‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 197 sur 235 · CHAPITRE XX. De rétablissement du chris · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX. De rétablissement du chris

tianisme,

D. En auoi cet établissement porte-P-il des caracler es divins, et comment est-il la plus forte preuve de la vérité de la religion chrétienne ?

R. En ce que la puissance de Dieu s'y fait sentir Tisiblement. En effet , quand on fait attention que douze personnes sans nais<* sance « sans biens , sans considération , sans le secours de la force , ni de l'éloquence , ni du savoir, ni de toutes les choses qui servent ordinairement à faire réussir les grandes entreprises, se sont obstinés à soutenir la divinité de Jésus-Christ leur maître, la vérité de SCS miracles et do sa résurrection , et qu'ils Font soutenue contre toute l'opiniâtreté de la nation juive et contre toutes les forces romaines ; qu'ils ont répandu , eux et leurs disciples, une doctrine également op-

{>osée aax préjugés et aux passions de *homme dans un siècle très-éclairé et trèssavant ; qu'ils se sont exposés pour la soutenir, non seulement aux mépris et aux outrages, mais aux supplices les plus cruels et à une mort infailIiDie , il est aisé de comprendre qu'une telle entreprise n'entre pas dans l'esprit, parce qu'elle est au-dessus des forces de l'homme et qu'elle ne pouvait qu*échouer. Car si on nous fait cette mauvaise obicction , qu*il y a eu des hommes qui ont souffert pour soutenir des erreurs, on répondra d'abord qu'on ne le nie point: mais on soutient, comme on l'a démontré cidessus, que personne n'a jamais souffert pour des noensonges qu'il connaissait pour tels ; ainsi , si l'Evangile est faux , si Jésus- Christ n'a pas fait tout ce que ses apôtres disent do lui , s'il n'a pas enseigné la doctrine Qu'ils lui attribuent, s'il n'est pas ressuscité, il s'ensuit que les apôtres oui d{,bilé des impostures, qu'ils étaient persuadés qu'elles étaient telles , puisqu'ils disent euxmêmes qu'ils ont vu, qu'ils ont entendu, qa'ils ont considéré de çrès, qu'ils ont touché de leurs propres mains ce qu'ils annoncent du Ois ue Dieu , quoique tout cela fût faux » et que cependant ils ont voulu mourir pour soutenir toutes ces faussetés. Or c'est ce qui ne peut entrer dans rcspril, parce que cela répugne à Tidéc même de la nature de

l'homme. II faut donc admettre qu'ils étaient convaincus des vérités qu'ils annonçaient , et pour lesquelles ils sont tous morts. Mais quel a été le succès de leur prédication et de leur doctrine? C'est que cette doctrine, si opposée aux passions de l'homme, a triomphé du paganisme malgré la fureur et la Ïersécution des tjrrans, et que la foi s'est levée sur les déliris de l'idolitrie. Or il n'j a que la force de la vérité qui puisse fairn cet effet sur le coeur de l'homme. C'est là un miracle plus authentique que tous les autres, puisqu'il consiste en un fait évident, qui prouve plus que tous' les raisonnements que la religion chrétienne porte tous les caractères de la divinité , et qu'ainsi elle est l'ouvrage du Tout-Puissant.

II est bon d'observer ici que tous les faits surnaturels rapportés par les évangclistes , comme l'étoile miraculeuse qui apparut aux mages dans l'Orient, le massacre des Innocents , l'adoration des mages , les miracles de Jésus-Christ, les ténèbres arrivées i sa mort, qui sont des témoignages éclatants de la vérité de la religion chrétienne, sont justifiés par des auteurs non suspects ; c'est-àdire, par des païens zélés pour le culte do leurs pères. On peut voir pour s'en convaincre , Chalcidius , Comment, in Timœo , pag. 219. Edit. de Mcursius, 1617. Phlegon apudGronov. i la 202. olympiade, dix-huitième année du rèrae de Tibère. Porphyre , apud Augustin, lib. 191. chap. 23. Macrob! Saturnal. liv. 2. chap. 41.

Qu'on suive les progrès de la religion chrétienne, on verra chaque siècle déposer en faveur du christianisme. On peut pour cela s'arrêter i trois faits bien remarquables.

Le premier est la victoire miraculeuse que l'empereur Marc-Aurèle remporta sur les Quades et les Marcomans. Elle est rapportée

£ar Xiphilin qui a fait l'abrégé de la grande listoire romaine, écrite par Dion-Cassius , et qui n'est pas venue jusqu'à nous. Cet auteur, ^ans son soixante-onzième livre , raconte que Marc-Aiirèle, après avoir passé le Danube dans les plus grandes chaleurs do l'été et s'étant engagé dans un poste désavantap;eux , où l'armée ne pouvait ni avancer ni reculer, les Romains se trouvèrent dans une étrange extrémité , étant acccablés par le travail , abattus par le chaud et la soif; enfin , ils étaient sur le point de périr, lorsque le ciel exauça les prières d'une légion presque toute composée de chrétiens; et aussitôt une pluie abondante tomba sur le camp des Romains et désaltéra les soldats mourants. Dans le même temps , une grélo violente , mêlée de foudre , désola le camp des barbares , supérieurs en nombre et par l'avantage du lieu ; ce qui les troubla tellement qu'ils tournèrent leurs armes contro eux-mêmes, et procurèrent ainsi aux Ro-« mains une entière victoire. Marc-xVurèlc luimême écrivit au sénat une lettre pour Tinformer de ce fait; il y insinue qu'il doit le prodige et la victoire aux prières de la légion chrétienne : Christianorum forte militumpre^ eationib'ÂS imbrc impetrato. Cette lettre était

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célèbre da temps de Tertallieo ; cet apologiste de notre religion y renvoie deux fois t «t nos premiers historiens ecclésiastiques la citent comme un monument incontestable.

Le second fait est raccomplissoment des

firédictions de Jésus-Christ centre Jérusalem. I est rapporté par Ammien Marcellin , historien célèbre. Il nous apprend que Julien » ennemi déclaré de Jésus-Christ , étant monté sur le trône de Tempire après la mort de Constance, écrivit aux Juifs une lettre où il les décharge de tout tribut , et leur annonce le rétablissement de leur temple dans leur patrie. En effet ce prince apostat tourna toutes ses rues de ce cété-là ; il en donna la commission à Alypius , yicaire du préfet de prétoire en Angleterre. Les Juifs se rendirent de toutes parts à Jérusalem. On assembla des ouvriers sans nombre et des matériaux immenses. On tlt de très-grands préparatifs. Mais quel fut le succès de l'entreprise de ce prince, qui aurait voulu, s*il lui eût été pos- ' sible, anéantir les prophéties de TEsprit saint? Des globes de feu sortirent avec impétuosité des fondements ébranlés : les ouvriers recommencèrent Touvrage ; et à différentes reprises le feu leur fit éprouver sa violence , et ne cessa de les repousser. Le lieu devint inaccessible, et on fut contraint d'abdndonner Tentreprise {£Âv. 23, /nil.).

Le troisième fait est la victoire remportée

ar Tempercur Théodose sur les idolâtres.

irbogaste, Eugène et Flavien étaient les chefs des païens ; ils avaient formé le dessein de relever ridolâtrie sur la fin du quatrième siècle. Cet Arbogaste avait fait mourir Valentinien et ensuite avait fait proclamer Eugène empereur. Théodose se disposa à la guerre contre ces idolâtres. Prêt à combattre , il fil à Dieu cette belle prière conservée dans Ruffin. Il tint conseil , et on était d*avis de reculer, lors(}ue cet empereur dit avec foi quUl ne souffrirait jamais qu*on vit reculer Tetendard de la croix devant Tidole d*Hercule. On donna le signal du combat. Théodose marchait à la tète, en s*écriant avec une sainte confiance: Oit est le Dieu de Théodose? Les soldats d*£ugène voyant Théodose et les siens à portée de leurs traits, lancèrent leurs flèches , mais elles retournèrent avec violence contre eux-mêmes, et ils périssaient par leurs propres armes ; un vent impétueux, des tourbillons violons, une poussière affreuse les désolaient de toutes parts. Dans cette extrémité , une partie des troupes vint se rendre à Théodose. Eugène fut pris et eut la tête tranchée. Arbogaste , désespéré, se tua lui-même {Amm. Marcell., liv. 2, chap. 33).

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