‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 209 sur 235 · IU · texte numérisé non relu

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DE LA RAISON ET ÙE LA UELlGfON.

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senter ainsi comme tous élcs dans l'assemblée de ce soir ; et tous Terriez se fixer sur TOUS tous les yeux, parce que tous aTez au- }onrd*hui un je ne sais quoi, qui tous rend extraordinairement belle.

la bar. En effet, tous me trouTez aujourd'hui mieux que les autres jours?

Le comte. Incomparablement mieux. Aujourd*hui, il brille sur TOtre visage une grâce qui enchante.

La bar. Vous ne savez pas combien je me réjouis de le saToir; car alors j'ai dcTiné le secret de la beauté.

Le comte. Et qu'est-il ?

La bar. C'est qu'aujourd'hui je me suis confessée , et la beauté de mon ame rejaillit sur mon TÎsage : je vois aue j'ai la figure do cristal , puisque la beauté qui est au dedans parait au dehors. Je me sens intérieurement beaucoup plus gaie et satisfaite ; et je ne doute pas que mon Tisage ne participe du changement de mon ame. Prenez pour tous, comte , cette même recette ; et tous paraîtrez dans les cercles plus charmant que jamais.

Le comte. Je n'attendais pas , madapfie, de TOtre jugement que tous eussiez un aussi grand préjugé : raisonnez comme une personne qui ne se laisse point entraîner aveuélément par l'opinion fanatioue de ses pères. Quiconque a le jugement solide met de côté ces Tieilles idées ; il sert Dieu en esprit et en Térité, et ne se lie point à certaines cérémonies de religion , qui changent suivant les climats où nous tItous.

La bar» Vous ne croyez donc pas fermement en cette religion que vous professez extérieurement? Plaisantez-vous, ou parlez- Tous sérieusement?

Le comte. Les égards que je vous dois ne me permettent pas de me moauer dans cette matière. Je ne crois ni ne décrois , je ne m'embarrasse point de cela; parce qu'un homme qui sait raisonner comme il faut ne s'assujettit à aucune religion. Témoin Théodore, qui , s'il parle aTec sincérité, pense peut-être comme moi, parce que Je le resarde comme un homme solidement philosophe.

'Théod. Puisque tous me cherchez, et que TOUS désirez saToir ma manière de penser, il ne m'est pas permis de la cacher. Je pense entièrement comme la baronne ; car nous nous sommes souTent communiqué nos sentiments. Je suis philosophe , et j'en fais profession : mais sachez que plus j'ai réfléchi sur la religion , plus je me suis affermi dans ma croyance; et, si tous touIcz, je vous dirai les motifs sur lesquels je me fonde.

Le comte. Quels motifs? Motifs de dévote , que TOtre rieille gouTemante tous enseigna au coin du feu , quand tous étiez enfant I Quels motifs pouTez-TOUs m'alléguer assez forts pour couTaincre un philosophe? Je ne sache pas qu'il y en ait, et, s'il y en a, je les entendrai aTCC plaisir.

Théod. Je serai bien aise de Toir comment vous y répondrez.

La bar Enfin le défi est engagé comme je le désirais : moi-même ^e serai témoin. Mais

je TOUS prie de laisser de côté tout ce qui ne sera pas réponse solide , parce que je suis ennuyée des mots pour rire et des réponses à deux sens. Honneur, mes amis, vérité ei sincérité : malheur à celui qui me manquent en cela, parce au'en Terlu de notre autorité de dame, je ne lui pardonnerai pas. Parlez • Théodore.

Théod. Je suppose, monsieur, que tous croyez fermement le fait historique dont personne ne doute, c'est-à-dire qu'il y eut dan \ la Palestine , il y a dix-huit cents ans , un homme apjpelé Jésus de Naxareth , qui disait qu'il était fils de Dieu » et qu on mit à mort à cause de cela , etc.

Le comte. Je ne doute point de cela : sur le fait historique point de dispute , point de doute.

Théod, Fort bien. Actuellement je dis : Ou cet homme mentait, ou il disait la vérité? choisissez le parti que tous voudrez, moi je m'arrange de tout.

Le comte. Puisque vous m'en donnez la liberté , je dis pour le moment qu'il mentait. Madame, ne vous scandalisez point; parce que , comme c'est ici un assaut de raisonnement , je Teux me placer dans la posture et la situation la plus UTanlageuse possible pour n'être pas Taincu. ATançons, Théodore, supposez que je dis qu'il mentait.

Théod. En ce cas tous dcTez allirmer que ' cet homme était le plus méchant qu'il y eût jamais eu monde.

Le comte. Cela non : il était mauTais en ce qu'il se donnait pour fils de Dieu, sans l'être : mais rien de plus.

Théod. Doucement , parce que déjà nous le voyons coupable du blasphème le plus exécrable possible , en tant qu'il disait et enseignait qu'il était le fils consubstantiel du Tout-Puissant, de la même natare que le Père, et égal à lui en toutes choses. Et cela il ne l'a pas dit dans la chaleur de quelques disputes, quand la tête échauffée sort quelquefois des bornes de la raison , et forge des idées romanesques, ou quand la langue précipitée prononce avec peu de rëOexion ce que l'imagination lui dicte : ce ne fut point ainsi ; bien au contraire, Jésus-Christ, d'un ton tranquille, ferme et soutenu pendant plus de trois ans, a toujours dit quil était Dieu , tant en public qu'en particulier , et il ordonna de le prêcher ainsi par tout le monde. Vous voyez donc que ce ne serait point un délit pardonnable» si vous persistiez à dir^ qu'il mentait.

Le comte. Eh bienl soit, comme tous le dites : je ne me charge point en ce moment d'être son apologiste.

Théod. Alors écoutez , et tous Ferrez une telle suite de mauvais pas et de précipices où nécessairement tous devez tomber, qu'il est

Ïtossible que vous soyez forcé de reculer dans e chemin que vous avez pris.

Le comte. Allons aux raisons , et point de paroles de menaces.

Théod. SuiTons donc. Cet homme eut Tart de persuader sa doctrine à une grande partie dû monde ». et cela sans le moindre se-

HARMONIE

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eours humain. Car d'abord il ii*ca( point reeonrs à i'éloqaenc« ; aucun apôtre ne ftit lettré. Ils étaient pécheurs pour la plupart : gaint Matthieu seul était homme de négoce ; saint Paul , qui eut plus dinstmction, ne rit point Jésus^hrist pendant sa vie ; hii-méme ne donna jamais A connaître qu*il eût étudié les sciences humaines ; au contraire , ses en* nemîs s'étonnaient de Ventendre parler comme il le faisait , ne l'ayant jamais vu s'occuper d'aucunes études.

D'ailleurs le peuple juif étaH extrêmement Ignorant , la yille oà. le Seigneur était né , petite et méprisable; et sa vie, jusque à TAge rie 30 ans, fut retirée et obscure, sans autre ressource que fe travail d'un pauYre artisan qui lui servait de père. Tous ces faits sont constants; comme aussi qu'il n*y avait dans toute la Judée aucune espèce d'études, si ce n'est celle des prophètes. Où Jésus-Chrtst puMl donc apprendre cet art si sublime de persuader , mais en même temps si simple et ai efficace , qui triompha des philosophes et des sages 7 Si , comme vous le dites , cette persuasion ne Ait point le triomphe de la vérité, et si elle ne vint point du secours de la Divinité, qui ne ment point, il est nécessaire de dire qu'elle Tint du démon.

La bar. Ces choses me font horreur seulement A les entendre.

Théod. Il faut, madame , une , tous et le a>iate, vous voyiei les horribles précipices où doivent nécessairement tomber ceux qui suivent le parti qu'il a pris.

£é conUe. Continuel : eette matière n'est pas de nature A s'éclaircir en quatre mots. Les oreilles d'une dame dévote sont extrêmement délicates. Suives vos raisonnements.

Théod, J'ajoute que Jésus-Christ, pour introduire son Evangile , ne s'est point servi de l'autorité des grands personnages, comme il arrive ordinairement; car les apôtres étaient du simple peuple : il n'y eut point de docteur qui le protégeât , point de roi qui l'épaulât, point de prince qui lui prêtât son assistance. Aucun de ses disciples n*avait d'emploi honorable , ni qui lui donnât de dépendants. Aucun, par son ancienneté, par son autorité ou par ses talents , ne s'était fait auparavant des partisans dans le peuple : au contraire Jésus-Cihrist, aTec quatre nommes ( comme on dit ) méprisables sous tous les rapports, eut le pouToir de persuader A une grande partie du monde des choses extrêmement difiicfles : telles que de croire qu'un homme pauvre , dénué' de tout , flagellé publiquement , couvert d'opprobres et d'ienominies , et mis en croix , était le vrai Fils de Dieu, et autres choses semblables.

Remarquei que la rapide propagation du christianisme suivit de près la mort honteuse et publique de Jésus-Christ. Réfléchissez-y , et permettez-moi de vous répéter que, si vous ne Toyez ici le bras de Dieu et la vertu du ciel , il faut y Toir l'astuce et les machinations des enfers ; et alors Jésus-Christ . comme l'auteur de cette imposture, serait un monstre dlntqnité.

If camie. Ne tirez point des conséquences

si horribles ; le cœur de la baronne s'en af-* flige.

La bar. Mais ce sont des conséquences naturelles, cher comte : et, si les conséquences sont horribles , que sont les principes d'où elles naissent et se déduisent ? Continuez, Théodore.

Théod. Examinons les autre$ moyens de persuasion. Jésus-Christ a-t-il eu par haaard au moins le secours de l'argent? oie l'argent, qui, comme vous savez, a une manl&re occulte de persuader, telle que, témoins tous les jours de ses effets, nous ne pouvons encore expliquer comment il opère î Mais personne n ignore que Jésus-Christ fut pauvre toute sa Tie, et aue ses apôtres ne l'étaient pas moins. Cependant, si Jésus-Christ n'étala point le faste d'un riche, il ne fit pas non plus ostentation d'être pauvre : il fut en tout sincère , franc , égal et conséquent* Il méprisait les richesses sans orgueil ; et la préférence qu'il donnait aux pauvres n'était point de. nature A rebuter les riches. Mais» comme sa doctrine était fondée sur le détachement des richesses , il aima mieux la confier A des pauTres qu'A des riches; et jamais U ne réclama d'eux le moindre secours pour Taider dans sa prédication et acheter des disciples.

La bar. Zachée était très-riche ; Jésus- Christ fut manger chez lui avec la plus grande urbanité ; il ne dédaigna pas de traiter avec le petit souverain qui le chercbait : mais personne ne pourra dire que Jésus-Christ ait donné la moindre chose pour qu'on le suivit.

Théod. Vous n'aTez pas tout dit, madame, ajoutez que, bien loin de recevoir les riches comme pour s'appuyer de leur crédit et de leur fortune , il conseillait au contraire A celui qui voulait le suivre > de distribuer son bien aux pauvres, et de se détacher des richesses avant de s'attacher A lui. Malgré cela on vit en peu de temps d'innombrables chrétiens. La force humaine ne va pas jusque-lA.

La bar. Véritablement non.

Théod. Dira-t-on que Jésus-Christ s*est servi des armes pour introduire son Evangile, comme fit Mahomet, qui catéchisa, soutint et propagea sa doctrine, le cimeterre A la main 7 Fit-u comme Luther , qui , pour répandre sa secte , alluma le feu de la guerre dans toute la Saxe ?

Le comte. On n'a point laissé de répandre du sang pour la cause du christianisme.

Théod. Cela est vrai. Mais c*est le sang des chrétiens qui a été répandu par les ennemis du christianisme. Remarquez bien, cher comte , que Jésus-Christ, au lieu d'emj^loyer la force et la violence, enseigne la pauence, la douceur et rhumiiité ; il veut que le chrétien soufl're qu'on lui enlève son manteau , et qu'il donne encore sa tunique. Quel contraste avec le système des mahométans et «les autres sectaires , dont le prosélytisme intri*

fant et féroce mettait tout A Xeu et A sang, 'inlère de lA , encore une fois, que ai Jésus- Christ,sans avoir recours A de pareils moyens.

DE L.% RAISON ET DE LA RELIGION

a obteiiii une si rapide propagalion de TEvangfile, cela ne s'est fait sans doute que par une vertu dirine.

' La imr^ Que répondes-vous, cher comte 7

Tkéod. U répondra A la fin : laissei-moi poursuivre, madame. Vous savez bien, mon amif et tout le monde Tavoue, que le moyen le plus sûr pour qu'une doctrine nouvelle s'étaUisse, c'est qu'elle favorise les passions, pdrce que nous croyons fiscilement tout ce qui s^accouMBode A nus désirs. Qui de nous rausera de croire un avocat dont le but est de déiMMiIrcr que nous avons raison? Et pourquoi ses raisonnements qui nous paraissent 6< convaincants ne persuadent-ils pas de mé- . me la partie adverse , si ce n'est parce qu'ils combattent ses prétentions, tandis qu'ils favorisent les nôtres ? C'est ainsi <|ue l'entendement va naturellement où s'incline le cœur, rtque nous répuffuons beaucoup A soumettre notre jugement 2 oequi nous humilie, nous abat et nous condamne. VoilA ce qui servît si bien Mahomet pour introduire TAkoran ; vo9A ce que tes protestants ont aussi en leur faveur quand ils permettent tant de choses que dépend la religion calhoUque. Enfin. , telle est la base du système des incrédules, qui tend txmt entier à flatter les passions et A leur laiaser une entière liberté.

C*est ici ia plus grande merveille du christianisme ; oar il n'y a peint eu de doctrine

Élus contiuire aux passions que celle du saint van^rfle : quelle doctrine que celle qui oblige A souffrir les tourments les fins horribles et la mort> plulM que de s'en dispenser? Cependant ce ne sont pas seulement un ^u deux qui l'ont scelléede Leur sang : on aurait pu les supposerfous»ou entiiousiastes ou fanatiques; ce sont 4e$ milliers de martyrs de tout âge, de tout sexe, de toute condition et de tous les pays ; en soits que m l'on frémit de voir d*un c6ié le monde armé de fer et de feu contre le chriiMantsme^ et le démon au désespoir dépouillanl les hoounes de tout eentiment d'humanité qui aurait pu parler en faveur des chrétiens ; de l'autre on ne peut, voir sans admiration que la semence évattgéli^ue, arrosée du sang des confesseurs de la toi , s'étendait*et croissait de plus en pins.

Au reste, sans nous arrêter à ce sspectacle miracrfeux, qui ne sait que ia vie d un vrai <liaciple de Jésus-Christ est un martyre continuel d'eflérts et de viol^nces pour étouffer ci Cuire mourir les passions dans son cœur 1 Ditee-moi , monsieur, n'est-il pas vrai que TEvangile nous oblige A renoncer A la chair, aux ifi^ér4ts de la terre et A Thonneur mandarn ? Los lois sévères de ia pureté , de la justice et de la charité fraternelle ne nous font^-effles pas ma devoir de nous dépouiller en qmAque fia^en 4e notre propre nature. Il y a plus : la doctrine de ce nouveau législateur nous commande même de pardonner A nos ennemis , lit de taire du bien à ceux qui nous persécutent. -Or telle est la doctrine que ifeus-Chritft a publiée , et qu'ont embras:sée et suivie dans le commencement un nombre iafiffi de personnes ; et cela malgré les résistances des passions , malgré roppositioo de

toutes les maximes du monde , malgré tous les intérêts de la vie, et en dépit de Tenfer»

3ui , après avoir rendu Jésus-ChriS(t irictime e la cabale des pharisiens , des docteurs de la loi et des princes des prêtres, arma bientôt contre ses disciples la puissance des empereurs, la jalousie des philosophes, et les préjugés des politiques ; Jésus-Christ a triomphé de tout, et sa doctrine s'est établie dans toute sa rigueur, sans le moindre secours , ni de l'autorité, ni de la science, ni des armes, ni de l'argent, ni des passions, ni de la flatterie ; en un mot sans aucun secours humain. Donc, ou Dieu lui a accordé celui de son bras toutpuissant « et Jésus-Christ était son Fils; ou, s'il était un blasphémateur et l'ennemi de Dieu, vous devex dire qu'il avait A ses ordres les démons ; et cela (remarquez-le bien) pour une entreprise à laquelle eux-mêmes s*opposaient clairement et de toutes leurs forces. La bar» VoilA, mon cher comte , un argument qui parait sans réplique.

Théod. Ne me coupex pomt la parole, madame, ne soyez pas si vive; je ne demande point encore de réponse, je continue. Or cet homme opéra, pour persuader sa doctrine, les prodiges les plus rares, les plus extraordinaires ; et il les fit presque tous expressément pour prouver qu'il était le véritable Fils de Dieu. Ce sont autant de faits constants, connus de tout le monde ; voilà ce qui lui fit un si grand nombre de disciples, tous dans l'admiration de ce qu'ils voyaient, et ce qui lui attira la persécution detous les partis dont ses merveilles préparaient la ruine. Depuis que lemonde est monde, jamais personne n'a eu une suite plus admirable, ni éprouvé une persécution plus terri Me.

Les an6tres eurent cela de commun avec lui. Us firent tous des prodiges par l'ordre et la vertu de leur maître, pour prouver aa divinité; et, comme lui, ils furent persécutés et mis à mcMTt. ActuelleaBent je demande : Est-il croyable qu'étant simplement un homme , il pût bouleverser, pour ainsi dire, de fond en comble toute la nature, et Caire servir A ses fins les cieux, la terre, les mers et tous les éléments ? qu1l se jouAt.des maladies, dé la mort et des démons ; maître du passé, du présent et de l'avenir^ pénétrant jusque dans le plus secret des cœurs ; et tout cela sans que Dieu le protégeAt ? Dites-moi : cela est- il croyable? Mais s'il n'était pas le Fils de Dieu, il était impossible que Dieu l'aidât; car alors Dieu serait l'auteur de notre erreur, complice du plus affreux blasphème, et cda durant trois années consécutives, pendant lesquelles Jésus-Christ ne cessa de (aire i dessein des ea«i>res miraooleusQS à la vue de tout le monde, jusque à défier ses adversaires, pour les convaincre par ses prodiges qu'il disait la vérité. Dites-moi, comte : Dieu peut-il concourir avec tant de force et d'efficacité à faire triompher une erreur, la plus honteuse possible, et ta phis injurieuse â sa divinité ? Parlez mainienant : cela est-il croyable? Répondez-moi, eomte.

Le eomie. Dieu, qui ne peut mentir, ne peut hou plus cooiribuer par aucun moyen ordi-

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naire ni extraordinaire au triomphe de l'erreur et du mensonge.

Théod. Fort bien : donc si Jésus-ChrisI mentait, la vertu de Dieu ne pouvait lui donner le pouvoir de faire ces prodiges, et de renverser ainsi les idées du monde.

La bar. Déjà le comte a dit que non, et que, dans le cas où Jésus-Christ eût menti, Dieu ne pou voit Taider.

Théod. Donc vous devez accorder quMl avait les démons à ses ordres , et qu*il était confédéré avec eux. Croyez-vous cela, comte?

La bar. Comte, ne le dites pas : et <iue IVsprit d'obstination ne vous tente pas jusque à prononcer un semblable blasphème.

Théod. Ne vous elTrayez pas , madame ; il ne le peut dire, parce qu'il prévoit les conséquences que je tirerais. Et si vous le disiez, comte, combien cet homme-là serait-il abominable? Mais comment pourrait-on concilier dans Jésus-Christ une malice souverainement exécrable avec l'enseignement de la doctrine la plus pure, la plus sainte et la plus conséquente qu'on ait jamais enseignée dans tout le monde? Alliez-moi, comte, Tame la plus perverse avec les maximes les plus saintes qu'on ait jamais imaginées. Pendant toute la vie de Jésus Christ et pendant les dix-huit siècles que l'Eclise a duré depuis lui , aucun des innombrables ennemis de Jésus-Christ et de l'Eglise n'a pu trouver le moindre défaut dans sa doctrine. Donc une doctrine qui si longtemps examinée, et par tant d'ennemis, n'a soufltcrt ni reproche ni censure, porto la preuve la plus aulherAiqne de sa pureté et de sa sainteté. Comparez FEvangile avec les règles de vertu que les anciens philosophes ont entrepris d'établir, et vous n en trouverez aucune, je ne dis pas qui arrive, mais qui approche, même de loin, de ThéroYcité, de la pureté et de la sainteté de l'Evangile.

Qui pourra comparer l'idée que ces sectes avaient de Dieu avec l'idée sublime que nous en donnent les hauts mystères que l'Evangile nous enseigne? Ce que les prophètes en ont dit est encore très-imparfait en comparaison de ce que nous a dit Jésus-Christ. Parlez, comte, avec sincérité. De tous ces systèmes que les hommes ont imaginés, quel est celui qui ne soit plein de mille incons6-

Juencos et absurdités, disons-le clairement, e mille horreurs ; si c'était ici le lieu de discourir sur ee point, vous seriez épouvantée, baronne : mais revenons à notre snjet.

Si nous nous bornons particulièrement à ce qui regarde les règles des actions humaines, qui a osé douter jusque à cette heure que la doctrine de Jésus-Christ ne soit la plus noble, la plus sublime et la plus utile à 1 humanité ? Cette doctrine, sans contredit la plus nécessaire pour le maintien des lois, la plus convenable pour la paix des états , la plus adaptée à l'économie des familles, la plus consolante pour les affligés , la plus conforme à la saine raison, et la plus douce pour le commerce des hommes i Dites-moi, mes amis , comment un homme pervers pourrait-il enseigner une doctrine si b^lle, si pure , et qui est la base de la plus solide vertu ?

Le comlc. La bouche , mon ami , est bien différente du cœur : la bouche peut bien être pleine de sainteté et le cœur de malice.

Théod. Cela n'a poini lieu ici , parce que Jésus-Christ pratiqua lui-même toute sa vie, sans aucun adoucissement, la sainte doctrine qu'il enseignait. Et remarquez qu'étant le Fils de Dieu il pouvait, sans la moindre in^ conséquence , se dispenser des lois imposées aux hommes ; mais il a toujours agi bien autrement, puisque il s'est constamment soumis à l'observance la plus minutieuse. Donnez , cher comte, à cette réflexion le prix qu'elle mérite. Quelle différence dans la conduite de Mahomet, qui en donnant dans son Alcoran des préceptes pour réprimer certains excès des passions les concluait toujours par ces mots : Excepté le ]frophite , se mettant luimême hors des lois qu*il imposait aux autres (1)

Si la vie de Jésus-Christ eût été moins publique, ou si les riches et les grands lui eussent procuré quelques douceurs, on pourrail dire qu'il a pu cacher à la connaissance des autres ses infractions à l'observance de la loi : mais sa vie fut connue de tous ; on ob servait même sa manière de vivre avec beau coup d'attention et de détail : et le Seigneui lui-même parlait avec tant d'assurance, qu'il déflait ses ennemis de le convaincre du plus léger défaut, et que tous restaient muets en sa présence. Actuellement donc, qu'un homme soit faux, blasphémateur, plein de malice et d'hypocrisie, comme il était nécessaire que le fût Jésus-Christ, dans la supposition qu'il mentit en disant qu'il était le Fils de Dieu; qu'un homme, dis-je, soit si extraordinairement mauvais, et que cependant ses innombrables ennemis ne puissent découvrir le moindre défaut dans ses actions ; ce serait un mystère plus incompréhensible que tous ceux qui surpassent la raison humaine. Par conséquent , c'est le maximum de l'impossibilité (permettez-moi cette expression) que Jésus- Christ mentit quand il disait quHl était U FiU de Dieu.

La bar. On dirait , cher comte , qu'il voua prend un étourdissement : est-ce que l'évidence vous éblouit et vous offusque ?

Le comte. Laissez-moi, madame : je ne puis faire face à deux personnes en même temps : j'ai déjà assez de Théodore.

Théod. Je ne veux point encore votre ré^ ponse, cher comte; parce qu'après ces raisons en viennent d'autres , que je ne puis taire ; vous répondrez A la fin.

Tout le monde sait que rinconséquence est le caractère de la fiction, et que c'est avec beaucoup de peine que l^ mensonge sa saq* tient en public et pendant longtemps. Vais les ennemis du Seigneur firent les plnsexacîes

(1) Dans le chapitre des femmes, M^homei 6\\ nm Dieu lui a rëvéié que cbacan pouvait avrsr qsstte femmes, et de plus les concobînes ntril acbètef ail . et qu'il ferait esclaves, etc. Mais qa à loi, tS M n avait accordé nenf, lui enjoianani d'entreiamr é^m ce nombre celle qai avait éié U femme d'un de m affranchis. Extravagaoïe précaution 1

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DE LA RAISON ET DE LA RELIGIOiN.

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recherches pendant sa vie, et beaucoup plus encore depuis sa mort, pour découvrir en lui la moindre inconséquence, soit dans ses di-* vins conseils, soit dans ses opinions et ses actions, et jamais ils ne la purent trouver. Donc Jésus-Christ ne mentit pas en disant qu'il était le fils de Dieu. Mais poursuivons, parce que de tous côtés se présentent de nouveaux arguments qui ne sont point à mépriser?

Le comte. Dieu me délivre, madame, de ces yeux que vous dardez contre moi, et qui me demandent, en leur langage muet , ce qu'il me semble des arguments de Théodore ? Lui m^attaque par ses paroles et vous par vos regards : laissez-moi être attentif à ce qu'il dit : la matière est la plus importante qu'on puisse traiter. Continuez, Théodore, et pardonnez rinterruption à laquelle cette dame m*a forcé.

La bar. Ah I il vous pardonne de bon cœur ; et quand ce ne serait pas parce que je suis la coupable, ce serait parce qu'il vous voit plus souple vous rendre peu à peu à son avis. Mais rinterruption est déjà longue : parlez, Théodore, nous nous taisons.

Théod. Continuons d'examiner ce c|ue fut Jésus-Christ. Quel homme parut jamais dans le monde aussi exempt que lui de tout ce qui est passion, désordre ou excès ? Vous le verrez dans sa manière de parler , grande et sublime, mais sans jactance et sans la moindre ostentation; vous le verrez, afiable et humble, converser avec les pauvres, avec les pécheurs , avec les enfants , mais sans bassesse; vous le verrez savant sans vanité; Irès-éloquenl sans le secours de l'art; véhément quand il répond à ses ennemis, mais sans colère; vous le verrez plein de zèle pour l'honneur de son Père, mais sans trouble ; recevant en public l'affront d'un soufflet, et manifester avec la plus grande énergie son innocence, sans perdre la paix de l'ame. Quelle force 1 quelle douceur! quelle égalité d^ame on remarque en même temps dans ses réponses 1 Elevé en croix, en le déOe de faire des miracles par les ironies les plus injurieuses ; et, ayant la toute-puissance dans sa main, il ne donne point la moindre marque qu'il soit offensé; mattre de lui-même, il ne pense qu'à accomplir et à consommer l'œuvre de la rédemption pour laquelle il était venu ^ù monde. Toujours il avait agi par raison , jamais par dépit et par vengeance : tous ses miracles ont pour but d'obliger , il n'en a pas fait un seul pour punir, même les plus grands affronts, quoique il eût tout pouvoir. Quel est Thomme, (juelque juste qu'on le suppose qui ne se fût jamais démenti , et ii*efit jamais donné même à ses ennemis la moindre prise sur lui? Mais Jésus-Christ, cet homme qu'il faut supposer d'une perversité inimaginable, s'il n'est pas ce qu'il se dit , aurait-il pu en agir ainsi? aurait-il pu dominer ainsi sur ses passions; et cela , non un jour seulement , mais durant trois ans d'un commerce continuel arec ses ennemis ?

C'est bien plus encore si nous considérons sa politique. Où en vit-on une plus saine et moins favorable aux desseins des méchants?

Vous savez bien, monsieur, que la polîtiqa -» est Tarme la plus subtile et la fins eflicac ^ dont ils se servent pour parvenir à leurs fins , et qu'ils vont toujours par des sentiers oc cultes et par des chemins tortueux. Mai Jésus-Christ dit au contraire : Ce aueje voua

mon ami : est-ce ainsi que se conduit un homme fourbe et méchant, qui prétend tromper par artifice? ses paroles étaient claires , sa doctrine manifeste ; sa maxime étê<it qu'on s'énonçât avec précision et sans détour, en disant oui pour oui, et non pour non. Est-ce le style d'un trompeur?

Le comte. C'est assez, c'est assez, Théodore, je ne veux pas passer pour fou, et il faudrait que je le fusse pour ne pas sentir la forccde tous ces raisonnements. Jenem'altendais pas que vous m'attaqueriez ainsi .repensais q n'en doutant de la divinitéde Jésus4:hrist ou en la niant j'étais à l'abri des traits des

possibilité de concilier la malice incxplicabb qu'il faudrait lui supposer s'il n'était pas Dieu , avec l'incontestable et divine sainteté qui brille dans toutes ses actions et ses paroles. Baronne, êtes-yous contente?

La bar. Grâces à Dieu, cher comte, grâces à Dieu , je vous vois procéder comme un homme d'honneur et de bon sens; parce que connaître la vérité dans une matière si grave, et tourner les démonstrations en ridicule par des réponses hors de propos , ce n'est point procéder avec honneur, et je ne vous le permettrais pas. Concluez , Théodore , en me faisant un épilogue de ce qui a été dit , afin que, si on m attaquait, je pusse me défendre. ^ Théod. Je vais donc répéter les propositions que nou^ avons traitées; vous, madame, réunissez-les, et arrêtez-moi chemin faisant, si quelque conséquence tous parait douteuse. Faites-en de même, comte, en cas qu'il se présente à vous, actuellement que nous sommes d'accord, quelque réponse qui vous aurait échappé dans le cours de la discussion. Placez bien dans votre mémoire, baronne, ce que je vais dire.

La bar. Fournissez-moi les fleurs , et moi je ferai le bouquet.

Théod. Ou Jésus-Christ fut le plus mauvais et le plus abominable de tous les hommes , ou il fut le meilleur de tous.

La bar. Mais quoi 1 il n'y a pas de milieu?

Théod. Non : parce que, disant de lui-même u'il était le Fils deDieu, ou il a menti, ou il a it vrai : s'il a dit vrai c'est un homme divin; s'il a menti, c'est un blasphémateur. Mais nous avons mille preuves que Jésus-Christ n'a pu être un homme aussi étrangement pervers.

1* Parce que sa doctrine est si pure , si sainte , si conséquente et si sublime , qu'il n'en a jamais paru de pareille dans le monde.

2* Parce qu'il a pratiqué exactement cette doctrine pendant toute sa vie, quoique ^tant

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Diea, il pAl se dispenser de U loi faite poar les homraes.

3* Parce q«e son insocence fui examinée par ses propres ennemis sans qa'ils passent troufer en uii le moind;^ défaut, ce qui, depais que 1p monde est monde, ne s*est jamais va dans un homme méchant , et méchant à l'excès et an dernier degré.

h* On ne vit jamais dans Jésss-Christ le moindre mouvement de passion désordonnée, et cela peadanâ plus de trois ans qu'il fnt exposé a tant d'assaots et dinjnres ; on ne vit jamais en hii de vanité, Aejaeiance, d'o«tentation: jamais de flatterie, de faibUêse, ni de crainte; lanais d'aigreur dans le discourst ni d'embarras dans les réponses , elc.

5* Jamais on ne vit en lui la moindre apparence de mensonge : il parlait franchement ; il n'aimait point à prêcher en secret , an contraire il ordonnait f|n'on prêchât de dessus les tohs pendant le jonr ce qu'il aurait dit dans l'inlérienr des maisons pendant la nuit. Quel est le mentear qni parla jamais de cette sorte ?

6* On ne Inl vit jamais d't ncon^^fuence, de variation ni de contraiietion, caractère trèsessentiel du mensonge.

Donc JéiUt de Nazareth ne peut être pris pour un blofphémateur ni un menteur : 4M>nc c'est avec vmté qu'il se dit le Fils de Dieu ; et, s'il était le Fils de Diea,loutce qu'il nous a révélé est vrai.

De fdns : ce Jésus de Nacareth avait en main un pouvoir supérieur à toute puissance on industrie humaine; et nous devons dire nécessairement, pour beaucoup de raisons , que le Tout-Puissant l'aidait.

1* Parce qu'il n'eut pas le seeours des sciences humaines, puisque il choisit pour apAtres des hommes grossiers, et la plupart absolument ignorants.

2* Parce qu'il n'eut pas la protection des princes, et qu'au contraire il se tint toujours éloigné d'eux.

8î 11 n'eut point le secours des armes ni de la violence; au contraire il persuadait toujours sa doctrine avec douceur et suavité.

4* U n'avait point en sa faveur les pas- «Ions: car sa doctrine, au lieu de les flatter, enseignait à les mortifier et à les réprimer.

5* Pour prouver que sa doctrine venait du ciel, 41 faisait des prodiges qui manifestaient un pouvoir supérieur a la nature; et jamais on n'avait vu un homme sur la terre avec un tel pouvoir.

6* Il donnait aussi à ses disciples le pouvoir de foire des miracles et de guénr les maladies , et cela sans exception aucune.

7* H soumettait et opprimait les démons , et les chassait des malheureux possédés : par conséquent le dénnon ne l'aidait pas dans ces prodiges (1).

(i) On n^a pas donné de réponse pliisconvtmcanie qtie celle de Jésos-Cluist à ses enoenls. Ne ponvaM Dkr les niraelesqiie le Seifiieur fatisait pnbliqnoBaeni, ils avouèrent qa^41s ne pouvaient en douter, MiaM quÛ le faisaieni par la venu de Satan. Jésus- Cnriai lenr répondit : Comment l'enleades-voos ? Si

Donc nous devons dire on que le Tout- Puissant fomentait le pins horrible mensonge et le plus grand blasphème, ou que Jéstis^ Christ ne mentait ni ne blaephémait en diumi qu'il était le véritable Fils de Dieu.

Donc Jéeus de Nazareth disais en cela la vé* rite; et il est en cela le vrai Fils de Dieu,

I>onc nous devons croire ce qu'il a dit, et lui obéir en ce qu'il a ordonné; parce que toute crojanœ et obéissance est due au r ils de Dieu.

Donc tous les mystères qu'il nous enseigne dans f Evangile se aoivent croire sans héutation , qn*iis soient supérieurs ou non- A la raison« parce que le Fils même de Dieu les a annonces, car le vrai Fils de Dieu ne ment pas.

Donc nous devons croire qu'il a fondé son Eglise et qu'il lui a donné un chef visible pour la gouverner; lequel chef est & la place de Jésus-Christ , et nous lui devons obéir comme étant placépar le Fik de Dieu.

Donc puisque TE^Use doit durer jusque A la fin du monde, comme a dit Jésus-Christ, robéissanee au duf visible établi par Jésus- Christ doit aussi durer jusque é la fn du monde.

Donc ce n'est point la sainteté du pape ni son pouvoir temporel qui nous oblige à iui obéir, mais c'est VaiUorité divine de Jésus-- Christ dontfl tient la place ; et par conséquent on ne doit pas (aire attention ï la matière des préceptes de l'Eglise pour régler son obéissance, mais à rautorité divine que Jésus-Christ, Fik de Dieu, a accordée a celui qu'il a choisi pour chef de l'Eglise A sa place. V oilA, baronne, l'épilogue ou le bouquet que vous me demandiez.

Labar. le ne le placerai point A mon cAié, mais dans ma tête, pour qu il me fortifie cou* tre les attaques et les dérisions de ceux qui me défieront sur ma religion. Que me ditesvous actuellement 9 comte? Vos camarades attaquent-ils ainsi.

Le comte. J'ai déjA dit, et je dis encore que je n'avais pas vu ces choses avec les lumières que j*ai actuellement; je réfléchirai A loisir sur ce point : quant A présent je me4lonne pour convaincu.

La bar. Cela étant, allons dtoer; car il ea l'heure. VoilA comme j'aime A disputer; avec des raisons, pacifiquement et posément, et non avec des jeux de mots, des saillies d'esprit et des galanteries qui plaisent, mais qui ne convainquent point.

NEUVIÈME 80IBÉE.

Sur U péché arigind.

La bar. Vous ae sauriez croire, Théodore, combien j'ai sotiflert du brigadier ces joursci que nous é'avons eu A la maison : Â lU^a assommée pur ses plaisanteries ei ses dér» sions sur ma crédulité en tait de relinon. ie vois que dorénavant il nous faudra aller étudier la théologie comme ttasL qui veukiil

Saun m'aidail à laire des prodiges, il ag Ml eaatn lai même, parce que «a doolriae déimii ruuyya do mal. Comineat peut-il donc m*aider A cenfirper par des miraclefi la doctrine qui lenvene soa empire 7

lii!f

DE LA RAISON ET DE LA RELIGIOiN.

îm

être reçiu docleurs, parce q^ tous vtenivent à moi avec leurs argaments» et je ne puis y réponnire.

théod. Ainsi ya le monde» madame ; tous parlent, critiquent et se moquent : c'est la mode. Mais sur quoi vous a-t-on piincipa^ lement attaquée?

La bar Hier ce fut sur le péché originel, dr-saut que c'était une chose indisnedeDieu de châtier les enfants pour le péché do premier père, et que cela ne se voyait que dans la cruauté des hommes. Je sais qii*il désire se rencontrer avec votis, parce qu'il veut vous ouvrir les yeux ; ainsi ne vous relirez pas; il ne saura pas plus lot que vous êtes dansma chambre, qu*il viendra.

Théod. Je ne fuirai point l'occasion. Nous discuterons la matière ; et à la fin on verra quel est celui qui' a les yeux fermés ou ouverts. Je crois que je Tentends venir. Vous élevez la question : moi je ne dois attaquer personne.

Lebrig. Sans 'doute, madame, vous êtes dans une conversation intéressante qui occupe agréablement votre esprit. Mais je vous VOIS un air triste et un peu affligé. Qu*avezvous, madame ? Pourquoi ne vous livrez-vous

Joint aux doux passe-temps qui convienneni votre âge, â voire beauté et à votre aimable caractère? Jouissez, madame, du beau printemps de la jeunesse, et laissez les Irisâtes soucis à d'autres membres de la société destinés aux pensées mélancoliques. Ne ju^ gez-vous pas que j'ai raison?

La bar. Nous autres qui soupirons dans cette vallée de larmes en punition du péché d'Adam, noqs n'avons point d'âge où nous ne subissions la peine de rioiriedisgrace.

Le bria. Désabusez-vous, maJame, de ces fables Cléricales' par lesquelles votre curé remplitvotreameae mélancolie. Groyez*vous, Théodore, quér ce soit une chose digne de la clémence d'un Etre infiniment bon, de punir Cous les hommes pour ce que fit Adam; de nous faire mener une vie misérable, et même de nous destiner pour ce péché à la peiue éternelle, et de nous priver^du ciel? Puisque vous avez taiat d'autorité sur renfefndèmént de la baronne, Ateie-4uî ces idées lugubres qui ne s'atcordeUt point avec la saine raison.

La bar. Je serai bien aise que vous discouriez sur ce point avec Théodore , parce qu'il saura tous répondre mieux que moi; et ainsi je m'instruirai. Dites ici, Théodore, à M. le brigadier ce que m^avez dit autrefois quand j'avais la consolation dé vous avoir pour maître.

Théod. L'idée que je me suis formée de M. le brigadier fait que je me réjouis de la rencontre, parce que sa sagacité pourra découvrir les défauts oe mon opinion quels qu'ils soient : ainsi, monsieur, je vous sup^ plie de me dire avee franchise ce en quoi je vous pa^ahrai condamnable : je vous écouterai avec plaisir. Hais raisonhôns, mon ami, dé sang froid, et sans celte aigreur que chacun met souvent à soutenir sa proposition quelle qu'elle soit. Je vais exposer franchement ma

CaTÉCU. PuiLOS. I.

façon de penser, et je le ferai par partie, afiu que vous, brigadier, vous la suiviez en détail. Mais je vous demande votre parole d'honneur que vous ne • me marchanderez point un ùm toutes les fois que votre enten-^ dément vous dira que j'ai raison.

Lt brig. Vous parlez d'une manière, et vous prenez un ton que je n'ai jamais vu dans les disputes; je vous donne ma parole que je me conduirai de même.

Lo bar. Le défi est accepté : jfe sUis établie juge, allons au combat.

Théod. Diriez-vous, monsieur, par hasard, que Dieu était obligé d'accorder à l'homme les dons surnaturels qu'il lui donne par sa sfuie bonté? Mais le nom de surnaturels suffit pour prouver qu'ils sont supérieurs à ia nature humaine, et par conséquent qu'ils né lui sont pas dos.

Le bng. En cela votis avez raison et plus que raison,

Théod. Donc l'homme, considéré quant à sa nature setde, n'a aucun titre pour exigçr que Dieu lui accorde aucun don surnaturel, et beaucoup moins la félicité éternelle, qui est le premier 6t le principal; car il consiste dans la vue éternelle de la Divinité, et est une espèce de transformation en Dieu, A la manière dont le fer pénétré par le feu parait transformé en feu. Ce qui se doit â la nature de l'homme, c'est la connaissance de Dieu suivant la portée de la raison naturelle. Per* mettez que ie m'explique.

Les théologiens distinguent trois états : celui de pure nature . celui de la nature en son intégrité, et celui de la nature corrompue. L'homme considéré dans l'état de pure nature ne peut avoir droit à rien de supérieur à sa nature. Dans l'état de la nature en son inté-grité, dans lequel Adam fut créé, la promesse que Dieu lui fit du bonheur éternel ne fut point absolue, mais elle fut dépendante de son obéissance et de ses mérites , au défaut desquels Dieu n'aurait point fait injustice an premier homme en le précipitant dans l'enfer, comme il fit à l'égard des anges pécheurs. Par la faute d'Adam, lui et ses enfants restèrent dans l'état de la no^ure corrompue^ dans lequel nous naissons tous. Dans cet état la porte du ciel se ferma pour tout le genre humain. Jésus-Christ conquit' le ciel par sa mort; ainsi lut seul elses enfants, qui sont ceux qui sont baptisés, ont droit au ciel. C'est pour cela que le Seigneur a dit qu'il est /a por/e, et celui qui se sauvera ne doit entrer que par lui. Cela est pour vous, ba^ ronne; et vous, brigadier, y trouvez-vous quelque chose à redire?

I^ brig», Non, je m'en rapporte â ce que vous dites. Je ne prends pas intérêt à cette métaphysique : continuez;

Théod. Dieu créa Adany ; et, supposé ce que vous m'avez accondé, il n'était point obligé à le destiner peur le ciel ni pour sa vision intuitive , en le considérant dans la pure nature d'homme ; et par conséquent il ne lui en fit'la pvomesse que dans le cas oà il obéirait, et observerait le précepte qu'il devait lui imposer.

{Trente-six.)

IlARMONIt:

HtS

7x brig. Après ; 'e conviens de cela. Allons à \n question.

Théod. Celai r|D ne rcut point faire de faux pas va peu à peu et avec attention, comme moi actuoUemenl/ Dans cette supposition, quand Adam pécha,, il resta privé du bonheur queDieului avaitprômis conditionncUement ; et Dieu en outre le priva de beaucoup de choses qa*il lui avait accordées, dont Tune était le domaine sur les autres créatures : il fut condamné à la mort, aux peines et aux misères de la vie, qu'il ne ressentit point avant d'avoir péché.

Lt brig. Il était bien juste qu'il fut puni; mais quelle faute ont commise ses enfants? expliquez-moi cela, tout le reste ne sert de rien ; quelle faute ont commise ses enfants?

Théod. Alors il n*avait point encore d*enfants.Le premier, qui fut CaYn, naquilquand ses pères étaient déjà hors du paradis, et sous la malédiction de Dieu : ainsi les enfants d*Adam n'avaient de droit qu'à son exil et au fruit de ses ^curs, à rien de plus. Supposez, brigadier, qu*un souverain par inclination pour un jeune homme, Tait attaché à sa personne , lui ait confié ses secrets et Tait chargé d'une entreprise avec promesse de le faire duc s'il se comportait avec râleur et fidélité; mais que le favori ait commis des actions si basses que pour Ten punir le prince l'ait exilé à l'Ile Bourbon •tt envoyé aux galères ; auelàle malheureux ae seit marié et ait eu des enfants à qui il contait dans sa vieillesse les égarements de sa^euaesse et •comment il perdit par sa faute r^vantagede se voir alors duc et ses enfants nobles et grands. Dans ce cas les enfants auraient pu se lamenter de leur malheur et de U folie de leur père; mais ils n'auraient pas eu raison de ae plaindre de ce souverain, ni de l'appeler injuste et cruel parce qu1l ne les faisait pas uobles. Je crois que vous conveaei de cela tous les deux. Or la même chose est arrivée aux enfants d'Adam : quand il§ naauirent, déjà leur père était coupable et puni. Nous pouvons nous lamenter de notre malheureux sort et du désordre d'Adam; mais d'aucune manière nous ne pouvons nous plaindre de Dieu.

La bar. Brigadier, que me dites-vous de Targument ?

Théod. Avec yotre permission, madame, je u'ai point fini encore. Si le roi ordonnait de couper un bras aux enfants de ce misérable favori, ou de leur arracher les yeux, il serait injuste, parce que les bras et les yeux sont dus à l'humanité, et que ces biens ne venant point du roi, mais de la nature, le souverain ne devait point en priver ceux qui n'avaient point commis un délit personnel. Hais quant aux biens qui viennent seulement des libéralités du souverain, et qui jamais ne furent ceux de la nature, comme sont les choses de luxe, les bijoux, les honneurs, les titres, etc., il pouvait les refuser aux enfants qui devaient naître, sans la moindre injustice ni cntauté.

Ln bar. C'est actuellement, Théodore, c'est acturlleiuent que je forme une idée claire de

ce point. Car, quoique je le crusse comme catholique, je ne le connaissais pas avec la clarté que je le connais à présent.

Théod- Tout consiste en ce que le bonheur du ciel n'est pas un bien qui appartienne à Thumanilé; et que nous n'y avons qu'un droit fondé sur le titre d'enfants do Dieu et d'héritiers de Jésus-Christ. Celui qui n'a point cet honneur n'a aucun droit an royaume des cieux, qui ne peut s'obtenir qu'à ce titre. Or ce titre s'acquiert dans le baptême pour ceux qui le l'eçoivent, et celui qui n'est pas baptisé n'a aucun droit.

Le brig. Quant au bonheur du ciel, Théo^ dore, c'est fort bien. Mais la mort, les maladies et les peines de la vie sont des châtiments dont Dieu afflige les enfants d'Adam, qui n'ont point eu de part dans le délit que commit leur père beaucoup auparavant qu'ils naquissent : cela parait dur (i),

Théod. Je vais vous réponcire. Ne vous effrayez pas, baronne, j'ai remarqué en vous un certain air de -surprise : tranquillisezvous ; j'ai bien médité la question. La mort, les douleurs et les malheurs sont les effets de la constitution naturelle du corps humain ; ils ne sont châtiments du péché que dans un certain sens que voici : en ce sens que si Adam n'eût point péché Dieu l'aurait fait immortel ; et alors ses enfants seraient nés de pères qui auraient eu la na'ure humaine enrichie de la qualité de Vimmortaiité. Si dans ce cas Dieu eût donné la mort ou les maladies aux enfants d'Adam , ils auraient peut-être pu se plaindre. Hais quand ils naquirent ils reçurent d'Adam la nature humaine privée de la qualité de Vimmortaiité, et une constitution qui est simplement celle d'une nature emportant avec elle les maladies, la fatigue et la mort.

Suivez mon raisonnement; toute machine qui travaille s'u^e : toutes les pièces en s'usant s'aiTaiblissent, en s'affaiblissant elles se rompent, en se rompant elles manquent : ce

Îui fait que toute la machine se détraque, ela a lieu dans tous les ouvrages de l'art, et également dans ceux de la nature : nous

(1) Tous les philosopiies de raniiqalé qui coiiiin* rem une première cause , remarquéreni Péuii de déçradalioD où ils voyaient la plus sublime des crealures visibles ; et comme ils ignoraient le prîti-' cipe du désordre des passions et des peines que l'homme avait è souffrir, ils disaient eue la nature, mère des autres animaux, avait été marâtre de l'homme, liais là où ne pouvait atteindre la rai<;oii est entrée la révélation du péciië de nos premiers pèr^-s ; ct« ce mystère découvert, tout s^cclatrcit. Se (iéch'atnant contre ce dogme, les impies nou^ diseni : N'était-il pas an pouvoir de Dieu dem;:.ècfaer le péché? Pourquoi donc Ta-tit permis? Bel argiimeist pour demander compte aux hommes ; mats argument ridicule pour entrer en compte avec Dîen « parce que la raison humaine est incapable de oon * naître les fins suprêmes de la nison divine. Goavaincus des bornes étroites de leur intcUigr^nce , les esprits dociles à Dieu se souroettenl paisiblement, dans la pensée de la gloire inâuie que procure à Dieu le remède du péché originel : parce que ce Dieu qu*a<Ioraicnt seulement des créatures s*^ vu adnré, depuis le mystère de rincamation, par lui homme- Dieu.

iiSl:)

DE LA RAISON ET DE LA RELIGION

iro

le voyons dans les arbres, qui n*ont point péché, nous le voyons dans les uninéraut, nous le voyons jusque dans les bétes. Tout ce qui est dans la nature a un certain mdiivement qui par sa continuité finit par causer de l'altération, de la variation, et enfin delà destruction. Si Adam eût été fidèle. Dieu Tauraii exempté de toutes ces misères ; mais, n'ayant point été fidè!e« il ne lui conserva point cette faveur surnaturelle; et supposé que les enfants aient hérité de lui une nature ruinée, ils ne peuvent se plaindre à Dieu de ce qu'il ne l'a point donnée meilleure. Un cheval sorti de sa race, pourra-t-il se plaindre de ce qu'il n'est point né homme? Un insecte pourra-t-il se plaindre de ce qu'il n'est Ï>oint né avec une nature plus noble, ou un ézard de ce qu'il n'a point la nature d'un aigle? Chaque animal n'a droit qu'à la nature et aux qualités qu'ont eues ses pères ; parce que c'est dans Tétre que les pères donnent aux enfants que se fonde tout le droit que cpux-ci peuvent avoir aux bonnes ou mauvaises qualités de leurs pères. Donc si, lors de la naissance des enfants d'Adam, la nature humaine était déjà détériorée et corrompue en lui, ses enfants n'avaient pas droit à autre chose.

Le brig. Ce fut vraiment un châtiment pour Adam que de manger son pain à la sueur de son front.

• Théod. Oui, ce fut un châtiment pour lui, parce qu'il commit personnellement un délit, avant lequel il n'était point dans cette nécessite, et sans lequel il n'y aurait jamais été ; mais pour nous, ses enfants, cette même nécessité est une conséquence de la nature corrompue que nous avons héritée de nos pères.

Vous ne pouvez me nier que les enfants qui sont nés de pères dont le tempérament est perdu par le vice n'ont pas ordinairement une santé robuste, parce que le tempérament des enfants est une continuation ou ramification de celui des pères ; et le tronc vicié ne donne point de branches saines. C'est pour cela que les enfants d'Adam se voient dans la nécessité de se procurer les aliments l)ar le travail; du travail naît la lassitude, la lassitude épuise , Tépuisement engendre la foiblesse, la faiblesse les maladies, et cellesci la mort.

La bar. Comment expliquez-vous la révolte que nous sentons au dedans de nous-mêmes, et la difficulté que nous a'ons à dompter les passions?

Théod, Si Adam f^erdit par son péché cet empire pacifique qu'il avait sur toutes ses passions, sujettes auparavant à la raison, déjà les passions s'étaient révoltées quand ses enfants naquirent ; et par cette raison le désordre parut bientôt dans ses enfants , comme on le vit dans CaYn; et en ce sens, non seulement les maladies et la mort, mais aussi la révolte des passions, sont l'effet du p^hé, et en quelque façon le châtiment de celui qu'Adam commit, et duquel nous participons nous autres. Que diriez-vous de celui qui se plaindrait de n'avoir pas deux

gorgrs pour conserver la vie quand il aurait une esquinancie, ou de celui qui s'affligerail« ou accuserait Dieu d'injustice , pour ne lui avoir point donné des yeux par derrière, afin de se défendre de ses ennemis? Vous vous moqueriez de pareilles plaintes. Nous dirons donc la même chose de celui qui voudra ac-cuser Dieu des malheurs de la vie; puisque nous avons droit seulement à une nature semblable à celle de nos pères, dans l'état où la leiir se trouvait quand ils nous ont donné relie.

La bar. Une grande partie des peines de la vie provient de notre liberté, et de ce que chacun préfère sa commodité à celle d'autrui, ce qui rend le joug terrible ; car chacun tirant de son c6té, nous agissons les uns contre les autres, et plus nos passions sont vives, plus Test aussi la guerre que nous nous faisons pour elles.

Le brig. Vous avez expliqué cela fort bien à votre manière ; mais moi j'ai de la peine à croire que les enfants ^ui meurent sans baptême restent pour toujours privés de la vue de Dieu.

Théod. Ne venez-vous pas de m'accorder que cette vue distincte de Dieu n'a jamais été due à la pure nature humaine? Ne venezvous point d*accorder qu'elle est due seulement au titre d'enfants de Jésus-Christ, etque ce n'est que par le baptême que Thomme peut devenir enfant de rhomme-Dieu?Pour-

3uoi vous étonnez-vous donc qu'on ne lui onne point une chose qui ne lui est due à aucun titre? Supposons que le mystère ineffable de notre rédemption n'ait pomt été opéré : CaYn fut homicide, Abel fut juste ; et aucun des deux n'irait au ciel après sa mort, parce qu'aucun n'était fils deDieu. Hais CaYn serait tourmenté, et Abel non. Je dis la même chose des enfants qui meurent sans baptême : ils ne voient point Dieii» et n'ont point droit de le voir ; ils ont le même droit qu'a une pierre pour qu'on la placeau chapiteau d'une tour. Les adultes qui, comme Caïn, ont commis des péchés personnels, non seulement ne verront pas Dieu, mais seront punis à proportion de leurs délits. Vous voyez , mon ami, que la doctrine catholique sur le péché originel n'a rien de dur, d'injuste ni de cruel.

Le brig. Ce n'est point une dureté d'envoyer tant de milliers d'innocents en enfer, et de les tourmenter par le feu et la peine éternelle , uniquement parce qu'ils n'ont point eu le bonheur de recevoir le baptême? Ce doçme de votre reliffion est extrêmement délicat, et il me paraît indigne de la bonté divine.

TMod. Qui vous a dit que c'est un dogme de notre religion, que les enfants qui meurent sans le baptême seront éternellement tourmentés? Ici, mon ami^ nous ne soute nous pas des opinions controversées en théologie : nous défendons ce qui est dogme décidé par l'Eglise, comme article de foi.

Le brig. Je suis d'accord ; mais vous enseignez, comme dogme et article de foi, que les enfants qui meurent sans baptême sont pri-

'^-ll

IIARMOTÎIE

Tét pour toujours d« U- vu0 do Dieu, d vont ^nenrer, pour y être tourmentés par le feu élemeL Non, moii ami Théodore, non ; ?0tt3 M poiiT9f sorXir de cet embarras.

fhéod. Nous allons le voir:* Faites-moi le

K' tfsir» baronne, d*en?oyer chercher dans Yo* cabinet le Catéchisme dans lequel votre tawrTicloire repassait ces jours-ci la doc-* Irino chréUeane.

£a bar. C t^L le Catéchisme de Montpellier. Qae prétende!- vous y trouver pour le cas

pféseni?

Uiéod. Je veuit qup M. le brigadier yoie qo*il nous impute comme arlicle de foi ce qui ne Test pas : qu*on apporte le tome kt qui Iratte des sacrements. Cherchez ,. ma-« dame , à Tarticle Baptême, ce qui est dit des enfants qui^meurent sans le recevoir.

Le brig. Que ce n'est pas un dogme de foi î je croyais que si. Donc ils vont au ciel, comme les autres qui ont reçu le baptême f Théodore, comment cela se fait- il î C'est l'un ou l'autre : tirei-moi de cette con-» fusion.

Tkéod. lion ami, lesdeun peines ou châtiments que souffrent dans Tenfer les roalheureaxt sont. des choses bien différentes. L'une se nomme la ftine du dam» et elle consiste dans la privalion.de la vue de Die\i, à.ne

Gint aller an ciel, et à ne point jouir du^ nbeur que procure la y«e de Oien, ni de la coiUpagaie des anses. L'autre est la peine du sens, qui consiste dans les tourments qu'on

t souffre. Que les enfants, oui meurent sans, iptème ne Yont point au ciel, qu'ils ne Yoicii t poiat:Dieilf qu'ils^ ne jouissent d'aucune des. félicités qu'on y goûte, c'est certain, c'est de foi, cest un dogme que Jésus^-Christ nous a enseif^ expressément quand il a dit : Celui gui ne renaUra point par l'eau et le Saint^Es-

Brii ne peut entrer dan$ le royaume deêeieux: isi qnis r^iatus fuerit ex aqua, etc. (Joan. c. S, «. 5). L'Eglise entend câa du baptême ; mais qu'ils soient tourmentés, l'Eglise ne l'a point décidé. Saint Augustin, avec plusieurs saints pères, dit que oui ; saint Thomas» avec beaucoup de docteurs et de* théologiens, dit que non.

La bar. Voici le Catéchisme, brigadier, afin que yous Yoyiez que Théodore n en impose pas. Lisez Yous^méme (par(. 3, sec 1. 1, ck. 2, S 3).

Le brig. « Demande «* Les enfants qui meurent sans baptême son t-ib àamxïkBJ Réponse : Ils sont séparés de Dieu éternellement^ ce qui est la plus grande • peine des damnés ; mais l'Eglise n'a point décidé ou'ils souffrent la peine du feu dans l'enfer. L Ecriture ne le^ dit pas eipressément. La tradition n'est point clnire sur ce point, et let tbéologiiens sont divisés sur cette 4|ue8tioH. » •

Thiod. C'est assex : Yousavez vu que ce n*est point un degne, mais une opinion controversée entre les théologîene»

Le brig. Je vois que c'est un point con* traversé entre yous autres. QueUe est Yotre opinion* Théodore?

Théod. Je vénère infiniment S. Augustin , comme faisait S. ThomaSi que quelques-uns

appellenlpour cclàh.petif ^uaui^tn. Cepcn? dant j'aime mieux irôpinion de S. Thomas, et c'est la. plus commune; il pense que ces enfants sont dans les limbes^ sans peine ni

Eloire* Après la conférence je vous dirai » aronne, les raisons pour lesquelles j'aime mieu^ cette opinion , sans mépriser l'autre ; pour le moment il nous suffit de savoir qu'il est constant que l'Eglise n'a rien décidé A cet égard et qu'elle ne nous ordonne point de croire que les enfants morts sans baptême soient tourmentés ou non. Elle dit seulement qu'ils restent privés du ciel, parce qu'ils ne sont point enfants de Jésus-Christ, et que,, n'étant point ses enfants, ils ne sont point SCS héritiers.

Le brig. Actuellement je l'entends.

La bar. 11 s'ensuit donc clairement^ coonno Théodore l'a prétendu , que la doctrine de TEglise sur le péché originel- n'a rien de dur ni de cruel, et qu'elle n'est pas contre la saine raison. Rappelez-vous, brigadier^ que vous aYoz .donné votre parole d'honneur de ne point dissimuler ce que l'entendement vous dicterait.

Le bri^. C'est vrai, et par. ce mo^n vous m'avez lié les mains; sans cette précaution» avec quatre plaisanteries et deux ricanneries j'aurais empêché de conduire la discussion jusque au bout.

La bar^ Quoi 1 est-ce ainsi qu'on en agit » et en matiâ'e de si grande importanee 1

Le brig. Nous ne sommes pas dsats un.

temos où l'on s'arrête à. des serufi^ules^

Théod. Mais je ne regarde pas encore I;i question comme éclairée. autan(»qiioje désireraist.

Le brio. Eh bien 1 dites tout : actuellement je YOUS écoute avec intérêti

Théod* Jusque ici j'ai pronvésenlement qne la doctrine du pèche originel neeontîeotrien contre la saine raison. Actuellement je Yeux plus : je vais prouver que la saine raison aide à nous persuader Texistence du piéchè originel qui a dégradé notre nature dans notre premier père.

Le brig. Erie mihi magnus ApoUo;^ si< yous Y réussissez. Théodore, je vous embiasserai bien étroitement.

Théod. J'accepte comme je dois tonte expression de votre amitié. Cependant jer ne YOUS promets pas une démonstration^ mais seulement une preuve bien dasreet bkn> convaincante.

La bar. Moi aussi je serai très receonnis* santé.

Viéod. Tout ce que Dieu a fait hors de rbomme est. très-parfait en son genre. Car la perfection d'une chose consiste â être bien disposée poor lesfins auxquelles eMè est destinée. De là nous jugeons la perfection des ouvrages de la nature i Je disqju'ils sont tous

KrfaiiS chacun dans leur gebre, exc^é tomme. Quelle déltcatesse, quelle sagesse » Înel admirable mécanisme dans les organes e toute espèce de plantes 1 que tout y est bien disposé et ordonné pour la nutrition et la production des fleurs et des firoits 1 les racines reçoivent la sève , c'est là que bientôt

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