‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 186 sur 235 · CHAPITRE X. De la promesse du Messie et · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. De la promesse du Messie et

du pèche originel,

D. Que découvre^t-on dans la promesse du Messie?

R. On y découvre le péché originel , dont nous n'avons encore touché que peu de chose.

D. Dites-nous donc Quelles furent les suites de la désobéissance d'Adam, dans lui et dans ses descendants?

R. On peut dire qu*Adam perdit en ce moment tous les avantages dont il n'avait pas voulu bien user. Son esprit sç remplit de nuages ; Dieu se cacha pour lut dans une nuit impénétrable; l'homme devint le jouet de la concupiscence; car non seulement il se procura la mort du corps et les misères de cette vie , mais il plongea son ame dans d^s maux sans fin, parles passions viles

CATtSCËISMC

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«|o*il sentit en ea monient aallre en Ini, et il troubla toute l'érjonomie que Dien ayait mise dans ce composa admirable de son ame et de son corps : en sorte que les enfants d'A* dam et d*Eye tirèrent d'eux un corps Infecté et corrompu qui corrompit les âmes que Dieu créa dans chaque corps , et les rendit coupables deyant lui du péché qn*on appelle originel* parce que Tame le contracte dans le moment de son union avec le

corps.

D. Cela ne parM-il pas caniredrè à Vidée que nous avons de Dieu , qui est celle d W Dieu juste, que d'imputer le péché de notre premier père à ses enfants f

R. C'est un mystère qu^on ne peut comprendre, et on doit se contenter d*adorer les profondeurs de la sagesse de Dieu ; mais il est certain aussi que, sans ce mystère le plus incompréhensible de tons, nous sommes incompréhensibles à nous-mêmes : car ce n'est qu en admettant cette transmission de péché que Ton peut expliquer les misères de la condition humaine; de sorte que l*homme est plus incompréhensible sans ce mystère que ce mystère n*est inconceyable A l'homme ( Pascal ). En effet ce péché nous découvre la source des inclinations corrompues que nous portons en nous , Tamour excessif de nous-mêmes, la pente A toutes sortes de vices, la réyolte de nos sens , rignorance où nous naissons , les maux attachés à la condition humaine, Tinégalité des conditions et des biens tempo^ rels , la pauvreté, les maladies, les douleurs, les injustices et les vexations que les hom« mes souffrent de la part de leurs semblables. Or tous ces maux ne peuvent être justes

3 n'en supposant que les hommes méritent e les souffrir par le péché qu'ils tirent de leur origine.

S- Le prophète David dit [Ps. M) qu*a a été formé oans l'iniquité. L'apêtre saint Paul dit {Ephes. 3, 3, Rom4) que nous naissons tous enfants de colère; que le péché est entré dans le monde par un seul homme , et la mort par le péché ; et qu'ainsi la mort est passée dans tons les hommes , tous ayant péché dans un seul.

3* La foi du péché originel a toujours subsisté dans l'Eglise; et la preuve de cette croyance est sensible par les exorcismes que l'on a toujours faits sur les enfants « avant de les baptiser, comme étant, jusqu'alors sous la puissance du démon. Bien plus toutes les communions ou sectes , séparées de l'Eglise depuis mille, onze ou douze cents ans, sont unies dans la foi du péché originel.

D. Vous aosM dit que la promesse d'un Mes^ sie, libérateur des nommes, faisait connaître la vérité du péché originel , et que c'était par la révéleUion faite à la nation juive , que nous étions instruits de cette promesse : dépeloppeMnous ce raisonnement .

R. Non seulement cette promesse nous découvre le péché origind, mais elle en est une des plus fortes preuves ; car elle nous fait connaître que tous les honunes sont pécheurs dèi leur naissance pwr la désobéis-

sance de leur preinler père ; quik sont tombés dans l'esclayage in démon ; qu'ils ont été comme lui condamnés A la mort, et à la mort étemelle; mais que Dieu yent biea leur ouvrir le ciel , pour lequel ils étaient destinés , par le moyen d'un libérateur qui lèvera l'anathème sous lequel ils «émissaient ; et qui , par le prix in6ni de son san|[, rendra A Dieu une satisfaction proportionnée A son infinie majesté. De plus, elle nous découvre, en même temps, la raison de l'état misérable où l'homme est réduit en cette vie ; car dès lors que nous sommes instruits de cette promesse, par la révéfation, nous ne trouvons plus de contrariété dans les ouvrages de Dieu; nous comprenons que l'état présent de llioiiiiBi n'est pas celui où Dieu rayait d'abord aéé, vous voyons par quel moyen nous pouvoo retourner à Dieu; quel est le culte qi'oi doit lui rendre ; comment ce culte peut hi être agréable; quelle en est la fin. Or, fa tdles vérités n'ont pu avoir d'autre fondfment que la révélation : car coramesi l'homme aurait-il pensé à un libérateur, s'il n'avait été promis? Comment aurait-il ti que la religion yéritable était fondée sur cette promesse, si Dieu ne s'était expliqué dès le commencement, et d'abord aprfcs la chute du premier homme, s'il n'avait suscité des prophètes , pour l'annoncer et le dèsî-

Ïner? D*où il faut conclure que les saintes critures, qui nous instruisent de ces rentes, sont la base de la vraie Rdigion.

D. Faites4ious comprendremamtenaint comment le peuple juif a été le dépositaire delà promesse d'un /i6milsi»f f

R. C'est qu'il est sensible , par la eondoife de Dieu sur son peuple , qu'il a eu poor oIh jet d'annoncer ce libérateur, de le dés^ner sous les couleurs des figures et dei symboles , et de mettre dans le cœur des justes de l'ancienne loi , l'attente de ce désiré des nations. Et effet, si Dieu se manifestait i eux , c'était pour les confirmer dans la foi de cette attente; s'il inspirait des prophètes, c'était pour l'annoncer. Les patriarches mouraient en souhaitant de le voir (Ces. 49, I8| : ce désir était comme une religioa domestique qui se perpétuait de siède es siècle. Non seulement ils souhaitaient de k voir , mais la plupart étaient des types imparfaits du Messie ; chacun d'eux représeotait qaelciue trait sinp:ulier de sa vie et de son ministère. Melchisédech figura son sacerdoce ; Abraham , sa quidité de chef et de père des cro^^ants ; Isaac , son sacrifice ; Job. ses persécntions ; Josué, son entr^triom-

|>hante dans la terre des vivants. Bien pi» es sacrifices et les cérémonies religieuses que Dieu prescrivit à son peuple tracaieot comme de loin l'histoire de celui qui devait venir , et figuraient les sacrements de celte église, dont il derait être le fondateur par son sang. Les grâces que les fidèles de ces

Sremiers temps recevaient ne deraieot se onner qu'en rue de ses mérites : tons n'attendaient de récompense que sur le fonds de sa rédemption ; ib n'Ataient au monde que

bÈVkGt UUR.

^llr l^annOnoer» ei pour être les hérauts de ce jrrand aTénement. #

Saint Paul nous dit en termes précis {Rom. 10 , I Cor. 10} 9 que Jésus-Christ était la fin de la loi » et que ce qui arrivait aux Juifs leur arrivait en figure.

Saint Augustin , qui n'est en cela que l*in« terjitète et le canal de la tradition , nous déclare que le peuple hébreu , dans son tont » a été comme un grand prophète de celui qai| seul t métite d'être appelé grand : Totumque illud regnum geniis Hebrœorum, magnum guemdam ç[uia et mo^nt cujusdam fuisse pro^ phetam {Iav. 2 eoni. Faust., c* 2k). D'où il conclut qu'on doit chercher dans les actions de ce pouple une prophétie de Jésus-Christ et de IjSglise : In tis quœ in illis vel de iilis divinitus fiebant, prophetia venturi Çhristi et Ècelesiœ perscnUanda est (Ibid.)»

Enfin on doit remarquer, que cette proinesse du Messie , qui fut d'abord faite après le péché d'Adam , va toujours en s'éclaircissaut dans les saintes Ecritures. On la voit renouvelée à Abraham avec plus de clarté qu'au premier homme {Gen. 12^ 3; 32, 18). Elle est réitérée à Jacob avec assurance que toutes les nations de la terre seraient bénies en sa postérité, dont ce libérateur devait naître (28, 14), et elle est fiiée à la tribu de iuda («9, 10, 18). David, dans la maison duquel le Messie devait régner, vit de loin le Christ promis , et soupira sans cesse après lui ; il le chanta dans ses psaumes avec une magnificence que rien n égalera jamais : sùu^ f)ent il ne pensait qu'à célébrer la gloire de Salomon son fils, et tout d'un coup, rati hors de lui-^meme et transporté bien au delà, il int celui qui était plus que Salomon en gloire, aussi oien qu'en sagesse : le Messie lui parut sur un trône plus durable que le soleil (Ps. 88) ; il vit à ses pieds toutes les nations vaincues, et bénies en lui conformément à la promesse faite à Abraham : il le vit dans la splendeur des saints ^ (Ps. 109) • sortant avant t aurore du sein de son Père , Pontife étemel ei sans successeur, et créé non selon l* ordre dTAaron, mais selon V ordre de Mélchisédech (Boss., Disc* sur Vhist^uïiiv.)*

Arrivèrent ensuite les prophètes , qui tous unanimement publiaient que Dieu allait accomplir ce qu'il avait promis. Ils apprirent aux hommes quelle était la fin et le but de la mission de cet envoyé du ciel ; ils déclaraient qu^il devait être la ressource du monde condamné , le législateur des peuples , la lumière des nations , le salut disraël ; que ce Saint, des saints viendrait pour effocer Uni-

Ïuité de la terre , pour amener une justice temelle, pour remplir l'univers de Tesprit de Dieu et pour porter à tous les hommes une paix immortelle.

On peut ajouter à cela que toute la nation juive était imbue de cette espérance : ropînion qu'il naîtrait un jour un grand roi de la race de Juda , était si fort établie chez les Juifs, qu'ils gardaient soigneusement leurs

Sénéaloffies pouf le reconnaître » et Tattente u Messie fut si fort imprimée dans leur es-« prit I que depuis près de dix^-sept cents ÙM

Cat&ch. Philos^ L

qu'ils sont dispersés , ils Tattenéent toujMrs avec une fidtiité sans exemple. Si c'était ici le lieu , nous ferions voir comment dans le déclin du règne des Asmonéens , Tétat d'oppression où les Juifs tombèrent leur fit concevoir que le Messie^ qui devait venir^ les affranchirait du joug des Gentils, et comment ils interprétèrent tout ce qui était dit des triomphes et de la gloire du Messie dans un sens charnel et erossier. U suffit de dire que tout fut marque par les prophètes jusqu'à cet aveuglement où tombèrent les Juifs par rapport au Blessie*

Telle est l'idée que la révélation noua donne du libérateur promis : nous y voyons

3u11 est prédit par tout un peuple , montré e loin dans tous les âges , qu'il est annoncé pendant quatre mille ans par une longue suite de prophètes , et que le dernier d'entre eux a terminé ces divines prédictions en reiiouvelant celte grande promesse (Malach.t 31). Voilà ce que les saintes Ecritures nous apprennent, et ce qu'elles seules pouvaient nous découvrir , parce qu'elles seules sont dépositaires des volontés de Dieu manifes-> tées aux hommes.

Mais lorsque , par les preuves que nous allons donner de la certitude des prophéties^ on se sera convaincu de leur accomplisse-^ ment, en reconnaissant que Jésus-Christ est le Messie promis,et qu'il a accompli tout ce que les prophètes avaient prédit de lui ; on com-* prendra que la révélation faite à la nation juive porte tous les caractères de la divinité i qu'ainsi tous les événements qui se sont pas^ ses sur la terre avaient un rapport secret à ce grand événement, q[ue les conquêtes dd Gyrus, d'Alexandre, ues Romains, n'ont servi qu'à mettre Tunivers dans l'état où il est dit qu'il sera à sa venue ^ et que les em-^ pires et les royaumes ne sont tombés , ou nd »e sont élevés que pour y préparer les voies^ On se convaincra ôue cette étoile de Jacob «

Sue les prophètes ues Gentils virent brillec e loin , n'était autre chose que le Messie § et aue jusque dans les oracles des idoles le libérateur des hommes fut annoncé.

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