CHAPITRE XIX. De raeeomplisument des promesses de Jimê^hrUt
D. Vousatex dit que vous prouveriez encore ta divinité de Jésus-Christ par Vaccomplissement de ses promesses.
R. C'est ce qu'il est aisé de faire voir en peu de mots. Jésus-Christ avait promis à ses apétres l'esprit consolateur, c^u'il appelle l'esprit de son Père , esprit de vérité, de force et d*inlelligence. 11 leur avait promis le don des miracles, la conversion de l'univers, le triomphe de la croix et la docilité des peuples de , l;i terre à recevoir son Evangile. Nous avons déjà (ait voir l'accomplissement de la première partie de ses promesses par les dons miraculeux que reçurent les apôtres le jour delaPentei-6te,etqui ne pouvaient venir que de l'effusion de cet Esprit saint que Jésus- Christ leur avait promis. Avant de passer à l'accomplissement des autres promesses, il est bon de faire voir les conséquences qui suivent de l'accomplissement des premières.
1* 11 est certain que la vérité des miracles des apôtres, une fois établie et reconnue, prouve en mémo temps celle des promesses de Jésus-Christ, et on en doit conclure d'abord qu'il était un vrai prophète ; mais on va plus loin, et il est aisé de faire sentir que dès que Jésus-Christ a été un vrai prophète , il s ensuit qu'il est Dieu. C'est en vain que les
ennemis de sa divinité osentdire qu'il n'était que prophète, et que Dieu révélait à Jésus* Christ les choses futures, ainsi qu'aux autres prophètes : car si Jésus-Christ n^est pas Dieu, on soutient qu'il n'était pas même prophète Pourouoi? parce que Dieu, dont les ennemis de la divinité de Jésus^hrist cou viennent qu'il était inspiré, lui aurait soufOé l'erreur et le mensonge lorsqu'il sedisait Gis de Dieu ; etque lui et son nere n'étaient qu'un. Or ce serait faire de la Divinité une intelligence contraire à elle-même, que de lui attribuer d'avoir ins-
Iûré à un mortel une doctrine qui porterait es hommes à rendre à une simple créature le culte qui n'est dû qu'à lui seul, et qui aurait rempli l'univers d'idolfttres ; ce qu'il est impossible d'imaginer sans blasphème.
V Si Jésus-Christ n'est pas Dieu , il n'est pas même prophète, puisque il ne prévoyait pas que les hommes allaient retomber , en l'adorant , dans des ténèbres mille fois plus criminelles que celles dont il prétendait les délivrer, et qu'au lieu de former à spn Père des adorateurs en esprit et en vérité, il n'aurait formé qu'un nouveau peuple d'idolâtres de toute nation.
EnQn la divinité de Jésus-Christ est un article de la foi des chrétiens aussi ancien que la prédication de l'Evangile. 11 n'est rien de plus aisé que de s'en convaincre , si on fait attention que parmi les calomnies aae les païens imputiuent aux premiers chrétiens, ils y ajoutaient l'accusation de rendre à leur Christ des honneurs divins; car on voit, par les apologies que les chrétiens composaient pour leur justiflcation , qu'ils ne se défendaient point de l'accusation d'adorer J^ns- Christ comme Dieu. Ce fait est si incontestable qu'un proconsul romain célèbre par ses ouvrages • rendant compte i l'empereur Trajan des mœurs et de la doctrine des clirétiens, l'assura en termes exprès que les chrétiens étaient des hommes justes, innocents, équitables, qu'ils détestaient les fraudes, les adultères , le désir du bien d'autrut , et il ne leur reprochait que de chanter des cantiques en l'honneur de leur Christ, et de lui rendre les mêmes hommages qu'à un Dieu. i*/tne ép. 1. Ce témoignnffe est d'autant plus sûr, qu il vient de la bouche d'un païen qui ne disait que ce qu'il avait entendu de la bouche des chréticnsqui, quoique tombés et ayant succombé à la persécution, ne voulaient rien feindre do contraire à ce qui se passait dans leurs assemblées. Les apologistes des chrétiens établissaient de môme leur innocence et con~ fondaient par de solides raisonnements toutes les accusations dont on les chargeait ; mais sur le reproche de rendre au Christ les honneurs divins , bien loin de s'en défendre , coinmc on vicntde le dire, ils en convenaient hauteroont , et ils autorisaient cette accnsalion par leur langage et par leurs actions. Or
3ue doit-on conclure de cette croyance de la ivinité de Jésus-Christ si constante et si bien établie chez les premiers chrétiens? cest
Sue, si c'élait une erreur de croire Jésashrist égal à Dieu, c'est une erreur qui est née avec l'Eglise i qui en a élevé rédihce, cl
DE L*AGE MUR
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qui a coiiTerU des peuples sans nombre. Hais comment une erreur aussi grossière et d'une telle conséquence qu'elle rend les hommes idolâtres aurait-elle formé tant de confesseurs généreux de ce point capital de la foi chrétienne? Et comment imaginer que le sang de tant de martyrs qui faisaient
Jrofession devant les tyrans d*adorer up lien crucifié » loin d*ayoir été la semence des fldèles, n'eût coulé sur la terre que pour faire croître de plus en plus la superstition etndolâtrie?
D. Vous avez dit que Jéms-^hrist promit à ies apôtres le succès de la prédication dé son Evangile, comment ferez-vous voir Vac-^ eomplissement de ^ceîte promesse de Jésus^ Christ , dernière preuve de sa divinité ?
R. Par rétablissement uiy .« du christianisme.