré ces prodiges . c'eût été pour faire connaître sa divinité. Songez-vous bien ce que c'est que d'accuser Dieu de s'être fait homme inutilemeni, et d'avoir ressuscité dee morts pour être pendus ? Quoi 1 des milliers de miracles en faveur des Juifs pour les rendre esclaves, et des miracles de Jésus pour faire mourir Jésus en croix. Ah! pardonnez--moi de frémir et de douter.
Avouez que le caloyer est un controver* sisie commode. Il vous sert selon vos désirs, en vous ramenant aux miracles. Quelle ample matière à vos déclamations 1 Ajoutez , vous dit-il, à tant de bonnes lois des miracles qui sont la preuve de la divinité de Jésus-Christ. Des miracles? Vous écriez-vous aussitôt , juste ciel 1 Quelle religion n'a pas ses miracles ?
Dites-nous donc quelle religion peut être comparée à la notre, soit du côté de l'ancienneté , soit du côté de l'objet de son culte, soit du côté de sa morale, soit du côté de sa fin ? Notre religion , aussi ancienne que le monde, n'a pour objet de ses adorations que l'Esprit souverainement parfait, créateur du ciel et de la terre ; elle ne prescrit rien moins par ses lois à ses sectatenrs que de travailler i se rendre semblable à eel Etre souverainement pariait ; elle ne proposerien moins, pour récompense de leurs efforts, que la possession même étemelle de ce bien ineffable. Qu'est-ce que toutes les autres religions multipliées a l'infini sur la terre? Enfantées par les sens et par l'imagination , elles n'ont donné à rhomme , pour objet de son culte, que des créatures on pins viles que lui , ou plus méchantes ; toutes favorisent ses penchants les pins honteux, et qui le rapprochent plus des brutes ; et quelle récompense lui offrent-elles ? Des plaisirs sensuels. Quelle autre religion que la chrétienne a donc pu être autorisée par dés rai-
DE L'HONNETE HOMME, ETC
racles divins ? L'Etre suprême ayant créé Ihomme pour en être honoré , lui enseigna la manière dont il voulait l'être pour lui plaire : Il était de sa gloire de perpétuer son bienfait Après l'oubli et les égarements , auxquels seîivrèrent presque toutes les nations dans la suite, n'était-il pas de sa gloire de rcLouve^er son bienfait, et de le conserver jusque à l'rvéncment du Docteur universel , qu'il avaii promis au premier homme d'envoyer, et qui devait lui donner en sa personne des adorateurs éternels en esprit et en
vérité ?
Non , nous ne croyons pas aux miracles rapportés par Hérodote et par Tite-Live ; parce que ces écrivains ne se donnent pas pour témoins oculaires de ces miracles ; qu'ils n'en garantissent pas la réalité; qu ils ne les rapportent que sur des bruits populaires, ou d'après des récits de personnes intéressées à les débiter ; que la plupart de ces faits sont des effets naturels travestis en miracles par l'ignorance de la bonne physique; nous ne vous empêchons pas de croire à ces miracles ; mais nous vous plaindrions si , en conséquence de votre foi , vous vous croyiez obligé d'adopter la religion des Hérodote ou des Tite-Live ; est-ce que ces ipiraclcs s'opèrent pour autoriser leur religion? Et quand ils seraient opérés pour cette fin , feraient-ils preuve ? Quel intérêt , s'il est permis d'user de ce terme , voudriez-vous que Dieu prit à des miracles qui ne sont point opérés à l'invocation de son nom? Hors 1 unique et véritable religion , nul miracle de ce dernier genre ; nul miracle même dans les fausses de la part de leurs instituteurs. Leurs sectateurs ont bien pu se vanter d'en faire ; mais c'était aux instituteurs à prouver leur
mission divine.
Oui , nous croyons aux aventures de la Palestine, racontées par Matthieu , Marc , Luc, Jean, dans leurs livres : parce que nous ne pouvons , d'un côté , refuser au souverain Maître de la nature la puissance d opérer de tels prodiges ; et de l'autre , douter qu'il ne les ait effectivement opérés. L authenticité des livres où sont racontés ces prodiges est démontrée: deux autenrs de ces livres se disent témoins oculaires de ce qu ils racontent ; les deux autres se disent contem-
i>oraîns des témoins oculaires des mêmes àits : tous les caractères qui peuvent mériter notre confiance se réunissent en eux , la simplicité, la candeur, la modération, le bon sens ; à leur appui viennent des écrits de deux de ces historiens , avec les Epitres de Paul, Pierre, etc., écrits de rauthenticité et de la vérité desquels il n'est paspossible de douter: enfin les effets de ces miracles sur la terre; des miracles du même genre continués durant plus de trois siècles; et, ce qui est plus miraculeux que les miracles mêmes, le changemcat d'opinions , d'inclinations et de conùaite dans une infinité de personnes. Nous ferez-vous encore un crime de croire aux aventures de la Palestine ? Vous avancez que nos Evangiles ont été ignorés pendant trois cents ans chez les Grecs et les Romains.
Comment votre conscience a-t*elie permis à votre bouche de prononcer un tel mensonge? N'est-ce qu'après trois cents ans qu'il y eut des chrétiens répandus dans les trois parties de la terre connue ? N'y en avait-il pas à Home même , selon Tacite , une multitude sous le règne de Néron ? N*esl-<:e pas avant ce règne même , ou sous ce règne que le grand Apôtre des nations, qui avait fondé tant d'Eglises , parle de l'Evangile comme d'un livre connu des Eglises? N'est-ce qu'a-" près trots cents ans que vivaient les Justin , les Irénée, les Tertullienî N'éUitHse pas nos
Îuatre Evangiles qu'on lisait , selon saint ustin, dans les assemblées des chrétiens ? Ne sont-ce'pas nos quatre évangiles dont saint Irénée assure qu'ils éclairaient tonte la terre comme le soleil? N'est-ce pas par l'antiquité de nos évangiles que Tertullien convainquait de fausseté tous les prétendus évangiles des hérétiques? Et qui ne sait que la plupart des ces hérétiques osèrent se montrer dès le vivant des apôtres ?
Quand on vous accorderait que nos trois premiers évaneUes ne parurent qu'après la destruction de Jérusalem , qu'en concluriez-vous contre la vérité des faits relatés dans ces ouvrages? Estr-ce que les faits les plus décisifs ne se trouvent pas dans les épltres canoniques constamment antérieures à la destruction de Jérusalem ? De plus , dès
2u'il y avait des Eglises établies avant cette poque à Jérusalem, à Rome, àCorinthe* à Ephèse, etc., en un mot, une multitude de chrétiens répandus dans tout l'empire romain , pourriez - vous soupçonner les évangéiistes d'avoir voulu en imposer i leurs contemporains? 11 faudrait supposer que leurs contemporains n'eussent eu aucun commerce avec les fidèles qui avaient vécu avant et après la ruine de Jérusalem jusque à eux : car n'aurait-il pas suffi à ces contem* porains, pour s'inscrire ea faux contre les faits rapportés par les évangéiistes , qu'ils n'en eussent jamais ouï parler par leurs prédécesseurs?
Ce moyen , si naturel , n'était pas le seul qu'avaient, après la ruine de Jérusalem, les églises chrétiennes répandues dans toute la terre connue , de s'assurer de la vérité des évangiles : elles en trouvaient un autre encore plus naturel dans les évangiles mêmes. Ce que nous avançons ici vous étonne? Ouvrez ces évangiles : quelles sont les promesses qui y sont mises à la bouche de Jésus-Christ en faveur de ceux qui croiront en lui? Outre le pouvoir que Jésus-Christ donne à ses apôtres sur les démons et sur les maladies , il promet en termes clairs , avant d'aller à la mort, qae celui qui croit en lui fera les œuvres qu'il fait, c'est-à-dire ses miracles , et qu'il en fera encore de plus grandes; parce qu'il va à son Pire. Il ne s'explique pas moins clairement avant de monter au ciel : Celui, dit-il, qui croira et qui sera baptisé sera sauvé ; et celui qui ne croira point sera condamné. Et voici les mi* ^ racles qui accompagneront ceux qui auront cru ; ils chasseront les démons en mon nom*
EXAMEN DU CATÉCHISME
tl« parleront de noweUee lanauee ; ih prenrdront les terpents; ei ê'Us Suivent Quelque breuvage mariel il ne leur fera point de mal ; ilê mettront les moine eur lee teudadee , et les malades seront guéris.
LA-dessns raisonnons : on, après la mine de Jérosalem , les Eglises chrétiennes voyaient an milien d'elles racoompUssement de ces promesses magnifiques , on elles ne le voyaient pas ; dans le premier cas, la vérité des Evangiles n'était-elle pas visible à îenrs yeux? Leur était-il pins possible de .douter des œuvres admirables de Jésus- Christ qu'aux Juifs, qui en avalent été témoins? Les œuvres qu'elles voyaient non seulement retraçaient à leurs yeux celles de Jésus-Christ, mais comme eues en étaient les effets , elles leur manifestaient d'une manière palpable sa puissance et sa gloire. Dans le second cas , c'est-A-dire , si dans les Eglises chrétiennes on ne voyait personne qui chassAt les démons, qui parlât de nouvelles langues, qui guérit les malades par l'imposition des mains , en un mot qui n'opérAt aucun prodige au nom de Jésus- Christ ressuscité et monté au ciel : peut-on supposer qu'il y eût eu des hommes assez dépourvus de sens pour prêter A Jésus- Christ des promesses si insensées? Ou s'il y en eût eu, A qui une imposture si grossière eût-elle pu échapper ? auelle Eglise eût pu subsister un moment 7 Quel particulier , assez ennemi de lui-même , de sa raison , de son repos , de sa vie , eût voulu , sur le témoignage de quelques historiens, trompés on trompeurs , renoncer A une religion sensible et commode, assortie A l'imagination, aux passions , reliffion dans laquelle il avait été nourri et élevé pour en embrasser une toute spirituelle, formidable A la raison dans ses dogmes , terrible aux sens et aux passions dans sa morale, surtout dans des temps on l'embrasser c'était s'exposer aux railleries du monde , aux cris des prêtres , an fureurs du peuple , A la violence des magistraU?
Est-il donc plus possible de révoquer en doute l'exécution des promesses de Jésus- Christ que l'existence des Eglises chrétiennes avant et après la ruine de Jérusalem? Lisez les miracles des apôtres dans leurs Actes et dans leurs Epttres; lisez dans les mêmes Epttres les règles qu'ils prescrivent aux Eglises pour l'usage des dons miraculeux, communs parmi elles; lisez les Quadrat , les Justin , les Athénagor , les Irénée , les Tertullien, les Origène, les Minucius Félix, les Arnobc, les Alhanase, les Eusèbe, les Cyrille , les Aueustin. Op[>oserez-vous A des nommes si éclairés et si vertueux un bouffon tel que Lucien , contraint de rendre témoignage A la vertu des chrétiens do son temps; un très-petit philosophe, tel que Celse , cherchant dans la magie des armes contre nos Evangiles; un enthousiaste superstitieux , tel qne l'empereur Julien , donnant dans les noires opérations de la Théurgic , forcé d'avouer quelques miracles de Jésus-Christ ; cl quelques autres- écrivains
du même caractère , recourant à toutes sortes de chimères pour étayer les ruines du paganisme confondu par les chrétiens ; en un mot des écrivains semblables A tios adversaires modernes , aussi stériles en raisons t aussi féconds en sarcasmes , en mensonge et en calomnie ; vous le voyez , dans quel temps qu'aient été écrits nos Evangiles, soit avant, soit après la mine de Jémsuem, leur vérité est inébranlable.
Nous convenons volontiers , d'après de bons monuments , que saint Jean n'èoivit son Evangile qu'après la ruine de Jérusalem. Mais en pourriez-vous citer un seul, en preuve de votre assertion , par rapport A nos trois premiers évangélistes ? T a-t-il un seul mot dans leurs ouvrages qui indique
Su'ils n'aient écrit qu'après cet événement ? eratt-ce la prédiction détaillée qu'ils en mettent A la bouche de leur maître? Vous feriez compassion, et guel avantage vous en reviendrait-il ? Ne senez^vous pas contraint de faire honneur aux évangélistes des prédictions encore |)lus surprenantes sur 1 ^t futur du peuple juif et sur l'étendue et la perpétuité de l'Eglise, qui sont tous les jours vérifiées A nos yeux. Vous êtes réduit, pour toute preuve , A la mort de Zacharie , fils de Barachie, citée par saint HaUiieu : quelle preuve ? Etes-vous donc bien assuré que les interprètes qui entendent par Zacharie ou le père de Jean-Baptiste , ou le fils du grand prêtre JoYada , mis A mort par Joas dans le parvis du temple ; êtes-vous bien assuré que ces interprètes sont dans l'erreur? Mab en l'entendant du fils de Barac, dont parle Josèphe, êtes-vous bien assuré que ce ne soit pas une prédiction de Jésus-Christ, qui en parle comme d'un événement passé , tant il était présent A ses yeux ? Prétendre que Jésus-Christ n'avait pas prédit l'événeoient rapporté par Josèphe , c'est comme si Ton prétendait que la délivrance des Juifs par Cvrus , rapportée par le même historien , uTivait pas été prédite par IsaYe.
Nous ne relevons pas l'imputation que vous faites A nos Evangiles , de fourmiller de contradictions A chaque page; nous vous avons déjA fait le défi d'en citer aucune. Remplissez-le si vous le pouvez.
Il n'est point de fait ancien qui fût incontestable si les miracles de Jésus^Christ pouvaient souffrir le moindre doute. Les plus Srands ennemis de ces miracles , les Talmuistes, les Celse, les Hiéroclés, les Julien , les Juifs et les PaYens ont été forcés de convenir de leur réalité dans des temps où ils étaient aussi A portée d'en jo|;er que nous le sommes de juger des faits qui se passent devant nous, ou qui se sont passés peu d*aBnées avant nous. Il était réservé A nos jours de voir les passions effrénées braver la raison et nier toot ce qui s'opposu a leur empire.
Vous terminez vos attaques , c'est-A-dire vos insolentes déclamations contre les miracles de Jésus-Christ , par des questions sur la fin de ces miracles. Pourquoi , demandezvous , Dieu aurait-il fait ces miracles pour être condamné à la potence chez les Juifs ,
DE L'HONNETE HOMME, ETC
etc Jèsus-Christ préroyail que leUe serait la Gn de ses miracles ; il rayait soayent annoncé à ses apôtres, qui n'y comprenaient rien; il ne Fayait pas déffuisé aux Juifs, et les princes des prêtres et les scribes le comprirent très-bien. Sans doute , ses disciples ne concevaient rien à la prédiction qu il leur faisait de sa mort et du genre de sa mort ; parce qu'il n'était pas naturel d'imaginer que tant de miracles bienfaisants , opérés par Jésus-Christ pour prouver qu'il était le Fils de Dieu, pussent avoir une Gn si tragique. C'est li néanmoins la cause de la fureur des Juifs contre Jésus-Christ ; ils l'accusent de blasphème, et veulent le lapider, non à cause de ses œuvres, mais, parce qu'étant homme, il se faisait Dieu. Il les renvoie aux oeuvres qu'il fait par la puissance de son Père comme à des preuves certaines qu'il est le Fils de Dieu , et que Dieu son Père est dans lui , et lui dans son Père. Un discours si raisonnable ne r«ilentit point leur fureur. Il s'y dérobe pour un temps, bien déterminé à s'y livrer, quand son heure sera venue : car avant le discours que nous venons d'entendre il avait déclaré dans les termes les plus clairs qu'il était le pasteur, et que le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis ; et il continue ainsi : /e donne ma vie pour mes brebis, afin qu'elles aient la vie éter^ nelle; elles ne périront jamais, comme il le dit quelques versets après : C*est pour cela que mon Pire m'aime : parée que je la auitte pour la reprendre : car personne ne me la ravit ; mais e'esl de moi-même que je la quitte ; car j'ai le pouvoir de la quitter, et j'ai le pourvoir de la reprendre : c'est le commandement ç^^oi feçu de mon Père,
1^1 est donc le moyen de sauver l'homme, que Dieu a arrêté dans ses décrets éternels ; c'est l'incarnation et la mort de son Fils unique, promis au premier homme après sa chute, attendu pajr les patriarches, Gguré par les cérémonies de la loi, annoncé par tous les prophètes suriout par Isaïe et par Daniel.
Y avait-il un autre moyen de réconciliation de Dieu avec les transgresseurs de ses lois ? C'est un problème que nous vous laissons à résoudre : mais ne prétendez pas nous contenter en nous disant, ou que nulle peine n'est due au péché, ou que le repenUr du
«écbeur suffit pour entrer en grâce avec ieu, et pour mériter sa bienfaisance éternelle. Le premier dénouement confondrait toutes nos idées; car ce que nous voyons le plus clairement, c'est la relation de la violation de Tordre au châtiment, et du châtiment à la violation de l'ordre. Jamais vous ne nous ferez concevoir que le repentir du pécheur soit une réparation proportionée à l'injure faite à un Dieu par la transgression de ses lois ; vous nous ferez encore moins concevoir qu'un tel repentir mérite i titre de justice un bonheur éternel; enfin, quand vous réussiriez à nous proposer quelque dénouement plausible, que nous diriez-vous pour nous convaincre que la souveraine justice n*est point
souverainement libre d'accepter ce repen^ tir, ou de le rejeter? Quoi qu'il en soit nous admirons le choix que Dieu bit d'un tel moyen pour se réconcilier avec nous : nous tremblons devant sa justice, qui exige une si pleine satisfaction pour nous pardon* ner ; nous sentons toute m grandeur de notre maladie, par la grandeur du remède employé pour nous guérir ; nous adorons la bonté infinie, qui ne veut pas nous perdre : nous voyons sans frémir un Dieu, nous aimer, jusque au point de nous donner son Fils unique pour nous sauver ; et ce Fils nous aimer jusque au point de se donner lui-même pour nous épargner la mort que nous méritions en qualité de pécheurs. Plus l'amour de l'un et de l'autre est pour nous incompréhensible, plus il nous parait divin. C'est donc avec respect et avec reconnaissance, que nous voyons mourir un Dieu sur la croix, non en sa divinité, immortelle et impassible par son essence, mais en son humanité qu'il ne s'était unie que pour l'oifirir en sacrifice à la gloire de son père, maître de lui rendre la vie, comme de la lui 6ter. Nous pourrions en rester là , vous ne pouvez plus rien avoir à nous dire qui soit digne de réponse ; mais il faut vous suivre jusque au bout.
Le caloyer. Je ne nie pas que vos doutes ne soient fondés , et je sens que vous raisonnsM de bonne foi ; mais enfin convenez quHl faut une religion aux hommes.
L'honnête homme. Sans doute, Famé de-mande cette nourriture: mais pourquoi ta chanaer en poison? Pourquoi étouffer la simple vérité dans un amas d'indignes mensonaes f Pourquoi soutenir ces mensonges par le fer et par les flammes? Quelle horreur infernale! La reliaton entre F homme et Dieu est l'adoration et ta vertu; c'est entre le prince et les sujets une affaire de police; ce n'est que trop souvent d'homme à homme qu'un com^' mei'ce de fourberie. Adorons Dieu sincèrement, simplement, et ne trony^ons personne. Oui, il faut une religion; mais il la faut pure, rasTsonnable, universelle; elle doit être comme le soleil , qui est pour tous les hommes , et non nas pour quelque petite province privilégiée. Jl est absurde, odieux, wominable d'imaainer que Dieu éclaire tous les yeux , et qu'il plonge presque toutes les âmes dans les ténèbres. Il n'y a donc qu'une probité commune à tout l'univers; U n'y a donc qu'une religion. Et
Îuelle est-^llef Vous le savez : c'est df adorer Heu, et d^ être juste*
Le caloyer vous fait des compliments.
Que ne pouvons-nous aussi vous en faire f Vous convenez au'il faut une religion à l'honune , mais qu il ne faut ni la faire consister dans un amas d'indignes mensonges , ni soutenir ces mensonges par le fer et par les flammes : nous en convenons volontiers. Nous convenons encore, et nous en sommes déjà convenus , que l'adoration et la vertu sont de l'essence de la religion qu'il faut à l'homme.
Mais qu'entendez-vous par adoration T La faites-vous consister à reconnaître une Divi^ nité quelconque, c'est-à-dire , avec un poète
EXAMEN DU CATÉCHISME
de nos jours (1) , un être existant parluitnéme, soit que cet élre ait tiré TanÎTers du néant, soit qu'il n'ait fait qu'arranger une matière éternelle, soit qu'il soit lui - même matière, ou que la matière fasse partie de lui-même, et qu'il soit conséquemment l'univers ou partie de l'univers. Le Dieu véritable pourrait-il agréer vos adorations, si nous n'avions que des idées si indignes de sa grandeur? En mériterait-il même de ndtre part , si nous n'avions pas reçu de lui l'être et la vie? En mériterait-il , sNl n'avait fait qu'arranger une matière éternelle par la nécessité de son être? Cardans la supposition contradictoire qu'une matière éternelle, par conséquent existant par soi , pût recevoir d'une main étrangère son arrangement, ne serions-nous pas nous-mêmes chacun en particulier des arrangements nécessaires de la matière éternelle? Un être existant par soi est nécessairement tout ce qu'il peut être. En mérileraît-il, s'il était lui-même matière? Ne serait-il pas , dès là même, un être aveugle et insensible? £n mériterait-il, si la matière faisait partie de son être, et qu'il fût
f»ar conséquent ou l'univers ou partie de 'univers? Par conséquent, fussions-nous nous-mêmes partie de son être, ne deviendrions-nous pas, dès-là même l'objet des adorations que nous lui rendrions ? Et quelles adorations serions-nous capables de lui rendre, si nous n'étions, comme le suppose le même poète, qu'un de nos sens? Est-ce qu'un de nos sens peut sortir de l'étroite sphère des objets corporels ? Que peut-on entendre par le terme de vertu, d'après des imaginations si grossières et si absurdes sur Dieu et sur rhomme, si ce n'est l'amour de nous-mêmes, attentif à ménager les intérêts d'autrui » pour nous conserver les nôtres; surtout si le fatum nous a fait naître une de ces combinaisons de la matière , plus faibles que nos voisines ?
Si vous pensez comme ce poète , cessez de nous parler de religion , d'adoration , de vertu, et ne trouvez pas mauvais que nous continuions de répéter que la religion véritable et nécessaire à l'homme est de lui faire connaître llntelligence souverainement parfaite , créatrice , conservatrice , modératrice de tous les êtres; de lui faire connaître sa nature propre , ce qu'il y a de bon , ce qu'il V a de mauvais , et la source de l'un et de •r autre, de lui faire connaître les lois qui lui sont imposées , soit à l'égard de l'auteur de son être, soit à l'égard de soi-même , soit à l'éffard de ses semblables ; de lui faire connanre les biens qu'il peut attendre de son obéissance à ces lois , et les maux dont est menacée sa désobéissance; de lui faire connaître le culte qu'il doit rendre , de concert avec ses semblables , à l'Etre parfait; de lui faire connaître le moyen de reparer la violation des lois qui lui sont imposées, et d'en obtenir l'abolition. Sans ces connaissances , qu'est-ce que pourrait être son adoration ,
il) La lidiçiott maurelfe, poème au roi oc Prusse.
Ïui doit rassujettir tout entier à l'objet adoré? n tel effet est réservé à l'amour seul de pré* férence qui domino le cœur. Sans ces connaissances, quelle pourrait être la vertu, qui est l'amour de l'ordre? amour qui ne peut encore subsister sans l'amour par-dessus toute chose du Créateur, comme de son souverain bien ; sans l'amour de ses semblables, comme étant des biens qui lui sont égaux ; par conséquent, sans leur d&sirer et leur procurer les biens qu'il se désire et qu'il se procure à lui-même. Mais où trouverezvous, hors la religion chrétienne, toutes ces connaissances, par conséquent , l'adoration et la vertu ?
Comment donc la religion pourrait-elle être entre le prince et les sujets une affaire de police? Quoil il dépendrait du prince et des sujets de se former l'idée qu'ils voudraient de Dieu , de l'homme , de leurs devoirs; des récompenses et des châtiments dus à leur fidélité ou à leur infidélité , du culte dû à l'Etre suprême , de l'abolition ou de la punition de leurs crimes ; et iès-là même on serait pleinement assuré qu*en suivant cette religion, fruit des caprices de l'imagination, telle qu'elle puisse être, on adorerait en esprit et en vérité l'Etre parfait, et on serait vertueux aux yeux de sa sainteté ? Comment avez-vous pu mettre au jour une pensée si peu raisonnable ?
Malheur à ceux qui font de la religion un commerce de fourberie. Nous le disons de toute la plénitude du cœur : Adorons Dieu sincèrement, simplement, et ne trompons personne; mais, pour l'adorer ainsi , adorons-le tel qu'il s'est fait connaître à nous , et selon la manière <{u'il veut que nous Thonorions pour lui plaire. Voilà Tunique religion qui puisse être pure, raisonnable pour tous les temps et pour tous les lieux. Mais refuserez-vous à Dieu le choix libre de faire briller cette lumière salutaire aux yeux de ceux qu'il lui plalt , et délaisser les autres dans leurs ténèbres? Quoi ! il sera maître de répajndre inégalement les biens de la nature : rinteltigence, la science, la santé, la force, etc. , et il ne sera pas maître d'accorder ou de refuser, selon sa volonté, les biens de la grâce? Il ne lui sera pas permis de punir, par la soustraction des dons de ce dernier genre, ceux qui les auront méprisés ; etit ne lui sera pas permis d'en gratiner ceux qui en feront un bon usage? Il ne plonge pas les âmes dans les ténèbres ; mais c'est un fiiît qu'un grand nombre y demeurent plongés.
Peut-on lire l'histoire aes nations si célèbres dans Tantiquité , des Egyptiens , des Assyriens, des Grecs, des Romains, etc., sans être étonné de la profondeur de leurs ténèbres ? et l'histoire moderne ne nous offre-telle pas encore des sujets du même étonnement? Car dans quelles ténèbres ne faut-il pas être pour adorer des astres, des animaux, îles hommes ? Adorons la conduite du souverain Etre sur le genre humain ; mais ne soyons pas assez téméraires pour lui en demander la raison. Ce n'est pas la priv«it?op involontaire de la lumière de la véritable
StC!
DE L*HONNETE HOMME, ETC
religion, qui rend les âmes criminelles à ses ycn\ ; G*est Tabus qu'elles font des lumières qu'il fait toujours luire , dans certains degrés, aux }eux des esprits les plus ténébreux.
S'il vous plaisait d'expliquer ce que vous entendez par probité, peut-être tous accorderions-nous» comme une conséquence , qu'il n'y a qu'une religion , comme il n'y a qu'une probité : savoir adorer Dieu, être juste. Mais, jusque à ce que tous nous fassiez part de Tidée que vous attachez à ce terme probité , TOUS nous permettrez d'avancer d'abord cette proposition, comme nous étant mieux connue : 11 n'y a qu'une véritable religion , savoir adorer Dieu , être juste ; donc il ne peut y avoir dans l'univers qu'une véritable probité. Or nous croyons avoir démontré (j^u'iln'ya, et qu'il n'y a jamais eu qu'une véritable religion sur la terre: savoir adorer Dieu, être juste, qui est la religion chrétienne; et que hors de cette religion, il n'y a point, et il n'y a jamais eu de probité, en entendant par ce terme l'adoration en esprit et en vérité du vrai Dieu , cl la justice , soit envers le vrai Dieu , soit envers soimême , soit envers ses semblables. En effet, parcourez toutes les religions établies sur la lerre , en Ions les temps , et citez-nous l'exemple d'un homme, hors de la religion chrétienne, qui aime de tout son cœur le vrai Dieu, créateur du ciel et de la terre, qui n'agît que pour lui plaire et pour lui obéir , qui ie regarde comme le principe de tout ce qu'il remarque de bon en soi , rapportant tout à sa gloire ; qui fasse tous ses efforts pour se conserver pur et irréprochable , par une observation exacte de tous ses devoirs ; enfin, qui aime son prochain comme soimême, en évitant tout ce qui peut lui nuire, et en lui rendant toutes sortes de services.
Le ccUayer. Mais comment croyez - vous donc qtie ma religion s'est étjablie ?
L'honnête homme. Comme toutes les autres. Un homme d'une imagination forte , se fuit suivre par quelques personnes d une imagination faible: le troupeau s'augmente, lefanortisme commence^ la fourberie achève. Un homme puissant vient ; il voit une foule qui s'est mise une selle sur le dos et un mors à la bouche: il monte sur elle et la conduit. Quand une fois la religion nouvelle est reçue dans l'étal, le gouvernement n'est plus occupé qu'à proscrire tous les moyens par lesquels elle s'est établie. Elle a commencé par des assemblées secrètes : on les défend. Les premiers apôtres ont été expressément envoyés pour chasser les diables ; on défend les diables. Les apôtres se faisaient apporter Forgent des prosélytes ; celui qui est convaincu de prendre ainsi de l'argent est puni. Ils disaient qn'il vaut mieux^ obéir à Dieu qu'aux hommes ; et sur ce prétexte ils bravaient les lois. Le gouvernement vnintient que suivre les lois c'est obéir à Dieu. Enfin la politique tâche sans cesse de concilier l'erreur reçue et le bien public.
Comment , né avec une imagination forte , n'avez-vous pas entrepris de former quelque nouvelle religion , av Heu de ne travailler
Catéco Philos. L
qu'à les détruire toutes ? Nous n'examinons pas si tant de religions diverses , répandues sur la terre, ont commencé, sesont.accrucs, et enfin établies de la manière que lous le décrivez ; mais pour en faire l'application à la religion chrétienne ,« ce n'est point assez d'avoir de l'imagination , il faut être visionnaire.
Vous disiez à votre caloycr, que vous aviez lu avec attention tous nos livres. Il ne les avait çuère lus lui-même; ou il vous connaissait bien peu , s'il vous en croyait sur ^otre parole. Il est des esprits faux qui semblent n'être pas nés pour voir la vérité ; il eu est de prévenus qui la voient toujours mal; il en est de passionnés qui ne veulent pas la voir : vains , ils dédaignent les vérités communes et populaires , parce qu'elles ne peuvent servir à les distinguer ; voluptueux, s'ils ne peuvent plier la règle, ils tachent de la briser. Nous nous garderons bien de vou» ranger dans l'une de ces classes ; mais que de preuves d'inexactitude ne nous avcz-vous pas données jusque ici, en matière de faits , 03 raisonnements! En voici de nouvelles. Vous avez lu , dites-vous , tous nos livres : y avez-vous découvert dans l'histoire et dans la conduite de Jésus-Christ quelques traits d'une imagination forte? Y avez-vous même aperçu dans sa vie quelque trait des passions humaines, de l'ambition, de la curiosité, des attraits pour les plaisirs sensibles, et non la raison la plus pure? Uniquement occupé de la volonté de son père, il annonce l'accomplissement de ses promesses en appuyant sa parole de ses miracles et en marquant tous ses pas par des bienfaits. Sa modestie, son silence sur tout ce qui agitait alors le plus les esprits, de même que sur les sciences et les arts ; sa pauvreté, sa douceur étaient telles qu'elles arrêtaient l'impression de crainte, que sa puissance devait naturellement faire sur les pharisiens et les scribes, ces corrupteurs de la loi divine, et ces hypocrites qu'il démasquait. Il ne publie point une nouvelle religion; c'est la religion aussi ancienne que le monde, comme nous l'avons déjà observé, qu'il établit en se donnant pour le libérateur promis au premier homme après sa chute , attendu par les patriarches figuré par tout l'appareil de la loi mosaïque, prédH par tous les prophètes ; il appelle à sa suite un petit nombre d'honunes ignorants et grossiers, mais auxquels il saura bien donner la science et l'urbanité quand il lui plaira. La sainteté de sa vie, la sublimité de sa doctrine, l'éclat de ses miracles lui attirent un grand nombre d'admirateurs timides, malgré les mépris affectés de ces jaloux contradicteurs ; mais pour me servir de vos termes si flatteurs pour le peuple, bien loin de monter sur cette foule qui s'est mis une selle sur le dos et un mors à la bouche, il se dérobe à sa poursuite quand elle veut le proclamer roi, lui prédit sa défection et les malheurs qui en se^ ront la suite.
Bientôt en effet, il est presque générale^ * ment abandonné; il meurt comme il l'avait prédit; il ressuscite selon sa promesse; il
iVingt-neuf)
EXAME.N DU CATECHISME
apparaît A pluf de cinq cents discioles , dont les cœars lui étaient demeurés fldèles, mal-
5 ré leur timidité et leur fuite ; il fait descenre sur eux le Saint-Esprit qu1l leur a pro* rois : aussitôt transformés en de nouveaux hommes, ils publient ses merveilles. Est-ce dans des assemblées secrètes T N'est-ce pas au milieu de Jérusalem que Pierre fait entendre sa voix? N'est-ce pas au milieu des villes les plus éclairées et les plus corrompues de l'empire romain que cet apôtre et ses collègues exercent leur ministère? Que de milliers de prosélytes, malgré Topposition des puissances de la terre et de l'enfer, naissent de ces discours, inspirés par l'esprit de vérité et soutenus par toute sorte de miracles 1 Si ces adorateurs nouveaux du Dieu vivant tiennent leurs assemblées dans des maisons particulières, est-ce un juste suiet de reproche contre eux ? Voudrait-on qu ils les tmssent dans les temples consacrés aux idoles, ou dans des lieux auxauels seraient exposés aux regards et aux insultes des profanes les livres samts qui font leur consolation et les mystères sacrés dont ils se nourrissent?
Qu'étaient- ce que toutes ces divinités monstrueuses, adorées alors sous mille noms divers et sous mille flgures bizarres, qoe des esprits de mensonge, lesquels exerçaient souvent un empire cruel sur les corps d*un grand nombre d'hommes? Délivrer ces malheureux de ces ennemis cruels, en les chassant des corps qu1ls tourmentent, n'était-ce pas mettre dans le plus grand jour leur impuissance et tout a la fois la puissance du Sauveur, les rendre haïssables et faire rou-
Str l'humanité de prostituer son culte à des très si injustes et si méchants ? Quoi donc do plus digne des apôtres de la vérité?
Nous avons déjà vu que l'accusation renouvelée ici contre leur désintéressement n'était qu'une calomnie. Qui fut jamais plus soumis aux lois des princes que ces grands hommes? qui recommandajamais avec plus de soin de s'y soumettre? Etait-ce les braver que d'obéir à Dieu; et n'était-ce pas obéir à Dieu que de prêcher la vérité, en faisant des miracles, dont leurs persécuteurs étaient obligés de convenir? Pour être en droit do leur fermer la bouche , n'aurait-il pas fallu pouvoir leur interdire les miracles?
Il faut renoncer à la bonne foi pour ne pas convenirde l'origine céleste du christianisme. La puissance de Jésus-Christ se montre ici de toutes parts. Il semble <^u'il n'ait abandonné son Eglise durant trois siècles à toute la férocité de l'enfer que pour faire éclater la divinité de son établissement dans la sainteté de ses enfants, dans la force- de ses martyrs, dans la multitude de ses miracles. Les preuves sont portées au dernier degré d'évidence, pour les cœurs droits et sincères. Elfes seront continuées dans tous les siècles; mais elles seront plus rares, comme elles doivent l'être , afin de ramener toujours les hommes attentifs A celles dont elles ne sont que la suite. Enfin l'erreur se lasse, pour Glnsi dire, do ses fureurs contre la vérité :
les trophées dressés à la gloire de Dioclétien, comme au destructeur du christianisme, m servent qu'A lui faire sentir l'inutilité de ses efforts : les chrétiens remplissent toute la terre : la politique adopte leur religion.
Constantin a vu dans les airs fa croix « plus brillante que le soleil, siçne salutaire qui lui répond des victoires qu'il va rempor*ter sur ses concurrents, aveugles défenseurs de l'idolâtrie, Haxence, Maximin, Licinius. Il n'hésite plus A autoriser le christianisme, non comme une erreur reçue , mais comme la vérité descendue du ciel ; pour mettre en sûreté sa personne sacrée, en la faisant envisager A ses sujets comme le ministre du Dieu vivant; pour maintenir sa puissance, en la leur représentant comme une émanation de la Toute-Puissance même; pour affermir son trône, en le plaçant dans leurs cœurs et leurs consciences ; pour porter partout l'ordre et la paix, en mettant comme un frein aux passions, sources intarissables de l'injustice et de la guerre. Ecoutons le caloyer.
Le caloyer. Mais voia allez en Europe, Vous serez obligé de vous conformer à quel' qu'un des cultes reçus.
Vhonnête homme. Quoi donc, ne pourrai'je faire en Europe, comme ici : adorer patsiblement le Créateur ^ de tous les mondes, h Dieu de tous les hommes, celui qui a mis dans mon cœur V amour de la vérité et delà justice ? Si dans Alep vous adorez, en esprit et en vérité, le Créateur de tous les mondes et le Dieu de tous les hommes, qui vous empêcherait de l'adorer en Europe ? Mais ne vous flattoz pas de l'adorer ainsi, par l'amour de la vérité en général , et de la justice en général : un tel amour n'est pas incompatible avec le mensonge et l'injustice : de même que l'amour du bien en général n'est pas incompatible avec Tamour des faux biens. Les fiassions font souvent prendre l'erreur pour a vérité, l'injustice pour la justice , de même que les biens apparents pour le bien réel. Pour adorer donc Dieu en esprit et en vérité, il faut l'adorer, avec son Fils, dans l'unité du Saint-Esprit. On ne va an Père que par le Fils; qui n'honore point le Fils, n'honore point le Père. L'adoration en esprit et en vérité est la charité ; or c'est le Saint-Esprit, qui répand dans nos cœurs la charité, qu'il embrasse avec le Père et le Fils. Ce n'est
Kint pour son intérêt qoe Dieu exige de omme des hommages ; son bonheur est indépendant d'un si petit être. C'est pour riqterêt de l'homme même : parce qu'étant essentiellement la bonté et la justice, il ne lui a donné l'existence qu'en lui imposant l'obligation de se rendre heureux ; or quel peut être le bonheur de l'homme sans la connaissance et l'amour de Dieu, qui est le souverain bien? C'est donc lui seul qu'il faut adorer en esprit et en vérité ; mais pour l'adorer ainsi, il faut l'adorer, non selon les caprices de son imagination, mais tel qu'il s'est lait connaître'.
Le caloyer. Non, vous risqueriez trop : r Europe est divisée en factions , il faudra en choisir une.
DE L*HONNETB ilOMME, ETC.
Me
Vhonnite homme. Des factions, quand il s^agiî de la vérité universelle ; quand il s'agit
de Dteul
Des factions, quand il s'agit de Dieu, vous étonnent I S*il ne s'agissait que d*un Dieu
Îuelconqae» elles devraient sans doute vous tonner. Il existe un Dieu, c^est une vérité universelle. Mais qu'est-ce que ce Dieu ? Comment faut-il Thonorer pour lui plaire ? Ce n'est plus ici une vérité universelle ; mais le sujet d'une foule de factions , soit avant, soit après l'établissement de la véritable religion en Europe, de même qu'en Asie, en Afrique, en Amériçiue. Cependant ce n'est que dans la religion chrétienne qu'il e^t connu, ce Dieu véritable, et qu'est connue la manière dont il faut l'honorer pour lui plaire : parce que ce n'est que là qu il se fait connaître lui-même, et la manière dont il veut être honoré pour lui plaire.
Le caloyer. Tel ^st le malheur des hommes ! On est obligé de faire comme eux, ou de les fuir. Je vous demande la préférence pourVEglise grecque.
Vhonnete homme. Elle est esclave.
Mauvaise raison, pour refuser au caloycr la grâce qu'il vous demande. L'esclavage n'est pas incompatible avec la vérité. Vous auriez pu fonder votre refus sur une raison plus solide; c'est le schisme de l'Eglise ffrecque avec l'Eglise romaine. Jamais de juste nécessité de rompre l'unité , parce que jamais il n'y en a de perdre la charité , qui est Tamour de l'unité, et l'ame de la religion. Se séparer du siège de Rome, reconnu universellement pour le premier siège de l'Eglise avant Photin, c'est pervertir l'ordre établi par Jésus-Christ ; c'est détruire la symétrie de son édiOce, en renversant la subordination qui en est la beauté; c'est mériter d'être abandonné à l'erreur, et de tomber tous l'esclavage d'une puissance ennemie du nom chrétien.
Le ealoyer. Voulex-vous vous soumettre à l*E glise romaine f
L'honnête homme. Elle est tyrannique. Je ne veux ni ifun patriarche simoniaque, qui achète sa honteuse dignité d'un grand tisir, ni d'un prêtre , ^i' s'est cru pendant sept cents asu le mcAire des rois.
Mauvaise raison encore : le crime du pasteur n'est pas incompatible avec l'autorité , qu'il a reçue par son ordination. Au reste, nui vous oblige, en vous soumettant à 1 Eglise ronoainc, d'embrasser les opinions de quelques-uns de ses théologiens? i)ès que , de votre aveu, la prétention des papes sur le temporel des rois ne date que de sept cents ans, dès là même ce n'est plus un dogme de l'Eglise dont le caractère essentiel est d'avoir été cru toujours de tous, par tous ; peut-être vous tromperiez-vous si rous pensiez que l'opinion dont il s'agit n'est redevable de sa. naissance qu'à l'ambition des papes. Ne la devrait-elle pas plutôt i la politique de queluues princes? Desprinecs, connaissant tout le respect dont étalent prévenus les peuples pour le premier pasteuf de TEglise» auront voulu recevoir de sa m<7în
la couronne, pour colorer et autoriser leur usurpation ; d'autres princes, faibles, auront eu recours à lui contre des voisins puissants et entreprenants ; d'antres, pour se maintenir dans un gouvernement tyrannique con-> tre des sujets mécontents, lui auront soumis leur royaume, en ne voulant plus l'administrer que comme ses licuteuants ; des flatteurs ensuite auront travesti en droit ces traits de la politique, et auiont tâché d'appuyer ce prétendu droit de quelques
[preuves éblouissantes. Ne serait-ce point là 'origine de cette opinion, qui a fait tant de bruit? Quoi qu'il en soit, quiconque a lu l'histoire des siècles où elle a été cn^. vigueur ne peut s'empêcher de remercier le souverain maître des événements d'en avoir permis alors l'introduction dans l'Eglise. Si elle fit verser du sans, combien n'en arrêta-t-ello pas de torrents dans ces siècles d'ignorance, de guerre, de pillage, d'incendie, de fureur?
Le caloyer. H n'appartient pas à un réli^ gieux, td que je le suis, de vous proposer la retigion protestante.
L'honnête homme. Cest peut-être celle de toutes que j'adopterais le plus volontiers, si fêlais réduit au malheur d'entrer dans un parti.
S'il ne convient pas au caloycr do vous proposer la religion protestante, votre ré^
{>onse convient-elle mieux? La suite du diaogne nous mettra en état d'en juger. Ce que nous pouvons vous dire en attendant, cest que la religion de Jésus-Christ, étant l'uni-* que manière d'adorer Dieu, comme il veut être adoré pour lui plaire, conimo nous croyons l'avoir démontré , vous ne pouvez vous dispenser de prendre le parti, ou de renoncer a l'espoir de plaire à Dieu, ou de choisir entre les sociétés qui se disent chrétiennes celles que Jésus-Cfhrist s^ établies»
Le caloper. Pourquoi ne lui pas préférer une religion plus ancienne?
L'honnête homme. Elle m^ parait bien plus ancienne que la romaine ?
L'objection du caloyer est pressante, contre votre disposition à préférer la religion protestante à la romaine : car la vérité est plus ancienne que le mensonge ; elle mérite seule la préférence. Votre réponse exige des preuves : nous allons les entendre.
Le caloyer. Comment pouvex-^ous supposer que saint Pierre ne soit pas plus ancien que Luther, Zuingle, OEcolampade, CoJvin et les réformateurs d'Angleterre» de Donnemarck, et de Suède, etc.?
L'honnête homme. Il me semble que la religion protestante n'est inventée ni par Lw ther^ m par Zuingle, etc. Il me semble qu'elle se rapproche- plus de sa source que la religion romaine , qu'elle n'adopte que ce qui se trouve expressément dans l'Evangile des chrétiens, tandis que les romains ont chargé le culte de cérémonies et de dogmes nouveaux. Il tCy a ou'à ouvrir les yeux pour voir que le l(giS' lateur des chrétiens n'institiui point de ffie$, n'ordonna point qu'on adorât des images et des os de morts, ne vendit voint d'indulgencei
EXAMEN I>U CATÉCHISME
fi^ reçut point d'annateê, ne conféra point dé bénéficeit n*eUt aucune dignité temporelle, r. établit point une inquisition, pour soutenir iCi lois, ne maintint point son autorité par le fer des bourreaux ; les protestants réprour tent toutes ces nouveautés scandaleuses et fu^ vestes : ils sont partout soumis aux maais-trats, et VEglise romaine lutte depuis nuit cents ans contre les magistrats. Si les protes^ tants se trompent, comme les autres, dans le principe, ils ont moins d'erreurs dans les con^ séquences ; et puisque il faut traiter avec les hommes, faime à traiter avec ceux qui tromr^ pent le moins.
Voas ne disconvenez pas qae l*Eglisc ro-* maîne ne soîl plus ancienne que les sectes protestantes. Comment en disconviendriezvous? Rome avait le catalogue de ses pasteurs qui , depuis S. Pierre, s*étaient succédé les uns aux autres sans interruption pendant quinze cents ans, avant que parussent les sectes protestantes. 11 vous semble , dites-vous, que la religion protestante n'est inventée ni par Luther, ni par Zuingle, etc. Pourquoi cela vous semble-t-ii? Parce qu'il vous semble qu*clle se rapproche plus de sa source. Est-il donc possible qu*une religion éloignée de sa source par Tespace de quinze cents ans s'en rapproche bien plus que la religion qui n'en est séparée par aucun intervalle ? Par où pouvez-vous juger de cette plus grande proximité? 11 n'y a que deux moyens, savoir, les livres du Nouveau Testament et la tradition. La tradition I la cherchcrez-vous dans des témoins qui n'ont paru
Sue quinze cents ans après les faits ; et non ans des témoins qui, par une chaîne indissoluble, tenant les uns aux autres, et ne formant, pour ainsi dire, qu'un même témoin qui a tout vu, remontent jusqu'aux faits qu'ils attestent. Les livres du Nouveau Testament I Mais ces livres viennent-ils de la source? Qui vous en assurera? Sont-ce des témoins qui n'ont paru que quinze cents ans après ces livres ? Vous voilà donc forcé de revenir au témoignaffe de l'Efflise romaine. Vous voilà réduit à prétendre que l'Eglise romaine n'entend pas ces livres , dont elle garanUt l'authenticité. Quoi I l'Eglise romaine, instruite de tout avant que ces livres fassent écrits , sous les yeux de laquelle ils ont été écrits, pour laquelle ils ont été écrits, n'en aura point eu rintelligence pendant
Îuinze cents ans ; et ce sera de Luther, de uingle qu'elle recevra sa lumière?
Il vous semble que la religion protestante s'approche plus de la source que la religion romaine; parce qu'elle n'adopte que ce qui se trouve expressément dans l'Evangile des chrétiens, tandis que les romains ont chargé le culte de cérémonies et de dogmes nouveaux; mais l'Evangile et les Ëpttres des apAtres, qui n'en doivent point être séparées, flont-ce les seules voies pour arriver à la connaissance de la religion chrétienne? Les evangélistes rapportent-ils toutes les leçons de Jésus-Christ, notre unique maître? S. Jean nous avertit du contraire. Tout ce qu'ont GftabU les apétrcs se trouve-t-il dans leurs
Epttres ? S. Paul fait entendre le contraire. Il faut donc pour connaître la religion cbi^ tienne , joindre la tradition de l'Eglise aux livres qui composent le Nouveau Testament.
Et certes, si l'Eglise , qui fait une si haute profession de ne reconnaître pêur sa doctrine, que celle qu'elle a reçue de son auteur par les apôtres , avait abandonné quelque pointde cette doctrine, et avait innové dans d'autres avant Luther, Zuingle, etc., il s'ensuivrait manifestement qu'avant Luther, etc., l'Eglise établie par Jésus-Christ n'existait plus sur la terre. Que devient donc la magnifique promesse de Jésus-Christ de bâtir une Église, contre laquelle les portes de l'enfer ne doivent jamais prévaloir ? Est-ce qu'une telle Eglise peut subsister, avec dea retranchements et des additions faites à la doctrine de son chef? Que devient la promesse de Jésus-Christ, d'être tous les jours, jusque à la consommation des siècles avec ses apAtres, baptisant et enseignant toutes les nations ; promesse qui embrasse nécessairement leurs successeurs. Si leurs successeurs n'ont point continué leurs enseignements, et en ont donné de contradictoires , que devient l'ordre de Jésus-Christ de dénoncer le pécheur à l'Eglise , avec obligation de le regarder comme un païen et un publicain, s'il refuse de l'écouter ? Peut-on être obligé d'écouter une maltresse d'erreur ; nue devient la notion que S. Paul donne de l'Efflise , comme de la maison du Dieu vivant, de la colonne et la base de la vérité ? Des dogmes <|ui ne viendraient pas du docteur de la venté, et qui est la vérité même, pourraient-ils être la vérité? Et la société qui les professerait, pourrait-elle être la colonne et la base de la vérité?
Hais quels sont donc ces dogmes nouveaux, dont vous accusez l'Eglise romaine d'avoir chaîné la religion chrétienne? Vous n'en spécifiez aucun. Le Législateur des chrétiens, dites-vous, n'institua point de cérémonies et de fêtes : sont-ce là des dogmes ? A-t-il défendu à son Eglise d'instituer des cérémonies? Quelle preuve avez-vous qu'il n'en institua point lui-même? On en voit d'établies dans l'Evangile, dans les Actes, dans S. PaoL dans S. Jacques, pour le baptême, pour l'eucharistie, pour la confirmation, l'ordre, l'extrême-onction. Si l'Eglise en a institué, ce n'est pas certainement contre la défense de son chef; comme elles ne tendent qu'à rendre plus sensibles, aux yeux de ses entants , les effets admirables de sa grâce, elle ne peut les fivoir instituées, que conduite et dirigée par son esprit. De même quelle preuve avezvous que le législateur des chrétiens n'inslilua point de fêtes; par exemple, le dimanche substitué au sabbat des Juifs,pour célébrer sa résurrection? L'apdtreS. Jean en lait une mention expresse dans son Apocalypse ; et nous apprenons du martyr Justin que les fidè* les s'assemblaient dans ce jour, pour partîci* per au mystère du corps et du sang de leur Lé^ gislateur. Supposons que l'Eglise ait institué d'autres fêtes : quoi , elle ne sera plus l'épouse de Jésus-Christ, parce qu'elle *«ra consacré certains jours à la mémoire, â la
DE L'HONNETE HOMME» ETC
MO
méditalion, à ialoaange des mystères de son divin époux » de même qu*à la mémoire et à la louange des opérations de sa grâce dans ses élos 1
Le Législateur des chrétiens, continuez- Yons, n'ordonna point qu'on adorât des images et des os de mort. Est-ce que TEgUse adore des images et des os de mort? Pour la soupçonner d'un tel égarement, il faut avoir déposé toute pudeur. L'Eglise n'adore que Dieu le père, et Jésus-Christ son Gis , dans l'unité du Saint-Esprit, comme le principe et la 6n unique de (out bien. C'est Jésus-Christ qu'elle adore dans les images de ses mystères, et dans les instruments de sa passion ; dès les premiers siècles do son établissement , elle avait des^ représentations, de son sacrifice, sur les vases qui servaient à le célébrer et à rofTrir. C'est de sa médiation seule et de sa puissance , et non de ses images, qu'elle attend tous les secours dont elle a besoin. C*est l'auteur de toute sainteté, qu'elle honore dans ses saints ; elle respecte , à l'exemple des Eglises apostoliques deSmyrne e4 de Ly4>n , dans leurs os, comme dans les temples du Saint-Esprit, destinés i une résurrection glorieuse, les mérites que sa grâce leur a Kiit acquérir; et dans leurs images, les triomphes que la même grâce leur a fait remporter. Si elle a recours a leur inlcrcessioii; ce n'est ni à leurs images ni à leurs os insensibles qu'elle s'adresse; c'est à eux, comme aux amis de Dieu, par les mérites de Jésus-Christ.
Le Législateur des chrétiens, poursuivez^ vous, ne yendit point d'indulgences, ne reçut pointd' Annales, ne conféra point de bénéfices, n'eut aucune dignité temporeUe. Si dans l'Eglise il Y a des hommes assez pervers pour vendre des indulgences, est-ce de l'aveu et avec l'approbation de l'Eglise ? Mais prenez garde de prendre pour vente des aum6nes volontaires , toujours regardées comme des marques nécessaires d'un cœur contrit et humilié, lequel seul, dans tous les temps, a été jnifé capable de recevoir une relaxation des peines dues au pécheur. Est-ce contre la défense du Législateur des chrétiens que les Egli-> ses particulières font des présents, sous tel ou tel autre nom, au pontife romain , leur père commun, pour le mettre en état de subvenir aux charges immenses attachées à sa place, pour le bien même de l'Eglise» pour la propa* gation de la foi , pour la formation des mi^ nistres zélés et savants, pour l'entretien et le soulagement des pauvres et des misérables? Le Législateur des chrétiens déclare à ses apôtres, en les envoyant prêcher son royaup me, qu'ils ne doivent pas s'inquiéter des besoins temporels, parce que, ajonte^tril, celui qui travaille mérite d'être nourri, et ^ue ceux qui (mnonant V Evangile doiveni vivre de rÉwmgile, N'est-il pas en effet de l'équité, que des pasteurs qui consacrent tout leur temps à la lecture , à l'exhortation , à TinstruotioD, pour le bien de leurs ouailles, tirent d'elles leur subsistance? Mais qu'importe, qu'ils la reçoivent journellement de leurs maiijs, ou de bénéQpeSi c'est-à--direi de cer*
tams fonds destinés àeet usage, etconféiés par les souverains ou, de leur agrément, par Icu rs sujets, non pour fomenter le faste et le luxe, mais pour fournir le nécessaire de la vie? Le Législateur des chrétiens défend bien à ses ministres toute domination; mais il ne leur défend nullement toute dignité temporelle On peut en posséder sans orgueil , sans s'embarrasser dans les affaires séculières, pour ne plaire qu'a celui au serYice duquel on est enrélé.
Vous finissez en disant que le Législateur des chrétiens n'établit point d'inquisition pour soutenir ses lois ; ne maintint point son autorité par le fer des bourreaux. Aussi l'Eglise n'a-t-elle ni fer, ni bourreaux, pour soutenir ses lois contre des enfants rebelles ; elle n'a que des peines spirituelles; elle n*y a même recours, qu'après avoir épuisé toute sa tendresse maternelle, pour les rappeler à leurs devoirs. Mais qui oserait s'élever contre la conduite des princes ses protecteurs , qui veillent à ce que son unité ne soit pas blessée, à ce que sa foi soit conservée dans son intégrité, a ce que les points décidés par elle, ou qui sont l'objet de sa profession publique et générale, ne soient pas publiquement combattus? Qui oserait donc condamner leurs lois, propres à effrayer, parla terreur des peines sensibles , et réduire au silence les personnes téméraires qui voudraient combattre sa doctrine?
Que voulez-vous dire en accusant l'Eglise romaine de lutter depuis huit cents ans contre les magistrats ? Si elle a été comblée de biens, de droits^ de privilèges , par les souverains, aurait-elle tort de les défendre, sans sortir des Yoies de la modestie cl 4e la douceur, contre ceux qui tenteraient de l'en dé- Eouiiler, et d'en appeler aux souverains, ses ienfaiteurs? Les ministres protestants devraient-ils être censés vouloir se soustraire aux magistrats, parce qu'ils réclameraient leur justice, pour des droits accordés à leurs prédécesseurs ? Avançons : vos déclamations sont trop frivolea pour être amusantes.
L» caioyer. R me temble que votis choisis-^ siex une religion, comme on achète des étoffes chez les marchands : vous allez chez celui qui vend le moins cher.
Lhonnéte homme» Je voxas ai dit ce que je
Îxrifèrerais sHl ms fallait faire un choix selon es règles de la prudence humaine; mais ce n*est poini aux nommes que ie dois m'adres" ser, e est à Dieu seul ; il parle à tous les cœurs : ' nous avons toiu un droit égal à Ventendre. La . conscience qu'il a donnée à tous les hommes est leur lot universelle. Les hommes sentent, d'un pôle à Vautre, qu'on doit être juste, honorer son père et sa mère, aider ses semblables, tenir <<« promesses : ces lois sont de Dieu, les simagrées sont des mortels. Toutes les religions diffèrent, comme les gouvernements: Dieu per-» met les uns et les autres. J'ai cru que la monture extérieure dont on Vadore ne peut ni le fUUter, ni l'offenser, pourvu que cette adrra^ tion ne soit ni superstitieuse envers lui , m barbare envers les nommes, K est-ce pas en effet offenser Dieu , que de
El AMEN DO
prnsm* qu'il choi$is$e une peÉiie nation chargée de crimes pour sa favorite , afin de damner toutes les autres? Que l'assassin d*Urie soii son bien-aimé, et que le pieux i4ft/afiift lui soit n\ horreur? N'est-ce pas la plus grande a6* surdité de penser que PEtre suprême punira à jamais un caloyer, pour avoir mangé du lifvre ; ou un Turc , pour avoir mangé du porc? Il y a eu des peuvles qui ont mis, dit^on, tes oignons au rang des dieux ; tV y en a d'au-* très qui ont prétendu au^un morceau de pâte tétait changé en autant de dieux que de miettes. Ces deitx extrêmes de la démence humaine font également pitié; mais que ceux qui adop' tent ces rêveries osent persécuter ceux qui ne les croient pas . c'est là ce qui est horrible. Les anciens Parsis, lesSabéens, les Egyptiens, les Grecs, ont admis un enfer : cet enfer est sur la terre, et ce sont les persécuteurs qui en sont les démons,
Votro réponse n*a rien qui nous surprenne. Il semble, si fous n*étes pas une machine à imagination plulAt qu*à raisonnement, que vous ayez ainsi procédé dans rczamen de la religion. II y a un Dieu : donc il y a une religion ; et il ne neut y en avoir qu*une seule qui soit Téritaolc : donc 8*11 y en avait une révélée, elle serait la véritable et la seule qull fallût embrasser. De toutes les religions qui ont ei^iaté et oui existent dans le monde la chrétienne est la seule qui mérite quelque attention sar ce caractère de révélée qu'elle s*atlribne. Je me suis convaincu que sa prétention est sans fondement; mais que si quelque Traisemblance militait en sa faveur, mon choix devrait être pour la secte prêtes* tante. Vous yoilà bien déterminé à rejeter la religion chrétienne, de même que toutes les autres anciennes ou modernes. Ccpenliant nous osons vous rappeler à un nouvel examen : car dans celui que vous^ious avei représenté jusque ici, se montre une ignorance pitoyable ou une manraise foi incligne d*nn honnête homme.
Ce n'est pas aux hommes, dites-vous, que je dois m'adresser, c'est à Dieu seul; il parle à tous les cœurs : nous avons tous un droit égal à Ventendre. La conscience qu'il a donnée à tous les hommes est leur loi universelle.
Mais si Dieu a parlé aux hommes par la bouche de Jésas-Chrisl , espérez-vous qu'eu refusant d'écouter sa voix il vous parlera en particulier? Ou que s'il vous partait en pirticulier vous écouleriez avec plus de docilité? Auriez*vous plus de preuves que ce serait lui <|ui vous parlerait qu*il n'y en a qu'il a
Înrle par la bouche de Jésus-Christ? Il parle tous les cœurs , ajoutez-vous ; mais qui éi-oute sa voix ou qui l'a écouté en rejetant la parole de Jésus-Christ? Nous avons tous non seulement droit d'entendre ce que Dieu nous dit au fond de nos cœurs , mais nous devons l'entendre. La difficulté est dedistinf^uer cette voix intérieure de celle des passions. Quelle reconnaissance no devons«nous <4onc pas à sa bonté do nous avoir mis en «tat de faire sûrement cette distinction en
votous les
t ous déclarant par son Fils toutes ses lotttés? La conscience quHl a donnée à ton
CATÉCIIISMB 9)1
hommes est teur loi universelle, en ee sens qu'il n'est jamais permis d'avir contre elle« ma» l'est-eile en ce sens quil soit tonjoars sûr de la suivre ? La conscience est^elle à Tabri de toute iili«3MNi? L'orgueU , rinlifét la volupté savent le secret de la eorvtaBpn et de l'étoufter. Si ces passions ne réussissent pas toujours sur les premiers principes des mœurs, de quelle obscurité ne couvrentell^s pas les conséquences I Quel besoin n'avions-nous donc pas que Jésus-Christ vint retracer sa loi à nos yeux et nous la fit ac complir par sa grâce?
Les hommes, poursuivez-vous, sentent, tun pôle à l'autre, qu'on doit être juste, honorer son père et sa mire, aider ses sembltMes, tenir ses promesses.
Que de grands mots I A quoi aboutissent* ils? A nous montrer, d'un pôle à l'autre, des prévaricateurs hors de l'enceinte de la religion révélée. Pourquoi dans cette énuœération de devoirs sentis par tous les homme» n'en faites-vous entrer aucun à Tégard de Dieu? Ne serait-ce point parce que vous sentez que hors de l'enceinte de la religion révélée Dieu ne voit sur la terre que des hommes vains, ingrats, cupides, amoureux d'«ux-mémes? Pourquoi encore n'y faites^ vous entrer aucun devoir de l'homme à l'égard de lui-même? Ne serait-ce point purco que vous le croyez maître de disposer à son gré de ^on corps et de son ame? ou parrs que vous croyez qu*il n'y a aucun hommo
3ui ne soit dans ce préjugé et qui ne le suive ans sa conduite hors de l'enceinte de la religion révélée ?
Ces lois, continuez-vous, sont de Dieu, les simagrées sont des mortels; toutes les religioni diffèrent comme les gouvernements : Dieu permet les uns et les autres.
Qui doute que la loi naturolle ne soit àe Dieu; que tes religions, de Tinvention des hommes , ne soient des simagrées ; qu'elles diffèrent comme les gouvernements; qne Dieu ne les permette comme il permet Terreur et le crime, en les condarouant? Mais la religion chrétienne n'est-elle pas de Diea comme la loi naturelle? £st-elle une simagrée? Diffère-t-elle comme les gouvernements? N'est-t-elle pas une partout où elle est connue? Dieu ne fait-il que la permettre sans la commander?
Tai cru, dites-vous encore , que ta manière extérieure dont on l'adore ne peut ni lefUUlrr ni Voffenser, pourvu que cette adoration ne soit fit superstitieuse envers lui ni barbare envert les hommes^.
Dès que Dieu a fait connaître non seulfment le culte intérieur qu'il exigede l'homme, mais encore le culte extérieur dont il veut être honoré pour lui plaire, arex-vous en raison de croire que rejeter ce culte ce n'était pas l'offenser? Combien la religion chrétienne ne devait-elle pas vous parâlre vénérable par la nécessité même du caractère que le culte extérieur doit avoir, selon vous* pour ne pas déplaire à Dieu , savoir n'éire ni superstitieux ni barbare I Car avant celfe sainte religion , quel culte était exemot ^
DE LIHINNBTB HOMME. ETC
tuperstitlon et d« barbarie T Etait-ce même le Dieu féritable qai fut adoré par le culte prostitué à un Jupiter incestueux et adultère« à une Vénus impudique, etc.
N*esi^e pas en effet, dites-vous encore, offemer Dieu que de ven$er ^Hl choisiue une petite nation chargée de cnmee pour sa favorite t afin de damner toutes les autres? Que Vassasein d'Urie soit son bienr^mé et que le pieux Antonin lui soit en horreur? N'est-ce pas la plus grande absurdité de penser que FEtre sunréme punira à jamais un caloyer pour avoir mangé du lièvre, ou un Turc pour avoir mangé du pore ?
Non eo n*est pas offenser Dieu que de penser qu'il choisisse une petite nation chargée de crimes pour sa favorite, et qu'il permette que les autres se damnent, s'il est vrai qu'il conserre dans cette petite nalion la véritable idée de lui-même et la manière dont il veut que Thomme l'honore pour lui plaire; tandis qu'il permet que les autres nations abusent de leur raisoniusqu'à l'oublier et se faire à elles-mêmes des dieux? Or il s'agit ici de faits auxquels nous vous rappellerons toujours : découvrez-nous, hors de la nation juive et chrétienne, la connaissance du vrai Dieu, et la manière dont il veut que Vhomme l'honoré pour lui plaire. Quoi 1 Vous refuserez d^onvrir les yeux à la lumière qui luit sur celte petite nation , parce que d'autres nations demeurent dans les ténèbres? C'est comme si un malade refusait un remède qui doit le guérir, parce que ce remède n'est pas donné a d*autres malades. Malheureux, lui diriez*vous, pense à te guérir, et ne t'inquiète pas des autres, ta mort leur sauverait-elle la vie ?
Non ce n'est pas offenser Dieu aue de penser que David contrit, humilié, pleurant son crime tout le reste de ses jours, espérant le pardon par les mérites du libérateur qui lui est promis, soit son bien-aimé; et qu'Antonin, assez aveugle pour offrir des sacriQces à des dieux chimériques et pour ordonner Tapothéose de son épouse infidèle, lui soit en horreur. Non il n'est pas absurde de penser qu'un caloyer et qu'un Turc soient punis à jamais , le premier pour avoir mangé du lièvre, le second pour avoir mangé du porc, si l'un et l'autre sont persuadés que Dieu leur en a interdit l'usage.
Vous terminez ainsi ce long article i Hya eu des peuples qui ont mis, dit-on, les oignons au rana des dieux : il y en a d*aulr^s qui ont prétenau qu^un morceau de pâte était changé en autant de dieux que de miettes. Ces deux extrêmes de la démence humaine font^galement pitié; mais que ceux qui adoptent ces rêveries osent versécuier ceux oui ne le croient pas, 0*est la ce qui est horjrible. Les anciens Parsis, les Saitéens, les Egyptiens, les Grecs, ont admis un enfer: cet enfer est sur la terre, et ce sont les persécuteurs qui en sont les démons.
Dans un moment vous nous ramènerez a l'imputation calomnieuse que vous faites ici à TEglise au sujetde l'eucbaristie. Permetlez-nous de vous dire, en attendant, que vous faites pitié. Vous vous élevez sans cesse con-
tre les persécuteurs, pour cause de religion : Pensez-vous donc que vous nous traitiez en amis par vos sarcasmes, par vos calomnies, par tant d'efforts que vous faites pour nous enlever le plus grand de tous nos biens, la religion, qui nous est plus précieuse que la vie même. Elle ne vous convient pas sans doute, parce qu'elle no s'accorde pas à votre manière de penser et d'agir : mais elle nous convient en toutes manières. Si donc il n'y a d'enfer que sur la terre, et que ce soient les persécuteurs oui en soient les démons, corn* ment vous defendriez-vous de n'être point un démon? Mais est-ce sérieusement que vous dites qu'il n'y a d'enfer que sur la terre*, c'est-a-dire qu'il n'y a point de châtiments réservés au vice après cette vie? L'homme périrait donc tout entier à la mort : quelle doctrine I Elle est bien digne d'un anti-chrétien : mais qu'elle est peu digne d'un philosophe qui a réfléchi sur la nature de son ame, sur son unité et son indivisibilité» sur sa différence d'avec le cotps, sur sa sen* sibilité à l'infini en bien et en mal, sur sa liberté, sur sa sujétion nécessaire à des lois, sur ridée du rapport de l'infraction de ces lois à la punition et de leur observation à la récompense, sur la conduite de la providence a l'égard des hommes durant la vie présente.
Le caloyer. Je déteste la persécution, ta contrainte, autant que vous; et, grâce au ciel, je vous ai dit que les Turcs, sous qui je vis en paix, ne persécutent personne,
Lhonnête homme. Ah I puissent tous les peuples d'Europe suivre V exemple des Turcs I Vous souhaitez à tous les peuples de l'Europe cet amour de la paix qui, selon votre caloyer, caractérise les Turcs. Cependant vous nous disiez, il n*y a pas longtemps, que ce peuple si pacifique lient en esclavage l'église grecque, et qu'il vend à un haut prix le patriarcat ; et de plus nous vous conseillons de ne pas vous aviser sur la parole de votre caloyer d'aller chez ce peuple parler mal de son grand prophète : vous courriez risque non. seulement d'être exclus de son paradis, qui ne vous déplaît certainement pas ; mais Œêtre impitoyablement empalé.
Le caloyer^ Mais f ajoute qu^étant caloyer^ je ne puis vous proposer d'arMre religion que celle que je professe au mont Athas.
Vhonnéte homme. Et moi f ajouté qufétant homme je vous propose la religion qui convient à tous les hommes, celle de tous les j^otriarehes et de tous les sages de rantiquité. Vadoration d'un Dieu, la justice, Vamcur du prochain, V indulgence pour toutes Us erreurs tt la bienfaisanee dans toutes les occasions de la vie. Cest cette religion digne de Dieu que Dieu a gravée dans tous les ccsurs. Mais cette* ii n'y a pas gravé que trois font un, çu'tm morceau de pain est Cétre étemel, et qus i*dnesse de Balaam a parlé.
Le caloyer, comme nous l'avons observe ci-dessus, a tort- de vous proposer la reli*gion de son église scbismatique. Avez-vous
Elus de raison de lui proposer la vôtre? Vous 1 donnez pour la religion de tous les hom-
ElAMEN DU CATÉCHISME
mes et elle, n'a élé celle d*aaciin homme* Vous la donnei pour la religioD dea palriar* ches, et ils n*oiii en que la religion rértiée. .VoQS la donnez pour celle des sages de Tanitiqailé» et ils n'en ont en aneune : impies et injQStes» ayant oonnn ce aai pent être conna ie Dieu, Dieu lui-inéme leur ayant décoarert ses perfections inTistbles, son éternelle
taissance et sa dirinité étant derenoes yisiles depois la création da monde par la connaissance que ses ouvrages en donnent, ils ont tenu injustement la vérilé de Dieu captire; ingrats, ils ne Tout point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point rendu grâces ; superbes, ils se sont égares dans leurs vains raisonnements et leur cœur insensé à été rempli de ténèbres ; se disant sages , ils sont devenus fous, jusque à transférer i des hommes et à des quadrupèdes, à des reptiles l'honneur qui n'est dû qu*au Dieu immortel. C'est pour cela que Dieu les a livrés aux désirs de leur cœur et aux vites de Timpureté.
Pour nous donner Tidée de votre religion, vous nous répétez sans cesse qu'elle consiste dans Fadoration d'un Dieu, sans nous dire jamais , comme nous vous l'avons déjà reproché, ce que vous entendez par cette adoration, par cette Divinité qui en doit être l'objet, et sans nous indiquer les nations qui ont adoré Dieu. Nous vous l'avons dit, et nous TOUS le répétons, que hors de l'enceinte de la religion révélée, il n'y a point d'adorateurs du Dieu véritabl?, et qu'il vous est impossible de nous en citer. Sans doute Dieu a gravé dans tous les cœurs l'idée de son être et ridée de la justice : mais ces idées avaient besoin d*être retracées par Dieu même : les sens, l'imagination, les passions les avaient étrangement défigurées : l'histoire des nations en fournit une preuve sans réplique. On ne trouve l'idée saine de la Divinité que chez les nations éclairées des lumières de la révélation. On ne trouve que chez elles l'idée pure de la justiceen tantqu'elle comprend les devoirs de Vhomme à Tégard de Tauteur de son être, à l'égard de lui-même, à l'égard de ses semblables. Voilà des faits.
Non certes. Dieu n*a pas gravé dans tous les cœurs Tidée du mystère ineffable d'un Die» en trois personnes, ni l'idée du mystère
par Jésus-Christ, est-il moins la vérité dans sa parole que dans les idée^ dont il nous a
éclairé?
Si vous aviez été attentif à cette idée de Di'^u, gravée dans tous les cœurs , elle vous eût amené à la foi des dogmes qui choquent si fort votre raison. Vous auriez conçu que Dieu, étant la vérité, ne peut tromper; quil ne peut par conséquent autoriser le men-> songe par des effets de sa puissance, ^ui se^ raient des exceptions des lois qu'il suit constanmient dans le gouvernement de Tunivers ; qall n'aurait pu par conséquent autoriser par de tels effets Jésus-Christ, s'il s*ctait dit busscment le porteur de sa parole.
Partant toujours du même principe, vous vous seriez pleinement assuré que Dieu avait autorisé Jés«s*Christ par des effets de sa puissance, qui sont des exceptions des lois, qu'il suit constamment dans le gouvernement du monde : car dès que Dieu ne peut tromper, vous vous seriez cru à l'abri de toute erreur en usant bien des movens qu'il a donnés à l'homme pour juger soit des vé* rites intellortuelles, soit des faits présents, soit des faits anciens ou éloignés : savoir.
Cour juger des vérités intellectuelles, en usant ien des idées ; pour juger des bits présents, en usant bien des sens ; pour juger des faits anciens ou éloignés, en usant bien du témoignage des autres hommes. Et vous auriez cru bien user du moyen de ce dernier genre; quand vous vous seriez cru réduit à la nécessité de ne pouvoir récuser le témoignage des autres hommes sur les bits anciens ou éloignés sans les supposer violateurs des plus simples lois de 1 humanité : or c'est à une telle nécessité que vous vous seriez va rédoit pour ne pas admettre la vérité de riiistoire de Jésus-Christ. 11 n'est pas possible de rejeter le témoignage que lui ont rendu les premiers chrétiens , qu'en supposant qu'ils ont ou été trompés ou voulu tromper : or il n'est point de supposition qui puisse être plus contraire à toutes les lois de l'humanité : l'erreur involontaire de la part dea Krcmiers chrétiens étant inconciliable avec is sens de l'homme , et l'erreur volontaire do la part des premiers chrétiens étant inconciliable avec tous les intérêts les plus cbers de l'homme. En procédant ainsi, auriez-vous manaué d'arnver à la croyance des deux mystères , dont l'un est la base de l'Eglise chrétienne, et l'autre sa consolation ?
Vous exprimez très-mal sa foi au sujet du premier : elle ne dit pas que les trois personnes qu'elle reconnaît en Dieu font un. Est-ce par 1 amour de la vérité que vous lui prêtez ce langage ? N'est-ce pas plutôt par haine pour la vérité : comme si elle admettait un mystère contradictoire dans les termes mêmes? Sans doute si elle disait que les trois personnes font une , de même que si elle disait que trois dieux font un, son discours serait contradictoire ; mais elle dit que les trois personnes, le Père, le Fils, le Saint-Esprit sont ( et non pas font, terme uni emporterait une action, une composition) un seul Dieu, c'est-à-dire ont une même nature, une même essence, une même substance. Où est la contradiction? Est-ce sous le ménKs rapport qu'elle dit du Père, du Fils, du Saint-Esprit qu'ils sont trois et qu'ils sont un ?
Epargnez-vous la peine de donner la torture à votre imagination pour nous birc trouver quelque absurdité dans notre mystère; jamais vous ne nous ferez concevoir que toute l'activité de l'Etre par soi se réduit à produire des êtres hors delui-même ; ou que son activité infinie n'en peut produire en lui-même sans multiplier son essence. Ce serait juger de lui par les êtres mêmes qui reçoivent l'existence de sa vokmté souverain nemcnt efficace : ils ont nécessairement des
DE L*HONNbTE HOMME, ETC.
bornes soit dans leur acUrtlé, soit dans leur nature; par conséquent ils ne peuvent rien hors d*ettx-ménies, et doivent se muUiplier ; mais l'essence de TÊlre par soi n*ayant çmnt de bornes, son activité ne peut en avoir ni an dehors ni en elle-même; et les êtres qui en émanent en elle-même ne doivent point la multiplier.
Vous Toas exprimez aussi mal, pour ne rien dire de plus, au sujet du mystère de Teucharistie. Est-ce que l'Église dit qu*nn morceau de pain est l'Etre étemel, ou, comme TOUS lui reprochiez plus haut, qu'un morceau de pâte est changé en autant de dieux que de miettes? Vos expressions burlesques sont Inlolérables. L'Eglise croit, sur la parole de Jésus-Christ, qui est Dieu , qu'elle possède dans l'eucharistie sous les espèces du pain et du vin le corps qu1l s'est uni, la matière du pain et du vin ayant été changée et transsubstnntiée par sa parole en la chair et le sang de ce corps ^ mais non que ce corps soitl*Etre étemel, qu'il soit Dieu.
Nous vous répétons le même avis que nous venons de vou» donner au sujet du mystère de la (rinité : épargnez-vous la peine d'essayer de convaincre d'erreur l'Eglise sur le sens dans lequel elle entend les paroles de Jésus-Cbrist. Poni^ y réussir vous auriez à démontrer que l'essence du corps humain de rhomme change et varie; que ce corps qu'on appelle humain, dès qu'une amc lui est unie, ne subsiste pas toujours le même; que son identilé n'est pas indépendante de la grandeur qui lui survient-, que la matière qu'il reçoit par l'usage des aliments, et qui sert à son développement, ne lui est pas accidentelle : que la matière dont ses organes sont composés étant divisible àTinCni, il ne peut êlre dédoublé à l'inGni ; qu'étant dédoublé et existant en divers lieux , il perdrait son idchtité et cesserait d'être uni àla même aroe; en sorte qu'on ne pût plus dire de ce corps humain qu'il serait sorti d'un tel père et d*une telle mère ; que ce corps ainsi dédoublé, existant en divers lieux, ne pourrait prendre des aliments et les changor en sa chair et en son sang; et que si Dieu voulait, ce changement ne pût s*opércr que de la manière oont tl se Tait naturellement par la dif^cstion. ?
Vous voyez, pour peu que vous sovez physicien et métaphysicien , que vous êtes dans l'impuissance de donner la démonstra-tîon que nous vous demandons. La possiliilité de Thypothèse contenue dans cette suite de propositions au sujet du corps se conçoit le plus aisément; elle ne se conçoit pas moins aisément au sujet de l'ame. L'union de cette substance au corps ne consiste certainement ni dans une présence locale ni dans uneac-» tion physique du corps sur elle : l'ame n'est susceptible ni de cette sorte de présence ni de cette sorte d'action par l'immatérialité de son être. L'union de ces deux substances ne peut consister que dans une correspondance mu* tnelle de leurs pensées et de leurs mouvements, selon les lois du Créateur, qui, à l'oc* casion des pensées de l'ame, agit sur le corps
et sur l'ame à l'occasion des mouvements du corps. Posé ce principe, il est clair qu'une même amc peut être unie au corps dédoublé, existant ainsi en divers lieux ; puisque, à l'occasion de ces pensées, le corps existant en divers lieux pourrait recevoir des mouvements, et que, a l'occasion des mouvcmenls du corps, elle pourrait recevoir des pensées» Nous éprouvons quelque chose de semblable dans nos membres : car, ces divers membres dont nous sommes composés sont réellement divers corps auxquels notre ame est unie, et à Toccasion desquels elle est divecsement modiflée, comme ils sont eux-mêmes diversement mus à l'occasion de ses diverses pensées.
On conçoit encore dans l'hypothèse dont il s'agit, comment les impressions du pain et du vin peuvent subsister les mêmes, après le changement de ces deux substances dans la chair et le sang du corps de Jésus*Christ : il ne faut, pour le concevoir, supposer qu'une chose bien simple ; qui est que tou-^ tes les molécules sensibles du pain et du vin , changées en autant de corps de Jésus- Christ, gardent entre elles le même ordre qu'auparant, par conséquent, la même supcrGcie.
A Dieu ne plaise auc nous donnions ce plan pour télui que Jesus-Chrisi a suivi dans le mystère ineiiable de sa charité pour l'homme. En combien de manières, au-aessus de nos faibles conceptions, celui dont la puissance est sans bornes rie peut-il pas opérer les plus grand miracles?
Le caloyer. Ne m'empêchez pas d'être caloyer.
L'honnête homme. Ne m'empêchex pas d'être honnête hommC'
Nous consentons volontiers que le caloyer continue d'être caloyer; mais nous voudrions qu'il fût bon calover; qu'il connût mieux la religion; qu'il sût mieux la défendre. Nous ne consentons pas moins volontiers que vous soyez honnête homme ; mais nous voudrions que vous le fussiez : car comment peut s'accorder ce caractère avec votre procédé? Est-il d'un honnête homme de blasphémer ce qu'il ignore? Ce* pendant l'ignorance, dont nous venons do vous convaincre peut seule vous excuser de mauvaise foi.
Le caloyer. Je^ers Dieu nlon Vutoge de mon couvent.
L'honnête homme. Et moi selon ma con^ saence. Elle me dit de plaindre et d'aimer les ealoyers, les derviches ^ les bonzes et les tala^ poins; de regarder touê les hommes comme mes frères.
Le caloyer fait très-bien de servir Dieu selon l'usage de son couvent, si cet usage est fondé sur la vérité et sur l'amour de l'unité. Vous feriez aussi très-bien de servir Dieu selon votre conscience, si elle était éclairée et dirigée par la vérité. Pouvezvotts vous en flatter? Un chrétien aime plus que vous les ealoyers, les derviches « etc.; il n'est point indifférent à l'égard de leurs erreurs ^ ni par conséquent a l'égard de leur
fit
rnÉFACR.
Tèritable bonhear : Il rotidralt, anic dépens de toni son sang, leur procurer la connais* sance et l'amonr de la rérf lé , sans laquelle Il no peut y avoir que misères et dans cotte rfe et dans l'autre.
Le eatoyer. Allez, Met, tout ealoyer ffue je mis, je pense comme vous,
Vhonnéte homme. Mon Dieu bénissez ce ealoyer»
Le ealoyer. Mon ZhVu, bénissez cet honnête homme.
Tant pis pour le caloyer s'il pense comme TOUS : il ne peut penser plus mal. Au reste , TOUS ne devez pas vous féliciter beaucoup d'avoir acquis un tel prosélyte ; le personnaffe que vous lui faites jouer dans votre dialogue est celui d*un Imbécile, on d*un homme €|ui ne cherche qo*à se cooQrmer dans son irréligion. Si nous pensions comme vous, nous ne pourrions nous empêcher de rire, en entendant les bénédictions mutuel-* les que vous vous prodiguez si libéralement ; mais votre étal est trop déplorable aux you\ de la foi , pour ne pas mériter les larmes d*on chrétien , et conséquemment pour ne pas nous engager à conjurer le Dieu de vérité de dissiper vos ténèbres , en vous donnant ces yeux éclairés du cœur dont parle saint Paul , pour vous faire savoir quelle est Vespé' rance à laquelle il vous a appelés, quelles sont les richesses et la gloire de rhéritage qu*il destine aux saints,
il n'y a en effet, qu'un intérêt si solide et si réel qui puisse remplacer celui qui est la source de tant de rapsodies dont le public est infecté de nos jours contre la religion. La plupart, dil-on, des auteurs de ces rapsodies travaillent à se rendre illustres par des pièces de théâtres , par des histoires mêlées de fictions, par des romans où règne la licence. Si par vos travaux vous avez mé-
rité d'être agrégé à un corps si illustre , il n'y a qu'un caloyer du mont Athos qui puisse ignorer l'intérêt que vous avez de détruire le christianisme. C'est un ennemi impitoyable de la vanité, du mensonge, de rimpureté. Sa destruction serait pour vous une justification complète : car, sa fausseté démontrée, que resterait* il de vrai sur la terre I Qui pourrait vous faire un crime de votre avidité pour les applaudissements du théâtre? La vanité d*un poète mérite bien d*être payée de la vanité de ceux à qui il a su plaire. Qui pourrait yous faire un crime de remplir de fictions Thistoire? Fictions pour fictions , les vôtres vaudraient bien les anciennes. Qui pourrait vous faire un crime de vos images impures et de vos descriptions cyniques, capables de faire rougir les viclimes même publiques dévouées iTim* pudicité? Des attraits d'une nature, selon vous , saine et entière pourraient être innocemment enflammés.
Mais vous venez d'en faire Tépreuve : vos coups contre la religion ne sont que des coups d'un poète de théâtre, d'un fabuliste • d'un romancier, qui l'ont trouvée et laissée immobile en elle-même et dans ses preuves. De nouveaux efforts de votre part seraient inutiles : ils retomberaient sur vous, et yous couvriraient d'opprobre. L'unique parti sage qui vous reste , c'est de renoncer à la vanité du théâtre , d'abjurer vos fictions, de brûler vos ouvrages licencieux, et de vous livrer tout entier â l'étude de la rdieion , en vous dépouillant de tout autre intérêt que celui de la vérité. Quelque prévenu que vous paraissiez être , il n*est guère possible qu'avec tant de talent vous n'arriviez à la connaissance de sa divinité; que vousnegémissiez de l'avoir combattue ; que vous nVn deveniez Tapétre.
FLN DE L EXAMEN DU CATÉCHISME DE L*HONiNÊTE HOMME.
9mm
^tètace.
Si les hommes n*avaienî jamais eu de passions^ ou que la religion les eût autorisées, il n aurait jamais paru d'incrédule sur la terre. On doute (fun avenir parce qu'on craint la pu-nition du crime que la foi dans ce même avenir admet nécessairement. On voudrait se persiio-
populaires t r%mpie ne toujours son impiété jusque à la fin? Vexpérien ce journalière nous découvre le contraire. Il est des temps, il est des situations où il corrige prompt ement ses propres idées; sa fierté l'abandonne, il cesse de braver les menaces de son Dieu. Dans les moments mêmes ou V homme est dégoûté du crime , il se tourne vers la religion , sans s'en apercevoir ; lorsaue ses passions sont calmes, ses douter diminuent. Que s*il voit or-rirer Fheure la plus terrible pour lui, il se rend bientôt jiutice en s'avouant coupable , et il abjure avec larmes son incrédulité. Au premier signal de la mort , Vincrédule lève les yeux au ciel, il reconnaît le. Dieu qui le frappe , il tremble sur un avenir qu'il s* était vanté de ne pas croire , il se jette dans le setn de son père et de l'auteur de son être, il s'humtlie sous la main du Tout^Puiuant , il confesne qu'il est le seul grand, seul sage , seul immortel , et que rhomme n'est que vanité et que mensonge.
Cependant, malgré tous les aveux au' une conscience alarmée fait à un Dieu vengeur de Finiquité^ comme ces sentiments ne s'élèvent dans le cœur des incrédules que dans certains éténements où ils ont à trembler pour leur vie, on peut dire que les hommes en général , emportas var les mouvements de leur cœur, qui ne cesse de courir après de frivoles plaisirs, ou par Us
9St kuRface.
âwernt oeeupaiiomqui leur dérobent tout le temps des r/fiexiani, paâtml leur 96e ému uno affreuse indolence sur la destinée qui les attend après la mori ; Us tm étouffent même la pensée^ comme triste et capable de troubler leur repos» De là câtie aversion secrète qu'ils nourrissent dans leur eesur pour la religiotn» dont tient daignent pas même s'instruire pour se convaincre de sa vérité De là cette pmte à euivre le torrent de ta coutume et de l'exemple. De là ces vaimee eseuses sur leurs désordres , en disant qu'ils vivent de même que les autres hommes ont toujours vécu. De là cette curiosité criminelle pour tous les écrits ou les principes du libertin nage sont répandus. De là enfin les doutes sur. toutes les vérités de la religion.
Remarquons en effet que les hommes ont une grande pente à Cincrédulité , parce que la p/npart ne se conduisent que par les sens. On se plait à douter de ce yu'on ne voit pas , on murmure de ce qui nous gêne, on y trouve son intérêt » parce que la religion combat nos passions ; on ne cherche pas à réfuter les discours des impies : l'eaprit s'en nourrit et voudrait y trouver de la vérité. DisonS'4e hardiment : Maliomet imposteur» Mahomet faux prophète , apôtre sans mtieion » sans autorité , sans miracles ; mais Mahomet prédicateur d'une morale qui ne flatte que la volupté, allant au-devant même de nos désirs, en nous permettant la pluralité des objets propres à les enflammer , annonçant après la mort une félicité imaginaire au'il fait consister dans une pleine satisfaction de tous nos appétits charnels , trouverait plus ae sectateurs parmi un nombre infini de chrétiens que la morale de Jésus-Christ avec toute sa pureté, la force de sa vérité^ appuyée par les miracles, le témoignage des martyrs^ les exemples des saints, les promesses cfune éternité de bonheur au^essus de toute expression. Combien parmi eux, chan^ celant dans la foi et esclaves de leurs passions , voudraient que la religion au faux prophète fut la véritable: mais comme ils sentent toute l'absurdité de ses dogtnes , et qu'elle semble avoir été accommodée à dessein aux penchants de leur cœur, ils ne sauraient se déguiser la fausseté d'une pareille morale.
Le nombre des chrétiens bien instruits de leur religion , bien convaincus de la vérité de ses
corps; en un mot, ils sont chrétiens de même qu'un Turc se trouve musulman sans qu'il sache pourquoi. Dans une pareille disposition, sont-ils en état de bien soutenir les coups que leur porte souvent le libertinaae ? Comment réfuteront-ils ou les discours impies que les incrédules tiennent devant eux, ou les doutes que lefirs raisonnements captieux font naître dans le cœur de gens peu instruits ; car les prétendus esprits forts se multiplient plus queiamais. La qualité d'athée, ou du moins celle de déiste n'est nullement incompatible avec des talents brillants con» sacrés à l'amusement des gens du siècle. Des ouvrages de ténèbres, flétris par le ministère pu^ blic et dévoués aux flammes , nen sont que plus recherchés. Les hommes sont avides de toute opinion qui pourrait flatter le j^enchant de leur cœur; ils eiment à s'aveugler, ils écoutent les patrons ae leurs désordres, et ils ne deviennent que trop les disciples de ces sortes de maîtres, véritables échos du démon. Une infinité de faux chrétiens se font honneur de la société de ces blasphémateurs de la religion. On applaudit même à leurs railleries impies. Ce sont, dit-^on, des saillies d'esprit. Une lâche complaisance lie la langue à ceux qui les entendent , et en faveur de r enjouement et du brillant de l'expression qui renferme souvent une fausse pensée, on sauf-* fre que des hommes débitent les principes d*un pur déisme, et dont ils laissent tirer les conséquences aux auditeurs. Ces conséquences ne vont pas moins qu'à insinuer que Dieu ne prend aucune part au bien ou au mal que les hommes font: que la nécessité de craindre sa justice est une terreur populaire et un vieux préjugé ; que notre nature approche fort de celle des bêtes ; qu'il y a une grande apparence que tout périt avec l'homme ; que la religion chrétienne avec tous ses mystères est, ae même que toutes les autres, une invention purement humaine , accréditée par la superstition des peuples, et soutenue par la politique des législateurs qui l^ontrc" fardée comme un frein nécessaire à la tranquillité des États. Tels sont souvent les aiscours que impie sème avec audace ; partout il laisse des traces de Vimpiété de ses sentiments f semblable à ces insectes qui infectent tous les lieux par où ils passent : et s'il déguise l'horreur de ses principes sous un langage figuré ou sous l'apparence d'un système partiadier donné par con-^ jecture, les traits empoisonnés qu'il décoche n'en portent peu moins une atteinte mortelle dans le coBur d'une infinité de chrétiens chancelants dans leur foi, et achèvent souvent d'éteindre ce qui leur restait de créance
Le mal vient déplus loin. Le siècle où nous vivons fourmille d'une infinité de gens qui se piquent de science et dont une bonne partie se croient en droit de décider sur cette matière, pour avoir lu seulement les ouvrages de ces malheureux hommes qui ont employé tous les talents de leur esprit à rassembler des nuages sur la vérité de la religion,iusque à mettre en usage les so-» phismes les plus grossiers. La plupart de ces savants et de ces demi-savants ne croient rien ou
Îiresaue rien en matière de religion ; un respect politique pour les lois de l'état les retient dans e silence ; t7^ n'osent publier la licence de leurs sentiments , mais ils se font un système et une espèce de religion de ctdiinet dont ils ne parlent qu'avec des personnes qui leur sont connues , et (jui les regardent eux-mêmes comme des oracles ; là se forment souvent des ouvriers d'im* pieté. Mais les perfionnes guidées par la foi savent quel est le vide et le danger des talents huf nains: et lorsque Us jettent les yeux sur ces ouvrages qui sont une pierre d'achoppement pour une infinité de qens , tï^ gémissent de toutes les extravagances dont peut se repaitre un esprit dégoûté du vrai et abandonné à sa propre inouiétude. L homme est destiné j mm qnU fasse.
9» PRÉFACX. nk
à croire et à se soumettre. S*iî secoue le joug de la foi , il faut quHl sacrifie sa raison à des opi* nions arbitraires et insensées et plus incomprelunsibles que les mystères qu*il rejette.
Cependant tout n*a pas fUchi les genoux devant Baat, il est encore des ameè fidèles ; il est des mritiens qui sHntéressmt à l^honneur de la religion , et qui sont bien aises d'être convovureus de sa vérité pour être en étai de réfuter les objections des libertins , lorsque l'occasion s'en présente. Un chrétien doit toujours avoir les armes en main pour combattre le libertinage; il doit toujours lutter contre le torrent de ses maximes pour empêcher la prescription de Vesprit impie du monde contre F esprit deVEvemgile. Il regarde tous ces ^étendus esprits forts comme les véritables pestes d'une nation qui fait profession du christianisme,
Cest pour seconder leurs désirs et leur fournir des moyens capables de se défendre contre Uâ discours empoisonnés des incrédules qu'on a entrepris cet ouvrage. On a en principalement en vue cette partie d'hommes qui , sans autre secours que les lumières naturelles de la raison .^ veulent se convaincre , sans beaucoup de peine ni de temps, de la vérité de leur religion. Cest ce qui a déterminé à rassembler en un seul volume tout ce qui a paru le plus propre à persuader les esprits raisonnables qui cherchent sincèrement la vérité. On a tddté d'exposer dans le jour le plus favorable tout l'enchaînement des principes de la foi des chrétiens.
On s est donc proposé de démontrer qu'il ny a rien de plus fort que l autorité divine, sur laquelle est établie notre religion ; et en même temps qu'il n'y a rien de plus faible que les vains raisonnements de ceux qui Vatlaquent.
(1) On a commencé par engager rhomme à se demander, lorsque il voit ce vaste univers avec cette terre yu'il habite^ s'il le croit éternel. On lui prouve qu'tt ne l'est pas . parce que la matière dont il est composé n'a pu se donner son existence ; qu'ainsi il a eu un commencemeni . qu'il doit avoir un auteur , que cet auteur n'est autre que Dieu ; on lui en démontre l'existence
!mr les preuves les plus claires et les plus fortes, prises du raisonnement et du sentiment: on ui donne une idée des perfections divines. On fait voir ensuite que cette partie de nous-^némes qui pense, qui désire et que nous appelons notre ame , est une substance spirituelle et immortelle; et de ce principe on conclut qu'elle a été créée pour une fin. De là on établit la nécessité d'une religion naturelle sur les notions primitives du bien et du mal que nous trouvons en nous ; on fait remarquer en même temps que la dépravation du cesur humain avait corrompu cette loi naturelle et aé figuré cette première religion. On prouve que l'état déplorable où était le genre humain demandait qu'il fût instruit de nouveau du culte qu'il devait rendre à Dieu. On démontre donc que Dieu a instruit les hommes de ses volontés par la voie de la révélation : que cette révélation a été faite à la nation juive; qu'elle est certaine, parce qu'elle a des coractères divins , en ce qu'elle est appuyée sur d^4 preuves non équivoques de la puissance divine. On donne une idée des grandes vérités que cette révélation contient , savoir : la création du monde , l'unité de Dieu , la chute du premier homme , la promesse d'un libérateur asuumcé pendant plusieurs siècles par les oracles des prophètes , et destiné à être le réparateur de la nature humaine 9 coupable dans la personne de son chef. On étpblit l'authenticité des livres qui sont dépositaires de cette révélation. On fait voir que le libérateur f»romis , appelé le Messie , est venu. On démontre Vautorité du Nouveau Testament , et on fait remarquer de quel poids est la tradition pour ce livre sacré. On établit que Jésus-Christ est le Messie , et qu'il est le fils de Dieu. On prouve sa divinité par ses miracles, sa doctrine, et surtout par sa résurrection. On porte la preuve de ce fait jusque au degré le plus fort de certitude quêtes hommes puissent jamais avoir. On achève les preuves de sa divinité par l'accomplissement de ses promesses, dont la plus grande est l'établissement de l'Eglise. On termine enfin les preuves de la religion, en faisant voir que l'étMissement du christianisme porte des caractères divins , et que la r^igion fournit eLssez de preuves pour convaincre les hommes de sa vérité.
Au reste on ne le dissimtde point et on le déclare expressément qu'on n'a rien ajouté de nouveau aux preuves de la religion chrétienne que l'on trouve dans plusieurs livres excellents, qui ont traité à fond cette matière. C'est là qu'on peut se convaincre que la religion chrétienne est prouvée , ou que jamais rt>^ ne le sera. Ses preuves surpassent en évidence celles des mathé^ matiques. La doctrine de l'Eglise a été communiquée par Jésus-Christ aux apôtres , par eux transmise à leurs successeurs rt à leurs disciples , scellée de leur sang, enseignée par une suite non interrompue, reçue avec docilité , défendue après trois siècles de combats par les plus grands génies, victorieuse de l^erreur et des assauts toujours renaissants du schisme et de Phtrésie; sa morale dé fendue et mise en pratique depuis Jesus-^^hrist jusque à nos jours par des hommes d'un savoir éminent. En un mot , notre religion est divine dans son autorité, dans sa durée , dans sa perpétuité, dans sa morale, dans sa conduite, dans ses effets. Tels sont les f&nr déments inébranlaoles de notre espérance. Mais comme on a fait réflexion que ce qui a été dit déplus fort et de plus convaincant sur ce sujet, supposait souvent dans les lecteurs des connaissances acquises par l'étude , que le commun des hommes n'est pas en état de saisir des roisonnements métaphysiques ou abstraits et qui demandent une attention suivie , on a treamtlé à dégager ce qu'il y etvait de trop épineux dans les ouvrages des génies supérieurs qui ont traité cette matière ; on en a exprimé la substemee^ et on ena formé des arguments clairs^ précis, et le plus à la portée de tout le monde. On en a fait de mime sur (ont ce qui regarde le dogmede la présence réelle de Jésus-^Jh^st dans Veucharistie contre les protestants : car tout ce qu'on a dit à ce sujet est une espèce d'analyse d'une partie du grand ouvrage de la Perpétuité de la toi , chef-d'œuvre de dialectique.
(1) PUo de l'cuTragft.
Ce serait une objection frivole de dire ^ue le commmn des homme» ne peut pas être instruit à -j j-i 1.^- . ..* i..^ j» f. ♦ ^-- j .A > deshommes ^
précision question ici. Il s'agit seulement s'il eH nécessaire et possible que le commun des hommes sott instruit et convaincu de la vérité de la religion chrétienne: en un mot, que les hommes sentent que c'est avec raison qu*ils sont chrétiens et qu'ils croient. On vient ae faire voir qu'il est nécessaire qu'ils soient bien affermis dans les principes de leur religion pour résister aux coups que leur porte Vincrédulité , et le lecteur se convaincra que la chose est possible, même sans aucune étude, parce que la religion est atta-^ chée à des faits dont la vérité ne peut être contestée , et qu'il n'y a quà s'instruire par la lecture et faire usage de sa raison, pour s'en assurer et dissiper tous les doutes. Il s'agit donc uniquement de prouver à\tous les chrétiens qui vetdent se convaincre de la vérité de leur rWtgion me cette religion est la seule véritable, parce quelle a des caractères divins qui marquent sensiblement que Dieu même en est l'auteur.
On avait ici terminé cette Préface, mais on a cru depuis devoir y ajouter quelques réflexions et y epicifier à quelle sorte de personnes cet ouvrage pourrait convenir.
Il peut être utile à tous les états qui sont dans la voie de l'instruction ; mais principalement aux sujets qui se destinent à l'état ecclésiastique, parce qu'il est dans l'ordre qu'ils soient parfaitement instruits des grandes preuves de la religion, qu'ils les aient présentes à l'esprit^ qu'ils soient toujours prêts à soutenir avec zèleet avec science la cause de cette sainte et auguste religion, dont ils doivent être un jour les ministres.
Le temps qu'un ecclésiastique passe dans un séminaire pour se préparer aux ordres sacrés , et celui au noviciat pour les sujets qui entrent dans les monastères ou dans les congrégations , send^lerait le plus propre pour cette étude. Ce temps est ordinairement employé à des lectures et à des exercices de piété , propres à leur donner Vesprit de leur état. Or quel exercice plus utile et par lequel on doive plutôt commencer que de leur faire étudier les principes fondamentaux de la religion , pour quils se convainquent par eux-- mêmes de la force de sa vérité?
Un homme qui possède sa matière, qui a des principes , desquels il pari pour en tirer ses conséquences et arranger ses preuves , qui a présents les grands traits qui caractérisent la révélation, est bientôt en état de repousser les traits de l'incrédule; car rien n'est plus honteux, et c'est une espèce de scandale, qu'un homme qui n'a souvent d'autre qualité que celle d*hoinmo de lettres , qui s'acquiert aujourd'hui à très-juste prix ,. se raille inq^unément de la religion en présence d'un ecclésiastique , ou même de tout homme qui croit fermement sa religion, qui la respecte et qui l'aime, et qu'il triomphe de son silence.
Un autre genre de sujets à qui cet ouvraqe serait propre , ce sont tous les jeunes gens qui étudient en philosophie. Comme ils ont déjà l'esprit formé et qu'ils sont en état de saisir des matières abstraites par elles-mêmes, on croit que cet ouvrage leur serait fort convenable et qu'on pourrait le leur faire étudier dans le temps qu'ils sont en métaphysique. Il y a , comme on sait , un grand rapport entre celte sorte de science et la religion , puisque rexistence de Dieu et des puts esprits, la spiritualité et l'immortalité de Vame sont la base de la métaphysique. Et qu'on ne dise pas que tout ce qui pourrait sembler de surérogation déplaît à cet âge. Un jeune homme n'est pas toujours fixé sur ses cahiers , et parmi le grand nombre de sujets, il en est qui ont de la solidité dans le jugement et qui sont plus curieux de s'instruire que d'autres. Pourrait-on leur proposer un sujet de variété plus utile pour la suite des temps que de leur faire étudier leur religion , en y consacrant quelques heures les dimanches et les fêtes f Un jeune hovtme se trouverait par là en état de démontrer avec force et avecpleine connaissance de sa matière la vérité de la religion dont il fait profession, laquelle, dans le fond, est la vraie et la plus importante thèse qu'il doit savoir soutenir.
Nous finirons par cette réflexion. On est en général trop pusUlanime à l'égard des incrédules; mais c'est leur faire un peu trop d'honneur que de les craindre. On devrait se mettre bien dans l'esprit que la plupart de ceux qui lancent des traits contre la religion blasphèment ce qu'ils ignorent. Uns infinité de gens, par une conduite qui n'a d'autre principe que la corruption du cceur, lisent avec avidité lee ouvrages qui attamûnt la religion, et presque aucun fteux ne daigne examiner avec attention ceux qui ont été faits pour en démontrer la vérité, quoigueils atetU pour auteurs des génies qui valent bien nos prétendus esprits forts. La plupart ne les connaissent oue de nom , Us aiment mieux se repaître des railleries impies et morlignes, semées de côte et dautre dans les vaines fictions, dans les systèmes monstrueux que l'in^ créduUté, revêtue du titre, spécieux d'esprit philosophique f a enfantés de nos jours. Ils ne lisent pas même ces écrits st solides oui ont paru depuis quelques années , dans lesquels de vigoureux logiciens, de profonds métaphysiciens, encore vivants, ont vigoureusement re*
me trop ; qui ont es monuments qui égale' l'homsne à la bête ; on insinue le poison du matériau lisme , systènke devenu une espèce de maladie qui fait sourdement ses ravages ; on tend des pièges à tous ceux qui n'ont point de principes sur cette matièrCé Mais cet essaim de guêpes n'aura qu'un temps. Dieu se lèvera pour venger sa cause (Ps. 3) , et ses ennemis seront dissipés. Ils périront, et ta vraie religion, contre laquelle ils semblent avoir conspiré , subsistera. Les %}ents et les tempêtes ne renverseront jamais cette colonne du Dieu vivant ( 1 Tim. 3) : et lu
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dents du serpent st briseront contre elle (Ps. 59) : Inimici (ni , Domine , inimici (ui pcriliuut (Pi. 91).
DE KAGE MUR