DE LA RAISON ET
elle se travaille et s'élabore ; les fibres intérieures da tronc la font monter jusque aux plus petites extrémités des branches, malgré sa gravitation naturelle, en suivant la loi des tubes capillairçs. Il y a différents réservoirs horizontaux qui contiennent certains sucs «jui doivent fermenter avec la sève, la cuire, 1 altérer et la préparer pour la nutrition ; dans récorce il y a d'autres vaisseaux à des- 6ein:pottr que la sève redescende aux racines afin a'^établir sa circulation dans le corps de la pTànte, comme le sang circule dans un corps animé. Les trachées, qui correspondent à nos poumons et sont les organes de la respiration, ont une structure admirable, étant lormées toutes d'une seule fibre tournée en spirale comme une ficelle autour du doigt , pour que la trachée s'allonge et se replie alternativement , comme c'est nécessaire i la respiration des plantes.
La bar. El que me dites-vous des insectes?
Théod. A mes yeux les insectes sont les diamants dans la collection des ouvrages de la nature ; elle brille beaucoup plus dans ces petits animaux terrestres que dans le soleil et la beauté des astres, ie vois dans les cieux lin magnifique miroir de la grandeur de Dieu ; mais dans les insectes je vois celui de sa sagesse* de sa providence et de toute son ÎQCompréheniabililé. 11 n'est poipt de philosophe, digne d'en porterie nom, dont Timagination frappée de leur mécanisme , de leur industrie et de leur propagation, ne se sente abîmée dans la profondeur des merveilles de Dieu, et ne s'y perde avec plaisir.
Quelle adresse dans le choix des moyens pour parvenir à leurs fins I quelles mesures! q^uelles proportions! quelle constance et quelle uniformité! qui a enseigné la géométrie aux abeilles? Tous les mathématiciens réunis ne pourraient leur fournir un modèle pour former leurs rayons mieux qu'elles ne le font, avec plus d'utilité ni plus d'économie? qui gouverne les araignées, dans leurs six espèces, pour former le tissu de leurs toiles ou filets avec cet art si propre à chasser aux insectes qui passent en volant? On ne peut rien changer dans les ouvrages de la nature sans qu'ils n'en soient moins bons ; quoi que ce soil que les hommes y ajoutent ou y retranchent les rend imparfaits. Qu'ils sont beaux les arbres abandonnés à euxmêmes, dont les branches croissent avec liberté et s'étendent pompeusement de tous côtés, et se courbent avec grâce vers le tronc; qu'ils sont bien plus beaux que ceux à qui la main de l'homme, prétendant corriger la na* turc, fait subir mille transformations qui les défigurent, etc.
£e brig. Les jardiniers modernes v<his donnent raison en cria : ils s'inclinent ati gaât anglais et cherchent dans la formation de leurs jardins à imiter parfaitement Tirrégolarité réclée de la nature. Mais continuez.
Théoal Le contraire arrive dans l'homme. Quoiqu'il soit sans contredit la créature la plus noble que Dieu ait faite et que, malgré sa disgrâce, tout manifeste encore qu'il a été (ail pour é(re le maître des antres , quelles