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nfc La aaison bt de la RËLicroA.
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des cièux unâ idée inQniment plas j^ànde et plus parfaite (}tie celle qae j*en avais.
La bar. Yofet, mon frère , combien elle est étonnante la maison visible de Dieu ; car, pour illuminer seulement ce très-vaste logement de son palais qu*il a dessous ses pieds, il 7 a plate tailt de millions de lampes , dont chacune est comme le soleil. O qu'il sera gfand le matti^ d*un tel palais?
Le ckèv. Céï/L parait une chose Incroyable.
La bar. Mais elle ne Test pas, et elle nous donne une idée sublime du souverain Seigneur qui habite le ciel.
Le ehev. Vous avez raison ; poursuivez , Théodore.
thiod. Actuellement voici une question disne d'un philosophe. Pour qui le Créateur a-i-il fait tout cela ? L'aura-til fait sans aucune fin?
. Le ehev. Celte question est injurieuse à i)ieu.
La bar. Ce sera peut-être potir la récréation des anges.
Le ehev. Quelle folie , ma sœur 1 Tout le monde sait <{ue les anges n*ont poitit d'yeux corporels qui se récréent de la lumière et des objets visibles. Offrir ce superbe spectacle aux an^cs , c'était la même chose que de montrer a une muraille une peinture de Raphaël ; ainsi , baronne , Dieu n'a point fait {lour les anges la belle et brillante arcbitectut'e des espacés et dés corps célestes.
La bar. Vous me regardez , chevalier t moi aussi je vous regarde ; et nous sommes inuets I Répondez donc A la question de Théodore?
Le ehev. Il est clair que Théodore conduit notre entendement de manière à l'amener toujours à son but. Non, non, ce ne sont pas les anges que Dieu a voulu récréer quand il a imaginé et exécuté cette admirable fabrique des deux que nous voyons de nos yeux, et que^ même en la voyant, nous ne pouvons assez comprendre et ad« mirer.
Théod. Donc c'a été pour la seule récréation de l'homme, car les bêtes ne peuvent se récréer dans les astres du ciel, parce qu'elle» regardent toujours la terre ; donc, mes amis, vous devez avoner que tout ce qpe ie vous ai dit et que vous voyez , Dieu ne Va tait que
{^our récréer les yeux et l'entendement de 'homme.
La bar. Combien l'homme doit à Dieul
Le ehev. Je n'ai jamais rien entendu qvi ne confonde et me convainque davantage.
^ lY • — Du respect aue Vhomme doit 4 DieUg
en voyant ce que ce Créateur a fait dan$ le
eiel pour Vhomme seul.
Théodore. Suivons et avançons le raisonnement. Il est donc impossible au'en mani-festant une si pande puissance dans la mer* veilleuse fabnqoedes cieux, Dieu ne se soit proposé aucune fin , puisque rien ne ré«
fmgnerait plus à sa suprême sagesse. D'ailours, l'homme paraît être la seule créature que Dieu ait eue en vue , dans la création de ce beau ciel ; mais peut-être n'a-t-il eu d'autre but que de flatter* la vue de l'homme , et
de divertir §an entendement , en donnent à ses yeux un spectacle aussi brillant que ma* jestueux , et a son esprit le champ lé plus vaste pour promener sa pensée et exercer sa méditation , sans lui imposer dti re^te aucune espèce de devoir et d'obligation?
Le ehev. Cette fin serait anssi vile que rhomme à qui elle âé dirigerait principalement , et ce île serait pas une fin digne de l'Être suprême.
Théod. VoM dites bien: sans doif(è« en déployant tant de magnificenfce et de dignité» Dieu se proposa une fin plu9 ÈùhUe.
La bar. Quelle fut-elle ? car cerlainenient il pensait à nous.
Théod. Je vouff le dirai, téi grands^ seigneurs de la terre, les sonverams surtout ont coutume de bAtir pour leur habiialion de magnifiques et somptueux palais i é(mi Tensemble , composé de portiques ^ de cours, de colonnes, de statues, d'obélisques, do tours , etc.| inspire au peuple qui leur est soumis une haute idée de leur grandeur. Ce n'est point de leur part une puérile et oiseuse vanité : c'est nécessaire pour maintenir les sujets dans l'obéissance et le respect; et rien ne les y porto plus que la magnificence dont le» souverains s'entourent. J'en dis autant actuellement par rapport à Dieu et à nous ; mfais je von» prie de me laisser philosopher un peu svtr eette ma** tière.
La bar. Diecourez tant que vous voudrez ; nous vous écouterons avec plaisir ; n'omettez aucune réflexion.
Théod. Le cœur de l'homme est naturelle* ment fier, soit parce que Dieu l'a créé supérieur à toutes les créatures corporelles , en lui donnant les qualités qu'il a refusées aux autres , soit pour certains motifs qui ne sont pas du ressort de la philosophie, il lui en coûte beaucoup de s'humilier et de s'abaisser; il sent une grande répugnance à courber la tête; mais étant un être créé, il est nécessaire qu'il se tienne avec soumission dans la dépendance, et Dieu, pour qu'il obéisse sans répugnance , lui met devant les yeux cette magnificence du palat» céleste si merveilleuse que, quelle que soit sa fierté, il se voie toujours très-inférieur, et reconnaisse combien il est vil^ petit et nul à la vue de son Créateur.
La bar. Si par la beauté des palais terrestres nous nous formons Tidée de la dignité de ceux qvi les habitent, cher chevalier, Dieu pouvait-il mieux nous faire concevoir sa grandeur ineffable qu'en développant à nos regards l'immense richesse des cieux, telle que vient de nous la démontrer notre maître.
Le ehev. J'avoue que , par un effet de la bonne éducation que nous ont donnée noa •pères et de la religion que j'ai toujours pro^ fessée^ je n»'étais formé de Dieu une idée pleine de respect, mais pas aussi grande qu'actuellement. '.
La bar. J'avoue la même ehese*
Théod. Ainsi , à l'idée de la poeupe et de lu magnificence incompréhfensiblfi de ce céle^tis
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HARMCmifi
palais, 8é rattache celle de la grandear de celui qui Ta formé pour sa demeure ; et il 8*ensQit que, lorsque le Seigneur plaça Tbomme sur la lerre , avec des yeux pour regarder le ciel V et un entendement pour raisonner sur ce qu'il voyait , il lui disait en quelque façon e Vois et considère mon palais, pour èonnattre , de la fnaniire qui t*est possible , qm je suis , puisque tu ne peux me voir comme je suis. Telle fut , mes amis , à ce qu*il me semble, la fin que Dieu se proposa dans un si grand et si bel ouvrage : <)u*en pensez-vous?
La bar. Il ne peut y avoir de raisonnement plus naturel, plus juste, ni plus digne de Dieu.
Le chet. C*est un raisonnement qui agrandit, qui ennoblit toutes les conceptions humaines par rapport à Dieu.
thévd. Ajoutez, chevalier, qu il leur donne un but utile et nécessaire, celui de nous porter à honorer et à respecter Dieu en raison de sa grandeur et de sa puissance. Car qui n'en concluera point avec nous qu'il serait horrible que l'homme , ce ver de terre oui ne peut rien , osAt résister aux ordres de l'Être suprême, et lui refuser l'humble hommage de la plus entière obéissance. C'est ainsi qu'en frappant et éclairant notre entendement. Dieu parie à notre cœur, et le soumet sans violence A sa volonté.
Le ehev. Je vois avec admiration , Théodore , la manière dont Dieu attire notre volonté A la parfaite obéissance , sans toucher, même légèrement, aux droits et A la noblesse de notre libre arbitre : ou'ii est digne de lui de nous porter, san» violence et par la persuasion seule, A l'obéissance et an respect 1 O baronne, quelles réflexions si belles, si utiles et si vraies 1
La bar. Plus notre entendement s'élève par l'idée de la grandeur de Dieu et de son immense pouvoir, plus aussi nous nous trou- ▼oos petits en sa présence , et plus nous connaissons que la fierté est déraisonnable et insensée.
Théod. Puis donc que vous entrez , chevalier, si facilement dans mes pensées, et que TOUS êtes si bien disposé A goûter mes mstructions , je ne yeux rien vous cacher de tout ce que j'ai dans l'esprit ; vous pourrez en avoir besoin.
Le chev. CertainemenI, parce que j'ai souvent A lutter contre des impies , et il convient que je sois bien armé, pour n'être pas vaincu.
Tnéod. Nous avons parlé de la fin qu'a eue le Créateur ouand il a formé cet ou- ▼rage admirable des deux : il a voulu nous faire concevoir une idée de sa grandeur et de sa puissance , afin que , sans préjudice de noti'e libre arbitre , nous fussions comme forcés de lui rendre Thommage d'une parfaite obéissance ; mais tout n'est pas dil.
La bar. Dites-nous pour quelle raison de plus , puisq[ue le choTalier vous l'a demandé, H que moi je n'en suis pas indigne.
Ihéod. La grande fin des couvres de Dieu n'est pas seulement de recevoir de ses créatnres des louanges , du respect et de la souinission : son but, suivant ma philosophie , n'est pas de recevoir , mais de donner. 11 ne
me parait point digne de la bonté de Dieu de faire des œuvres grandes et éclatantes à cette fin seule de recevoir de ses créatures. La mer se montrerait bien pauvre si elle se mettait en peine que les fontaines y allassent verser les eaux qui du haut des montagnes s'avancent au milieu des cailloux et des pierres, jusque A ce qu'elles se jettent dans son sein. La gloire de la bonté infinie est de donner. Le Créateur voulant donc rendre l'homipe heureux , et avoir Un motif de le faire pour le bien moral et la gloire de l'homme lui-même , dispose qu'il se soumette i lui et lui obéisse , cour décharger sur Thomme (permettez-moi cette expression] cette immense bonté dont les trésors et les richesses inépuisables étaient comme accumulées , pour ainsi dire , par défaut de créatures A qui les communiquer. C'est pour cela qu'il fit l'homme libre , pour qu'il pAl mériter ; qu'il lui montra combien son Créateur est grand et puissant, pour qu'il n'eût point dé peine A exécuter ses volontés , et qu'il prépara des récompenses inexprimables à celle docilité. Actuellement vous voyez comment la dernière fin de la merveilleuse machine des cieux vient, par surabondance, servir à notre félicité.
La bar. Ahl Théodore, quel respect nous devons A Dieu; et non seulement quel respect, mais quel confiance, quel amour !
Le chev. Quelle confusion est la ndtre! Quelle folie et quelle rusticité toutes les fois que nous levons les yeux au ciel étoUé, et que notre réflexion ne va pas au-delà de sa brillante beauté 1
La bar. Il y a déjA longtemps que je ne me contentais pas de cela, parce qu'instruite
f>ar Théodore , je m'appliquais A connaître es planètes, A exammer leurs mouvements, etc. Mais actuellement ma satisfaction sera bien différente , quand dans les nuits sereines je lirai dans ce livre bleu, où Dieu , en caractères étincelants , m*écrit quelle est sa grandeur , sa puissance , sa gloire et sa bienfaisance ; j'y lirai qu'il a droit A mes adorations, i mon obéissance et A mon dévouement; j'y lirai enfin que le butdeses bienfaits est de me rendre heureux , et d'encourager mes hommages par une esa uisse de ses récompenses* C'est assez, Théodore , sur ce point ; mon attention se faille. Permettez que j'aille voir ma mère , qui a besoin de mot : je ne m'arrêterai pas longtemps.
S y. — ï)es obligations de Vhomme envers Dieu^ pour ce f ue Dieu a fait sur la terre seulement pour Vhomme.
La baronne. Ëxcusez-moi si j'ai tardé ; c'a été contre ma volonté. Continuez , Théodore. Thiod. DéjA nous avons pesé, madame, les obligations une nous avons A Dieu, pour ce Qu'il a fait dans les cieux seulement pour 1 homme; vous et le chevalier, tous ea êtes restés dans l'admiration. Nfais un entende^ ment qui réfléchit n'admire pàsnioins ce qae Dieu a fai t sur ce globe que nous habitons , seolement pour notre commodité et notre récréation. Dans le ciel, les objets sont plus brillants et plus magnifiques ; mais sur la terre
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DE LA RAISON ET DE LA RELIGION
se maniteste plus en détail le soin, si j*ose le dire , rempressement. el Fétude de Dien a flalter l'homme ' îusque dans ce qui parait imperfection nous apercevons de sa part une marche industrieuse» pour notre plus ffrande utilité. D^abord, souffrez quelques digressions qui paraîtront inutiles, mais qui serviront de base à mes arguments.
ts chet. De quelles imperfections parlezvous?
théod. Si les hommes devaient donner Tidée d*un monde parfait, sans doute ils voudraient qvke ce globe fût lisse et fait au tour, parce que cette Ggure leur parait la meilleure.
Le ehev. Sans contredit.
T/iéod. Supposez donc que le globe de la terre fût ainsi alors , ou tout serait couvert d'eau, et nous ne pourrions pas l'habiter, comme il arrive dans les marécages ; ou la terre serait sèche, sans rivières ni mers, parce que le globe étant rond et lisse, il n'y aurait ni vallées ni montagnes, et pas an seul endroit creux et concave qui pût servir de ré-» servoir aux eaux.
La bar. Même pour la vue ce serait le plus triste spectacle* Car quand je fus à Toulouse , terre extrêmement plate, je n'ai pu trouver un coup-d'œil agréable; du haut de Tobservatoire de M. Garignjr, membre de TAcadémie, je n'ai découvert qu'une multitude incroyable de toils et de mansardes , et rien qui pût flatter les yeux. Nous regrettions beaucoup, chevalier, notre beau pays d'Armendariz , dans la basse Navarre, et à micôte, dés Pyrénées, ou à chaque pas nous avions les plus belles perspectives. Quant à Êaygorre nous allions aux mines de cuivre» queb points de vue toujours nouveaux, toujours variés , toujours pittoresques ; quelles belles horreurs nous tenaient dans l'admiration. Ici s'élevaient les montagnes, et sur leur cime paissaient les bétes à cornes et les brebis, en sorte qu'elles paraissaient suspendues au-dessus de nos tètes ; là les chèvres se dressaient pour atteindre les rameaux pendants des arbnsseaux, et brouter les tendres feuilles qui leur faisaient envie. Dans le bas, et an sein des plus profondes vallées, nons voyions heurter contre les rochers arides et les pierres éparses la Vive, notre rivière , qui paraissait en écumer de rage ; tantôt, comme par défiance, elle changeait son cours , ou sautait fièrement par-dessus les obstacles, et manifestait par un murmure sourd son mécontentement de les rencontrer. Ici elle formait an petit lac; là elle se divisait en plusieurs serpenteaux argentés ; et plus loin elle se précipitait en formant de superbes cascades. Combien de fois , chevalier, la Tue de ces beautés. champêtres nous a-t-elle échauffé la verve ? Les pays plats n'en ont point de semblables, et on ne les verrait dans aucune partie du globe, s'il était rond et uni.
Le chev. Voua n'avez pas pn dissimuler combien vous remettez votre pays natal * ni cacher votre génie poétique.
lliéod. Les hommes découvriraient une au- 4re grande imnerfeclion sur ce globe terres-
tre, si leur entendement se laissait entraîner par la première apparence de béatrté; ils blâmeraient Dieu d*avoir placé lamérau milieu des terres, s'imaginant qu'i( les a séparés, sous peine d'une mort infaillible s'ils voulaient communiquer entre eux. Mais actuellement nous voyons au contraire que Dieu a dit les mers dans le dessein de faciliter la communication des hommes entre eux , à quelque distance qu'ils vivent les uns des autres. Nous savons combien il est facile à l'Kurope de communiquer avec la Chine, au Portugal avec les Amériques, à l'Espagne avec le Pérou, à la France avec le Mississipi et les petites Antilles , à la Hollande avec le cap de Bonne-Espérance,àr Angleterre avec les Indes orientales et occidentales : en sorte oue les voyages qui par terre seraientdifliciles, dispendieux, et dureraient des mois et des années, se font par mer en beaucoup moins de temps elà moindres frais. Croyez , mes amis, que celui qui a formé pour nous le globe de la terre a su le disposer de la manière oui devait nous être la plus commode et la plus utile. Celuilà seul qui fait une montre entière sait pour auelle raison d'ulilité telle roue a tant do ents, telle petite pièce telle façon, tel cercle tant de diamètre, etc. C'est ce qu*a fait le Seigneur sur le elobe de la terre : il n*a oublie en rien qu'elle devait être rhabitation des hommes.
Le chev. Mais, Théodore • on pourrait en dire autant de tout autre planète que de la terre. Pour moi , je n'aperçois pas dans ce globe une particulière commodité pour rhom-^ me. Mais allons en avant : cela ne fait rien à votre raisonnement.
Théod. Si vraiment , et c'est là re que je veux vous faire comprendre. Je n'entre pas dans la question philosophiques! les planètes sont ou ne sont point habitées; car il n'y a pas de fondement solide pour, le décider : ce que
t'c prétends c'est que les hommes ne peuvent es habiter, parce qu'elles ne sont point proportionnées à notre nature. Qui pourrait ▼ivre dans Mercure, la plus près du soleil, la chaleur y étant neuf fois plus grande que celle de la terre dans le fort de l'été, en la calculant par le carré de la distance du soleil?
Le chev. Mais dans Vénus la chaleur serait plus modérée.
Théod. Pour cette raison nous pourrions y vivre; mais pour une autre, non : car la rotation qui foit le jour et la nuit est , dans Vénus, de vingt-quatre jours. Cette planète tourne très-lentement sur son axe; ce n'est pas comme Jupiter, qui fait le tour en moins de dix heures, ni comme la terre qui le foit en^ vingt-quatre heures, dans l'hypothèse qu'elle ait un mouvement.
Le chev. Vénus est une dame, et ainsi elle est plus grave dans ses mouvements.
La bar. 11 est vrai qu'elle n'est pas française ; car nous autres nous avons bientôt fait un tour dans les contre-danses. Pour*, suivez, Théodore.
Théod. Vous voyez que les hommes de notre nature ne pourraient vivre dans les autres planètcs; à cause de la chaleur ou du froid